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Dire la santé avec des proverbes

De
244 pages
Ce recueil de proverbes zarma-songay est consacré au domaine de la santé, l'assistance aux malades faisant partie des activités de l'auteur, aumônier à l'hôpital de Niamey. Cet ouvrage témoigne ainsi de l'importance de la connaissance des proverbes pour l'écoute et la compréhension mutuelle au Niger, et plus largement en Afrique.
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Dire la santé avec des proverbes
Proverbes zarma-songay du Niger

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-04631-3 EAN : 9782296046313

Yves BERNARD

Dire la santé avec des proverbes
Proverbes zarma-songay du Niger

Essai

Préface de Maga-Mazou Areynatou

L'Harmattan

Sommaire

Préface Avant-propos Notes pour la lecture Présentation des proverbes La traduction mot à mot
CHAPITRE I : SANTÉ, UN GRAND UN BIEN

Il 13 15 17 19 21 22 24 27 29 32 33 35

n° 1 Même si l'homme contribue à la santé, c'est Dieu qui la donne pleinement n° 2 La santé est un bien incomparable à apprécier toujours plus n° 3 La santé, un bien à toujours améliorer n° 4 Pour une bonne santé, il faut savoir sacrifier des biens et se sacrifier n° 5 Pour assurer sa santé, il faut s'entourer de sécurités n° 6 Lutter "à la folie", pour avoir et garder la santé CHAPITRE II : LES MALADIES A. Connaître les maladies n° 7 Le malade sait où il a mal n° 8 Ta souffrance ne dit rien au bien portant n° 9 C'est celui qui est dedans qui sait n° 10 Rien ne sert de cacher son mal, unjour il faudra le montrer n° Il Ne pas cacher son mal en consultation si on est venu pour ça n° 12 Des apparences bonnes peuvent cacher une maladie n° 13 Ce que tu caches se révèlera un jour

35 39 41 43 45 47 50

B. Connaître avec l'aide des soienants n° 14 La valeur d'un soignant reste attachée à sa personne n° 15 On ne s'attaque pas à une valeur sûre n° 16 On va vers la personne compétente n° 17 On ne détruit pas son bienfaiteur n° 18 Le malade prend des risques en indisposant son soignant n° 19 Confiance aux spécialistes

52 54 56 59 61 63

C. Causes.. conséquences.. symptômes n° 20 Connaître les causes du mal et les attaquer 65 n° 21 Nepasresteràcequ'on voit rechercher les causes cachées 67 n° 22 La cause est dedans 70 n° 23 Lutter en vain car la maladie est incurable 72 n° 24 Les excès, les abus sont causes de mal 74 n° 25 Les excès laissent des séquelles 76 n° 26 Symptômes. Signes du mal 78

D. Diverses maladies
n° 27 n° 28 n° 29 n° 30 n° 31 n° 32 n° 33 n° 34 n° 35 n° 36 Maladies petites et grandes Pas de petits maux Aux grands maux, les grands moyens Folie Moindre mal Maladies plus graves Maladies fatales Maladies héréditaires Doubles maladies Maladies contagieuses 81 83 85 87 89 91 93 96 98 100

CHAPITRE III : SE SOIGNER EST UNE OBLIGATION VITALE
A. n° n° n° n° n° Respecter le temps pour les soins 37 Se soigner dès le début de la maladie 38 Au moins soulager, calmer la souffrance 39 La souffrance pousse à aller se faire soigner 40 C'est vital d'aller aux soins 41 La négligence peut être catastrophique

103 103 106 108 110 112

8

n° n° n° n° n°

42 43 44 45 46

Les soins, même douloureux, contribuent à la guérison A temps, pas trop tard! Un temps opportun pour tous et pour tout La durée des soins donne une chance de réussite L'amélioration paraît toujours trop lente pour le malade

