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Développement durable et participation publique. De la contestation écologiste aux défis de la gouvernance

De
406 pages
Sommaire:
• Un bilan de la sociologie de l'environnement en Europe_
• De la sociologie environnementale à l'écosociologie
• La gouvernance du développement durable dans un contexte de mondialisation économique_
• Le décalage entre attitudes et comportements en matière de protection de l'environnement_
• La norme ISO 14001 : vers une uniformisation des pratiques ?_
• Représentations, normes et dispositifs techniques dans la mise en Suvre de la durabilité_
• Prendre en compte le temps du vivant_
• Une analyse sociologique d'une tempête de verglas_
• Les changements climatiques et le rôle des organisations non gouvernementales_
• La place des usagers dans les politiques de réduction des gaz à effet de serre. Le cas de la pollution automobile_
• Concertation à l'intérieur du Processus national sur les changements climatiques du Canada ?_
• Le rôle des organisations internationales dans l'élaboration des politiques mondiales de l'eau_
• Les politiques de protection des espaces naturels_
• Réappropriation communautaire de la protection de l'environnement en Acadie_
• La gestion environnementale du bassin versant de la baie de Caraquet_
• Comment intégrer les contraintes environnementales en agriculture ?_
• La protection des zones humides du littoral catalan_
• Territoire d'usage commun et savoirs des populations traditionnelles_
• L'institution imaginaire de l'environnement en Guyane française_
• Enjeux institutionnels et défis politiques_
Voir plus Voir moins

Extrait de la publicationDÉVELOPPEMENT DURABLE
ET PARTICIPATION PUBLIQUE
Extrait de la publicationPage laissée blanche
Extrait de la publicationDéveloppement durable
et participation publique
De la contestation écologiste aux défis de la gouvernance
Sous la direction de
Corinne Gendron et Jean-Guy Vaillancourt
Les Presses de l'Université de MontréalCatalogage avant publication de la Bibliothèque nationale du Canada
Vedette principale au titre :
Développement durable et participation publique :
de la contestation écologiste aux défis de la gouvernance
Comprend des réf. bibliogr.
ISBN 2-7606-1813-7
1. Développement durable.
2. Environnement - Gestion.
3.t - Politique gouvernementale.
4.t - Protection - Participation des citoyens.
5. Environnement - Gestion - Aspect social.
I. Gendron, Corinne, 1968- . IL Vaillancourt, Jean-Guy.
HC79.E5D475 2002 333.7 C2002-940885-7
erDépôt légal: 1 trimestre 2003
Bibliothèque nationale du Québec
© Les Presses de l'Université de Montréal, 2003
Les Presses de l'Université de Montréal remercient de leur soutien financier le ministère
du Patrimoine canadien, le Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des
entreprises culturelles du Québec (SODEC).
Imprimé au CanadaPREMIÈR E PARTIE
État des débats
Extrait de la publicationPage laissée blanche
Extrait de la publicationIntroduction
Corinne Gendron et Jean-Guy Vaillancourt
Cet ouvrage est né d'un questionnement sur la démocratie, les mouvements
sociaux et l'environnement. Nous souhaitions voir comment l'action
écologiste, historiquement contestataire depuis la fin des années 1960, s'était
diversifiée à travers la diffusion de nouvelles pratiques, la construction de
nouvelles représentations de la société et de la nature, et l'émergence
d'une participation citoyenne dans le cadre de nouvelles instances liées à
une certaine institutionnalisation de la question écologique.
La mobilisation environnementale s'est profondément transformée
au cours des dernières décennies, à tel point qu'il vaut peut-être mieux
parler aujourd'hui d'action environnementale si l'on souhaite rendre
compte de la diversité des pratiques et des réponses des acteurs sociaux à
la problématique écologique. En effet, l'action environnementale ne se
comprend plus seulement comme revendication contestataire, mais se
décline aujourd'hui en un foisonnement de nouvelles pratiques empreintes
de pragmatisme (Vaillancourt, 2000; Fontan et LeBlanc, 2001) portées
par une transformation des représentations de la nature, de l'interaction
humain-environnement et des imaginaires du développement (Gendron,
2001a). Si l'on peut parler d'institutionnalisation de la problématique
environnementale (Eder, 1993; Vaillancourt et Perron, 1998), le mouvement
vert participe toujours à des dynamiques identitaires et sociétales en vertu
desquelles il a souvent été érigé en prototype des nouveaux mouvements
sociaux (Touraine, 1980; Vaillancourt, 1992; Buttel et Taylor, 1994 ; Yearley,
1994). Par ailleurs, ce mouvement recouvre une diversité d'allégeances et
de positions politiques qui le rendent difficilement classifiable en regard
des catégories de la politique traditionnelle (Mellucci, 1983, p. 28). En fait,
si la thématique de l'environnement a pu être associée à une constellation
Extrait de la publicationio Développement durable et participation publique
de positions politiques écologistes (Mercier, 1997, p. 23), on peut dire
aujourd'hui qu'elle n'est plus l'apanage des seuls écologistes (Eder, 1993 ;
Vaillancourt, 2000 ; Gendron, 200Ib). Au fur et à mesure que les problèmes
environnementaux se sont généralisés, ils ont été érigés en métaenjeux et
ont donné lieu à des positionnements intéressés et stratégiques de la part
de l'ensemble des acteurs sociaux (Godard et Salles, 1991, p. 258). Les
motivations et les justifications écologiques s'imbriquent alors d'une
manière complexe dans les rapports sociaux préexistants et se mêlent à un
réseau d'autres motivations conflictuelles et proprement sociales. C'est
pourquoi, même si la problématique environnementale est porteuse à la
fois d'une transformation de ces rapports et de nouveaux conflits, elle est
tributaire, dans sa formulation, dess sociaux préexistants et de leur
dynamique.
