Développement : stratégie de l'urgence

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Publié le : mardi 1 janvier 1991
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EAN13 : 9782296251212
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DÉVELOPPEMENT : STRATÉGIE DE L'URGENCE

Du même auteur:

La Chine du Nouveau Départ, L'Harmattan, juin 1987. Turbulences Chinoises, L'Harmattan, juin 1989. Growth and Adjustment, Center for Economic Research on Africa, Montclair State College, New Jersey, September 1990. S'Unir: le Défi des Etats d'Afrique Centrale, L'Harmattan, septembre 1990.

@L'Harmattan, 1991 ISBN: 2-7384-1138-X

Guy SCHULDERS

DÉVELOPPEMENT:

STRA TÉGIE DE L'URGENCE

Éditions L'Hannattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Nous exprimons nos sincères remerciements à Madame Claudie COPPE. Professeur de Sciences Economiques et Sociales au Lycée J.M. Caron de Bangui. pour les conseils judicieux et la relecture patiente dont elle nous a fait bénéficier lors de la rédaction de cet ouvrage.

G.S.

SOMMAIRE
AVANT-PROroS ........................... 11 13
17 18 18 20 21 22 24

Main lines in English: Development: A strategy of emergency.............. INTRODUCTION UNE NOUVELLEMETHODE ...............................................

I. - L'ECONOMISTE DOIT METTRE EN OEUVRE

...........................

- Les turbulences doivent être diagnostiquées.....................................
- Les déséquilibr,Çs doivent être compensés........................................ - Les risques doivent être calculés ................................................... II. - L'UNIVERSITAIRE III. DOIT REDEFINIR SA PEDAGOGIE................

- LE

CHERCHEUR DOIT RÉORIENTER SES INVESTIGATIONS.... L'URGENCE D'UN CHOIX

CHAPITRE I. - DÉVELOPPEMENT:
D'ÉPOQUE

......................................................

29 30 30 34 35 36 39 42 43 44 46 48 52 52 54 55 56

I. - LES IMPLICATIONS ÉCONOMIQUES DES PERTURBATIONS roLITIQUES .............................................................................. 1. Un monde mouvementé ............................. 2. Continuité politique et efficacité économique................................. II. - UNE NOUVELLE GÉOPOLITIQUE DU DÉVELOPPEMENT........... 1. Du fossé Nord-Sud au fossé Sud-Sud............................................ 2. Une dynamique de l'inégalité ...... 3. Le rapprochement Nord-Nord .................................... III. - NOUVEAUX MARCHES ET NOUVELLES TECHNIQUES............ 1. Une part sur les marchés............................................................ 2. Le choix des techniques ............................................................. 3. Secteur moderne et secteur traditionneL........................................ IV. - UNIVERSALISME ET SPECIFICITE.......................................... 1. Universalisme et doctrine économique ............... 2. Spécificité et Non-Alignement .............................. 3. Appauvrissement absolu et "informalisation" des Etats.................... V. - LES NOUVELLES OPTIONS......................................................

7

CHAPITRE

II. - L'URGENCE

D'UN CHOIX HUMAIN

.........................

65 65 65 67
68 69 77 86 92 92 94 95

I. - L'HOMME:

FINALITE DU DÉVELOPPEMENT...........................

1. De l'ordre politique à l'ordre commercial........................................ 2. De la survie politique à la survie économique................................. II. - LES COMPOSANTES MATÉRIELLES ET HUMAINES DU DÉVELOPPEMENT
1. Les indicateurs économ iques

......

...

....

................

2. Les indicateurs démographiques et sociaux..................................... 3. Les indicateurs des coûts humains du développement....................... ANNEXES DE FIN DE CHAPITRE ..................................................... A - Répartition mondiale des populations et des revenus..................... B - Indicateurs de l'Afrique subsaharienne ............. C - Indicateurs de développement humain......................................... CHAP. III. -DÉVELOPPEMENT: DES COURS L'URGENCE D'UNE STABILISATION

99 100 101 103 107 110 110 113 121 121 125

I. - L'APPROCHE STRUCTURALE DU COMMERCE INTERNATIONAL 1. L'évolution par secteurs 2. Commerce international et techniques capitalistiques 3. Commerce International et rareté des devises II. - L'EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE 1. Une chute des cours très préoccupante 2. Les causes principales de la chute des cours ANNEXES DE FIN DE CHAPITRE A - Les cours des produits de base B - Les termes de l'échange CHAP. IV. - L'URGENCE D'UN NOUVEL ORDRE COMMERCIAL IN1ERNATIONAL I. - LE COMPORTEMENT DES MARCHES LES PLUS CARACTÉRISTIQUES.. ........ 1. Elasticités et temps de réponse.................................................... 2. Effets non homogènes ........................................................ 3. Pas de solidarité ................................... 4. Les produits ................ Il. - LES FONDEMENTS RÉALISTES D'UN NOCI..............................

.

