Diagnostic et évaluation

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Quels sont les « outils » mis en place par les sociologues pour diagnostiquer et évaluer les pratiques sociales et politiques ? Des plus classiques, tels que le questionnaire et l'entretien semi-directif, aux plus originaux que sont l'analyse lexicométrique, l'analyse de réseau ou l'intervention sociologique, sans oublier la comparaison, la boîte à outils du sociologue présente une variété de ressources pour construire une vision et une compréhension du social propice à l'action.
Publié le : mardi 1 janvier 2013
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EAN13 : 9782336284880
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Di e é Vocation sociologue
Ouvrage coordonné parLa boîte à outils du sociologue
Fanny Lung et Pierre Vendassi
Dans ce volume, Vocation Sociologue met en lumière l’usage des
méthodes d’enquête sociologiques dans le champ de l’expertise
sociale en questionnant leurs particularités et leurs avantages. Quels
sont les « outils » mis en place par les sociologues pour diagnostiquer D
et évaluer les pratiques sociales et politiques ?
Des plus classiques, tels que le questionnaire et l’entretien semi- é
directif, aux plus originaux que sont l’analyse lexicométrique,
l’analyse de réseau ou l’intervention sociologique, sans oublier la La boîte à outils du sociologue
comparaison, la boîte à outils du sociologue présente une variété
de ressources pour construire une vision et une compréhension du
social propice à l’action.
Sur la base de différents travaux de terrain locaux et
internationaux, l’objectif de cet ouvrage est de montrer l’intérêt et
les apports spéciques des techniques de recherches sociologiques
et de discuter de leurs pertinences.
Vocation Sociologue, l’association des doctorants et docteurs du
département de sociologie de l’université Bordeaux Segalen, a pour
mission d’accompagner et de favoriser la professionnalisation des
jeunes sociologues. Elle vise à tisser des liens pérennes entre le
monde universitaire et les mondes économiques, administratifs
et associatifs locaux, et souhaite dialoguer avec les acteurs du
territoire pour mieux répondre à leurs besoins et promouvoir
l’utilité d’une sociologie appliquée aux problématiques locales.
ISbn : 978-2-336-00201-9
L O G I Q U E S S O CI AL E S17 e
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Ouvrage coordonné par
Di e é
Fanny Lung et Pierre Vendassi
La boîte à outils du sociologue
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Diagnostic et évaluation :
La boîte à outils du sociologue Logiques sociales
Collection dirigée par Bruno Péquignot

En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si
la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales »
entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action
sociale.
En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à
promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou
d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des
phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique
ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes
conceptuels classiques.

Dernières parutions

Isabel GEORGES, Les nouvelles configurations du travail et
l’économie sociale et solidaire au Brésil, 2012.
Pascal BRUNETEAUX et Norah BENARROSH-ORSONI,
Intégrer les Rroms ? Travail militant et mobilisation sociale
auprès des familles de Saint-Maur, 2012.
Mélody JAN-RÉ (dir.), Représentations. Le genre à l’œuvre,
volume 3, 2012.
MélodyCréations. Le genre à l’œuvre, volume 2, 2012. Réceptions. Le genre à l’œuvre, volume 1,
2012.
Bruno LEFEBVRE, Ethnographie des travailleurs en
déplacement, Voyages en Europe sociale, 2012.
Christophe DARGERE, L’observation incognito en sociologie.
Notions théoriques, démarche réflexive, approche pratique et
exemples concrets, 2012.
Dominique JACQUES-JOUVENOT, Gilles VIEILLE-
MARCHISET (dir.), Socio-anthropologie de la transmission,
2012.
Barbara LEBRUN (éd.), Chanson et performance. Mise en scène
du corps dans la chanson française et francophone, 2012.
Monique DOLBEAU, La mémoire de métier. Enquête sur le
maréchal-ferrant, 2012.
Claude GIRAUD, Que faisons-nous lorsque nous organisons ?,
2012.
Christophe PERREY, Un ethnologue chez les chasseurs de virus.
Enquête en Guyane française, 2012. Ouvrage coordonné par
Fanny Lung et Pierre Vendassi





Diagnostic et évaluation :
La boîte à outils du sociologue





















L’HARMATTAN Ouvrages du même auteur :
Les Sociologues dans la cité : face au travail,
L’Harmattan, collection Logiques Sociales, 2009.
Aux frontières du genre, L’Harmattan, collection Logiques
Sociales, 2012.




