114 116 118 120 122

B. Ouelques exi2ences dans les soins n° 47 Ne pas faire les difficiles, les délicats 124 n° 48 Le suivi dans les soins de santé 127 n° 49 Traitement complet 129 n° 50 Ne pas minimiser les soins 131 n° 51 Etre tranquille, serein si on a été traité 133 n° 52 Evaluer la maladie en toute vérité 135 n° 53 Ne pas gaspiller les soins 137 n° 54 Bien nourrir le malade (les médicaments ne suffisent pas) 139 n° 55 Le bon moral favorise la guérison 141
C. n° n° n° n° Relations entre soi2nants et malades 56 Ne pas déconsidérer puis profiter 57 Refuser soins et conseils et s'en prendre aux soignants 58 Chaque lieu de soin et chaque personnel ont leur rôle 59 Soigner tous les malades, à chacun selon son traitement approprié n° 60 L'homme compte, pas son apparence, pour les soins n° 61 L'ingratitude à l'égard du soignant est mauvaise

143 145 147 149 151 153

D. Les soins ont un coût n° 62 Evaluer au juste le coût des soins, pour ne pas se déconsidérer n° 63 Adapter les soins aux possibilités fmancières n° 64 La santé a un coût n° 65 Chacun doit tout faire pour se soigner CHAPITRE IV : ÉVITER LA MALADIE A. Prudence et précautions n° 66 Une mauvaise hygiène développe le mal n° 67 Prendre des précautions pour assurer sa santé 9

155 157 159 161 163 163 166

n° 68 Qui prend des risques doit en assumer les conséquences 169
n° 69 Eviter une petite maladie pour aller tomber dans une plus grave n° 70 Attention au mal qui rôde n° 71 Le libertinage de nuit se révèle le jour n° 72 Des lieux à risque tu ramèneras la saleté n° 73 A force de côtoyer le danger on tombe dedans

172 174 176 178 180 183 185 187 190 192 193

B. Lucidité et prévision n° 74 La lucidité aide à la prudence n° 75 Ne pas se fier aux apparences souvent trompeuses n° 76 Protection dès la jeunesse n° 77 On n'affronte un danger plus fort que soi qu'en rusant n° 78 Prévenir, c'est mieux que guérir n° 79 Prévoir avant qu'il ne soit trop tard, jusqu'à anticiper C. Lutter et se protée:er n° 80 T'investir dans la lutte, ne pas compter sur Dieu seul n° 81 Le vaccin peut arrêter une épidémie

n° 82 Le prudentne se laissepas surprendre
n° 83 L'homme peut aggraver le mal par sa bêtise CHAPITRE V: COMPATIR n° 84 n° 85 n° 86 n° 87 n° 88 n° 89 n° 90 n° 91 Nul ne peut rester indifférent à la souffrance des autres Le fait de connaître la personne favorise la compassion Le fait de voir des situations pires relativise sa souffrance La souffrance est passagère Souhaiter une limite au mal La patience permet de vaincre beaucoup de difficultés Les visites des malades renforcent l'amitié Apprendre à parler au malade

196 198 200 202 205 205 208 210 212 215 217 220 222 224 227 229 231

n° 92 Reconnaîtreles signesd'amélioration Bibliographie lleEBercieEBents
Index 10

Préface

Il existe une multitude de recueils de proverbes, qui tombent aussitôt dans l'oubli presque dès leur parution. Pourtant dans la culture africaine traditionnelle fondée sur l'oralité, le proverbe est un catalyseur de communication qui participe à l'art de vivre. Quand Yves Bernard m'a sollicitée pour son recueil, je lui ai suggéré de centrer celui-ci dans un domaine bien spécifique en commençant par le secteur dans lequel il intervient: l'assistance sociale aux malades et à leurs accompagnants. Les résultats ont été remarquables pour lui-même car en utilisant les proverbes dans ses activités, il s'est aperçu qu'il était instantanément écouté par les patients. Mieux, il était réclamé même par les malades non chrétiens. Pour eux, ce n'était plus le Père Yves Bernard qui s'adressait à eux, mais un fervent croyant SOl)ey-Zarma qui leur apportait un grand réconfort moral. Certains vont jusqu'à demander au Père de leur réciter le "Pater" pour que le Tout Puissant Dieu des chrétiens et des musulmans leur vienne en aide. C'est dire combien la maîtrise d'une langue rendue explicite par l'utilisation de proverbe approprié peut remédier à bien des barrières. Père Yves Bernard a réussi ce que bon nombre de thérapeutes modernes n'ont pas pu atteindre: toucher le cœur des malades quel que soit leur origine sociale ou religieuse. Il aura ainsi ouvert la voie d'une meilleure vulgarisation des recueils de proverbes en rendant leur utilisation facile, agréable, pratique et pédagogique.