Il ne s'agit pas ici de nier la matérialité même de la crise, mais d'insister
sur sa nécessaire médiation sociale. Celle-ci se traduit par une
interpénétration étroite entre la construction scientifique et la construction sociale
des problèmes environnementaux. La part sociale de cette construction
1est d'autant plus importante que le caractère d'extériorité sociale ,
l'incertitude scientifique et le caractère futur de phénomènes potentiellement
irréversibles confèrent un rôle stratégique à la science qui sera dès lors
sujette aux multiples pressions des acteurs (Godard et Salles, 1991, p.
248249). Sa matérialité étant une réalité établie, la reconnaissance du
caractère construit de la problématique environnementale appelle plus que
jamais une analyse de type sociologique susceptible de mettre en lumière
les dynamiques entre les acteurs sociaux. L'environnement est désormais
au cœur de ces dynamiques, pris à partie dans des conflits plus anciens,
mais aussi source de conflits et d'enjeux nouveaux (Schmitz, 1992). Il faut
alors se demander quel éclairage la sociologie est susceptible d'apporter à
une telle problématique.
Comme le rappelle Leroy dans le présent ouvrage, la sociologie semblait
peu outillée pour analyser la problématique environnementale lorsque
1. Pour Godard et Salles, la «structure vive» des problèmes d'environnement des
sociétés industrielles contemporaines comporte trois dimensions. D'une part, dans la mesure où
ils ne s'inscrivent pas directement au cœur de l'activité économique, ces problèmes sont
susceptibles de faire l'objet de stratégies de dénégation affectant aussi bien l'action collective
que le développement des connaissances. Godard et Salles parlent de méconnaissance
sociale, d'ignorance active ou encore d'externalisé social. D'autre part, bien qu'il le
transforme, l'être humain est incapable de contrôler, de produire ou même de prévoir
entièrement l'environnement et ses dynamiques. Enfin, le thème de l'anéantissement de l'espèce
humaine se pose comme un métaenjeu, c'est-à-dire un enjeu non subalterne dépassant le
principe d'utilité ou la question de bien-être, qui n'est pas réductible aux enjeux
économiques et leur est «hiérarchiquement supérieur» (Godard et Salles, 1991, p. 247-248).
Extrait de la publicationIntroduction il
celle-ci a fait son apparition. Née dans des conditions sociohistoriques
particulières qui ne sont pas étrangères à ses propositions paradigmatiques
et à ses objets de prédilection (Miguelez, 1993), la sociologie classique
aurait laissé un héritage peu propice à l'analyse des questions
environnementales. En plus de participer à une «rhétorique de la modernisation»
qui célébrait l'émancipation des contraintes naturelles (Leroy, 1983),
l'émergence et l'affirmation de la sociologie comme science a nécessité
non seulement l'élaboration d'une méthode répondant aux critères de
scientificité de l'époque, mais aussi une rupture paradigmatique avec les
théories alors dominantes, marquées par un déterminisme biologique
réductionniste.
