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Dieu

De
171 pages
Dans ce dernier livre, une oeuvre remarquable, révolutionnaire et remplie d’imagination qui allie de façon inédite le conte à l’enseignement, l’auteur consacré par le New York Times sonde l’évolution de Dieu. À travers la vie de dix prophètes, saints, mystiques et martyrs de l’histoire touchés par une puissance divine, Deepak Chopra brosse le portrait saisissant d’un dieu sans cesse en transformation. Nos croyances, et de fait Dieu lui-même, évoluent au fil des siècles. Dans ce nouvel ouvrage, Chopra met en scène les grands moments des plus célèbres sages de notre monde, et révèle autant de leçons universelles sur la véritable nature de Dieu.
L’expérience de Job dans l’Ancien Testament est tout autre que celle de Paul dans le Nouveau Testament. Socrate est en quête d’un esprit versatile presque sans comparaison avec l’étrange voix qui appelle Rumi, et Shankara va d’une ville à l’autre pour révéler la vérité d’un dieu fort différent de celui qui guide Anne Hutchinson. Pourtant, indéniablement, un même modèle transparaît. Ces visionnaires
ont entraîné le genre humain sur des chemins inconnus et Chopra nous invite à redécouvrir leurs destinations. Un baume pour le coeur et pour l’âme, Dieu apporte une compréhension profonde et bouleversante de ce qu’est la croyance, du pouvoir de la foi et de l’esprit qui réside en chacun d’entre nous.
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Copyright © 2012 Deepak Chopra Titre original anglais : God Copyright © 2013 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec HarperOne, une division de HarperCollins Publishers Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Marianne Champagne Révision linguistique : L. Lespinay Correction d’épreuves : Éliane Boucher, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-266-2 ISBN PDF numérique 978-2-89733-267-9 ISBN ePub 978-2-89733-268-6 Première impression : 2013 Dépôt légal : 2013 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Chopra, Deepak
[God. Français] Dieu : une histoire de la révélation Traduction de : God. ISBN 978-2-89733-266-2 1. Révélation. 2. Dieu. 3. Spiritualité. I. Titre. II. Titre : God. Français. BL475.5.C4614 2013 202’.117 C2013-941444-4
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www.laburbain.com
PROLOGUE
Comme une auto à deux volants, le monde est dirigé par deux forces, le spirituel et le profane, qui se disputent le pouvoir. Si le profane a l’avantage aujourd’hui, la spiritualité l’a emporté pendant des siècles. Certains visionnaires ont été en mesure de façonner l’avenir tout autant que les rois, voire plus qu’eux bien souvent. Un roi se voyait consacré par Dieu, mais Dieu visitait les visionnaires. Ceux-ci entendaient personnellement son message avant d’apparaître en public pour transmettre ce que l’être divin attendait des humains. La situation complexe dans laquelle ont été plongés ces visionnaires me fascine. Très rares sont ceux qui désiraient avoir un tel pouvoir sur les autres. Dieu les a extirpés du confort de leur vie quotidienne et a guidé leurs pas. La voix qu’ils entendaient dans leur tête n’était pas la leur : elle était divinement inspirée. Comment était-ce ? D’un côté, ce devait être terrifiant. Dans un monde où l’on donnait des martyrs en pâture aux lions pour le spectacle, où l’on crucifiait des saints à titre d’ennemis de l’État et où l’on protégeait jalousement les anciennes religions, la voix de Dieu pouvait être une condamnation à mort. De l’autre, l’expérience du Divin menait à l’extase, comme en témoignent les poètes mystiques, de toutes les sociétés, qui ont vécu une histoire d’amour avec le Divin. Ce mélange de ravissement et de tourment est la semence qui a fait germer ce livre. Dieuest un mot creux si ce n’est dans l’expression que lui donnent les révélations de tous les saints, prophètes et mystiques de l’histoire. Ils ont planté les graines d’une spiritualité vécue comme une expérience directe et non comme une question d’espoir et de foi. Personne ne peut dire que Dieu se révèle sous une seule et même forme pour livrer un seul et même message ; c’est plutôt le contraire. Étrangement, les révélations peuvent être à la fois divines et contradictoires. Pourquoi Dieu ne dit-Il (ou Elle) pas simplement ce qu’Il pense en laissant Sa parole se propager à tous les peuples du monde ? La contradiction des messages sacrés naît de nos propres limitations. Disons que Dieu est infini. L’esprit humain n’est pas conçu pour percevoir l’infini. Nous percevons ce que nous sommes prêts à voir et à connaître. L’infinité se révèle par fragments variables d’une société à une autre, d’une époque et d’une mentalité à une autre. Ce que nous appelons Dieu, ce sont autant d’aperçus fugaces d’une réalité supérieure, comme la figure que nous voyons dansLa Cènede Léonard