129 130 131 132 134 135 139 140 146 149 152

1. Des initiatives utiles mais de court terme...................................... 2. Les enjeux d'une nouvelle orientation des marchés. ......................... 3. L'urgence des réorientations structurelles....................................... 4. Choix endogènes et impulsions externes ....................

8

III. - CONCLUSION ;-;;.. 1. Des politiques endogènes restrictives ............ 2. Des données stratégiques internationales........................................ ANNEXES DE FIN DE CHAPITRE...................................................... D'UNE STABILIS~TION DE LA DETTE ......................

160 160 161
163

CHAP. V. -L'URGENCE EXTÉRIEURE..

165 166 173 188

I. - CAUSES ET CIRCONSTANCES DE L'ENDETTEMENT DES PAYS DU SUD. ................ II. - VOLUME ET MORPHOLOGIE DE LA DETTE MONDIALE........... ANNEXES STATISTIQUES ET GRAPHIQUES ..................................... CHAP. VI. - DÉVELOPPEMENT: FINANCIER L'URGENCE D'UN NOUVEL ORDRE

191 192 192 197 204 207 210 211 211 214 216 220 225 235 247 249 251

I. - LES SOLUTIONS NATIONALES AU PROBLEME DE LA DETTE EXTÉRIEURE . 1. Un jeu économique mondial à somme nulle................................... 2. Développer l'épargne et l'investissement productif........................... 3. Elaborer des politiques des revenus équitables................................. 4. Se doter d'un réseau bancaire efficace ............................................ 5. Fiscalités équitables et recouvrements réguliers .............................. II. - UNE SOLUTION INTERNATIONALE AU PROBLEME DE LA DETTE EXTÉRIEURE. 1. Réduire la dette 2. Les solutions commerciales aux problèmes de la dette extérieure 3. Les solutions monétaires aux problèmes de la dette extérieure 4. Le réaménagement de la dette extérieure 5. Rapports, Plans et Sommets (BERG, BAKER, BRADY, TORONTO) CONCLUSION INDEX DES TABLEAUX.. INDEX DES GRAPHIQUES ET ENCADRES ..................................

. ........................................
...............................

BIBLIOGRAPHIE

9

.

AV ANT-PROPOS

Les pays du Sud ont besoin d'élaborer une théorie économique de la croissance et du développement qui leur soit propre, et qui ne sera pas forcément basée sur les doctrines universalistes des nations occidentales. Ces doctrines ont du reste terriblement vieilli, et sont elles-mêmes contestées dans les nations qui les ont élaborées. Dans le cas des pays en développement, l'universalisme des théoriciens Classiques, Néoclassiques, Keynésiens comme Marxistes est mis en cause par la spécificité des difficultés rencontrées. Après le temps de la construction développementaliste et structuraliste, puis de la radicalisation théorique liée aux guerres d'indépendance et aux mouvements de libération, l'effort de l'économiste doit désormais porter sur les priorités imposées par l'urgence. Dans bien des cas, cette dernière conditionne directement la pérennité des Etats et la survie des populations. Face à l'effondrement des cours des produits de base dont l'exportation constitue l'essentiel de leurs ressources, et à l'état de cessation de paiement auquel les a conduit une dette extérieure considérable, les priorités des pays du Sud s'analysent désormais en termes de gestion de processus non équilibrés et déficitaires, de Plans de Stabilisation d'économies en situation de décroissance chronique, de Programmes d'Ajustement Structurel visant à combiner de manière judicieuse et efficace les atouts matériels et humains des Etats, de stabilisation des recettes d'exportation, de régulation économique et sociale, de prise en compte du secteur informel, mais également en termes de démocratie et de Droits de l'Homme. En trente années d'Indépendance, la juxtaposition maladroite de dogmes et de pratiques inappropriées, souvent incompatibles entre elles, sans lien avec les réalités nationales, et sans rapport avec les aspirations des populations, a développé un véritable syncrétisme au niveau économique, politique, social et culturel. Des théories nouvelles s'imposent dans les Etats du Sud, sans a priori idéologique ou doctrinal, qui tiendront le plus grand compte des hypothèses de spécificité, des besoins des populations, de l'inégalité des revenus, de l'évolution des mentalités, des déterminismes socio-culturels, des impératifs de régionalisation, des critères de dimension et d'économie d'échelle, et des impulsions industrialisantes nouvelles. Ces constatations interpellent l'universitaire, le chercheur, comme le praticien qui doivent redéfinir le champ de la science économique pour qu'elle soit toujours opérationnelle dans un monde turbulent et en continuelle évolution.

