Devenir enseignant du supérieur

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La sociologie des enseignants du supérieur est un champ de recherche qui reste peu exploré en France. On connaît en général quelques-unes des caractéristiques des enseignants mais rares sont les recherches qui se sont intéressées à leur parcours et à leurs pratiques pédagogiques. Le présent ouvrage rend compte d'une enquête réalisée en 2001 auprès de 3327 allocataires moniteurs de l'enseignement supérieur, qui sont des doctorants se destinant, pour la plupart, à enseigner dans le supérieur.
Publié le : jeudi 1 avril 2004
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EAN13 : 9782296352711
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DEVENIR ENSEIGNANT DU SUPÉRIEUR
Enquête auprès des allocataires moniteurs de l'enseignement supérieur

Savoir et Formation Collectiondirigéepar Jacky Beil/erot et Michel Gault
A la croisée de l'économique, du social et du culturel, des acquis du passé et des investissements qui engagent l'avenir, la formation s'impose désormais comme passage obligé, tant pour la survie et le développement des sociétés, que pour l'accomplissement des individus. La formation articule savoir et savoir-faire, elle conjugue l'appropriation des connaissances et des pratiques à des fms professionnelles, sociales, personnelles et l'exploration des thèses et des valeurs qui les sous-tendent, du sens à leur assigner. La collection Savoir et Formation veut contribuer à l'information et à la réflexion sur ces aspects majeurs.

Déjà parus Aziz JELLAB, L'école en France. La sociologie de l'éducation entre hier et aujourd'hui, 2004.

Marie-Pierre MACKIEWICZ, (sous la dir.), Mémoires de
recherche et professionnalisation, 2004. Collectif «Savoir et rapport au savoir », Autobiographie de Carl Rogers, 2003. Claudine BLANCHARD-LA VILLE et Dominique FABLET (coord.), Ecrire les pratiques professionnelles. Dispositifs d'analyse de pratiques et écriture, 2003. Michel FABRE, Le problème et l'épreuve, 2003. Christiane MONTAND ON (dir.), Expérimenter des dispositifs pédagogiques pour apprendre autrement à l'école primaire, 2003. P. CARRE & O. CHARBONNIER, Les apprentissages professionnels informels, 2003. Jacques CRINON (dir.), Le mémoire professionnel des enseignants,2003. Emmanuel JARDIN, Une école pour la modernité?, 2003. Chantal HUMERT (dir.), Institutions et organisations de l'action sociale. Crises, changements, innovations,2003. Claudine BLANCHARD-LA VILLE (coord.), Une séance de cours ordinaire. « Mélanie tiens passe au tableau », 2003 Patricia VALLET, Désir d'emprise et Éthique de la Formation, 2003.

Alain COULON, Ridha ENNAF AA, Saeed PAIVANDI

DEVENIR ENSEIGNANT DU SUPÉRIEUR
Enquête auprès des allocataires moniteurs de l'enseignement supérieur

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@L'Harmattan,2004 ISBN: 2-7475-6036-8 EAN : 9782747560368

Sommaire
Introduction Il

Chapitre 1 : Présentation de l'enquête et caractéristiques générales des moniteurs 17 1 - Les caractéristiques générales des moniteurs 20 La répartition par sexe 22 L'âge 26 2 - Les données scolaires 30 La série du bac 30 La mention au bac 33 Le type d'établissement fréquenté 35 La première inscription dans l'enseignement supérieur.. 36 3 - La situation des parents des moniteurs 38 Le niveau d'études des parents 39 La profession des parents 41 4 - La situation personnelle des moniteurs et leur expérience professionnelle ~.47 Chapitre 1 Le 2 La 3 Le

-

2: Le parcours scolaire des moniteurs choix des options et des langues performance scolaire poids de la famille

51 52 56 65

Chapitre 3 : Les parcours des moniteurs dans l'enseignement supérieur 81 Disparités géographiques 82 Parcours et discipline de thèse 85 Parcours et sexe.. 86 Parcours universitaires et performances scolaires 87 Parcours universitaires des moniteurs et séries du bac ...88 Parcours universitaires des moniteurs et mention au bac89 Parcours universitaires des moniteurs et Agrégation! Capes, et ENS 94