Maga-Mazou Areynatou Chargée de recherche en linguistique IRSH Université Abdou Moumouni Djoffo Niamey / Niger

Il

Avaut-propos

Je ne suis ni linguiste ni médecin. Alors, pourquoi avoir écrit ce document sur la santé avec des proverbes en langue du Niger, le Zarma ? Depuis 1972 je pousse des racines dans le sol nigérien, je vis avec le peuple nigérien. Depuis 2003 je compatis à la souffrance des hospitalisés et de ceux qui les accompagnent à Niamey. Le langage des proverbes c'est le même que celui des paraboles avec lesquelles Jésus enseigne, dans l'Evangile. C'est le parler du concret de la vie, du monde et des personnes.
Ce si ba karji : le pied n'aime pas les épines. (Boubou Hama n0182)

Le cor, s humain n'est as ait our la maladie. C'est avec cette affirmation imagée de la culture proverbiale nigérienne que j'ouvre cette recherche. Cette parole de sagesse justifie le dessin de la couverture, elle nous dit réellement la répulsion, le refus de la maladie, de tout mal et nous tourne a contrario vers le bon, le bien, le salut, le bonheur sur la terre si possible, et au ciel si Dieu le veut! En cette fin d'année 2006 je dédicace cette recherche à Boubou Hama, dont nous venons de célébrer le centenaire de la naissance. Qui mieux que lui au Niger a travaillé les proverbes Zarma ? Il a vu qu'avec les distances qui se creusent entre anciens et jeunes, avec l'urbanisation, les langues nationales s'appauvrissent. Il a compris qu'il fallait laisser des traces écrites aux traditions orales. Volontiers j'appellerai ce document de recherche: Essai. En effet, le travail présenté ici n'est pas terminé, il est seulement amorcé et ouvert à notre recherche autour de ce thème de la santé, de la maladie. De plus, c'est une invitation à reprendre cette méthode de recherche, en l'améliorant, vers beaucoup d'autres thèmes tels la paix, le travail, le développement, la justice, l'amour, l'amitié, etc. 13

Notes pour la lecture

DES CHAPITRES: une phrase résume le contenu de chaque grand chapitre (5 chapitres). Certains chapitres comportent plusieurs parties sous-titrées. DES MOTS-CLEFS été soulignés dans l'énoncé Zarma ; ces ont mots sont repris en italique dans le texte présentant l'origine des images du proverbe. Ceci afin de faciliter la lecture en visualisant l'essentiel.
AUTRES UTILISATIONS PossmLES: c'est continuer la recherche en élargissant l'horizon. une invitation à

Au titre PROVERBES APPARENTÉS ne répondent pas toujours des proverbes au sens strict. Parfois ce ne sont que des phrases devenues expressions figées mais elles veulent ouvrir ce travail aux dimensions du monde.

Si nous avons élargi ce travail AURELIGIEUX,c'est parce que le peuple nigérien a soif de spirituel; les paroles de Dieu dans la Bible et le Coran, les rites religieux l'aident à vivre sainement. Les citations évoquent, suggèrent, plus que ne se collent au texte, sont du domaine de la symbolique. Si parfois on en est resté à des citations très courtes, la référence permettra aux plus curieux d'aller voir le contexte de la citation. Je souhaite que le lecteur complète cette ouverture spirituelle en faisant appel à ses propres connaissances religieuses.