de Vinci. Un simple aperçu nous émerveille, mais la vision d’ensemble nous échappe. Dans cette perspective, j’ai fait de ce récit une méditation sur ce Dieu qui est en nous. Ce n’est qu’à moitié un récit romanesque autour de 10 visionnaires transportés par les paroles que Dieu leur a transmises, l’ouvrage se voulant aussi une réflexion sur ce que signifiait Dieu lorsqu’il a choisi ces sages et ces voyants, ces prophètes et ces poètes. Le message n’était jamais le même : ce que Job entend dans l’Ancien Testament diffère beaucoup de ce qu’entend saint Paul dans le Nouveau Testament ; toutefois, on y décèle une trame. Dieu évolue. Voilà pourquoi Il continue de parler sans jamais garder le silence. Le simple fait que Dieu ait tour à tour été « Lui », « Elle », « Celui » et autre chose encore montre à quel point la présence divine est changeante. Mais dire que Dieu évolue, c’est sous-entendre que cette entité d’abord élémentaire a grandi pour progressivement prendre sa pleine ampleur, alors que
selon toutes les religions, Dieu est infini par nature. Ce qui a évolué, en fait, c’est la compréhension humaine. Depuis des millénaires, peut-être même depuis la préhistoire, l’esprit humain a la capacité de concevoir une réalité supérieure. Les peintures et les statues sacrées sont aussi anciennes que la civilisation humaine, elles précèdent le langage et même sans doute l’agriculture. La proximité à Dieu est une constante, non seulement dans l’histoire de l’humanité, mais dans la nature humaine. Pour autant que nous soyons à l’écoute de notre âme, le lien perdure, même si l’attention fait défaut. Si nous avons l’impression que Dieu change, c’est parce que notre propre conception fluctue. Néanmoins, les messages ne cessent de se manifester et Dieu apparaît constamment sous un nouveau visage. Parfois, nous perdons de vue la pleine notion du Divin, lorsque les forces profanes s’emparent du volant dans l’espoir de conduire seules le véhicule. Mais la force de la spiritualité ne capitule jamais complètement. Dieu répond à notre besoin de nous connaître nous-mêmes et, à mesure que la conscience évolue, Dieu évolue aussi. C’est un voyage sans fin. En ce moment, quelque part dans le monde, quelqu’un se réveille en pleine nuit et entend un message mystérieux qui semble provenir d’une autre réalité. En fait, il doit se produire bien des visites de ce genre chaque nuit, et ceux qui se lèvent pour annoncer ce qu’ils ont entendu forment un groupe hétéroclite de fous, d’artistes, d’avatars, de rebelles et de saints. J’ai toujours voulu faire partie de ce groupe ; dans les pages qui suivent, c’est ce que j’imagine. Chacun de nous ne rêve-t-il pas de se joindre à ces marginaux, d’une manière ou d’une autre ? Leurs histoires nous transpercent le cœur et nourrissent l’âme. Les leçons qu’ils ont apprises ont mené le genre humain sur des voies inexplorées. Pourquoi alors ne pas quitter les rails du quotidien pour les suivre ? Deepak Chopra Avril 2012
1 JOB C’est moi le Seigneur, ton Dieu.
Où finit le monde ? demanda le père. Son fils, Job, ne s’attendait pas à ce qu’il l’interroge. C’était le printemps. À l’extérieur de leur tente, les premières brises chaudes portaient le son agréable des oiseaux et des jeunes agneaux. Les amis du garçon frappaient dans une balle de cuir à travers champs. — Je t’ai posé une question. Job tira sur les lanières de ses sandales et regarda fixement le tapis sur le sol en terre battue. — Le monde finit aux murs de la ville, dit-il, là où l’on retient les démons au-dehors. C’était une réponse raisonnable pour un enfant de 10 ans. Très jeune, on l’avait mis en garde contre les démons, et leurs noms, tels Moloch et Astaroth, étaient gravés dans son esprit. Leurs griffes et leurs crocs lui paraissaient à la fois effrayants et fascinants. Lorsque le froid hivernal appelait les bergers à regagner les limites de la ville, Job se sentait enfermé ; il n’avait pas le droit d’aller là où l’on pouvait inhaler un démon aussi facilement qu’un moucheron. — Recommence. Où finit le monde ? demanda son père en secouant la tête. L’homme imposant regardait son fils de haut, l’air menaçant, ce qui était inhabituel chez ce tisserand presque aussi doux qu’une mère pour ses enfants. Cette fois, pourtant, Job sut dans l’instant que son humeur était sombre. — Le monde finit à la frontière de Judée et des contrées guerrières, répondit-il. C’était sûrement la bonne réponse. Leur verte vallée, appelée Ouç, se perdait dans le désert brun et caniculaire, comme du lait tombé d’une jarre et qui coule jusqu’à ce que le sable l’absorbe. La différence, c’était que le sol dans les contrées guerrières absorbait du sang. — Une dernière fois, garçon. Où finit le monde ? répéta le père, l’air toujours menaçant. Le fils était désormais muet, perplexe. Il baissa les yeux. Soudain, il reçut un coup violent sur la