Comme l'explique Leroy, c'est contre cet héritage classique et dans une
perspective inévitablement antimoderniste que s'est amorcée la réflexion
sociologique environnementale. On peut distinguer trois grandes étapes
dans le développement de la sociologie de l'environnement. L'écologie
humaine est apparue dès les années 1920 ; elle s'intéressait à la
détermination des relations humaines par les facteurs environnementaux et tentait
d'expliquer les phénomènes sociaux à partir de ceux-ci. En réaction au
déterminisme de cette école s'est très vite développée une écologie sociale
mettant plutôt l'accent sur l'influence des phénomènes socioculturels sur
le milieu spatial et l'environnement. Le deuxième courant de la sociologie
environnementale s'est développé à partir des années 1970, en réaffirmant
tout d'abord la part de détermination des facteurs environnementaux à
rencontre des courants sociologiques dominants de l'après-guerre qui
tendaient à ignorer le substrat matériel des sociétés humaines en évacuant de
leurs théories les phénomènes infrasociaux. Catton et Dunlap ont voulu
remédier à cet aveuglement des théories sociologiques en proposant un
nouveau paradigme appelé à remplacer le paradigme anthropocentrique
de la sociologie traditionnelle. Ce clivage paradigmatique a été rejeté par
Buttel qui a critiqué le déterminisme matériel trop poussé des thèses de
Catton et Dunlap et a voulu réaffirmer le caractère socialement construit
des problèmes environnementaux. À la suite d'un certain désintéressement
à la fin des années 1970 et au début des années 1980, la question
écologique a ensuite connu un regain d'intérêt que l'on peut attribuer à la
publication du rapport Brundtland, à la fin de la guerre froide, ainsi qu'à la
visibilité soudaine des problèmes environnementaux globaux. À partir de
cette période, les recherches sociales sur l'environnement se sont
intensifiées sur les plans théorique et empirique, et la sociologie de
l'environnement s'est largement diversifiée tant au chapitre de ses paradigmes que de
ses objets, donnant naissance à ce que l'on peut appeler l'écosociologie
(Vaillancourt, chapitre 2).12 Développement durable et participation publique
Le cheminement de la réflexion sociologique à l'égard de la
problématique de l'environnement n'est pas atypique dans le domaine des sciences
sociales. Alors que la rhétorique de la modernisation a aussi marqué
l'économie (Leroy, chapitre 1), il est intéressant de remarquer que les réponses
proposées par cette autre discipline reposaient alors, elles aussi, sur l'idée
d'une nécessaire révision paradigmatique. Ainsi, le courant de l'économie
écologique se définit comme un rassemblement d'économistes et
d'écologistes qui œuvrent à la mise sur pied d'une nouvelle discipline empruntant
à la fois à l'économie et à l'écologie (Costanza et al, 1997, p. 72, 77-79) ; il
s'agit d'intégrer les paradigmes des différentes disciplines sans donner
préséance au raisonnement économique, et en se basant notamment sur les
modèles des sciences naturelles (Barry, 1999, p. 147). Ainsi, en sociologie
comme en économie, les chercheurs ont voulu corriger les déficiences
paradigmatiques de leur discipline en y incorporant l'environnement et
ses dynamiques écosystémiques comme nouveau postulat. Ce faisant, ils
ont importé une définition scientifique et matérielle de la problématique
environnementale (Draetta, 1995; Leroy, 1983) dans le cadre d'un
paradigme théorique nécessairement hybride entre la science d'origine et
l'écologie. On peut s'interroger sur la portée heuristique d'un tel arrimage.
En ce qui concerne l'économie, Gendron a montré ailleurs que le
rapprochement proposé par l'économie écologique entre le système
économique d'une part et le système écologique de l'autre fait l'impasse sur les
déterminants sociaux de l'activité économique et sur la médiatisation
sociale des problèmes environnementaux (Gendron, 2001b). Confinée à
une perspective systémique, l'économie écologique ignore les dynamiques
sociales et politiques ainsi que les acteurs sociaux, ce qui la pousse à
formuler des propositions qui s'avèrent profondément utopistes d'un point
de vue sociopolitique. Curieusement, on serait tenté de dresser le même
diagnostic des tentatives d'arrimage entre la sociologie et l'écologie dans
la mesure où l'hybridation des deux disciplines s'est souvent traduite par
une conception matérialiste et déterministe de l'environnement faisant
peu de cas des processus de construction sociale. Les courants
institutionnalistes et régulationistes émergents en économie de l'environnement
commencent tout juste à faire état du caractère socialement construit de
la question environnementale (Becker et Raza, 2000, p. 62). Du côté de la
sociologie, le débat entourant les dimensions matérielle et socialement
construite de la problématique environnementale a cours depuis déjà
quelques décennies et tend à se résoudre autour d'une position de réalisme
critique qui évite à la fois le matérialisme naïf et l'idéalisme constructiviste
(Baril, 1994 ; Vaillancourt, 1995). Comme l'avance Picon (Picon, 1993, cité
par Draetta, 1995), la sociologie de l'environnement doit non seulement
Extrait de la publicationIntroduction 13
rendre compte de la complexité avec laquelle les conditions
environnementales influencent le comportement social, mais aussi du caractère
réciproque et non causal de la dialectique existant entre les deux. Par
ailleurs, l'objet d'étude du sociologue demeure la société et non la nature,
ce qui ne l'empêche pas d'étudier la nature à travers le social ou à travers
leur interaction (Picon, 1993 cité par Draetta, 1995). Après tout, comme
le souligne Leroy, la crise écologique n'est-elle pas tout simplement la
« manifestation (spécifique, il est vrai) de la dialectique inéluctable entre
l'homme ou la société et l'environnement physique, et enfin, entre culture
et nature » (Leroy, chapitre 1) ?
Pour rendre compte de cette dialectique, on peut suivre la piste ouverte
par Giddens qui articule dans une même théorie l'approche structuraliste
et l'approche actionnaliste de la société, et où la structure est envisagée à
la fois comme facteur contraignant et comme facteur habilitant (Redclift
et Woodgate, 1994, p. 54; Bélanger et Lévesque, 1991). Mais il faut
reconnaître qu'un élément essentiel de cette dialectique réside dans la
configuration du système productif et de l'organisation économique des sociétés
industrielles avancées, dimension qui mérite à notre avis une plus grande
attention de la part des sociologues, et appelle au développement d'une
véritable sociologie économique ou socioéconomie de l'environnement.
