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Des causes qui influent sur le taux de l'intérêt

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45 pages

M. Paul Leroy-Beaulieu communique à l’Académie des fragments d’un ouvrage qu’il se propose de publier sous le titre d’Essai sur la répartition des richesses et sur la tendance à une moindre inégalité des conditions. Ces fragments ont pour objet l’étude des causes qui influent sur le taux de l’intérêt et la recherche des conséquences économiques et sociales de la baisse du taux de l’intérêt. Il a paru à M. Paul Leroy-Beaulieu que les questions très diverses se rattachant à ce phénomène avaient été jusqu’ici insuffisamment étudiées.

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Paul Leroy-Beaulieu

Des causes qui influent sur le taux de l'intérêt

Et des conséquences de la baisse du taux de l'intérêt

DES CAUSES QUI INFLUENT SUR LE TAUX DE L’INTÉRÊT ET DES CONSÉQUENCES DE LA BAISSE DU TAUX DE L’INTÉRÊT PAR M. PAUL LEROY-BEAULIEU

M. Paul Leroy-Beaulieu communique à l’Académie des fragments d’un ouvrage qu’il se propose de publier sous le titre d’Essai sur la répartition des richesses et sur la tendance à une moindre inégalité des conditions1. Ces fragments ont pour objet l’étude des causes qui influent sur le taux de l’intérêt et la recherche des conséquences économiques et sociales de la baisse du taux de l’intérêt. Il a paru à M. Paul Leroy-Beaulieu que les questions très diverses se rattachant à ce phénomène avaient été jusqu’ici insuffisamment étudiées.

Ce que nous voulons rechercher dans ces études, dit M. Leroy-Beaulieu, c’est la manière dont le développement de la civilisation affecte et modifie la situation des capitalistes et des rentiers, des personnes qui vivent du revenu d’une épargne antérieure ou qui cherchent à se faire une fortune par les produits accumulés des capitaux qu’elles ont déjà. La plus grande partie de la classe moyenne, robur nationum, est aujourd’hui dans ce cas. Gagne-t-elle en étendue d’abord, c’est-à-dire fait-elle des recrues de plus en plus nombreuses dépassant largement les pertes qu’elle subit ? Gagne-t-elle ensuite en indépendance, c’est-à-dire maintient-elle et accroît-elle sans trop d’efforts sa position, soit absolue, soit relative dans la société ?

Cette question est grave : la situation des rentiers et celle des capitalistes sont influencées par deux causes principales : le taux de l’intérêt et le mouvement des prix. Capitalistes ou rentiers, en effet, vivent de l’intérêt, économisent sur l’intérêt, augmentent leur fortune par des prélèvements sur l’intérêt. Parfois ils peuvent aussi élever leur situation par des spéculations heureuses, mais c’est un bonheur rare et qui n’échoit qu’à peu de gens. Une spéculation heureuse, c’est le gain du petit nombre sur le grand nombre, c’est l’avantage d’un esprit avisé, sagace, expérimenté, actif, sur l’esprit engourdi, indifférent, négligent ou ignorant, de la foule. Si quelques capitalistes peuvent grandir par la spéculation, la masse des capitalistes et des rentiers vit ou s’élève par l’intérêt des capitaux.

Rentiers ou capitalistes, en outre, ne reçoivent directement en partage et ne produisent, d’ailleurs, aucune marchandise spéciale, déterminée, d’une consommation immédiate, comme la viande, par exemple le pain, les vêtements, le charbon, le bois, etc. Ils ne produisent et ils ne reçoivent directement en partage que cette marchandise générale, universelle, que l’on appelle, par des noms vagues, argent ou capital, et qui donne droit à un certain nombre des autres produits réellement consommables, d’après le cours de ces derniers produits relativement à cette marchandise générale. Le sort des rentiers et des capitalistes est donc affecté par tous les changements qui peuvent arriver dans le rapport de valeur entre toutes les marchandises spéciales, déterminées, consommables, directement utiles ou agréables, et la marchandise générale, indéterminée, qui s’appelle l’argent, la monnaie, donnant droit à tout, mais dans une proportion variable.

La situation des capitalistes et des rentiers, situation absolue et situation relative dans la société, dépend donc de deux causes : le taux de l’intérêt et le mouvement des prix des denrées et du travail humain. C’est une croyance assez générale que le taux de l’intérêt a une tendance à baisser toujours ; aussi certains économistes en concluent-ils que nous marchons, que nos arrière-neveux arriveront à l’état stationnaire, et Stuart Mill fait de cet état une peinture riante, non sans quelques ombres. Il est intéressant et instructif de suivre dans l’histoire des sociétés civilisées le sort de l’intérêt de l’argent, des variations qu’il a subies et des causes de ses oscillations, de chercher si de cet examen on peut dégager une tendance générale.

Il est assez habituel de dire que le taux de l’intérêt est fixé par l’offre et la demande. C’est là une vérité tellement claire qu’elle est du nombre de celles que les Anglais appellent des truisms. La loi de l’offre et de la demande est, cependant, une loi tellement générale, tellement vague, apportant à l’esprit si peu de données précises qu’en réalité elle n’explique rien. Elle a le défaut de laisser dans la plus complète obscurité les points les plus importants ; c’est ainsi qu’il est désirable de savoir lequel de ces deux termes varie, de l’offre et de la demande. Les capitaux obtenaient un intérêt plus considérable au moyen âge qu’à l’époque actuelle ; était-ce parce que la demande en était alors plus active qu’aujourd’hui, ou parce que l’offre en était plus réduite ? Il faudrait savoir ce qui, dans les différentes situations économiques, détermine tant l’offre que la demande des capitaux. Deux faits nous paraissent les déterminer : c’est la productivité même des capitaux et le degré de sécurité dont ils jouissent.

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