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Dictionnaire des immortels de la musique congolaise moderne

454 pages
La base de données réalisée par l'auteur est alimentée par son expérience directe du milieu et par un travail de documentation rigoureux. Ce dictionnaire présente un intérêt historique, sociologique et pédagogique important, d'autant plus qu'il explique l'immense engouement que connaît la musique congolaise principalement en Afrique noire, en Europe, aux Caraïbes et au Japon. Écrit dans un style imagé, il brosse le portrait de ces hommes et de ces femmes, fleurons de la musique congolaise moderne.
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JeanPierre François Nimy Nzonga
DICTIONNAIRE DES IMMORTELS
DE LA MUSIQUE CONGOLAISE MODERNE
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JeanPierre François Nimy Nzonga
DICTIONNAIRE DES IMMORTELSDE LA MUSIQUE CONGOLAISE MODERNE
Préface d’Antoine Ndinga Oba Postface de Mirko Popovitch
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Dessin de couverture : FrÉdÉric Möller
L’auteur a effectuÉ toutes les recherches copyright qu’il a pu. Quiconque se sentirait lÉsÉ est invitÉ à prendre contact avec l’Éditeur.
édition revue et mise à jour (janvier 2010)
D/2010/4910/17
©
Bruylant–academia s.à. GrandPlace 29 B–1348 LouvainlaNeuve
ISBN : 9782872099771
Tous droits de reproduction ou d’adaptation par quelque procÉdÉ que ce soit, rÉser-vÉs pour tous pays sans l’autorisation de l’Éditeur ou de ses ayants droit.
ImprimÉ en Belgique
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À mon regretté père Patrice Mathutu Nimy Ngimbi ainsi qu’à ma chère mère Christine Ngumba Lubamba, sans la tolérance desquels je ne me serais pas familiarisé avec l’univers musical.
À Sandra, Violette, JeanFrançis, Vaillant, Manuella, Yolande et LindaBérénice, pour que cet ouvrage vous apprenne à connaître et à aimer davantage notre cul ture.
À BiDetty, dont la disponibilité et l’humeur égale ont engendré la sérénité propice à la réalisation de cet ouvrage.
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« La musique adoucit les mœurs », dit la sagesse des nations. Elle a sur les relations que les hommes entretiennent entre eux, le même effet que le commerce. Cette der nière activité étant, comme l’écrit Montesquieu dans « L’esprit des lois », génératrice de paix entre les nations qui s’y adonnent en civilisant leurs mœurs par la préférence faite à la négociation, plutôt que la guerre, pour obtenir les ressources nécessaires à l’existence. Dans la foulée, on aurait pu dire également que la musique livre un message uni versel, compris de tous, quelles que soient les barrières culturelles et linguistiques. Elle est le pouls du monde mais aussi le sang qui irrigue tout le corps social. Souveraine, la musique passe pardessus les inimitiés momentanées et ouvre l’esprit à la sagesse grâce à l’alchimie des sons et des mots. Il en est ainsi des deux Congo, dont les capitales sont les plus proches du monde mais qu’aucun pont ne relie. L’ouvrage matériel se dressant entre les deux rives du fleuve aurait été le signe visible des connexions diverses que façonne la nature des liens entre les deux peuples, même si leur histoire a cheminé différemment au gré d’ukases des anciennes métropoles coloniales et des querelles intestines récurrentes dans toute famille. Ce que la politique n’est pas encore parvenue à réaliser, la musique des Congolais l’a fait. Elle a établi des passerelles pour qu’une symbiose s’opère entre les styles, les rythmes et les mélodies, renvoyant aux populations kinoises et brazzavilloises, comme dans un miroir, l’image nette de leur identité commune.
Les musiciens congolais des deux rives, de Justin Disasi à Emmanuel Dadet, de Wendo Kalosoy à Paul Kamba en passant par Antoine Moundanda, Camille Feruzi, Jean Serge Essous, Célestin Kouka, Edo Ganga, Luambo Franco, Youlou Mabiala, Pamelo Mounka, Kalléjeef, Ta Bu Ley et tant d’autres, expriment cette quête existen tielle. À l’égard de celleci, le maestro Kalléjeef chante « Ebale ya Congo ezali lopango te, ezali nde nzela ». En français, cela donne : « Le fleuve Congo n’est pas une barrière. Il sert de pont entre deux pays, lesquels en réalité constituent les deux faces d’une même médaille ».
En me choisissant pour écrire la préface de son monumentalDictionnaire des Immortels de la musique congolaise moderne, l’auteur fait d’une pierre deux coups : rendre hommage aux musiciens brazzavillois en les associant à leurs collègues kinois dans le panthéon auquel les destine indiscutablement leur qualité de promoteurs de la musique congolaise moderne, et m’honorer de son amitié qui date de l’époque où nous œuvrions comme hauts responsables politiques dans nos pays respectifs.