Le courant de la modernisation écologique peut sembler un effort
intéressant en ce sens.
Pendant les années 1970, à l'apogée de la perspective conservationniste
des questions environnementales, les approches socioéconomiques étaient
essentiellement de nature critique, portées par des néomarxistes comme
James O'Connor et Allan Schnaiberg. Ceux-ci ont insisté sur le rôle du
mode de production capitaliste dans le processus de dégradation
environnementale et dans l'échec des mesures de protection écologique, alors que
les tenants de la désindustrialisation dénonçaient l'impact dévastateur des
grands projets techno-industriels. Ce n'est que vers la fin des années 1980
qu'émergé un nouveau discours sur l'environnement, et que les sociétés
commencent à faire l'expérience d'une transformation des institutions de
la société industrielle induite par la problématique environnementale. Le
nouveau courant de la modernisation écologique s'intéresse précisément
à la restructuration des processus de production et de consommation
induite par le contexte écologique (Mol, 1997).
Néanmoins, il importe de distinguer la modernisation écologique
comme théorie de la reproduction et du changement social, de la
modernisation écologique comme programme politique visant une réforme
écologique de la société industrielle (Mol, 1997). À titre de théorie sociologique,
la modernisation sociale tente d'expliquer les transformations des sociétés
Extrait de la publication14 Développement durable et participation publique
industrielles en regard de la problématique environnementale. Mais il faut
distinguer la perspective analytique ou descriptive, de la perspective
normative ou prescriptive du concept de modernisation sociale qui fait l'objet
de la plupart des critiques adressées à ce courant (Mol, 1997). Les
propositions normatives de la modernisation écologique peuvent être synthétisées
en quatre points. D'une part, la théorie de la modernisation écologique
situe la science et la technologie au cœur des processus de réforme
écologique. D'autre part, elle donne un rôle important aux entrepreneurs ou
aux innovateurs dans la restructuration, ce qui renvoie à certains éléments
des modèles de l'école de la modernisation écologique (McCarthy et Zald,
1977). La théorie de lan écologique admet clairement la
possibilité d'une intégration entre le développement économique et la
préservation de l'environnement, en s'appuyant à la fois sur le scénario de
dématérialisation de l'économie et sur la stratégie d'internalisation des
coûts environnementaux (Mol, 1997). Ainsi, la proposition centrale de la
modernisation écologique tient pour acquis que la croissance économique
peut être orientée vers des objectifs environnementaux et qu'il existe une
synergie entre la protection de l'environnement et le développement
économique (Redclift et Woodgate, 1994). Par ailleurs, elle envisage un nouveau
rôle pour l'État dans la restructuration écologique favorisant des stratégies
de prévention, de participation et de décentralisation en lieu et place des
anciennes méthodes curatives, contrôlantes et centralisées. Enfin, la
théorie de la modernisation écologique reconnaît un rôle prédominant aux
mouvements sociaux dans le cadre de la réorientation écologique de l'État
et du marché à mesure que ceux-ci ont troqué leur position utopiste et
critique pour une participation réaliste et constructive aux transformations.
La principale critique adressée aux thèses de la modernisation
écologique est liée au fait que les exigences écologiques sont encore présentées
comme des objectifs à atteindre dans la réforme des institutions sociales.
Mais, ce qui est plus grave encore, elle néglige les processus essentiellement
sociaux qui président à la transformation des institutions, notamment
économiques. Dans cette perspective, la dimension prescriptive de la
modernisation écologique peut faire l'objet des mêmes critiques que celles que
nous avons formulées à l'égard des principales théories économiques de
l'environnement. Il y a donc place pour une sociologie économique de
l'environnement capable de rendre compte du processus de
transformation institutionnelle qui découle de la problématique écologique telle que
construite par les acteurs sociaux. En d'autres termes, il nous faut une
sociologie économique de l'environnement qui reconnaît le caractère
socialement construit non seulement de la problématique environnementale,
mais aussi des institutions économiques. C'est le but que s'est fixé Gendron
Extrait de la publicationIntroduction 15
dans le chapitre 3 en proposant un arrimage inédit entre l'économie de
l'environnement, la théorie de la régulation et l'école des nouveaux
mouvements sociaux.
C'est aussi cette double construction sociale de l'environnement et des
institutions qu'illustrent les différents textes du présent ouvrage. Ceux-ci
s'inscrivent dans une nouvelle fournée de travaux en sociologie de
l'environnement qui s'attachent à expliquer la complexité des processus de
construction et de transformation des représentations et des institutions.
