Dictionnaire de la psychanalyse

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Troisième édition augmentée et mise à jour du dictionnaire de référence, traitant de la psychanalyse sous tous ses aspects et dans ses rapports avec les autres thérapies.

Publié le : mercredi 27 septembre 2006
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EAN13 : 9782213654164
Nombre de pages : 1200
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A
ABERASTURY Arminda (1910-1972)
psychanalyste argentine
 
Pionnière du mouvement psychanalytique argentin, Arminda Aberastury naquit à Buenos Aires dans une famille de commerçants du côté paternel et d'intellectuels du côté maternel. Son oncle, Maximiliano Aberastury, était un médecin réputé et son frère Frederico fit ses études de psychiatrie avec Enrique Pichon-Rivière* dont les parents s'étaient installés en Argentine* en 1911 et qui devint son plus cher ami. Frederico souffrait de psychose* et eut plusieurs fois des bouffées délirantes. Mélancolique depuis sa jeunesse, sa sœur Arminda était une femme d'une grande beauté. Par Frederico elle fit la connaissance de Pichon-Rivière qu'elle épousa en 1937. Comme lui, elle voulait offrir à la psychanalyse une nouvelle terre promise afin de la sauver du fascisme qui déferlait sur l'Europe.
Elle s'intégra donc au groupe formé à Buenos Aires par Arnaldo Rascovsky*, Angel Garma*, Marie Langer* et Celes Cárcamo*. Cinq ans plus tard, elle reçut sa formation didactique avec Garma et devint l'une des principales figures de l'Asociacón Psicoanalitica Argentina (APA). Dans la droite ligne de l'enseignement de Melanie Klein* (dont elle fut la première traductrice en langue espagnole) et tout en s'inspirant des méthodes de Sophie Morgenstern*, elle développa la psychanalyse des enfants*. Entre 1948 et 1952, elle dirigea, dans le cadre de l'Institut de psychanalyse de l'APA, un séminaire sur ce sujet. Elle formera une génération* d'analystes d'enfants. Au congrès de l'International Psychoanalytical Association* (IPA) de 1957, à Paris, elle présenta une communication remarquée sur la succession des « stades » durant les premières années de la vie, définissant une « phase génitale primitive » antérieure, dans le développement libidinal, à la phase anale.
A l'âge de 62 ans, atteinte d'une maladie de peau qui la défigurait, Arminda Aberastury décida de se donner la mort. Son suicide*, comme plusieurs autres dans l'histoire de la psychanalyse*, suscita des récits contradictoires et fut considéré comme une « mort tragique » par l'historiographie* officielle.
 
• Arminda Aberastury, Buenos Aires, Paidos, 1962. Antonio Cucurullo, Haydée Faimberg et Leonardo Wender, « La psychanalyse en Argentine », Roland Jaccard (éd.), vol. 2, Paris, Hachette, 1982, 395-444. Elfriede S.L. de Ferrer, « Profesora Arminda Aberastury », 4, t. XXIX, octobre-décembre 1972, 679-682. Jorge Balán, Buenos Aires, Planeta, 1991. Élisabeth Roudinesco, entretien avec Emilio Rodrigué, le 12 octobre 1995, et avec Claudia Fernandez, le 27 mars 1996.Teoria y técnica del psicoanálisis de niños,inHistoire de la psychanalyse,Revista de Psicoanálisis,Cuentame tu vida. Una biografia colectiva del psicoanálisis argentino,
 
? KLEINISME. MÉLANCOLIE. STADE.
ABRAHAM Karl (1877-1925)
psychiatre et psychanalyste allemand
 
Le nom de Karl Abraham est indissociable de l'histoire de la grande saga freudienne. Membre de la génération* des disciples du père fondateur, il joua un rôle pionnier dans le développement de la psychanalyse* à Berlin. Il implanta la clinique freudienne dans le domaine du savoir psychiatrique, transformant ainsi le traitement des psychoses* : schizophrénie* et psychose maniaco-dépressive* (mélancolie*). Il élabora aussi une théorie des stades* de l'organisation sexuelle dont s'inspira Melanie Klein*, qui fut son élève. Il forma de nombreux analystes, parmi lesquels Helene Deutsch*, Edward Glover*, Karen Horney*, Sandor Rado*, Ernst Simmel*.
Né à Brême (3 mai 1877) dans une famille de commerçants juifs installés dans le nord de l'Allemagne depuis le XVIIIe siècle, Abraham était un homme affable, chaleureux, inventif, éloquent et polyglotte (il parlait huit langues). Il resta toute sa vie un orthodoxe de la doctrine psychanalytique, un « rocher de bronze » selon les termes de Sigmund Freud*. C'est à la clinique du Burghôlzli, où il fut l'assistant d'Eugen Bleuler* avec Carl Gustav Jung*, qu'il commença à se familiariser avec les textes viennois. En 1906, il épousa Hedwig Bürgner. Il eut avec elle deux enfants et analysa sa fille, Hilda Abraham (1906-1971), en décrivant son cas dans un article de 1913 intitulé « La petite Hilda, rêveries et symptômes chez une petite fille de 7 ans ». Hilda Abraham deviendra psychanalyste et rédigera une biographie inachevée de son père.
N'ayant aucune possibilité de faire carrière en Suisse*, Abraham vint s'installer à Berlin en 1907. Le 15 décembre, il se rendit à Vienne* pour sa première visite à Freud. Ce fut le début d'une belle amitié et d'une longue correspondance — cinq cents lettres entre 1907 et 1925 — dont on ne connaît qu'une partie. Publiée en 1965 par Ernst Freud* et par Hilda, cette correspondance a été malheureusement amputée de nombreuses pièces, notamment des échanges sur les rêves de Hilda, sur les conflits avec Otto Rank* au Comité secret* et sur les désaccords entre les deux hommes.
En 1908, Abraham crée avec Magnus Hirschfeld*, Ivan Bloch (1872-1922), Heinrich Kôrber et Otto Juliusburger* un premier cercle qui deviendra, en mars 1910, la Société psychanalytique de Berlin. Il en sera le président jusqu'à sa mort. En 1909, Max Eitingon* vint le soutenir, et c'est ainsi que s'amorça, avec la création du Berliner Psychoanalytisches Institut*, l'histoire du mouvement psychanalytique allemand, dont on sait qu'il fut décimé par le nazisme* à partir de 1933.
Pendant la Première Guerre mondiale, après avoir été membre du Comité secret*, Abraham dirigea les affaires de l'International Psychoanalytical Association* (IPA), dont il fut le secrétaire en 1922 puis le président en 1924. Il fut ainsi l'un des grands militants du mouvement, tant comme clinicien que comme organisateur et enseignant.
L'œuvre de ce fidèle est construite en fonction des progrès de celle du maître. Plus clinicien que théoricien, Abraham écrit des articles clairs et brefs où domine l'observation concrète. Trois époques sont à distinguer. Entre 1907 et 1910, il s'intéresse à une comparaison entre l'hystérie* et la démence précoce (que l'on n'appelle pas encore schizophrénie) et à la signification du trauma sexuel dans l'enfance. Pendant les dix années suivantes, il étudie la psychose maniaco-dépressive, le complexe de castration* chez la femme et les relations du rêve* aux mythes. En 1911, il publie une importante étude sur le peintre Giovanni Segantini (1859-1899), atteint de troubles mélancoliques. En 1912, il rédige un article sur le culte monothéiste d'Aton dont Freud se servira dans L'Homme Moïse et la religion monothéiste*, en oubliant de le citer. Enfin, durant la troisième période, il décrit les trois stades* de la libido* : anal, oral, génital.
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