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PRÉFACE
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Nos chemins se sont croisés souvent et nos différents échanges ont souligné la réalité de cette proximité culturelle dont je rendais compte au début de ce texte. La musique des deux Congo donne, une fois de plus, l’occasion de nous rassembler dans l’illustration et la défense de nos cultures très proches. En effet, le livre de JeanPierre Nimy Nzonga est une somme extraordinaire des vir tualités de la musique congolaise et de la manière dont les artistes ont cheminé dans les méandres d’une société à la recherche de son identité. Le raffermissement actuel leur doit énormément. De plus, la créativité qui les caractérise permet à la musique congolaise de triompher en dehors des frontières de nos deux pays, au point que lorsque les étrangers non africains parlent de musique africaine, c’est aux artistes congolais qu’ils pensent en premier lieu. En scrutant de manière approfondie la musique congolaise moderne, l’auteur per met aux lecteurs de se familiariser avec bonheur à ses différents arcanes. Excellant dans ce travail d’exégèse historique, il dote son récit d’une masse de détails qui tracent de chaque Immortel un portrait complet. Il ratisse large dans la description des époques ou des lieux, explicitant à l’occasion les liens entre l’œuvre et l’environnement de l’artiste, de manière à dépeindre un pan entier de la sociologie urbaine des grandes villes congolaises. C’est ainsi qu’il remet à leur place bien des préjugés et des rumeurs distillés au sujet de certains comportements dans le passé et certains éléments de la biographie des musiciens.
Sans se prétendre didactique, ce travail comble une lacune grave. Très peu d’ouvra ges, en effet, paraissent de nos jours sur la musique congolaise moderne. Et ceux qui existent n’offrent pas un large éventail des données sur tous les artistes en vue, vivants ou décédés.
Écrit dans un style alerte et plaisant, ceDictionnaire des Immortels de la musique congolaise moderneest à l’image de son auteur, un scientifique pourvu d’un sens inné de la narration, un poète narrateur volontariste qui a le raffinement de versifier la traduc tion du lingala en français des extraits des chansons écrites, pourtant, en prose.
Le livre rend également compte de la personnalité éclectique de l’auteur, non seu lement un amoureux des arts – il joue de la guitare, du saxophone, du piano et de la flûte traversière – mais aussi de la connaissance. À cet égard, l’auteur donne sa pleine mesure dans l’approfondissement continuel des questions théologiques et philosophi ques.
Ainsi donc, joignant l’essentiel à l’agréable, l’écrivain ressemble à son livre, le fruit d’un effort de synthèse incomparable qui fait de lui un honnête homme dans le sens où e ce terme est perçu au XVIII siècle en Europe. C’est une des fiertés de l’Afrique centrale que je comparerais aisément à un certain Pic de la Mirandole.
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Antoine Ndinga Oba Ancien Ministre des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale, Ambassadeur, Ancien Délégué permanent du CongoBrazzaville auprès de l’Unesco et Membre du Conseil exécutif de l’Unesco.
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AVANTPROPOS
Plusieurs années de réflexion et d’observation nous amènent à concrétiser aujourd’hui le projet de cet ouvrage par lequel nous voulons rendre hommage aux musiciens qui ont contribué à la promotion de la musique moderne en République démocratique du Congo. À travers des œuvres qui chevauchent des générations de musiciens congolais, nous avons ressenti comme un impératif catégorique d’ouvrir un vaste chantier pour la réalisation de ceDictionnaire des Immortels de la musique congolaise moderne. Mais pas n’importe comment. Éviter soigneusement de sombrer dans le gouffre de l’hyper bole sous tous les angles devient, alors, un leitmotiv. Un axe méthodologique prévaut : s’en tenir à la vérité historique et, surtout, bannir de notre écriture dithyrambe ou toute autre forme de subjectivisme et dénaturation des faits. D’emblée, nous avons pris l’option de bien préciser la cible au milieu d’un gigan tesque panel d’artistes venus de tous les coins du monde. Pour mémoire, l’on se souviendra que certains musiciens illustres ont foulé le sol con golais (RDC) pendant l’ère coloniale et, d’autres, après l’indépendance de ce pays. Il s’agit de Line Renaud, Johnny Hallyday, Johnny Pacheco, Célia Cruz, Myriam Makeba, Bella Below, Yvone Chaka Chaka, l’orchestre Aragon, Demis Roussos, James Brown, etc. Ce florilège d’artistes et de groupes, ayant pourtant occupé le devant de la scène de manière circonstancielle au Congo, ne constitue cependant pas la population visée par notre propos. À la différence de musiciens venus d’Afrique, notamment du Nigeria, Rhodésie, Cameroun, Angola et autres, pour bénéficier des facilités qu’offrent les infrastructures techniques que Kinshasa était presque la seule à posséder en Afrique noire à une cer taine époque, le cas des Congolais de Brazzaville est toutefois spécifique. Même si leur installation, à Léopoldville, procède de la même motivation, les musiciens brazzavillois font partie intégrante de l’histoire des deux musiques parentes d’une rive à l’autre du fleuve Congo. Cette situation trouve sa particularité dans l’anthropologie et la sociologie de cette région d’Afrique. À cet égard, parler de la musique congolaise moderne équivaut à con sidérer comme indivisibles les deux Congo : CongoKinshasa et CongoBrazzaville. Cependant, la nécessité d’une synthèse cohérente et rigoureuse nous a obligé à opérer un tri même au niveau de ce groupe privilégié, en nous focalisant sur ceux qui ont exercé la musique en République démocratique du Congo de façon profes sionnelle et sédentaire. Cette approche est d’autant plus importante que les éléments d’appréciation sont plus accessibles dans les conditions de recension des œuvres et des biographies des artistes situés spatiotemporellement et dont l’évolution suit une trajectoire connue et répertoriée.
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