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De la Côte aux confins. Récits de voyageurs swahili

De
400 pages

Au tout début du XXe siècle paraissaient, sous l'impulsion cololiale allemande, les premiers récits de voyages écrits par des Africains dans une langue africaine : les Safari za Wasuaheli, collectés par Carl Velten auprès de quatre informateurs et relatant des expéditions menées dans les années 1890. Nés en swahili, entre oralité et écriture, alphabets arabe et latin, ces textes sont les témoins passionnants d'une rencontre entre les mondes, européen, arabe, et africain. Liés ou non à la colonisation, ces récits sont le fruit des auxiliaires : guides, traducteurs, caravaniers indépendants longtemps restés les "compagnons obscurs" des européens. Ils offrent ainsi un regard croisé sur l'histoire africaine du XIXe sicèle; explorateurs et colonisateurs sont bien là, mais apparaissent sous un jour moins héroïque que dans leurs propres relations. Nous transportant de la côte jusqu'aux Grands Lacs, le long des pistes commerciales ou lors d'expéditions de " pacification ", ces récits nous livrent tout un pan de l'histoire caravanière du continent. De l'Afrique à l'Europe, jusqu'en Russie et aux confins de l'Asie, ils nous permettent de relire les contacts de culture – plus ou moins violents – à l'oeuvre au XIXe siècle. Cet ouvrage constitue la première traduction française de ces textes, enrichie de présentations qui situent en contexte ces récits étonnants.