© L'HARMATTAN, 2012
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-00201-9
EAN : 9782336002019 Sommaire
Sommaire ....................................................................... 7
Présentation des auteurs .............................................. 9
Préface ......................................................................... 11
Introduction ................................................................ 17

I. Des outils sociologiques variés .............................. 23
La méthode de l’intervention sociologique : une
coproduction de savoir ..................................................... 25
Parcours au sein de l’analyse quantitative de données
qualitatives : le choix logiciel n’est pas neutre ................ 39
L’analyse des relations sociales : entretien biographique et
générateur de noms .......................................................... 53

II. La comparaison internationale comme méthode
sociologique ..................................................................... 73
Partir de l’analyse des programmes officiels et de la vision
des enseignants pour saisir la conception de l’enfance dans
les systèmes d’éducation préscolaire : une comparaison
France-Chili ..................................................................... 75
Les politiques d'égalité des chances des établissements
d'enseignement supérieur en France, en Suède et en
Angleterre : des enseignements à tirer pour la France ? .. 89
Comparer, analyser et évaluer les politiques en matière de
violences conjugales en France et en Espagne .............. 101
7 III. Utiliser les outils sociologiques : deux études sur
le thème « stratégies migratoires et identités
minoritaires » ............................................................... 125
La décomposition des solidarités ethniques dans les
quartiers marginalisés de France et d’Allemagne ...... 127
La migration des Mahorais dans les départements
français, quelles stratégies d’intégration dans la société
d’accueil ? ................................................................... 145

Conclusion .................................................................. 163 Présentation des auteurs
Jacques Faget est directeur de recherche au CNRS et chercheur
au Centre Émile Durkheim à Bordeaux. Il est également
enseignant à l’Université de Bordeaux IV, Paris V et à l’école
nationale de la magistrature.

Fanny Lung est doctorante en sociologie à l’université
Bordeaux 2 (Centre Emile Durkheim) où elle effectue sa thèse
sur le racisme et l’ethnicité dans deux villes moyennes en
France et en Espagne. Elle travaille également comme chargée
de mission à la SOFOR.

Pierre Vendassi est doctorant en sociologie à l’université
Bordeaux 2 (Centre Emile Durkheim) où il effectue sa thèse sur
les nouvelles formes du christianisme en Chine.

Laurent Courtois est docteur en sociologie, chargé
d'enseignement vacataire au département de sociologie de
l'Université de Poitiers et chargé de mission du PREFAS à
l’IRTS Poitou-Charentes.

Alexandre Delanoë est docteur en sociologie et post-doctorant
en sociologie à Télécom ParisTech, LTCI/CNRS, DEIXIS-
Sophia.

Cécile Plessard est doctorante en sociologie à l’université
Bordeaux 2 (Centre Emile Durkheim) où elle effectue sa thèse
sur l’analyse qualitative des réseaux de sociabilité. Elle travaille
également comme chargée d’étude au centre associé CEREQ-
Aquitaine.

Catalina Ruiz est doctorante en sciences de l’éducation à
l’université Bordeaux 2 (LACES) où elle effectue sa thèse sur
9 la conception et la prise en charge de la petite enfance au Chili
et en France.

Nicolas Charles est doctorant en sociologie à l’université
Bordeaux 2 (Centre Émile Durkheim) où il effectue sa thèse sur
l’expérience étudiante et l’équité des systèmes d'enseignement
supérieur en France, Suède et Angleterre. Il travaille également
comme chargé de mission au Centre d’Analyse Stratégique.

Laetitia Franquet est doctorante en sociologie à l’université
Bordeaux 2 (Centre Emile Durkheim) où elle effectue sa thèse
sur la prise en charge de la violence conjugale en France et en
Espagne.

Maïtena Armagnague-Roucher est docteure en sociologie et
attachée de recherche et de formation à l’Institut de
Développement social (Rouen/Canteleu) et au Laboratoire
d’Études et de Recherches Sociales (LERS).