7

Parcours post-secondaires des moniteurs et caractéristiques familiales: niveaux d'études et professions des parents 98 Parcours post-secondaires des moniteurs et durée des études supérieures jusqu'à l'obtention du DEA 103 Parcours post-secondaires des moniteurs et changement d'orientation au niveau du Deug 107 Parcours post-secondaires des moniteurs et séjours à l'étranger en cours d'études 109 Parcours post-secondaires et mentions au DEA 110 Conclusion 111 Chapitre 4 : L'expérience des moniteurs: motivations, activités et projets 117 1 Les motivations d'entrée dans le dispositif du monitorat 118 Parcours post-secondaires des moniteurs et motivations d'entrée dans le monitorat.. ~ 120 2 - Le rapport des moniteurs avec les enseignants et avec leur tuteur 127 3 - Les difficultés les plus importantes rencontrées 142 4 - Les activités scientifiques des moniteurs 148 5 - Les projets professionnels des moniteurs 157 Projets des moniteurs et parcours post-secondaires 162 Projets des moniteurs et discipline de thèse 163 Projets des moniteurs selon leur sexe et leur âge d'entrée

-

au cms Conclusion...

166 169

Chapitre 5: La construction d'une nouvelle identité: devenir enseignant.. 171 A - L'opinion des moniteurs sur les étudiants et sur l'université ftançaise 173 1) La construction d'une nouvelle identité: devenir enseignant. 174 Se faire acceptercommeenseignantpar les étudiants 175 Mettre en place une démarchepédagogique 175 Transmettre un savoir, réussir à faire comprendre et à faire apprendre 176

8

La satisfactionet le plaisir que procure l'acte d'enseigner: le sentimentd'accomplissement 177 Apprendrepar les étudiants 178 La difficulté à élaborer une pédagogie efficace, ou l'échec à atteindre les objectifs 179 2) Les interactions avec les étudiants 180 L'ambiance généraledes situationspédagogiques 181 La richesse, le sens, et l'efficacité des échanges 181 La faible différenced'âge avec les étudiants 182 Le comportementdes étudiants 183 3) L'étudiant et son apprentissage 184 Le « niveau» des étudiants 186 Le travail scolairedes étudiants 187 Les compétences intellectuelles et méthodologiques des étudiants... 188 La motivationet l'intérêt pour les étudeschoisies 190 L'absence de projet professionnelou personnel 191 4) Les difficultés liées à l'organisation de l'enseignement supérieur 192 B L'appréciation générale des moniteurs sur leur expérience du CIES 193 1) Le monitorat est un temps d'apprentissage 195 2) Le temps de l'expérimentation et de la découverte...197 3) Les difficultés du métier d'enseignant chercheur du supérieur 198 4) La formation dispensée par les CIES 200 Conclusion. ... ... 201

-

Conclusion générale Liste des tableaux Liste des graphiques Annexe: Questionnaire

...

...

203 209 213 215

9

Introduction
Depuis une vingtaine d'années, et plus particulièrement au cours des années 1990, l'enseignement supérieur français est devenu un objet d'étude. Le nombre d'ouvrages, de thèses, d'articles de revues scientifiques, témoigne de l'intérêt que les chercheurs - pour l'essentiel des sociologues - manifestent envers ce champ. Un examen de ces publications montre que l'étudiant est au centre de ces recherches, que l'on s'intéresse à son orientation, à son origine sociale, à son parcours et à -son vécu dans l'enseignement supérieur, à sa pratique du «métier d'étudiant », à son insertion professionnelle. Si l'on peut se féliciter de cette éclosion des recherches sur l'enseignement supérieur, il faut remarquer également que plusieurs thèmes qui lui sont propres sont quasiment absents de ces travaux, comme, par exemple, la pédagogie, l'évaluation, l'administration ou le gouvernement des universités. Le thème le plus étonnamment absent dans l'ensemble des travaux réalisés depuis vingt ans est l'enseignant. Si cette constatation est globalement pertinente pour tous les niveaux de l'enseignement, elle est particulièrement spectaculaire pour l'enseignement supérieur, où tout se passe comme si le système universitaire fonctionnait sans le concours des enseignants.