En effet, en préparant cet ouvrage, il nous est apparu clair que les
représentations sociales sont au cœur de l'action environnementale dans les
sociétés modernes avancées. À travers leur objectivation dans le langage et
leur intégration au discours politique, les représentations transforment le
social (Jodelet, 1989, p. 40). Elles participent de la fabrication sociale des
faits au sein de processus d'influence qui visent à transformer des idées en
évidences objectives. À la fois construction et expression d'un sujet, les
représentations comportent une dimension de symbolisation et
d'interprétation. Par ailleurs, elles sont élaborées à partir de l'expérience concrète et
sont sujettes à un processus de focalisation qui répond aux intérêts des
acteurs, intérêts qui sont à la fois matériels et idéaux. Enfin, les
représentations répondent à une logique d'inférence, c'est-à-dire à la nécessité de
prendre position en vue de l'action. Comme l'explique Jodelet, elles sont
ainsi à la fois activées et agissantes dans la vie sociale.
Dans la première partie de ce livre, nous proposons au lecteur deux
textes sur l'évolution et l'état actuel de la sociologie de l'environnement.
Le chapitre 1, rédigé par Leroy, présente les grandes tendances de la
sociologie de l'environnement en Europe, en mettant l'accent sur certaines
pistes peu explorées qui auraient pu être riches d'enseignement, et qu'il est
peut-être temps de redécouvrir. Dans le chapitre 2, Vaillancourt dresse un
portrait des productions et des activités des sociologues de l'environnement
dans le monde et spécialement en Amérique du Nord, après avoir retracé
la courte histoire d'une écosociologie en devenir. L'ensemble des chapitres
qui suivent permettent au lecteur de constater que parmi les sciences
sociales de l'environnement, la sociologie de l'environnement est en train de
se tailler une place de choix dans le monde de la francophonie, comme
c'est le cas depuis déjà quelques années dans le monde anglophone. Grâce
à cet ouvrage, nous espérons contribuer à assurer des bases solides pour
que puisse se développer une réflexion articulée et nécessaire sur la
problématique environnementale dans ses dimensions sociales et humaines.
La deuxième partie de l'ouvrage, intitulée Gouvernance et rationalité du
développement durable, fait une place particulière à l'étude des
représentations. Dans le chapitre 3, Gendron analyse les représentations économiques,
Extrait de la publication16 Développement durable et participation publique
politiques et écologiques du monde des affaires. À partir d'un cadre
analytique qui articule la théorie de la régulation et les thèses actionnalistes,
l'auteure explique que l'environnement et le développement durable
semblent désormais relever de l'historicité et ne sont plus l'apanage des seuls
groupes écologistes. Néanmoins, l'entrée de l'élite économique dans le
champ de l'environnement est modulée par des intérêts qui lui sont
propres, si bien que son interprétation des causes des problèmes
environnementaux et de leurs solutions diffère radicalement des thèses écologistes.
Ainsi, pour le monde des affaires, et contrairement à ce que prônent les
tenants de l'économie écologique, la problématique de l'environnement
ne remet pas en cause le modèle consumériste et la croissance, tandis que
l'internalisation des coûts est contraire aux exigences de la mondialisation.
En regard de ces représentations, Gendron soutient que la modernisation
écologique des institutions économiques se traduira vraisemblablement
par une triple dématérialisation passant par une transformation de la
consommation, une modernisation technologique de la production et un
transfert des coûts écologiques vers les économies périphériques.
Dans le chapitre 4, Draetta s'intéresse aux représentations de
l'environnement dans le milieu industriel. Ayant rappelé que l'idée de nature est
d'abord vécue et pratiquée, bref, médiatisée par l'expérience, l'auteure se
penche sur le décalage existant entre les attitudes et les comportements
à partir d'une distinction entre la conscience et la sensibilité
environnementale. Draetta note un décalage entre le désir d'agir au niveau du
discours et la conduite au quotidien plutôt individualiste. Pour comprendre
ce décalage, l'auteure propose de distinguer la conscience de la sensibilité
environnementale. La conscience repose sur la connaissance et se
manifeste par la présence de la dimension environnementale dans le système
de représentations. La sensibilité, de son côté, opère davantage au niveau
de ce qui est ressenti et se manifeste par la proximité de la dimension
environnementale au principe organisateur des représentations, c'est-à-dire à
leur noyau central. Selon Draetta, cette sensibilité peut être comprise à
partir des concepts d'intériorisation, d'habitus et d'ethos empruntés à la théorie
de l'habitus de Pierre Bourdieu. Draetta conclut que la sensibilité à
l'environnement est le reflet de l'intériorisation non consciente de la valeur
environnementale et se manifeste par l'adoption de conduites
environnementales quotidiennes. Les résultats de ses recherches tendent à démontrer
que l'environnement est une valeur émergente de la morale consensuelle
d'aujourd'hui, mais qu'il ne fait pas encore partie des intérêts
fondamentaux à partir desquels s'ordonnent les positions individuelles.