G.S. 11

DEVELOPMENT:

A STRATEGY

OF EMERGENCY

Facing a collapse in the commodities and a state of suspended payment which drive them into considerable external debt. the developing countries (Middle or Lower Developed Countries) have priorities which result in the administration of unbalanced processes, leading to negative results. New politics must be instituted without concernfor ideological. doctrinal. or especially ethnical a priori. which should really take into account unequal revenues. educational insufficiencies. regional necessities. criteria of size. and economies of scale. Such imperatives lead to one priority: taking into consideration the needs of the people. This means but one solution: the harmonization of economic policies through a process ofregionalization. These vital necessities have to redefine what is meant by developmental aid so that it becomes truly operational. In fact. the recent situations familiar to the countries of the Southern hemisphere lead toward a choice of time. a choice for human-oriented policies. a choice for a New Commercial Order. a choice for a New Financial Order. A CHOICE OF TIME It is that of integration. In Africa. the worsening economic situation was for two years at very serious social strains which inflamed the continent during the entire year of 1991. In light of this situation. the African states can no longer keep inside an autonomous microsystem. In the present context of an economical crisis. this would mean running the risk of a return to tribalism and ethnic opposition. Moreover. - the strong. rapid industrialization of the Asian nations. - the progressive regrouping of European countries into one common market in 1993. markets.

all these events become critical for the governments of the Developing Countries and impose new directions for growth and progress: directions of openess. largeness. productivity. and required negotiation. The lender countries. in regrouping or bringing together their own efforts can in this way. make it easier to integrate the D.C. In the long run. the international 13

- the recent - the people

opening up of the Socialist nations to the techniques of the Developing Countries' thirst for democracy.

of the Western

organisations, as well as the countries of the European Economic Community should provide help to regions or groups of nations like Economic Communities of Western (or Central) States. It should not be that just France supplies aid to Ivory Coast or just Germany to Cameroon. Such evolutions are necessary and urgent, yet difficult and time-consuming. In this way, with the help of the Northern nations, the African states can look to overcome their obstacles by establishing themselves into economic zones and political regions beneath the guidance of one leader-nation, not Western, but African. This consideration in terms of "Regional Structural Adjustment Programs", lead unitedly at Bangui in January 1991 by the World Bank, the FED and ihe Custom and Economic Union of Central Africa, constitutes in this sense, the beginning of one positive movement. A CHOICE FOR HUMAN-ORIENTED POliCIES
The importance of accounting for the peoples' staple requirements, originates from an obligation to analyse the problems of the Developing countries, not only in terms ofGNP or of National Income, but more in terms ofwhat the people need (Human oriented Choices).

What are the economic quantitative, but also qualitative needs of the people? How is the national wealth distributed? How should one deal with the problems of access to drinkable water, electricity, hygiene, health, and also include those issues concerning the people's choice of their standard of living or the respect for human rights? In this sense, the UNDP worked out a Human Development Indicator (HDI). I confronted a certain number of indicators, such as those mentioned above, and designed a classification table for 28 countries. I then constructed a matrix of classified coefficients allowing an understanding of the notion of poverty in a less
subjective manner.

The necessity in choosing human-oriented policies involves implementing well-adapted educational incentives, that begin at childhood. I analysed the question dealing with superior education in Central Africa under modest circumstances (i.e. without financial assistance) : I asked entrepreneurs, officers of public departments and of different local organisations, what they desired our students to know upon entering the workforce. The adaptation of the teaching programs in the Universities must be based on the responses of those who were questionned. THE CHOICE OF A NEW COMMERCIAL ORDER It appears that during an era so moralising about international politics, the World Economic Order does not really take into consideration the needs of the people in each nation. This Order, which dictates the conditions presiding over the transfer ofwealth between all countries, is designed in such a way that with all the labor and fruit of their multiple national economic activities, certain nations could survive, others not. What are the resources of a nation? Its GNP and the resources originating from it's external trade. - It is conceivable to calculate, (upon economic and local sociological data) even if only an approximation, the level of optimal national revenue which a state must have to allow its residents to obtain a decent standard of living (nutrition,
hygiene, health, education, etc.) . - Knowing what a population gains from its economic activities and domestic resources, (formal and informal ones), it is possible to directly figure the amount of external income so that the people are able to reach the level of minimal living (critical threshold) alluded to.

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For the moment, given that the domestic resources are rather insufficient, outside help has no immediate economic reference to the value of the international tradeflows. It would appear more logical to place a value on the exported products allowing a minimal revenue, while on the other hand, further efforts be made in favor of the industrialization and the transformation of raw products. Such a proposition would be to free the future of the lesser developped countries from the present system of the international markets which is cu"ently insufficient. Infact, it is no longer question of taking into account only the resources of their exported products on some of the often saturated markets, but of making their growth and development dependent upon the direct satisfaction of the peoples' needs. Mentalities and behaviors remain far from the concept of international solidarity, and the economic theory poorly prepared in order to make it operational. But isn't it actually frustrating that the New Economic Order is most often brought about by a critical approach of the present circumstances which do not allow the development - nor at times, the survival of the Southern populations -, than by constructive propositions of humanly tolerable and structurally lasting development?

THE CHOICE OF A NEW FINANCIAL ORDER Despite their reduced resources and the consequent blockage of their economic growth, the Southern countries had to find the financial means of maintaining and ensuring the replenishment of their equipment. The increase and structure of the debt are familiar to all economists. Therefore we will not develop this point. The problem which preoccupies us the most today stems from two different requirements: first the shareholding sectors of the International Trade are geared toward the costly sectors consisting in a transformation of products and services, and secondly the external debt is more a concernfor the future thanfor the past: it is necessary to convince the creditors to
lend again.