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De même, les données dont on peut disposer grâce au travail de la direction de la Programmation et du Développement du ministère de l'Éducation nationale (cf note d'information n002.42, septembre 2002), ne nous fournissent des indications que sur l'âge des enseignants du supérieur, leur genre, leur grade, leur discipline, et leur établissement d'affectation. On ne sait rien de leur parcours scolaire ou universitaire, de leur origine sociale, de leur cheminement professionnel, de leurs pratiques pédagogiques, ou des différentes missions associées à leur statut d'enseignant chercheur. En bref, il n'existe pas de sociologie des enseignants du supérieur en France. C'est à partir de ce constat que nous avons décidé de réaliser une enquête, dont nous donnons ici les résultats, auprès d'une catégorie particulière de jeunes enseignants du supérieur: les allocataires moniteurs. Pourquoi étudier cette population? Nous pensions qu'il serait utile de mieux connaître cette population de moniteurs, appelés, pour une grande partie d'entre eux (50%), à entamer bientôt une carrière d'enseignant chercheur du supérieur, et à y enseigner jusqu'en 2040 environ. La présence des moniteurs dans les Centres d'initiation à l'enseignement supérieur (CIES) facilitait la possibilité de les interroger sur leur parcours scolaire et universitaire, leur origine sociale, ainsi que sur certains aspects de leur expérience conjointe de jeune chercheur, d'enseignant débutant, et de bénéficiaire d'une formation au métier d'enseignant du supérieur. D'autre part, cette enquête avait la volonté de participer, même modestement, à l'évaluation de la politique publique mise en place pour l'enseignement supérieur. En effet, les moniteurs insérés dans les CIES, créés en 1989, sont la manifestation de l'effort que l'État a consenti pour assurer le renouvellement du corps des enseignants du supérieur (environ 200 millions d'euros en 12

2003).

TI

nous a donc semblé légitime d'évaluer les effets

de cette volonté politique. Les ems sont le premier et, jusqu'à présent, le seul effort réalisé dans le domamede la formation professionnelledes enseignantsdu supérieur en France. On avait jusqu'alors tendance à considérer que toute formation professionnelle ou pédagogique était superflue pour les enseignants du supérieur, dont le mode de recrutement repose sur la qualité du dossier scientifique, évalué, pour l'essentiel, en termes de
recherches et de publications.

En quoi consiste le dispositif mis en place? La création, en 1989, des ems poursuivait deux objectifs: la constitution d'un vivier d'excellence pour l'enseignement supérieur et la recherche; -l'initiation au métier d'enseignant chercheur. TIs'agissait d'attribuer aux meilleurs étudiants de DEA, non seulement une allocation de recherche afin qu'ils préparent leur doctorat, mais aussi, pour une partie de ceux qui le souhaiteraient, une allocation supplémentaire de monitorat d'enseignement supérieur, en contrepartie d'un enseignement de 64 heures annuelles en premier cycle, et d'une obligation de s'initier au métier d'enseignant du supérieur pendant dix jours chaque année. En cumulant l'allocation de recherche et celle de monitorat, les moniteurs, qui sont recrutés pour trois ans, perçoivent environ 1.220 euros nets par mois (janvier 2003). Les postes de moniteurs sont en principe attribués en fonction des besoins de recrutement du supérieur, notamment en fonction des prévisions de départs à la retraite des enseignants chercheurs, qui s'annoncent très importants dans les années à venir: entre 2000 et 2012, 35% des maîtres de conférences, et 66% des professeurs avec un pic de départs en 2003 -, auront pris leur retraite.

-

L'entrée dans les ems ne constitue pas un prérecrutement pour les moniteurs, car certains d'entre eux 13

choisiront d'autres orientations professionnelles, pour l'essentiel dans la recherche publique, dans des entreprises privées, ou, de façon marginale, dans l'enseignement secondaire. Depuis la rentrée 2000-2001, la dotation budgétaire permet de recruter chaque année environ 3900 allocataires de recherche, parmi lesquels entre 2000 et 2300 deviendront moniteurs. La formation au sein des ems se distribue en général selon plusieurs axes, tels que: connaissance de l'institution universitaire, connaissance de la sociologie étudiante, usages de l'information dans le travail intellectuel, aides technologiques à l'enseignement, formation de soi et relation aux autres, ainsi que des ateliers spécifiques, par exemple consacrés à l'évaluation et à la notation des étudiants, ou à une réflexion sur les pratiques pédagogiques du monitorat. La formation est assurée, soit par des stages résidentiels de deux, trois, quatre jours, soit par des journées ou des demi-journées de formation réparties dans l'année. TI s'agit soit de conférences, soit d'activités de petits groupes. Les intervenants sont le plus souvent des universitaires venant de toutes les disciplines, particulièrement de sciences de l'éducation, psychologie, sociologie; les ems font également appel à des bibliothécaires et à des responsables de services universitaires. D'une façon générale, les ems constituent un espace pour réfléchir sur la pédagogie universitaire, sur les difficultés d'apprentissage des étudiants: il foumit les bases d'une réflexion théorique et pratique sur l'activité future des moniteurs.