Dans le chapitre 5, Boirai étudie la norme internationale de gestion
environnementale ISO 14001 lancée en 1996 et maintenant adoptée parIntroduction 17
plus de 30 000 entreprises à travers le monde. L'auteur examine les enjeux,
les défis et les paradoxes de cette norme commerciale dédiée à la gestion
environnementale. Il explique que les motivations des entreprises qui se
prêtent aux exigences de la certification 14001 s'expliquent davantage par
des ambitions commerciales, institutionnelles ou organisationnelles que
par un véritable souci de l'environnement. Par ailleurs, la standardisation
visée par une telle norme de gestion, dont la portée se veut internationale,
ne se prête pas toujours très bien aux spécificités des entreprises, à la
diversité de leur culture organisationnelle ou de leur système de gestion.
Enfin, l'auteur explique que la norme repose sur des principes de gestion
assez traditionnels qui risquent de susciter une intégration rituelle plutôt
qu'une véritable remise en cause des pratiques ayant un impact négatif
sur l'environnement.
Dans le chapitre 6, Rudolf se penche sur deux thématiques touchant
à l'institutionnalisation de l'environnement et à la durabilité. L'auteure
observe tout d'abord comment les normes et les dispositifs techniques
concourent à l'institutionnalisation des nouvelles formes de vie à travers
une étude comparative auprès des écoconseillers allemands et français. Elle
constate que les écoconseillers allemands utilisent le quotidien et les
sphères de la vie personnelle pour faire progresser le souci de l'écologie, tandis
que les écoconseillers français s'appuient sur l'équipement en systèmes
experts des collectivités territoriales à travers le soutien des élus. On
reconnaît à travers cette différence deux conceptions de la société et de la
dynamique sociale, l'une qui est plus compréhensive, et l'autre davantage
technocratique. Il n'en reste pas moins que les uns comme les autres
recourent à la fois aux normes et aux dispositifs techniques comme moyens
de transformer la société. Dans la deuxième partie du chapitre, Rudolf se
penche sur le concept de durabilité, qui tente d'opérer une synthèse entre
une nature et une culture que l'on avait coutume de penser séparément.
Souvent critiqué, le caractère flou du concept de développement durable
permet néanmoins de multiples investissements par les acteurs sociaux.
Mais il se révèle incapable de générer une vision partagée du monde. La
durabilité favorise toutefois une remise en question de l'idéologie de la
modernité et signale les limites de l'action rationnelle.
Le chapitre 7, écrit par Micoud, s'inscrit précisément dans la foulée de
cette remise en question. À partir de l'analyse des transformations des
champs sémantiques, l'auteur montre que le développement durable
transporte avec lui une nouvelle rationalité, qui consiste à prendre en
compte le temps du vivant et à penser les choses en tant que vivantes. Cette
notion nouvelle de la durée opère une scission entre le développement et
le progrès ; le développement redevient pluriel, et la raison qui le soutient
Extrait de la publication18 Développement durable et participation publique
ne peut plus être pensée comme naturelle. L'analyse des mutations
sémantiques que propose Micoud se veut aussi une méthode d'inspiration
herméneutique. C'est là une méthode qui accorde une place prépondérante
aux signifiants, sans s'y réduire pourtant, et qui remet en cause l'esprit
scientifique plutôt que le sujet de l'analyse.
Dans le chapitre 8, Murphy propose une réflexion sur la tempête de
verglas qui a frappé le Québec en janvier 1998. Cette tempête a entraîné
une rupture du système de distribution de l'électricité qui a paralysé une
bonne partie du Québec pendant plusieurs semaines. À partir de cet
événement, Murphy montre comment le temps socialement construit
reste superposé aux temporalités de la nature et ne les remplace pas. Alors
que les temps socioculturels sont organisés artificiellement autour de
l'horloge et du calendrier, les temporalités de la nature reposent sur les
rythmes naturels de la planète et du corps. À la faveur de la tempête de
verglas, les temporalités de la nature, l'hiver ainsi que les cycles diurnes et
nocturnes entre autres, ont fait irruption dans l'espace artificiel des
sociétés modernes, désorganisant la vie sociale fondée sur le temps
construit. Le temps vécu et la matérialité de l'expérience se détachent du temps
abstrait et s'imposent au temps de l'horloge qui les contrôlait jusque-là.
Murphy conclut en soulignant la vulnérabilité des sociétés modernes
avancées, que des sociologues comme Beck et Giddens appellent sociétés du
risque, où le développement technologique a intensifié l'interpénétration
entre la nature autonome et la culture, tout en transformant le caractère
de cette interpénétration.
La troisième partie de l'ouvrage est consacrée aux enjeux globaux et aux
réponses qu'ils suscitent chez les acteurs sociaux. Dans le chapitre 9,
Guilbeault et Vaillancourt analysent la question des changements
climatiques, et plus particulièrement les négociations entourant le protocole de
Kyoto. Ils analysent le rôle des organisations non gouvernementales dans
ces négociations en montrant que celles-ci sont appelées à fournir une
expertise scientifique grâce à laquelle elles développent de véritables liens
de collaboration avec les représentants des pays en négociation. Les
auteurs se penchent aussi sur les différentes pistes proposées actuellement
pour faire face au défi des changements climatiques tels que les puits de
carbones et l'option nucléaire. Enfin, Guilbeault et Vaillancourt se
prononcent sur les effets potentiels d'un réchauffement climatique sur la santé
humaine et le développement de maladies infectieuses.