We know that the worldfinancialflows are economically, a "zero-sum game". Every deficit must be payed off, and all surplus must be invested. Yet.Japan like Germany actually have financial preoccupations that are more self-centered. The reconstruction and reconversion of the New German Federal States (Neue Bundesliinder) will be more costly than expected. Fewer financial surplus on the world markets, will mean fewer reduced deficits and fewer new loans for the Southern Hemisphere and especially for Africa. This is why I stress the following point: facing the decreasing external resources, the savings which will allow the revival of the economic systems must be those which the citizens possess wherever these savings may be deposited and not only those that are merely found in the
banks of the developing countries which are often poorly managed and insolvant.

Therefore, we offer the following approach: In the same way the economists oppose GNP and GDP, one could equally think of differentiating between "National Savings" and the "Domestic Savings." On the globallevel. one could admit that the administrations of the industrialized countries which are traditionally lendors. establish an amount of the total holdings of the citizens from one developing region, all while respecting the anonymity of the people involved. Cancelling the external debtfrom one state or region couldfairly be accreditedfor the amount of savings their citizens either own or have invested in the Western countries.

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.

INTRODUCTION

L'ordre politique et économique international qui conditionne les relations entre les hommes et entre les Etats est le résultat des innombrables bouleversements qui ont marqué l'histoire contemporaine. Ainsi, depuis le milieu des années soixante-dix, le centre de gravité mondial se déplace de manière accélérée et discontinue. Dans le même temps, la géopolitique redéfinit sans cesse de nouveaux rapports de force et de nouveaux pouvoirs entre les différentes régions du monde. A ces composantes inédites dont dépend le bien-être des hommes sont attachés de réels espoirs, mais aussi des risques alannants. En effet, à l'importance du fossé Nord-Sud qui s'est progressivement creusé au cours des deux premières décennies de l'Indépendance entre les Nations Industrialisées et les Pays en Voie de Développement, se substitue désonnais une dynamique d'appauvrissement encore plus préoccupante: celle d'un écart croissant qui s'instaure entre les nations du Sud et les nations du Sud: Sud asiatique, Sud latino-américain, Sud africain. Parallèlement, la part des Africains dans les marchés mondiaux a considérablement diminué depuis 1960 pour des raisons qui sont imputables aux politiques économiques intérieures, mais également à l'évolution des relations économiques internationales. Plus grave encore,:Ie commerce intra-africain lui-même a régressé: de 1968 à 1988 les flux africains du commerce extérieur sont passés de 8% à 2% de la valeur totale du commerce mondial. On le voit, les nations pauvres subissent le~ conséquences d'une crise économique durable qui frappe avec une particulière gravité l'ensemble des pays africains: les PIB régressent, la démographie explose, les richesses ne se vendent plus, le social est sacrifié, les régimes se durcissent, le peuple descend dans la rue. Sur le plan économique, si la route du Développement passe sans doute par Canton et par Djakarta, la route de la servitude passe plutôt par Khartoum et par Kinshasa.

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Face à cette situation, les Etats du Sud doivent définir leurs nouvelles options. Or celles-ci relèvent désonnais non plus d'un choix de système, mais d'un choix d'époque: - sur le plan économique, ce choix n'est plus celui d'une concurrence incontrôlée mais celui d'un certain type de régulation; - sur le plan social, il ne s'agit plus de raisonner en tennes de revenus globaux, mais en tennes de besoins des populations; - sur le plan politique, il convient, non pas de se replier au sein de micro-systèmes, mais de s'acheminer sur la voie de l'ouverture et d'une certaine fonne de démocratisation inséparable du respect le plus élémentaire des Droits de l'Homme. Puisque, devant ces faits et ces rythmes nouveaux la théorie ne répond plus, l'économiste doit remettre en cause sa méthode, l'universitaire doit redéfinir sa pédagogie, le chercheur doit réorienter ses recherches.

I. - L'ECONOMISTE DOIT METIRE EN OEUVRE UNE NOUVELLE METHODE. Face à la situation inédite et changeante que nous venons d'évoquer, l'économiste doit prendre en compte dans ses analyses une certain nombre de paramètres. Ceux-ci lui sont imposés par les circonstances nouvelles qui conditionnent l'ordre politique, économique et social dont sera tributaire le monde du XXIe siècle dans lequel nous nous préparons à entrer. Il doit surtout veiller à ne pas se laisser surprendre par les foyers destructeurs de l'injustice et de la subversion, fortement attisés par la pauvreté et l'inégalité qui caractérisent les rapports entre les hommes. Cette vigilance s'impose à l'intérieur des Etats comme entre les nations. L'économiste doit en outre proposer des solutions de conciliation qui combinent le plus judicieusement les besoins des uns et les surplus des autres. Cet impératif s'impose d'autant plus, que dans le domaine productif comme dans la sphère financière, les excédents des pays fortunés sont en quête de placements, alors que les déficits des pays non nantis sont à la recherche d'une compensation. Enfin, les bouleversements rapides de la géopolitique mondiale que nous avons mentionnés plus haut imposent aux économistes de canaliser l'imprévu, mais également d'engager l'avenir sur la base d'anticipations éminemment incertaines. Ces dernières sont liées à un haut niveau de risque qui doit être calculé avec la plus grande précision.

