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Dissimuler pour vivre

De
184 pages
Très jeune, Joséphine découvre que de la dissimulation dépendra la préservation de son espace vital. Dissimulation de son vécu d'enfant au sein d'une familleŠdévorante, dissimulation de sa sexualité adolescente face au conformisme pesant de la bourgeoisie pendant les années soixante à soixante-dix. Joséphine narre aussi ses triomphes : conquête de la liberté de pensée, lutte pour éviter d'endosser les rôles auxquels sa condition féminine l'assigne... L'amour, la haine et la démesure parcourent ce récit à la première personne, de l'enfance à l'aube de l'âge adulte.
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Muriel Confignal
Dissimuler pour vivre
Genèse d’une femme homosexuelle dans les années 60
DISSIMULER POUR VIVRE Genèse d’une femme homosexuelle dans les années soixante
MURIEL CONFIGNAL DISSIMULER POUR VIVRE Genèse d’une femme homosexuelle dans les années soixante
© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01579-8 EAN : 9782343015798
À ma mère, sans qui rien n'eût été possible. Remerciements à ma première lectrice, Véronique, ma compagne, à Edith Zha pour toute son attention.
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Quand mon frère, François-Charles, revint à la maison un an après sa naissance, il y avait un bébé qui occupait la place. C'était moi. Mes parents, désargentés, l'avaient envoyé à la campagne chez la sœur de mon père, estimant qu'elle leur « devait bien ça ». C'était une des expressions préférées de ma mère: Untel « me doit bien ça ». Mon père s'était laissé convaincre d'engloutir l'héritage de leur mère dans la ferme de sa sœur. À perte. À l'époque, le couple de mes parents, mariés in extremis avant la naissance de mon frère, vivait à l'hôtel au jour le jour à Paris. Ma mère dirait plus tard qu'elle avait été trompée par mon père. Trompée par la cravate de mon père. Trompée par son allure bourgeoise et nantie. Elle l'accusait d'imposture. Il y avait eu maldonne sur la personne :elle pensait épouser un fils de famille qui lui apporterait la sécurité financière dont elle avait si cruellement manqué jusqu'alors, et elle avait épousé, disait-elle, un dandy un peu mou, indolent, sans envergure, sans emploi et ne se hâtant pas d'en trouver. [J'ai été frappée par la haine de ma mère contre mon père jusqu'au jour où elle s'est suicidée. Elle n'a jamais pu prendre de recul ni se souvenir des moments de plaisir qu'elle a
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