Combo Abdallah Combo est doctorant en sociologie à
l’université Bordeaux 2 (Centre Émile Durkheim) où il effectue
sa thèse sur les processus migratoires des Mahorais.
Préface
Jacques Faget
Bien que n’ayant jamais été bricoleur (le vieux mécano de
mon enfance fut largement sous-utilisé) et peut-être pour cela,
j’ai toujours été fasciné par les boîtes à outils, le savoir pratique
qu’elles requièrent pour en exprimer tous les possibles. Elles
représentent pour moi une manière de pouvoir faire face à
toutes les intempéries de l’existence, une garantie contre
l’insécurité matérielle qui guette les infirmes de la vie
mécanique. Aussi n’ai-je pas hésité un seul instant à parrainer la
journée de l’association Vocation Sociologue quand j’ai pris
connaissance de son thème.
Le sociologue a pour devoir premier de définir les choses
dont il parle. Qu’est-ce qu’une boîte et qu’est-ce qu’un outil ?
La définition paraît aller de soi et c’est justement ce qui pose
problème. Les objets les plus familiers sont ceux qui nous
glissent le plus entre les pensées. Ils cachent derrière leur
apparente évidence des chausse-trappes dangereuses pour la
clairvoyance.
La boîte c’est, de prime abord, un contenant dans lequel on
met des produits divers. Elle peut être ouverte ou fermée, ce qui
détermine sa couleur. Pour le public, la boîte du sociologue est
probablement noire. Il en ignore le fonctionnement interne, il
n’en connaît - à peine - que ce qui en sort. La structure de cette
boîte est variable. Elle se modifie en fonction de l’évolution, de
la nature, de la taille et du poids des outils qu’on y range. Elle
fluctue au gré des matrices culturelles, des écoles de pensée, des
modes de socialisation sociologiques. Car la boîte est en réalité
contenant et contenu, enveloppe et matière, cadre de pensée et
somme des connaissances. Boîtes à lettres, boîtes à malice,
boîtes à idées n’ont de sens que par leur destination.
Quand nous parlons d’outils, faisons-nous référence à des
méthodes, quantitatives ou qualitatives, ou bien à des
11 instruments, par ordre d’apparition le stylo, le carnet, le
magnétophone, la caméra, l’ordinateur (je pense aussi à la pince
avec laquelle, au crépuscule des années 70, suite au
dépouillement systématisé de centaines de dossiers, je perforais
des cartes afin qu’elles soient triées par de grosses machines
dégueulant d’immenses feuilles de croisement de variables) ?
Quand nous parlons d’outils, faisons-nous référence aux canons
de la méthodologie sociologique ou bien aux « ficelles du
1métier » qu’évoque Howard Becker , tous ces petits trucs qui
permettent d’ouvrir des terrains et de mettre en œuvre le plus
efficacement possible les méthodes choisies ? La distinction
n’est pas si claire et les propos rassemblés dans cet ouvrage
illustrent bien les différences de statut des outils évoqués.
Quand certains parlent d’entretiens biographiques,
d’observation, d’intervention sociologique, d’autres évoquent le
comparatisme ou des noms de logiciels.
Ceci pour dire que la nature de la boîte et des outils qu’elle
contient dépend :
- de l’évolution de l’avancement du savoir
scientifique : on peut par exemple penser que le
développement extrêmement rapide des nouvelles
techniques d’information et de communication
engendrera la construction de nouveaux outils
d’enquête.
- des rapports de force au sein de l’establishment
universitaire car l’histoire du champ sociologique est
animé depuis ses origines par de grandes batailles
méthodologiques, notamment entre partisans des
méthodes quantitatives et qualitatives. Des conflits
incessants opposent entre elles des chapelles attachées
généralement au nom d’un maître ou d’un type
d’approche. Derrière les enjeux méthodologiques se
tapissent souvent des ambitions et la volonté d’exercer
un leadership sur le champ considéré. Il est alors