Ainsi, pour que l'économiste puisse mettre en oeuvre les nouvelles méthodes imposées par son époque, les turbulences doivent être
diagnostiquées, les déséquilibres compensés et les risques calculés. Les turbulences doivent être diagnostiquées: Nous avons fait de la notion de "turbulence" un outil d'analyse lorsque nous nous sommes rendu compte que dans la plupart des pays qui tentaient de définir une voie originale

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de croissance durable et de développement effectif, les mentalités, la démographie, la production, les systèmes économiques et les régimes politiques n'évoluaient pas au même rythme. Cette constatation nous a semblé vérifiée en de nombreuses circonstances en Afrique comme en Asie. Nous avons alors défini la turbulence comme l'évolution non synchrone du spirituel (les mentalités, les croyances, les religions, les idéologies), du naturel (la démographie, les ressources haturelles, le sol et le sous-sol), et du matériel (les modes de productions et le bien-être qu'autorisent les revenus distribués).

FAITS ET RYTHMES NOUVEAUX
centre nouvelle fossé Afrique: nouvelles économie: social: politique: de gravité mondial

géopolitique => fossé Sud-Sud crise grave et durable options => régulation besoins des pop ==> ouverture et démocratisation concurrence

Nord-Sud

revenus

ECONOMISTE
I

UNIVERSITAIRE

I I

CHERCHEUR

I

Mh"llKh EN OEUVRE UNE NOUVEU.E MErHODE

REDEFINIR LA PEDAGOGIE
I

REORIENTER

LES
I

RECHERCHES

I

TURBULENC: ~IA~NOSTIQUEES ow anayse défmition vrai partout

I
I

HARMONISATION REGIONALE
I I

SCECONOMET
DEVELOPPEMENT
I

Licences

ouverture moralisation modération intégration ajustement

DESEQ~mRES CO:NSES Jeu à somme n e
endettement politique onhodoxie cwnulatif cohérente de régulation et équilibre

Mai'ùises semi-profess. stages Mémoires Doctorats

RISQUES C~ULES experts, capitaux, hanges polit éco liée au risque risq-change, risq-élasticité rééquilibre par dévaluation

DES PROFESSIONNELS Filières Professionnalisées

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Les turbulences aboutissent le plus souvent à des incompréhensions entre les hommes comme entre les nations. Elles entraînent des risques de "cassures" politiques et sociales. Ceci nous semble vérifié sur tous les continents, même en Europe maintenant, où dans certains pays, l'accès aux forces du marché ne saurait relever d'une marche forcée. Transparence et Perestroika requièrent une adaptation des mentalités en même temps que s'opère un transfert de pouvoirs. Toute précipitation en ce domaine pourrait remettre en cause les effets bénéfiques dont sont éminemment porteurs de tels vecteurs de changement. Les déséquilibres doivent être compensés. En soulignant plus haut, que dans la sphère financière mondiale comme dans le domaine des activités productives, tout déficit devrait être comblé et que tout excédent devrait être affecté, nous recourrions à une évidence arithmétique caractéristique de la construction des balances des paiements. En effet, la constatation comptable des opérations économiques et financières de tous les Etats qui participent aux relations économiques internationales montre, qu'en définitive, "le monde évolue selon un jeu économique à somme nulle". Les imperfections et les approximations évidentes des écritures et relevés effectués par les services douaniers, par les agents comptables nationaux comme par les experts des organismes internationaux expliquent, qu'en réalité, la somme de tous ces soldes ne soit pas exactement nulle, et qu'une telle imperfection puisse se résumer, au niveau mondial, à environ + 80 milliards de dollars US. Ce reliquat, techniquement embarrassant, représente, en réalité, à peine 5/1000èmes des produits nationaux cumulés; mais par ai1leurs, il n'en correspond pas moins à 80% de la dette mexicaine... Ce souci de compensation, qui doit motiver sans cesse l'économiste, constitue la préoccupation avouée des experts de la Banque Mondiale. Celle-ci a vocation à assurer, en priorité, les grands équilibres financiers internationaux, même si, dit-on parfois, de tels équilibres ne sont pas toujours compatibles avec la poursuite d'une politique de croissance et de développement des Etats. Mais la compensation financière dont il s'agit doit concerner tant les situations internationales que les équilibres financiers intérieurs. Cela signifie, que si le solde des épargnes nationales (privées comme publiques) est négatif, le solde des opérations courantes qui lui correspondra sera également négatif et devra être compensé par un emprunt sur l'extérieur! . C'est le cas, et d'une manière qui s'aggrave, dans la plupart des Pays en Développement, à bas revenus (PMA) comme à revenus intermédiaires (PR!), où les déficits imposent l'endettement, et où l'endettement fait perdre une partie de l'indépendance économique, une partie de la souveraineté politique, mais aussi, à terme, une partie de la dignité nationale. Compenser ces déficits, ou du moins les rendre plus supportables, implique la mise en oeuvre d'une politique cohérente de régulation. Il convient désormais de raisonner en
1. Voir Chapitre V - "La stabilisation de la dette extérieure". Ce thème a été développé par C. de BOISSIEU lors de son intervention au Séminaire sur "l'Ajustement Structurel" organisé à Aix-en-Provence en Août 1990 par le Ministère de la Coopération et du Développement.