15

Lecture de voyelles et consonnes
IJ (dit n vélaire ou crossé) ny (se prononce "gn") c (se prononce "tchy") j (se prononce "djy") 8 (se prononce "88") g (se prononce "gu") e (se prononce "é") u (se prononce "ou") w (se prononce "ou") y (se prononce' 'i") r (se prononce roulé)
ex. : IJwa, bOIJ,baIJa ex. : nya, nyomti
ex. : ce, caIJ

ex. : ji, karji ex. : tasa, bisa ex. : gISI ex. : me ex. : bum ex. : haw ex. : yo, yaamo ex. : boro, ra

Certaines voyelles peuvent être surmontées d'un tilde (1 qui nasalise cette voyelle, c'est le cas dans: hè, hà. Nous écrivons la voyelle longue par une séquence de voyelles. Cependant, dans l'ordre alphabétique de l'index, nous ne tenons pas compte de la voyelle redoublée, ceci pour faciliter les recherches du mot.

16

Présentation des proverbes

Numéro d'ordre de l'entrée principale Numéro source du proverbe d'entrée (C. ou B.R.)1 Thème abordé Enoncé en zarma avec traduction mot à mot français2 Signification en français courant Origine de l'image, du symbole utilisé (le contexte) Emploi en santé Variantes: . Numéro source de la variante . Enoncé . Traduction mot à mot en français . Signification en français courant . Origine . Emploi en santé Philosophie Quelques autres utilisations Proverbes apparentés avec leur source3 Religion . Bib. (Bible) . Cor. (Coran)

1 Ce numéro renvoie à notre corpus (C) personnel ou au corpus de Boubou Hama (B.H.) [Essence du verbe Celtho 1988] 2 Les particules verbales sont désignées par / p. / 3 Robert (Rob.) en langue française (F.) ou autres langues du monde (M.) [Dictionnaire de proverbes et de dictons 1989] Par ex. (Rob. F .200)

17

La traduction

mot à mot

V ouloir mettre un mot français sous chaque mot zarma est difficile. Ce n'est pas le lieu ici d'entrer dans le détail des conjugaisons des verbes zarma, cependant ceux qui sont intéressés peuvent se référer à l'Esquisse de grammaire zarma-français de Mary White, ch. V-D dans notre dictionnaire zarma-français. V oici résumé l'essentiel que nous utilisons dans cet ouvrage:

.
.

La racine du verbe ne change pas, d'où la forme infmitive
que nous gardons.

Les particules qui se rattachent aux verbes informent sur le déroulement de l'action, nous ne mettons pas de traduction française sous ga et na ci-dessous.
Particule Positif (+) (pas de particule) Négatif (-) mana (+) na (-) mana (+) ga (-) si Exemple en zarma En français

Action ...accomplie complétée

A te A mana ka A !!! borey kar I !!!!!!! borey kar Ay I! ka suba A si ka suba A i2..1!jirbi Ay si eajirbi

Il a fait Il n'est pas venu Il a frappé les gens Ils n'ont pas frappé les gens Je viendrai demain Il ne viendra pas demain Il est en train de dormir Je ne suis pas en train de dormir Qu'il vienne Qu'il ne vienne pas

avec complément d'objet direct ... inaccomplie pas terminée

. .. progressif en cours

(+) go ga (-) si ga

... subjonctif souhaitée, obligée

(+) ma (-) ma si

Amaka Amasika

19

Abréviations
. . Bib.: Bible B.H.: CorpusBoubouHama
C.: Corpus de l'auteur Cor.: Coran F.: Français

. . . .
.

.

.

M.: Monde N°: Numéro Rob.: Robert
Var: variante

20

CHAPITRE I : SANTÉ, UN GRAND BIEN

Un grand bien reçu de Dieu et de ses serviteurs, à protéger et à améliorer à tout prix.