1 Becker, H.S. (2002), Les ficelles du métier. Comment construire sa
recherche en sciences sociales. Paris, La Découverte.
12 indispensable pour un jeune sociologue, désirant être
reconnu par ses pairs, de se rallier aux plus influents
d’entre eux. Car la société des sociologues est
maintenant organisée et structurée et exerce un contrôle
interne de plus en plus assidu sur ses membres.
- du sens collectif donné à la fonction sociale de
la sociologie, science orthopédique ou libératrice,
produisant des certitudes ou des doutes, proposant des
remèdes ou formulant de nouvelles questions. Mais elle
varie aussi en fonction du sens que le chercheur lui-
même donne à son activité, de la stratégie de distinction
qu’il s’attache à cultiver (il ne suffit pas d’être
scientifique mais il faut faire scientifique), de son
engagement social, de ses impératifs de carrière – car le
choix d’un outil peut influer sur une trajectoire
professionnelle, etc.
- de la nature et de l’évolution de la demande
sociale et de la nécessité de s’y adapter pour survivre
financièrement.
Ces remarques ont pour but de souligner que les outils
sociologiques ne sont jamais neutres. Ils expriment des façons
de voir et de penser une réalité mais aussi des manières de faire
partie du monde. Il ne suffit pas de les utiliser. Il faut aussi les
questionner. Mais ce travail est difficile et demande une
réflexivité obsessionnelle. Pour le mener à bien le chercheur
doit analyser le contexte politique, économique et historique qui
conditionne la production de son travail scientifique. Mais il
doit également questionner sa relation à l’objet. Ce n’est jamais
le fruit du hasard si l’on s’intéresse à un sujet alors que le
champ des possibles est immense. Des problématiques
psychiques, des intérêts intellectuels, le goût ou la peur des
voyages, l’appétence ou l’allergie pour les mathématiques, des
difficultés ou des aisances relationnelles, la préférence pour les
salons ou les marécages sociaux, les opportunités de
financement, de carrière, peuvent éclairer aussi bien le choix
d’un sujet que les outils mobilisés pour le traiter. La volonté
d’engagement du chercheur ou son souci d’une neutralité
13 axiologique, aussi parfaite que possible, transforment sa façon
de travailler.
Ceci pour dire que tout chercheur doit considérer qu’il fait
lui-même partie de la recherche. « Car l’explication que l’on
donne du monde constitue toujours dans une certaine mesure
l’explication que l’on se donne de soi-même. La tâche n’est pas
facile car l’ampleur du « social intériorisé » entrave justement
la prise de conscience des parasitages du regard. Mais seul cet
effort est susceptible d’éviter au chercheur de ressembler à cet
étranger évoqué par un proverbe africain qui ne voit que ce
2qu’il sait déjà » . Rien n’est moins scientifique que ces propos
désincarnés qui abolissent l’être pensant qui a accouché d’eux.
Le regard que l’on pose sur le monde est la résultante d’une
alchimie complexe entre les déterminants culturels et affectifs
qui nous ont façonnés et l’intensité des stratégies mises en
œuvre pour y échapper. La part de l’inconscient entrave toute
prétention à la lucidité. Mais il est des ingrédients accessibles à
un travail minimal sur soi et sa relation au monde.
Mais si l’objectivité en sciences humaines ne peut passer que
par cette mise en abîme de sa propre subjectivité, attention !
Trop de « déconstructionnisme » peut nuire gravement à la
santé scientifique. A trop se concentrer sur les biais de la
méthode on court le risque de l’aquoibonisme, celui de renoncer
à toute tentative de connaissance de la réalité sociale, de
supprimer la réalité extérieure au profit d’un recentrage
narcissique sur l’acte intellectuel de connaissance, de cantonner
toute recherche au registre de la preuve en oubliant celui de la
découverte.
Si « la sociologie est d’abord une boîte à outils dans laquelle
on peut se servir….c’est à condition de savoir ce que l’on
3fait » . Et j’ajouterai ce que l’on veut faire. Expliquer des
modes opératoires ? Dévoiler des apparences ? Démasquer des
pouvoirs ? Ouvrir des chantiers de connaissance inexplorés ?

2 Faget, J. (2010), Médiations. Les ateliers silencieux de la
démocratie, Erès.
3 Dubet, F. (1995), Sociologie de l’expérience, Paris, Seuil.
14 Permettre la survivance d’un monde commun ? Pratiquer un
« sport de combat » contre les préjugés et toutes les formes
d’obscurantisme ? Tout cela à la fois ? Comment naissent les
vocations de sociologue ?

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