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tennes de productivité plus élevée, de nouveaux partages, de nouvelles productions, de nouveaux horizons, de nouveaux rapports sociaux, de nouvelles institutions, mais également de prendre en compte l'émergence d'une nouvelle conscience nationale, le tout, "en un temps optimum, aux moindres coûts humains et dans un sens qui s'universalise"2. La complexité et l'immensité de ces phénomènes à la fois matériels et humains justifient un grand nombre d'approches et conduisent aux propositions les plus variées. Nous essayerons d'apprécier la portée de certaines d'entre elles dans le cas des économies en développement des pays du Sud. Les risques doivent être calculés. Les prévisions des économistes s'imposent, mais elles ne peuvent parvenir à canaliser l'ensemble des éléments innombrables qui caractérisent le monde de l'alléatoire et de l'incertain. Aucune construction socio-économique ne peut s'enfenner dans le court tenne. Dans le cas des pays en difficulté, l'on peut ainsi reprocher aux Programmes d'Ajustement Structurel recommandés par la Banque Mondiale d'avoir ramené les préoccupations des gouvernements des pays en développement à un univers temporel excessivement limité. A l'inverse, plus l'horizon de la réflexion et des investigations est élargi, plus les risques d'erreur sont élevés. Les risques doivent donc être considérés comme des facteurs déterminants à part entière de toutes projections devenues indispensables à l'analyse économique; ils doivent impérativement être calculés et associés à la préparation de tout scénario prévisionnel et évolutif. La Coopération française a entrepris en 1990 la mise au point d'un séminaire sur l'analyse du risque. Envoyer des experts dans les pays du Sud, y orienter des flux financiers, y investir des capitaux, ou pratiquer des échanges entre pays des divers continents requiert, de toute évidence, une approche en termes de risque. Le concept de risque doit, en l'occurrence, être étendu à tous les domaines de la vie économique et politique nationale comme internationale: risque-pays, risque-intérêt, risque-change, risque-énergie, risque-élasticités, mais aussi, risque-sécurité et risque-continuité. Dans une telle perspective, le risque se définit alors comme l'éventualité d'une modification des données fondamentales de la vie d'une nation ou de ses rapports avec l'extérieur qui proviendrait d'une évolution difficilement prévisible de son environnement politique ou économique. Une telle approche, effectuée en termes de risque, pennet d'apprécier et d'orienter les dynamiques de lutte contre les divers déséquilibres évoqués précédemment: Faut-il juguler les déséquilibres avant tout par une politique réelle ou par une politique monétaire? La recherche à tout prix d'un rééquHibrage financier (souvent provisoire et artificiel) n'entraîne-t-elle pas un risque majeur de récession au niveau de la production ainsi que des coûts sociaux exorbitants? La sphère productive d'intérêt national ne risque-t-elle pas d'être "phagocytée" par la sphère financière guidée de l'extérieur? La priorité donnée au concept de souveraineté politique ne peut-elle pas, dans
2. Par la recherche de tels critères nous rejoignons la définiùon que François PERROUX donnait du progrès. Nous retrouvons également Joseph SCHUMPETER qui pensait que la "dynamique des innovations" expliquait toute relance économique. 21

certains cas, comporter un risque de malentendu au niveau de l'utilisation la plus efficace des aides étrangères? D'une manière concrète, le calcul du risque-change et du risque-élasticité nous pennet de comprendre, qu'étant donné la morphologie des courbes de demande d'exportation et d'importation qui caractérisent les pays africains, pour lesquelles la somme des élasticités n'est que rarement supérieure à l'unité, toute politique de. retour à l'équilibre par la manipulation du taux de change (entendons par une dévaluation de la monnaie nationale) risquerait d'être vouée à l'échec. En ce domaine précis, les analyses "néo-cambridgiennes" de Joan Robinson ne sont nullement démenties dans les pays du Sud3. Mais si, face aux problèmes spécifiques que soulève le phénomène inquiétant et évolutif du sous-développement, l'économiste doit remettre en cause sa méthode, l'universitaire qui a pour mission de fonner au plus haut niveau des élites qui seront chargées de par leurs fonction d'améliorer le bienêtre de leurs concitoyens, doit impérativement redéfinir sa pédagogie et l'adapter aux circonstances nouvelles.

