Diversité des accents et enseignement du français

De
Publié par

Cet ouvrage s'interroge sur le rôle que la diversité des accents et les formes non standard peuvent jouer dans l'enseignement du français et sur la façon dont elles peuvent être intégrées à des activités didactiques visant à l'éveil à la variation et à la sensibilisation aux traits caractéristiques de la langue de tous les jours. L'analyse de l'intonation des parlers jeunes, souvent pointée comme symptôme d'un malaise social, montre qu'ils constituent un observatoire privilégié pour l'observation de formes de langue ordinaire favorisant l'expression d'une connivence des locuteurs dans les interactions quotidiennes.
Publié le : vendredi 15 avril 2016
Lecture(s) : 8
EAN13 : 9782140007774
Nombre de pages : 212
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
e
Si aujourd’hui, à l’ère du numérique, la photographie est un produit banal, résultat d’un geste tout aussi banal – la simple pression de l’écran tactile de nos dispositifs intelligents –, dans la seconde moitié e du siècle, époque marquée par le triomphe du naturalisme en littérature, elle apparaît comme un objet nouveau et complexe, à lafois symbole et instrument de la modernité conquérante. Artistes et écrivains l’ont traitée des manières les plus diverses : Victor Hugo la considérait comme une technique révolutionnaire ; Charles Baudelaire la tenait en piètre estime. Modèle esthétique pour les uns, anti-modèle pour les autres, la violente querelle entre les défenseurs et les contempteurs de cette technique de reproduction de la réalité ne fait que révéler une chose : dès son apparition sur la scène publique, en 1839, la photographie a su pénétrer l’imaginaire littéraire d’une manière profonde et souvent inattendue. En s’inspirant de la démarche analytique de la Critique des dispositifs, Andrea Schincariol explore l’impact « invisible » du dispositif photographique sur les œuvres de trois représentants du naturalisme : Guy de Maupassant, Émile Zola et Henry Céard.
Andrea Schincariol est docteur en sciences linguistiques et littéraires. Titulaire d’une bourse de recherche à l’université d’Udine (Italie), il poursuit actuellement ses recherches sur l’impact de l’imaginaire du Web sur la littérature de l’« extrême contemporain ».
Società Universitaria per gli Studi di Lingua e Letteratura Francese
Photographie de couverture de M. M., Paris,rue de Vaugirard, 2014. ISBN : 978-2-343-03814-8 20
Roberto Paternostro
Diversité des accents et enseignement du français
Les parlers jeunes en région parisienne
Diversité des accents et enseignement du françaisLes parlers jeunes en région parisienne
laboratorio@francesisti.it Collection dirigée par Mariagrazia Margarito La collection laboratorio@francesisti.it réalise une initiative parmi les plus importantes de la Société italienne universitaire des Professeurs de Langue et Littérature française (S.U.S.L.L.F.) : le soutien à la recherche de jeunes spécialistes par la publication des études les plus innovantes dans les domaines de la langue et de la littérature françaises. Dernière parution Andrea SCHINCARIOL,Le dispositif photographique chez Maupassant, Zola et Céard. Chambres noires du naturalisme, 2014.
Roberto Paternostro Diversité des accents et enseignement du français Les parlers jeunes en région parisiennePréface de Françoise Gadet
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08297-4 EAN : 9782343082974
REMERCIEMENTS
Je souhaite remercier Mariagrazia Margarito ainsi que les membres de la commission d’évaluation de la SUSLLF de m’avoir offert l’occasion de publier cet ouvrage. Je tiens également à remercier Enrica Galazzi et Françoise Gadet, qui ont été pour moi de véritables maîtres. Ma gratitude va aussi aux enseignants-chercheurs qui ont significativement marqué mon parcours : Michelle Auzanneau, Margaret Bento, Jacqueline Billiez, Georges Boulakia, Sylvain Detey, Jean-Yves Dommergues, Laurent Gajo, Emmanuelle Guerin, Élisabeth Guimbretière, Jean-Marc Luscher, Philippe Martin, Chiara Molinari, Josiane Podeur, Isabelle Racine, Jacqueline Vaissière, Sandrine Wachs. Un grand merci est adressé également à Jean-Philippe Goldman, qui a accepté de m’aider dans la mise en place et dans le traitement de mes analyses acoustiques. Mes remerciements vont aussi aux membres du projet MPF, aux étudiants des Universités Paris Descartes et Paris Ouest et à mes élèves des Cours d’été, pour leur disponibilité et leur collaboration.
7
PRÉFACE
Cet ouvrage sur les accents en français concerne les « jeunes de banlieue » et leurs façons de parler. Comme le montrent les différents portraits présentés par Roberto Paternostro, le jeune de banlieue est multiple, et la socio-démographie ne saurait suffire à en camper un profil-type. Un indice de ce que le jeune de banlieue n’existe pas en type unique, c’est la difficulté à établir les spécificités de la « langue des jeunes (de banlieue) ». Non pas que ces jeunes parlent comme vous et moi – quelquefois si, quand même. Mais parce que, dès lors que l’on cherche à définir cet ensemble supposé à travers un faisceau de traits linguistiques, toute saisie en termes devariétésde langue devient évanescente, dont la variété « langue des jeunes ». Les langues manifestent de la variation, mais celle-ci ne s’organise pas forcément en des variétés, même si les locuteurs tiennent à penser qu’ils parlent bien unevariété (terme d’expert qui n’a rien d’indigène) et croient les reconnaître chez les autres, sans toutefois pouvoir en donner d’autre caractérisation que des dénominations convenues, plus souvent d’ordre géo-socio-démographique que sociolinguistique appuyé sur des faits de langue avérés. Avec pour effet que les discussions autour des accents virent très vite, de la part des locuteurs, à une série de stéréotypes, d’ailleurs intégrés même par les porteurs de l’accent en question. Certains, linguistes ou journalistes (en particulier) prétendent donner des exemples d’une variété qu’ils n’hésitent pas à qualifier de « langue des jeunes » – et en ce point les linguistes ne se sont souvent pas différenciés des usagers ordinaires. Ce qui est alors mis en avant, ce seront immanquablement des items lexicaux. Et certes, les « mots des jeunes » apparaissent souvent reconnaissables (même si les non-jeunes aiment s’en saisir), qu’il s’agisse de produits de manipulations comme dans le verlan, ou bien d’emprunts. Mais les emprunts seraient-ils typiques des jeunes ? Aucunement, bien sûr. Certes, les emprunts auxquels recourt une langue se modulent au fil du temps, les mots empruntés changent de sens depuis leur origine, comme on le voit par exemple avecseum, qui signifie « venin » en arabe, et est passé à « colère ou « rage » en français actuel, dansavoir le seum. Les sources de
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.