Vœux
(C.1119) Irkov ma si ir; wa baani Dieu / que / pas / nous / épargner / santé a ma iri wa doori lui / que / nous / préserver / maladie Que Dieu ne nous prive pas de santé mais qu'il nous préserve de la maladie. (C.646) Irkov ma boro no kokorav Dieu / que / personne / donner / fin ka ba sintinav pour / être meilleur / commencement
Que Dieu fasse que la fm de la vie soit meilleure que le début.

21

Numéro

1 (C.l097)

Même si l'homme contribue à la santé, c'est Dieu qui la donne pleinement. Hari ga boro nvumav amma lrkov eau / / personne / laver / malS / Dieu no ga boro hannandi c'est / / personne / rendre propre L'eau lave la personne, mais c'est Dieu qui la purifie. ORIGINE Dans la construction de ce proverbe, nous avons l'image de l'eau (hari) tellement importante pour l'homme, surtout au Sahel, où elle manque souvent. L'eau sert à se désaltérer, à se laver (nyumay), à laver. Nous savons la limite de la purification par l'eau car elle ne lave pas notre intérieur; il faut la puissance purificatrice de Dieu (Irkoy) pour rendre propre (hannandi) totalement.
EMPLOI EN SANTÉ Ce proverbe peut être employé dans le domaine de la santé. Le mot "eau" est ici l'image du médecin, du thérapeute, du médicament, de l'incantation. Certes ces moyens matériels soignent les malades, mais nous savons bien les limites des soins médicaux, en défmitive la santé totale dépend du médecin des corps et des âmes, du Dieu Tout-Puissant. VARIANTES

(C. 800) : Korboto sinda sunfav Irkov no crapaud / pas avec / queue / Dieu / c'est ga feeni a se / ventiler / lui / pour Le crapaud n'a pas de queue, c'est Dieu qui le ventile. (C. 801) : Alman kalJ sinda dibba lrkov no ga animal/qui / pas avec / queue / Dieu / c'est / hamnev /laarav a se mouches / chasser / lui / pour

22

C'est Dieu qui chasse les mouches de l'animal qui n'a pas de queue. Dans ces deux proverbes la queue (sunfay, dibba) pourrait être utile pour chasser les mouches (hamney gaaray) et faire du vent (feeni) mais elle est absente, Dieu (Irkoy) y pourvoit. Le crapaud et l'autre animal représentent les personnels de santé. Les hommes ne peuvent pas grand-chose devant la maladie et ils sont souvent désemparés, heureusement que Dieu veille sur ses créatures, il les soulage souvent et est capable de les guérir en profondeur.
PIDLOSOPIDE Les hommes s'agitent sur la planète, ils courent après la santé. Au cœur de toute vie le Maître d'œuvre ne cesse d'animer sa création, il est toujours le Créateur.
AUTRES UTILISATIONS

Dans toute recherche de l'homme, que ce soit dans le domaine du travail, des études, de la science.
PROVERBES APPARENTÉS Quand la vache perd sa queue, Dieu balaie les mouches. (Rob. M. 5906) Ce que Dieu trempe, Dieu le sèche. (Rob. F. 1949) Dieu mesure le froid à la brebis tondue. (Rob. F. 1951) Dieu donne la plaie, il donne le remède. (Rob. F. 764) Dieu donne la gale mais il donne aussi des ongles pour la gratter (id.)

RELIGION Bib. "C'est moi qui fais mourir; si j'ai brisé, c'est moi qui guéris." Deut. 32/39 - Récit de la guérison de Naaman le Syrien, malade de la lèpre. Sur l'ordre du prophète Elisée il se baigne dans le Jourdain et est purifié. 2 Rois 5/1-19 - "C'est du Très-Haut que vient la guérison et du roi le médecin reçoit des dons." Siracide 38 / 2,9,10 - Rite chrétien du baptême dans l'eau. "Moi (JeanBaptiste) je vous baptise dans l'eau en vue de la conversion, du pardon des péchés. Lui, (Jésus) vous baptisera dans l'Esprit-Saint et le feu" Marc 1/4-11. - Rite d" 'eau bénite". - Ablution musulmane avant la prière. 23

Numéro

2 (C.1123)
à apprécier toujours plus.