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Présentation de l'éditeur e Au tout début duXX siècle paraissaient, sous l’impulsion coloniale allemande, les premiers récits de voyage écrits par des Africains dans une langue africaine : lesSafari za Wasuaheli, collectés par Carl Velten auprès de quatre informateurs et relatant des expéditions menées dans les années 1890. Nés en swahili, entre oralité et écriture, alphabets arabe et latin, ces textes sont les témoins passionnants d’une rencontre entre les mondes européen, arabe et africain. Liés ou non à la colonisation, ces récits sont le fruit des auxiliaires : guides, traducteurs, caravaniers indépendants longtemps restés les « compagnons obscurs » des Européens. Ils offrent ainsi un regard croisé sur l’histoire africaine du e XIX siècle ; explorateurs et colonisateurs sont bien là, mais apparaissent sous un jour moins héroïque que dans leurs propres relations. Nous transportant de la côte jusqu’aux Grands Lacs, le long des pistes commerciales ou lors d’expéditions de « pacification », ces récits nous livrent tout un pan de l’histoire caravanière du continent. De l’Afrique à l’Europe, jusqu’en Russie et aux confins de l’Asie, ils nous permettent de relire les contacts de culture – plus ou moins e violents – à l’œuvre auXIXsiècle. Cet ouvrage constitue la première traduction française de ces textes, enrichie de présentations qui situent en contexte ces récits étonnants. Nathalie Carré est agrégée de lettres modernes et diplômée de l’Inalco.
De la Côte aux confins
De la Côte aux confins
Récits de voyageurs swahili
traduits du swahili et présentés par Nathalie Carré
CNRS Éditions 15 rue Malebranche – 75005 Paris
Ouvrage publié avec le soutien de l’ANRSwahili « Dimensions de l’objet swahili : textes et terrains »
© CNRS Éditions, 2014 ISBN : 9782271077103
Sommaire
Introduction. Repartir sur les traces des caravanes.............. 9 Note sur la présente édition ................................................ 47 Repères chronologiques ........................................................ 53 Carte des voyages effectués sur le continent africain .......... 57 Mon voyage en territoire doe et ziguapar Mtoro bin Mwenyi Bakari........................................ 59 Mon voyage à l’intérieur du continentpar Sleman bin Mwenyi Chande.................................... 89 Mon voyage de la mer des Swahili à la « seconde mer » lors de l’expédition menée par le comte von Götzenpar Abdallah bin Rachid................................................ 163 Les récits de voyage de Selin Bin Abakari........................... 207 Mon voyage jusqu’au lac Nyassaalors que le Major von Wissmanny fit transporter un steamer......... 213 Mon voyage en Europe, de Dar esSalam jusqu’à Berlin........283 Mon voyage en Russieet en Sibérie ...................................... 311
Avantpropos de Carl Velten(édition originale de 1901).............................................. 355 Quelques personnages importants apparaissant dans nos récits.................................................................. 359 Glossaire................................................................................ 377 Bibliographie indicative ........................................................ 385 Index..................................................................................... 389
Repartir sur les traces des caravanes
Publier pour la première fois en français lesSafari za Wasuaheli, ces récits de voyageurs swahili, c’est remonter à la source d’une histoire particulière, à la fois « rebattue » mais relativement méconnue : celle des explorations de l’Afrique orientale et centrale, puis de la colonisation progressive de e ces régions. Revenir à ceXIXsiècle de contacts accrus, alors que les caravanes sillonnaient le continent, ouvrant peu à peu son intérieur à un commerce qui prenait déjà les traits de la globalisation. Dès les années 1880, le «scramble for Africa») allait battre son plein.la ruée vers l’Afrique » (« Ainsi, et comme l’ont souligné de nombreux historiens, si c’est à l’occasion des expéditions montées à la recherche des sources du Nil que l’intérieur du continent africain a véritablement fait irruption dans les imaginaires européens, les caravanes avaient précédé depuis longtemps les explo-1 rateurs, qui ont avant tout découvert « les sentiers battus » .
1.Discovering the trodden path, section du chapitre « Travel, Exploration, and Occupation » de l’ouvrage de Johannes FabianOut of our Minds.Reason and Madness in the Exploration of Central Africa. Berkeley/Los Angeles/Londres : Oxford University Press, 2000. Les références complètes des ouvrages cités se trouvent en bibliographie.
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De la Côte aux confins
Battus et rebattus même par un nombre toujours croissant de 2 caravanes reliant la côte swahili aux grands lacs et au-delà . Le peuple nyamwezi, dont le cœur du royaume se trouve à environ 350 kilomètres du lac Tanganyika(voir carte), avait été le premier à ouvrir des routes sur de longues distances et à relier la côte, avant que les Arabo-Swahili ne leur emboîtent le pas pour y développer à grande échelle un lucratif trafic d’ivoire et d’esclaves. Les Arabes y avaient d’ailleurs fondé, un peu avant la moi-3 tié du siècle, la colonie de Tabora , qui allait devenir un carrefour commercial majeur. Tous les voyageurs européens e duXIX– Burton siècle et Spekeen tête – y feront étape et la décriront largement. L’un de nos récits, celui de Mwenyi Chande, retrace d’ailleurs l’histoire de cette fondation sous la forme d’une mini-chronique qui tend à inscrire cette ville de l’Intérieur au sein du patrimoine swahili, au même titre que les cités-États de Lamu, Pate… situées sur la Côte. En 1850, l’endroit constituera une véritable enclave arabe en pays nyamwezi, nœud d’un trafic commercial de grande ampleur. Que l’on en juge un peu : Colette Le Cour Grandmaison men-tionne le chiffre d’un million de porteurs passant chaque année 4 à Tabora dans les années 1850 . L’historien Abdul Sheriff indique quant à lui qu’au début des années 1860, 24 000
2. Trois axes principaux de pistes caravanières pénétraient l’Afrique orien tale : l’axe méridional, le plus ancien, qui partait de Kilwa pour atteindre le lac Nyassa; l’axe central, qui reliait Bagamoyoau lac Tanganyikaet se poursuivait audelà, jusqu’au bassin du Congo, alors riche en éléphants ; enfin, l’axe méridional qui reliait Mombasaau lac Victoria. 3. L’historien F. Bontinck estime que la colonie a du être fondée dans les années 1830, A. Sheriff la juge plus tardive et attribue sa création à la volonté du chef nyamwezi Fundikira de développer le commerce. 4. Colette Le Cour Grandmaison, introduction à l’édition française des Mémoires d’une princesse arabe d’Emily Ruete, née Princesse d’Oman et de Zanzibar. Paris/Nairobi : Karthala/Crédu, 1991, p. 8.
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