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Caractéristiques de l'enquête! L'enquête que nous avons menée, qui était anonyme, poursuivait deux objectifs importants: 1. Le cms est-il un dispositif efficace pour constituer un vivier d'excellence pour l'enseignement supérieur? Attire-t-iI les meilleurs étudiants? Pour répondre à ces questions, nous nous sommes interrogés sur le parcours scolaire des moniteurs depuis l'école primaire, ainsi que sur leur parcours universitaire avant d'entrer au cms. Afin de mieux identifier la population des moniteurs, nous examinons l'effet d'un ensemble de variables, par exemple, l'âge, le sexe, la série du bac, la mention au bac et au DEA, la durée d'études à chaque niveau (redoublement ou non), l'orientation disciplinaire, l'origine sociale, le niveau d'instruction des parents. 2. Pour évaluer l'efficacité du dispositif cms, nous avons demandé aux moniteurs de nous rendre compte de leur expérience, qu'elle soit liée à leur enseignement, à leur recherche, ou à la formation suivie auprès des cms. Un nombre très important de moniteurs a répondu à l'enquête, puisque près des deux tiers ont rempli le questionnaire par Internet: 3.327 réponses sur un total de 5.193 moniteursen poste dans les cms au 1et juin 2001. D'autre part, le taux interne de réponses aux différentes questions est très élevé, y compris pour les questions ouvertes: pour les questions fermées, ou à plusieurs réponses possibles, le taux moyen de réponses est de 95% ; pour ce qui concerne les questions ouvertes, il est de 85%. Ces taux de réponses, extrêmement élevés pour une enquête qui n'a pas été réalisée en face-à-face mais à

1

Cette enquête n'aurait pas été possible sans la collaboration des

directeurs de ems, de leurs équipes administratives, et des moniteurs. Que tous en soient ici vivement remerciés. Par ailleurs, nous remercions la Mission scientifique universitaire d'avoir soutenu financièrement cette enquête (pour un montant de Il.743 euros).

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distance, témoigne de l'intérêt que les moniteurs ont manifestévis-à-visde ce regard porté sur eux-mêmes.
L'ouvrage s'organise selon cinq chapitres: Dans le premier chapitre, nous exposons les caractéristiques les plus marquantes de la population des moniteurs: sexe, âge, série du bac et mention au bac, orientation post-secondaire, niveau d'études et profession des parents. Le deuxième chapitre est consacré à l'examen de leurs parcours et performances scolaires avant d'entrer à l'université. On s'intéresse également, dans cette partie, au poids de la famille dans le devenir de ces moniteurs. Le troisième chapitre aborde les parcours postsecondaires des moniteurs, le type d' établissement ftéquenté, leur appartenance disciplinaire. Dans le chapitre quatre, le lecteur découvrira les motivations des moniteurs à entrer dans le dispositif du monitorat, ainsi que le témoignage qu'ils apportent sur leur expérience des eIES et des universités. Nous découvrirons également le rapport des moniteurs à leur environnement de travail, les difficultés qu'ils y rencontrent, leurs activités scientifiques et universitaires, ainsi que leurs projets professionnels après la thèse. Enfin, le dernier chapitre étudie une question particulièrement intéressante dans cette première étape de la carrière des moniteurs: la construction d'une nouvelle identité d'enseignant chercheur. En décrivant, de façon réflexive, leur rapport aux étudiants et leur évaluation du monitorat, les moniteurs exhibent la façon dont ils vivent la période de transition qui les mène de leur statut d' étudiant à celui d'enseignant.

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Chapitre 1 : Présentation de l'enquête et caractéristiques générales des moniteurs
L'enquête s'est déroulée entre juin et septembre 2001. Elle a concerné la population de trois promotions de moniteurs entrés dans le dispositif des eIES en 1998, 1999, et 2000. TIa été demandé à tous les moniteurs de répondre à un questionnaire mis en ligne sur un site Web. La passation du questionnaire et son traitement ont été réalisés sur le logiciel Modalisa2. Sur 5.193 moniteurs existant au moment de l'enquête, 3.327 ont répondu (après une relance en septembre 2001), soit plus de 64% de la population de référence. L'échantillon est donc fortement représentatif, puisque près de deux moniteurs sur trois ont répondu à l'enquête, proportion exceptionnelle dans les enquêtes sociologiques (cf tableau page suivante).