Dans le chapitre 10, Golovtchenko et Zelem, avec la collaboration de
Noguès et Pidoux, étudient les politiques publiques de réduction des gaz à
effet de serre visant principalement la pollution automobile. Constatant que
le comportement des automobilistes n'a pas changé malgré les politiquesIntroduction 19
de l'État axées sur l'offre, les auteurs ont voulu analyser l'usage et les
représentations des conducteurs en matière de pollution automobile, en
vue d'évaluer l'acceptabilité des mesures visant à réduire cette pollution.
Ils constatent que les représentations en matière de pollution automobile
sont fortement conditionnées par les variables démographiques, et que ces
représentations tendent à justifier le bien-fondé des décisions d'achat d'un
véhicule. La pollution automobile est perçue comme un mal nécessaire dans
la mesure où la voiture est jugée indispensable ; par ailleurs, les
automobilistes tendent à rejeter la responsabilité de la pollution automobile sur les
autres, notamment sur les constructeurs. En conclusion, les recherches
menées par Golovtchenko et Zelem démontrent que les automobilistes
sont bien disposés à l'égard des mesures indirectes et réglementaires qui
s'adressent aux constructeurs et s'imposent à tous les conducteurs de
manière indifférenciée. Par contre, il sont réfractaires aux mesures
économiques négatives, tout particulièrement aux taxes ou aux charges
supplémentaires.
La problématique des changements climatiques fait l'objet du
chapitre 11, rédigé par Perron et Vaillancourt. À partir du concept de
développement durable, les auteurs ont cherché à analyser les valeurs et les attitudes
des représentants participant au PNCC. En analysant les données recueillies
à partir d'un questionnaire administré par le groupe international de
recherche GOES, Perron et Vaillancourt montrent qu'il existe une polarisation
entre les valeurs et les attitudes des leaders verts et celles des représentants
d'entreprises. Par contre, certains enjeux comme les changements
climatiques semblent faire l'objet d'un certain consensus, les divergences se situant
plutôt au niveau des mesures à prendre ou de leur impact au plan de l'équité
Nord-Sud. Les représentants municipaux exceptés, les acteurs se rallient
néanmoins à l'utilisation des mécanismes de marché pour résoudre une
partie des problèmes environnementaux, dont le réchauffement planétaire.
Insatisfaits des efforts du gouvernement fédéral à l'égard des engagements
pris à Kyoto, ils sont généralement favorables à un système d'échange de
crédits d'émission, entre autres solutions.
Dans le chapitre 12, Mazalto se penche sur la problématique de l'eau et
sur le rôle des organisations non gouvernementales internationales dans
l'élaboration des politiques de l'eau. Constatant l'apparition de nouveaux
acteurs atypiques au sein de la société civile, l'auteure propose de faire une
distinction entre les organisations internationales non gouvernementales
et les think tanks. Ces soi-disant incubateurs d'idées rassemblent des
dirigeants ou des cadres en vue de constituer des réseaux d'influence
politiques et économiques, alors que les organisations nons
sont plus marginales et se dissocient largement des sphères d'influence du
Extrait de la publication2O Développement durable et participation publique
pouvoir. Mazalto avance que les ihink tanks constituent des espaces de
médiation et de structuration de nouveaux modes de représentation en
développant un monopole intellectuel dans un secteur donné. À la fin du
chapitre, l'auteure s'interroge sur la constitution, le rôle et le statut de ces
organisations hybrides, et sur leur rapport à la démocratie.
Dans le chapitre 13, Nevers se penche sur les politiques de protection
des espaces naturels pour tenter d'en dégager les caractéristiques et pour
proposer une analyse de leurs coûts et de leurs avantages. Après avoir
rappelé les controverses entourant la finalité des politiques de protection de
la nature, l'auteur expose la diversité des mesures protectionnistes mises de
l'avant en France (protection zonale, politique réglementaire et politique
incitatrice). Il propose ensuite une analyse de leur succès potentiel à partir
de la catégorisation de Padioleau fondée sur deux variables : le caractère
diffus ou concentré des avantages des politiques publiques, et lee
diffus oué de leurs coûts. Less environnementales
supposent généralement des avantages diffus et des coûts concentrés,
configuration peu propice à leur implantation. Nevers souligne qu'il faut aussi
tenir compte des dimensions temporelles et spatiales, sans compter la
difficulté d'évaluer les coûts et les avantages réels de certaines politiques.