II. - L'UNIVERSITAIRE

DOIT REDEFINIR

SA PEDAGOGIE

La plupart des pays en développement, généralement sous-équipés en matériel comme en personnels, ont eu à effectuer un choix concernant l'opportunité de la construction d'un ou de plusieurs ensembles universitaires nationaux. Ce choix a généralement relevé de circonstances politiques beaucoup plus que techniques. Il convenait alors de déterminer un ordre de priorité dans la création des facultés ou écoles d'enseignement supérieur. Les sciences économiques et la gestion, par le lien évident qu'elles présentaient avec la mise en oeuvre d'un processus de croissance et de développement dans le pays relevaient, avec les sciences médicales, d'un rang souvent privilégié dans l'urgence de la création des filières et des enseignements universitaires. L'enseignement de l'économie et de la gestion dans les universités des pays qui souffrent de non-développement doit, de toute évidence, s'orienter vers les réalités concrètes et correctement "ciblées" des problèmes auxquels seront confrontés après leur formation les cadres qu'elles ont à former. Pour cette raison, les programmes doivent être dictés par les difficiles réalités des pays, quitte parfois, à limiter (mais avec la plus grande prudence) les développements exclusivement théoriques. Les programmes d'économie gagneront sans doute à ne pas s'articuler autour des notions d'équilibre ou de concurrence parfaite, mais à se référer, dans le cadre des économies nationales
3. Joan ROBINSON "Essays in the theory of employment". Cambridge 1937 "la condition nécessaire et suffisante pour que la variation de change suscite un effet de rééquilibre est que la somme des élasticités de la demande d'exportation et de la demande d'importation soit supérieure à l'unité" (voir Chapitre VI" Développement: l'urgence d'un Nouvel Ordre Financier Mondial".

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concernées, aux thèmes de la géopolitique, de la régionalisation, des turbulences, des déséquilibres supportables ou non, des risques calculables, de l'aménagement du territoire, de la création des micro-entreprises, des PME et des PMI, de la gestion bancaire, du secteur informel, etc... Des cours de moralisation économique et une explication non ambiguë des avantages que tireraient les EtatS comme les populations d'une haute conception des valeurs civiques pourraient, le cas échéant, faire partie des programmes des facultés des sciences économiques et de gestion. Ces mêmes thèmes pourraient aussi être abordés dans le cadre des cours d'initiation aux sciences économiques et sociales dispensés dans les lycées des pays souffrant de mal-développement Pour ce qui concerne la défInition des programmes, les problèmes liés à l'enseignement des sciences économiques et de la gestion dans ces pays ne sont pas fondamentalement différents de ceux que l'on rencontre dans le cas des autres disciplines scientifiques et littéraires. En ce domaine, l'expérience montre en effet, qu'un certain nombre d'arbitrages s'impose continuellement, tant au niveau politique qu'à celui de la pédagogie, afin de concilier les impératifs parfois contradictoires de la spécificité et de l'universalité. En premier lieu, les universités qui dispensent les enseignements de sciences économiques doivent veiller à ce que leurs étudiantS reçoivent une formation correspondant à un niveau suffisant de manière à ce que les meilleurs d'entre eux puissent poursuivre des formations de cycle doctoral et se préparer aux carrières de l'enseignement et de la recherche en fréquentant d'autres systèmes universitaires régionaux. A cet égard, les impératifs de la spécificité au niveau national ne doivent pas entraîner des particularismes thématiques ou des disparités pédagogiques qui s'avéreraient plus tard inconciliables avec les enseignements dispensés ailleurs. Pour cette raison, les efforts d'harmonisation puis d'intégration régionale s'imposent absolument dans le cas de la formation universitaire. A un haut niveau de spécialisation, il n'est pas nécessaire que toutes les universités nationales dispensent les mêmes enseignements économiques. La répartition des enseignements "pointus" peut également se faire selon le principe de la régionalisation. Les étudiants et les chercheurs des différents pays d'une même zone géographique ayant choisi d'approfondir des aspects particuliers de la science économique ou de la gestion peuvent fort bien, par exemple au niveau du troisième cycle, se retrouver sur un même campus pour profiter ensemble de l'encadrement des quelques rares enseignants de la discipline se trouvant dans la région géographique. Les remarques précédentes montrent qu'à l'inverse, la tentation qui consisterait à calquer les programmes de l'université d'un pays en développement sur les enseignements hautement théoriques qui sont dispensés dans les universités françaises ou anglo-saxonnes relèverait d'une conception scientiste de la vocation des universités, totalement déconnectée des réalités nationales et des besoins en cadres supérieurs dont souffrent les nations concernées. L'association impérative des enseignements de science économique aux besoins concrets de la vie professionnelle des nations en développement implique qu'une association directe soit établie entre les activités 23