2

Nous remercions M. Ridha Kerkeni, de la société Kynos, formateur

pour le logiciel Modalisa, pour son aide technique.

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Tableau 1.1: Taux de réponses par CIES

Alsace AquitaineOutremer Centre Grand Ouest Grenoble Jussieu Lorraine Lyon Montpellier
Nord

Moniteurs Nombre Taux de Ecart à la total des réponse ayant moniteurs en% moyenne réponduà l'enauête 1% 65% 223 146 192 154 289 236 128 158 380 170 265 228 376 310 600 203 506 220 272 429 641 358 562 5.193 72% 68% 77% 76% 21% 78% 75% 77% 62% 68% 70% 78% 47% 64% 8% 4% 13% 12% -43% 14% 11% 13% -2% 4% 6% 14% -17%

- Pas-de-

169
290 450 281 264 3.307

Calais - Picardie Provence - Corse-

Côte d'Azur Sorbonne Toulouse Versailles Total3

non-réponses (nr)

= 20

3

Pour chaque tableau, nous avons systématiquement mentionné, en
le nombre de non-réponses (nr), qui le total (répondants + non-réponses)

plus du nombre de répondants, varient d'une question à l'autre: est toujours égal à 3.327.

18

Les moniteurs de deux cms, Jussieu et Versailles, ont moins répondu que les autres, avec un écart respectif par rapport à la moyenne de 43% et de 17%, en raison de
problèmes administratifs locaux conjoncturels. Cette faible

participation, qui aurait pu faire craindre une sousreprésentation des sciences «dures », très présentes à Jussieu et à Versailles, se trouve compensée par les forts taux de réponses observés dans les autres CIES. Notons que le taux global de réponses (64%) est exceptionnellementélevé pour une enquête qui ne s'est pas déroulée en face-à-face mais à distance. Une lettre avait été envoyée par courrier électronique à chaque moniteur, qui pouvait cliquer sur un lien inclus dans la lettre afin d'accéder directementà un questionnairevierge. Des tests ont permis de montrer qu'un moniteur passait en moyenne de douze à quinze minutes pour remplir le questionnaire en ligne. La facilité d'accès et de remplissage du questionnaire est sans doute pour beaucoup dans l'excellent taux de réponses observé. D'autre part, les moniteurs ont massivementrépondu aussi bien aux questions ouvertes qu'aux questions fermées, montrant ainsi leur intérêt à participer à une meilleure connaissance sociologique de leur milieu et de
leurs pratiques.

Le questionnaire comprenait plusieurs parties (on
trouvera le questionnaire complet en annexe) : Les données factuelles concernant les caractéristiques individuelles (sexe, âge, lieu de naissance) et sociofamiliales des moniteurs (la profession et le niveau scolaire de la mère et du père, la situation actuelle de l'enquêté (vie solitaire, vie commune, cohabitation avec la famille), l'exercice d'une activité professionnelle pendant les années universitaires.

-

- Les données relatives aux parcours scolaires des moniteurs avant d'entrer à l'université (le lieu et le type d'établissement fréquenté à chaque niveau, le
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redoublement éventuel à chaque cycle d'études, la date d'entrée dans chaque niveau d' études, le choix des langues vivantes: LVI et LV2, et des options: le latin et/ou le grec, la série du bac, la mention obtenue au bac). - Les données concernant le parcours dans
l'enseignement supérieur (orientation, établissement et discipline, parcours post-secondaire). - L'expérience en tant que moniteur: les motivations, les activités d'enseignement, de recherche et de publication, les difficultés et problèmes en rapport avec les enseignants et les étudiants, la perception sur leur première expérience dans l'enseignement supérieur en tant qu'enseignant. Le projet relatif à leur avenir professionnel.