La quatrième partie de cet ouvrage porte sur le thème de la
participation et du rapport au territoire. Elle débute par deux textes sur la situation
acadienne. Dans le chapitre 14, Babin analyse la signification politique et
la portée sociale de nouvelles pratiques collectives publiques en matière
d'environnement. L'auteur tente de voir dans quelle mesure de telles
pratiques contribuent à la structuration de nouveaux mécanismes collectifs
de production et de régulation sociales dans le cadre d'une transformation
historique. Il analyse, pour ce faire, plusieurs expériences acadiennes de
mobilisation environnementale et communautaire, et conclut que
cellesci témoignent d'une volonté des communautés de se prendre en charge
avec l'appui de l'État, dans le cadre d'une économie solidaire. La
mobilisation s'articule dans des réseaux à l'aide desquels la population cherche à
s'approprier et à contrôler collectivement le processus de développement.
Inspiré par Melucci, Babin montre ainsi que les mouvements sociaux ne se
limitent pas à l'action politique institutionnelle, mais œuvrent à
l'ouverture d'un espace politique où peuvent s'exprimer des idées nouvelles et
des projets ou des visions alternatifs du développement.
Dans le chapitre 15, Chouinard, Desjardins, Forgues et Vanderlinden
s'intéressent à l'action locale dans un contexte de mondialisation
économique. Ils étudient les partenariats qui se sont formés entre des groupes
de citoyens, des municipalités, des entreprises et des représentants
gouvernementaux en vue de relever les défis d'un développement durable dans leIntroduction 21
bassin versant de la baie de Caraquet. Les auteurs expliquent l'urgence de
développer une gestion intégrée des ressources permettant d'exploiter le
potentiel socioéconomique de la région tout en respectant la diversité
écologique. Cette gestion intégrée, soutiennent les auteurs, nécessite la
création d'un comité de concertation intersectoriel représentatif du territoire
et de ses principaux acteurs.
Dans le chapitre 16, Busca, Gendre, Salles et Zelem analysent les
dispositifs de gestion de l'eau destinés au monde agricole. En étudiant les
stratégies des agriculteurs face à l'implantation de mesures de gestion
de l'eau, les auteurs cherchent à comprendre les modalités
d'appropriation des politiques publiques de protection de l'environnement. Les
recherches menées par le CERTOP auprès d'agriculteurs sur plusieurs
bassins versants du bassin Adour-Garonne permettent d'analyser les facteurs
de succès des politiques de gestion de l'eau et de comprendre les
modalités de construction des prescriptions environnementales par les acteurs
gestionnaires de l'eau. Les auteurs proposent aussi une segmentation du
monde agricole en fonction de l'attitude des agriculteurs vis-à-vis les
problèmes d'environnement.
Dans le chapitre 17, Becerra se penche sur le cas de la protection
controversée des zones humides du littoral catalan. L'auteure analyse les formes
de mobilisation sociale relatives à la protection des milieux naturels et les
conditions de participation des populations locales à de nouveaux modes
de gestion légitimés par l'émergence d'un enjeu environnemental. Becerra
soutient que dans le cas du Parc naturel des marais de l'Ampurdan, la
gestion intégrée du milieu naturel est « contre-nature » ; elle montre que les
agriculteurs rejettent un dispositif de protection imposé par
l'administration locale. Un tel dispositif est perçu comme une ingérence de
l'administration faussement justifiée par des impératifs écologiques. L'auteure
expose ensuite l'intérêt et les effets positifs d'un programme
agroenvironnemental reposant sur la participation des acteurs à la gestion du Parc
naturel.
Les deux derniers textes de cette partie s'intéressent tout spécialement
à la question environnementale dans les pays du Sud. Le chapitre 18, écrit
par Castro, porte sur les savoirs des populations traditionnelles dans le
cadre des débats sur la biodiversité et le développement des
biotechnologies. L'auteure explique que les populations traditionnelles sont confrontées
aux changements d'ordre économique et technologique, et doivent
revendiquer leurs droits face aux tentatives d'appropriation des ressources de la
biodiversité inhérentes au développement d'un savoir et d'une
connaissance typiquement occidentaux de leur milieu. Ce type de savoir remet
en question le rapport au territoire des populations traditionnelles et les
Extrait de la publicationNouvelles valeurs et gouvernance au Canada
Sous la direction de NEIL NEVITTE
Pièces d'identité. Signets d'une décennie allemande 1989-2000
INGO KOLBOOM
Planifier et évaluer l'action sociale
RlCARDO ZUNIGA
La politique économique du développement et les modèles
d'équilibre général calculable
ANDRÉ MARTENS et al.
La psychocriminologie
DIANNE CASONI et Louis BRUNET
Qui a peur de l'État ? Le Canada dans un monde
aux structures polycentriques de pouvoir
Sous la direction de GORDON SMITH et DANIEL WOLFISH
Les relations ethniques en question. Ce qui a changé depuis le 11 septembre
Sous la direction de JEAN RENAUD et al.
Le rouge et le bleu
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Les sciences sociales de l'environnement
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Le système politique américain
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Traité de criminologie empirique
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Le travail au féminin
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Veillissement et évolution démographique au Canada
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Extrait de la publicationAGMV Marquis
MEMBR E DE SCABHN I MEDIA
Québec, Canada
2003
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