La santé est un bien incomparable

I ma boro haaru ba i on / que / personne / rire / être mieux / on ma boro barav que / personne / pleurer avec lamentation Il vaut mieux un rire moqueur pour un malade guéri que pousser des lamentations de deuil sur lui. ORIGINE Ce proverbe s'appuie sur deux verbes qui sont mis en opposition: rire (haaru) et le verbe utilisé pour pleurer les morts en se lamentant (baray). Il vaut mieux rire en se moquant du malade qui a vaincu sa maladie que de pleurer le malade passé de vie à trépas.
EMPLOI EN SANTÉ

Voici le contexte précis d'utilisation de ce proverbe: "a jante, a zalba, a te baani, i n'a haaru. " On parle ici d'une personne qui est sortie vivante d'une maladie très grave "elle a été malade, elle a gémi, grimacé dans sa souffrance, elle est guérie, on rit d'elle." On se moque ainsi familièrement du manque de maîtrise, de retenu du malade dans sa souffrance. Ce rire moqueur et plein de malice est bien reçu puisqu'il y a la satisfaction de la santé retrouvée. L'essentiel n'est-il pas que le malade ait retrouvé sa santé? Après coup c'est plaisant de se moquer un peu de lui parce qu'il n'a pas bien su faire face à la souffrance. Ce rire est bien préférable aux lamentations qu'on ferait si l'issue de la maladie avait été la mort. Cette joie de la famille exprime à Dieu la reconnaissance. VARIANTES (C. 729) : Gaham baani ba haw. corps / santé / être mieux / vache a ba ban cela / être mieux / cheval La santé du corps est mieux que vache ou cheval.

24

(c. 1030) :
Zan~ ma h~ n~ enfant / que / naître / avec saave ba arzaka chance / être mieux / richesse Qu'un enfant naisse avec la chance vaut mieux que naître avec la richesse. Nous ajoutons deux proverbes qui valorisent ce bien suprême qu'est la santé, bien au delà de tout bien. La santé du corps (gaham baani) est un bien plus important que n'importe quel gros bétail: vache (haw) et cheval (bari), qui sont traditionnellement à la base de la richesse. Pour un enfant, naître avec la chance (hay nda saaye) est plus précieux que tous les biens matériels. C'est avoir des parents en bonne santé, surtout la mère qui allaite, être soimême en bonne santé. C'est bien vrai que la santé n'a pas d'égale
(a sinda wadde).

PmLOSOPHIE La santé est le bien le plus précieux pour l'homme, il est incomparable. On apprécie d'autant plus la santé qu'elle a été absente un temps.
AUTRES UTILISATIONS

Aux gouvernements qui ont peur de privilégier la santé dans les prévisions budgétaires. Cas du sida, qui handicape les travailleurs qui sont la richesse d'un Etat.
PROVERBES APPARENTÉS Voir entrée numéro 31, variante. Celui qui a la santé est riche. (Rob. F. 741) Celui qui a la santé est riche sans le savoir. (Rob. M. 10) C'est une belle baronie que santé. (Rob. F. 742) Le plus pauvre n'échangerait pas sa santé pour de l'argent mais le riche donnerait tout son argent pour la santé. Un mendiant bien portant est plus heureux qu'un roi malade. Qui a la santé a tout, qui n'a pas la santé n'a rien. (Rob. F. 743)

25

RELIGION

Bib. "Une robuste santé vaut mieux que tout l'or du monde... Nulle richesse n'est comparable à la santé du corps." Siracide 30/14,15,16.

26