-

Le questionnaire comportait les trois types de questions: fermées à réponse unique, semi-fermées avec la possibilité de choisir en dehors des réponses proposées par le questionnaire, ouvertes pour s'exprimer librement sur certains sujets (par exemple, le rapport avec les étudiants et l'appréciation générale sur leur expérience de moniteur: cf. chapitre 5). Nous avons obtenu un taux très élevé de réponses pour chaque type de question. Le taux effectif de réponses est très souvent supérieur à 95% pour les questions fermées et à plus de 85% pour les questions ouvertes. 1 Les. caractéristiques générales des moniteurs Nous avons dit que, malgré le faible taux de participation des moniteurs de deux CIES, Jussieu et Versailles, l'équilibre entre les deux grandes familles de disciplines (directions scientifiques 1 à 5, d'une part, et directions scientifiques 6 et 7, d'autre part) est maintenu, comme le montre le tableau 1.2 : 63% pour l'ensemble des DS I à 5, et 37% pour les DS 6 et 7 réunies. Remarquons également que, pour chaque DS, les pourcentages de réponses présentent peu d'écart par rapport à ceux de

-

20

l'ensemble des moniteurs, à l'exception de la DS 6, légèrement surreprésentée, et de la DS 7, légèrement sousreprésentée. Tableau 1.2 : Répartition des moniteurs selon les directions
scientifiques, entre 1998 et 2001

DS 1MatblJnformatiaue
DS 2 - Physique DS 3 - Sciences de la terre et de l'univers DS 4 Chimie

Ensembledes moniteurs % 18% 21%
4%

Populationenquêtée % 17%
19% 3%

DS 5 -Sciences de
la vie, santé DS 6 Lettres, Sciences humaines

9% 12% 19% 18%

12% 12% 23% 14%

-

DS 7 Sciences
Juridiques, économiques et !rolitiQues Total Effectifs

-

100% 5.193

100% 3.327

Environ deux tiers des moniteurs sont dans ce qu'on appelle habituellement les disciplines scientifiques, un tiers dans les disciplines littéraires et de sciences humaines et sociales, juridiques, économiques et politiques. Par ailleurs, les moniteurs d'origine étrangère ne constituent que 4,7% de la population totale, le recrutement des allocataires et des moniteurs s'adressant 21

essentiellement aux étudiants fTançais, bien que rien n'interdise aux étudiants étrangers de se porter candidats. La répartition par sexe Les hommes constituent 600-!ode la population des moniteurs, contre 40% de femmes. La place minoritaire des femmes doit être cependant comprise en rapport avec la féminisation en cours du corps enseignant dans les universités. Selon les données publiées par la direction de la Programmation et du Développement (DPD: Note d'information 02.42, septembre 2002), les femmes constituaient, en 2000-2001, 37,6% des maîtres de conférences et 15% des professeurs. Cette proportion est en progression constante depuis les années 1990, décennie pendant laquelle les femmes représentaient en moyenne 30% des effectifs des maîtres de conférences. n est à noter également qu'en 2000-2001, les femmes étaient nettement plus nombreuses parmi les mal'tres de conférences et les professeurs jeunes: parmi les enseignants de moins de 30 ans, 43% des maîtres de conférences, et 36,7% des professeurs étaient des femmes, contre respectivement 31% et 12% pour les enseignants de 60 ans et plus. La même source montre que la présence des femmes, au plan national, varie considérablement selon les disciplines: parmi les maîtres de conférences, elles sont nettement plus nombreuses dans les disciplines littéraires, sciences humaines, sciences sociales (48%), juridiques (37%), ainsi que dans la santé (49%). En revanche, elles sont nettement moins nombreuses dans les disciplines scientifiques (30%).

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On retrouve ces caractéristiques générales dans la population des moniteurs, dans laquelle la présence des femmes varie également selon les disciplines. Les femmes sont ainsi beaucoup plus nombreuses dans les disciplines « non scientifiques» et en sciences de la vie-santé que dans les disciplines scientifiques traditionnenement très «masculines» (mathématiques, informatique, physique). Notons que le phénomène de féminisation de certaines disciplines semble s'accentuer: ainsi, dans la DS 6, les femmes représentent près de 6()oJ'o la population des de moniteurs. Nous savons par ailleurs (Source: Mission scientifique universitaire, ministère de la Recherche) que la proportion de femmes ne cesse d'augmenter dans les premières inscriptions en thèse: ainsi, en 1999-2000, elle était de 43,1% toutes disciplines confondues, et, en 20002001, de 43,6%. Parmi les moniteurs, la présence des femmes dans les différents eIES est relativement homogène, comme le montre le tableau suivant. Toutefois, lorsque des différences sont notables, elles sont liées pour l'essentiel aux disciplines dominantes des universités rattachées aux CIES. Par exemple, le CIES Sorbonne, seul CIES où les femmes soient majoritaires, qui rassemble surtout des moniteurs des DS 6 et 7, illustre bien cette situation
puisque 53% des moniteurs sont des femmes.

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