pédagogiques et les activités professionnelles. C'est la raison pour laquelle, les filières semi-professionnalisées semblent les plus appropriées aux besoins des pays à condition économique difficile. Les professionnels de la place doivent venir exposer leurs techniques et leurs difficultés de tous les jours aux étudiants en fonnation. A l'inverse, les enseignants doivent inclure dans leurs cours l'analyse des problèmes économiques nationaux fondamentaux. lis doivent demander aux professionnels ce qu'ils souhaitent que les étudiants connaissent, lorsqu'à l'issue de leur fonnation ils seront amenés à les embaucher. Des stages doivent impérativement être organisés dans toutes les filières, au cours ou à la fin de la dernière année de fonnation. De la même manière, les étudiants de licence ou de maftrise en science économique et en gestion feront des mémoires ayant un rapport spécifique avec les options qu'ils auront choisies, qui répondent elles-mêmes aux problèmes prioritaires de leur nation. Enfin, pour les centres universitaires avancés, qui comporteraient un nombre important d'enseignants et de chercheurs, la création d'un centre de recherche économique pennettrait d'associer les disponibilités des facultés d'économie et de gestion aux besoins du pays en analyses et en études économiques. li est à déplorer que celles-ci soient généralement effectuées par des instituts ou organismes de consultation étrangers dont les prestations sont le plus souvent coOteuses et parfois inappropriées. En revanche. les facultés de science économique et de gestion ainsi que le centre de recherches qu'elles animent, doivent se mettre à la disposition des ministères, organismes et entreprises de la nation. Les praticiens ne doivent pas ignorer ou sous-estimer les services qu'ils peuvent attendre des universités et de leurs cellules de recherche économique.

III. - LE CHERCHEUR

DOIT REORIENTER

SES INVESTIGATIONS

L'économiste doit convenir, que les difficultés que rencontre le Sud, parce qu'elles ne sont pas les mêmes que celles des nations du Nord, ne doivent en aucun cas être considérées comme inintéressantes pour la théorie économique et par conséquent être exclues du champ de ses préoccupations. Or il faut admettre, que dans la mesure où les théories universalistes "mono-économistes" des Oassiques, des Marxistes comme des Keynésiens ne trouvaient pas application dans le champ spéCifique des nations en développement, certains économistes avaient tendance à penser que les théories auxquelles ils étaient attachés restaient pertinentes et non contestables, mais que seules les circonstances de blocage et de dysfonctionnement politique, économique et social qui caractérisaient les pays du Sud ne présentaient pas la possibilité de les appliquer. A la colonisation a succédé un nouvel ordre économique inégal; à une ère d'exploitation, pourtant dénoncée par de nombreux économistes universalistes, succède désonnais une menace de marginalisation, voire

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L'ENSEIGNEMENT

DES SCIENCES ÉCONOMIQUES ET DE LA GESTION DANS LES PAYS DU SUD

1 - Tout Département de Sciences Economiques devrait comporter un centre de recherches économiques de l'université natioaale. 2 - Le département et son centre de recherches, à vocation purement scientifique, seraient chargés d'analyser les difficultés d'ordre économique et financier que rencontrent les états ainsi que les sous-régions des pays du Sud. 3 - Ils mettraient en contact les étudiants de Maîtrise en Sciences Economiques avec les entreprises, administrations et organisations de la place en demandant à ces dernières, ce qu'elles souhaitent que nos étudiants connaissent, lorsque, à l'issue de leur maltrise, elles seraient amenées à les employer. 4 - Ils favoriseraient la proposition, par les agents économiques installés dans les états, de sujets d'analyse courts e,t concis, qui pourraient faire l'objet de mémoires de la part de certains de nos étudiants, en contrepartie d'un modeste appui logistique et d'un accueil de ces derniers susceptible de prendre la forme d'un stage de fm d'études universitaires. 5 - Le département et son centre de recherches demanderaient aux experts de la place, de ! venir exposer régulièrement à nos étudiants les réalités concrètes de leur profession (entreprises, patronat, banques, assurances, FED, PNUD, Ministères, ONG, organismes divers). 6 - Leurs animateurs (professeurs, et chercheurs) demanderaient à être associés et à participer aux analyses économiques nationales et régionales (PAS, Banque Mondiale, Projets divers, UDEAC, CEEAC, etc.) et contribueraient dans la mesure de leurs aptitudes en matériel et en personnel, aux différentes recherches pouvant conduire à diagnostiquer, à expliquer et à solutionner les différents problèmes économiques des nations ou des sousrégions. Une telle contribution serait de nature à alimenter le département et à financer des études ultérieures. 7 - La collaboration du Département des Sciences Economiques de l'Université avec l'extérieur serait constante et directe, les étudiants de Maltrise étant les premiers concernés par les problèmes nationaux, et les enseignants du Département les plus à même d'effectuer les recherches qui seraient proposées. Le département et son centre de recherches regrouperaient l'ensemble des mémoires des étudiants. Il constitueraient l'âme scientifique des universités nationales en matière économique. 8 - Une harmonisation des enseignements entre les états, voire la constitution d'une entité universitaire régionale, devrait être dès maintenant envisagée. 9 - En ce qui concerne le chiffre optimum des étudiants correspondant aux possibilités effectives d'absorption d'un état au niveau du marché du travail, seule une décision de nature politique serait autorisée à limiter le nombre des candidats admis à poursuivre leurs études dans le Supérieur. Une telle décision ne pourrait être prise qu'en relation avec des mesures de nature à assurer un emploi à ceux qui ne poursuivraient pas leurs études à l'Université.

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