Des/illusions

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Au cours de son séminaire de 1959/1960, L'éthique de la psychanalyse, Lacan propose une version de ce que serait la visée d'une analyse : « guérir le sujet des illusions qui le retiennent sur la voie de son désir » (11 Mai 1960). Cette formulation oppose illusions et désir. Elle peut paraître paradoxale : le désir ne s'exerce pas sans le fantasme ; paradoxale et a priori contradictoire puisque l'expérience de l'analyse nécessite une croyance : la supposition d'un savoir, indispensable pour que s'institue la scène du transfert.
Publié le : samedi 15 août 2015
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EAN13 : 9782336388151
Nombre de pages : 262
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Cercle freudien Des/illusions
L’expérience de l’analyse : quand les illusions se lèvent
Collection Che Vuoi ? Psychanalyse et faits sociaux
DES/ILLUSIONSL’EXPERIENCE DE LANALYSE: QUAND LES ILLUSIONS SE LEVENT
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05728-6 EAN : 9782343057286
Avec la participation de :
Philippe Beucké, Michèle Mayer-Adrien, Geneviève Piot-Mayol, Monique Tricot
Jeanne-Claire Adida, Jacques Aubry, Françoise Delbary-Jacerme, Isminie Mantopoulos, Maryse Martin, Henriette Michaud, Okba Natahi, Daniel Weiss
Comité d’organisation :
Actes du colloque du Cercle freudien
Paris les 3, 4 et 5 octobre 2014
L’EXPERIENCE DE LANALYSE:QUAND LES ILLUSIONS SE LEVENT
CERCLE FREUDIEN
DES/ILLUSIONS
L’Harmattan
ARGUMENT
Au cours de son séminaire de 1959/1960,L’éthique de la psychanalyse, Lacan propose une version de ce que serait la visée d’une analyse : « guérir le sujet des illusions qui le retiennent sur la voie de son désir» (11 mai 1960).
Cette formulation oppose illusions et désir. Elle peut paraître paradoxale : le désir ne s’exerce pas sans le fantasme ; paradoxale et a priori contradictoire puisque l’expérience de l’analyse nécessite une croyance : la supposition d’un savoir, indispensable pour que s’institue la scène du transfert. Sur cette scène pourront s’actualiser les ombres, les imagos, les scénarios, les fictions, les leurres, sans oublier les semblants, qui captent et captivent le désir. Autant de déclinaisons de l’illusion dont l’usage et la spécificité méritent d’être précisés. Entre illusion et désillusion se produit la levée du refoulement, mais l’expérience ne s’achève -c’est ce que soutiennent les analystes - qu’avec la levée de l’illusion initiale, celle qui donne lieu au transfert et aux désillusions en chaîne.
Plurielle, et en même temps singulière, la désillusion inhérente à l’analyse ne laisse cependant pas l’analysant dans l’errance, ni dans la mélancolie. Est-ce parce que l’expérience ménage un reste d’illusion, irréductible ? Est-ce à partir de ce reste (autre nom du « savoir y faire avec le symptôme » dont parle Lacan ?) que peut se relancer le désir, fût-il désir de l’analyste ?
Illusion est un terme très connoté de résonnances religieuses dans le vocabulaire de Freud. Mais il est aussi référé à la dynamique du désir : « Nous appelons illusion une croyance, quand, dans la motivation de celle-ci, la réalisation du désir est prévalente ». L’emploi qu’en fait Lacan dans le contexte de son séminaire l’Éthique laisse entendre la perspective athée dans laquelle lui se situe. Reste à interroger ce qui pour nos analysants et pour chacun de nous, vient renforcer, bien plus que remplacer, les religions
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traditionnelles pleines d’avenir. On peut ici énumérer toute une série d’illusions spécifiques de notre postmodernité techno-scientiste. De la transparence intégrale à la communication exempte de malentendu, sans oublier la vie éternelle ici-bas, elles mériteraient d’être envisagées de façon précise. Il s’agirait de repérer de quelle façon elles entretiennent la méconnaissance en occultant la division du sujet, mais également de saisir comment le discours analytique permet d’opérer la réduction de ces formes actuelles de l’illusion qui retiennent le sujet, et même, lui barrent, la voie de son désir.
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OUVERTURESE DEFAIRE DE SES ILLUSIONS,SE LAISSER POSSEDER PAR UN DIEU
DANIELWEISSEn 2012 le Cercle freudien avait tenu ici même un colloque intitulé « Par surcroît – Symptôme, vérité, guérison ». Beaucoup d’entre vous se souviennent de cet événement. Olivier Grignon avait choisi ce thème auquel, je crois, il tenait beaucoup. Il s’agissait d’inviter les psychanalystes à se réapproprier le signifiant « guérison », à le revendiquer, à ne pas l’abandonner aux « psys » ou aux médecins (si tant est que ces derniers en fassent encore usage). Nous voudrions aujourd’hui reprendre certaines des questions ouvertes en 2012 en mettant à l’épreuve une hypothèse quant à cette guérison sur laquelle nous entendons ne pas céder. Désillusion : serait-ce là un nom de la guérison que propose la psychanalyse ? Un nom permettant de rendre compte tout à la fois des effets singuliers de l’expérience et de l’incidence dans la culture de la découverte freudienne ? La question, on l’entend, est simple -trop sans doute. La réponse, on le devine, l’est peut-être un peu moins.
Pour ouvrir cette perspective on peut déjà prendre appui sur quelques affirmations puisées chez Freud et chez Lacan. À commencer par celle-ci que je vous propose comme une sorte d’exergue pour ce colloque : « J’ai véritablement utilisé une grande
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