tempe, au point où il fut projeté à terre. Gisant, immobile, Job reprit ses sens et dévisagea son père qui, penché sur lui, l’examinait comme on examine des vers sur une chèvre blessée. — Le monde finit ici, grommela l’homme, le bras musclé suspendu au-dessus du visage de Job. N’oublie jamais mon poing. Pourquoi se comportait-il ainsi ? Le garçon n’allait certainement pas pleurer. Le coup était injuste. Il sentit poindre en lui un amour-propre, de celui que connaissent les petits enfants. On l’avait insulté, or les insultes méritent le mépris et non les larmes. Mais son père gardait le poing serré et Job ne voulait pas d’un autre coup. Il se mordit la lèvre en gardant le visage impassible jusqu’à ce que son père, ayant dit ce qu’il avait à dire, se redresse et quitte la tente sans un mot de plus. Il avait fait tomber quelque chose derrière lui. Un bout de tissu, de la fine laine blanche ornée d’une bande pourpre. Job venait tout juste de l’apercevoir lorsque sa mère entra précipitamment en se tordant les mains, mouillées par la lessive. Il n’eut pas le temps de lui dire ce qui s’était passé. Il ne put dire un mot, en fait, avant que le visage de sa mère se décompose et qu’elle lâche un cri. Elle s’empara du bout de tissu et le pressa contre sa joue. Job était ahuri. Sa mère était une femme digne, qui aurait préféré se détourner plutôt que
d’être vue en train d’allaiter. Job ne l’avait jamais vue autrement qu’habillée de la tête aux pieds. Soudain, elle déchira son corsage noir et l’arracha presque de sa poitrine. Ses sanglots étranglés formèrent enfin un mot que le garçon put comprendre. — Rebecca ! Sa sœur ? Pourquoi sa mère criait-elle son nom ? Job était confus, perdu, puis il lui revint à l’esprit un fait anodin et imagina le pire. Sa sœur aînée portait sous ses habits une fine chemise blanche. Rebecca était fiancée et la mère du jeune homme était venue leur rendre visite. Les deux familles se réjouissaient du mariage à venir et, avant de partir, la femme avait offert à la mère de Job un écheveau de fil pourpre. La teinture pourpre de Tyr valait cher. Sans tarder, sa mère avait tissé le fil dans l’ourlet de la jupe blanche appartenant à Rebecca, afin qu’on voie le liseré pourpre autour de ses chevilles à chacun de ses pas. — Elle est morte ? murmura Job. Il redoutait de poser la question, mais plus encore de ne pas savoir. Sa sœur, ou quelqu’un d’autre, avait déchiré une bandelette de son habit. Sa mère l’attira contre sa poitrine et le serra fort. Il se tortilla, sentant la peau chaude sous le corsage, peinant à respirer, mais elle ne voulait pas le laisser partir ; le garçon commençait à suffoquer. — Job ! Son père l’appela à grands cris. Au même moment, ils entendirent des femmes courir vers la tente, et sa mère s’effondra. La cohorte entra. Soudain, le garçon fut submergé par les pleurs. Son père cria encore et Job se libéra. Courant au-dehors, il regarda par-dessus son épaule. Dans la pénombre de la tente, il vit une dizaine de mains agripper sa mère, comme des sages-femmes cherchant à mettre au monde un bébé terrifié. Job voulut la protéger ; il aurait couru l’arracher de ces mains crochues si son père ne l’avait pas fait pivoter brusquement. — Tu comprends, maintenant ? Comment pouvait-il comprendre ? Voyant son air ébahi, son père s’accroupit. — Dieu nous a donné ce lieu et en a fait quelque chose de beau. Mais il n’a pas aveuglé les yeux des étrangers. Ils sont jaloux. Ils raflent ce qui est beau et comme ils se savent mauvais, ils se cachent dans la nuit. Il commençait à comprendre. Des voyageurs empruntaient les routes aux abords de leur ville. Parfois, seuls quelques rares étrangers passaient par là, des commerçants ou des pèlerins allant à Jérusalem. Non, on ne devait pas considérer les pèlerins comme des étrangers, seulement les autres. Il arrivait que les rares passants cèdent la place à une marée humaine, une armée d’hommes qui alors martelaient les chemins. Les contrées guerrières touchaient à leur porte. — Une bataille ? demanda Job. Il n’avait pas peur. Deux ans plus tard, il devrait se tenir prêt à défendre les portes de la ville s’il advenait que des envahisseurs venus de Perse et d’au-delà tuent les hommes et les fils aînés de la communauté. Job possédait déjà une arme faite d’un bâton avec une pointe de fer. Deux ans plus tard, il serait peut-être même aussi grand qu’une lance. — Pas une bataille, mon fils. Une incursion, menée par des hommes lâches, pires que des bêtes. Quel que soit le malheur survenu, son père en fut soudain accablé ; lorsqu’il tendit les bras pour tenir son fils par les épaules, ses mains tremblaient. Il n’aurait pas supporté que Job voie son visage sillonné de larmes et, sans que le garçon comprenne son geste, l’homme se releva pour s’enfuir sans un mot. Job n’oublia jamais la scène. Le jour où son père l’avait projeté au sol