Djibouti: Economie du développement et changements institutionnels et organisationnels

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Cet ouvrage, qui tente de renouveler la problématique du développement en prenant appui sur le cas de la république de Djibouti, avance deux propositions: la première consiste à appréhender le développement à partir d'un cadrage macroéconomique qui prend en compte des éléments de coordination informels; la deuxième consiste à introduire la question de la firme comme élément clef de la question du développement.
Publié le : dimanche 1 avril 2007
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EAN13 : 9782296170667
Nombre de pages : 196
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ÉCONOMIE DU DÉVELOPPEMENT ET CHANGEMENTS INSTITUTIONNELS ET ORGANISATIONNELS

Etudes Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa

Déjà parus André Julien MBEM, L'Afrique au cœur de l'Europe. Quel
projet pour le Nouveau Monde qui vient ?, 2007. Djibo HAMAN!, L'Islam au Soudan Central, 2007. William BOLOUVI, Quel développement pour l'Afrique subsaharienne ?, 2007. Simon-Pierre E. MVONE NDONG, Bwiti et christianisme, 2007. Simon-Pierre E. MVONE NDONG, Imaginaire de la maladie au Gabon, 2007.

Claude KOUDOU (sous la direction de), Côte d'Ivoire: Un
plaidoyer pour une prise de conscience africaine, 2007. Antoine NGUIDJOL, Les systèmes éducatifs en Afrique noire. Analyses et perspectives, 2007. Augustin RAMAZANI BISHWENDE, Ecclésiologie africaine de Famille de Dieu, 2007. Pierre FANDIO, La littérature camerounaise dans le champ social, 2007. Sous la direction de Diouldé Laya, de J.D. Pénel, et de Boubé Namaïwa, Boubou Hama-Un homme de culture nigérien, 2007. Marcel-Duclos EFOUDEBE, L'Afrique survivra aux afropessimistes,2007. Valéry RIDDE, Equité et mise en œuvre des politiques de santé au Burkina Faso, 2007. Frédéric Joël AIVO, Le président de la République en Afrique noire francophone, 2007. Albert M'P AKA, Démocratie et société civile au CongoBrazzaville, 2007. Anicet OLOA ZAMBO, L'affaire du Cameroun septentrional. Cameroun / Royaume-Uni, 2006. Jean-Pierre MISSIÉ et Joseph TONDA (sous la direction de), Les Églises et la société congolaise aujourd'hui, 2006. Albert Vianney MUKENA KATA YI, Dialogue avec la religion traditionnelle africaine, 2006.

Guy MVELLE, L'Union Africaine: fondements, organes,
programmes et actions, 2006. Claude GARRIER, Forêt et institutions ivoiriennes, 2006

SaURA y A HASSAN HaUSSEIN

,

ECONOMIE DU DÉVELOPPEMENT ET CHANGEMENTS INSTITUTIONNELS ET ORGANISATIONNELS

-

Le cas de Djibouti -

Préface de Christian Palloix

L 'HARMATTAN

Publication avec le concours du CRllSEA Université de Picardie Jules Verne

@ L'HARMATTAN,

2007

5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-03074-9 EAN : 9782296030749

A mes très chers parents

PLAN SOMMAIRE

PREFACE INTRODUCTION GÉNÉRALE

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CHAPITRE 1

-

ÉCONOMIE DU DÉVELOPPEMENT

ÉCONOMIQUE ET DU CHANGEMENT INSTITUTIONNEL 23 CHAPITRE II - DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET TRANSITION, VERS UNE PROBLÉMATIQUE DU CHANGEMENT INSTITUTIONNEL 51 CHAPITRE III - LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE COMME CHANGEMENT INSTITUTIONNEL 79 CHAPITRE IV - L'ÉMERGENCE ET LA CROISSANCE DE LA FIRME DANS LE CONTEXTE DE CHANGEMENT INSTITUTIONNEL ET ORGANISATIONNEL 129 CONCLUSION GÉNÉRALE ANNEXES BIBLIOGRAPHIE TABLE DES ANNEXES TABLE DES TABLEAUX TABLE DES MATIÈRES 165 171 173 193 193 194

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PREFACE
Il me revient le redoutable privilège de préfacer l'ouvrage de Souraya Hassan Houssein: Éconon1ie du développen1ent et changements institutionnels et organisationnels - Le cas de Djibouti. Cet ouvrage est une version remaniée d'une excellente thèse de doctorat soutenue dans notre centre de recherche, le CRIISEA, à Amiens et sous ma direction. Je me dois de rappeler les mérites de cette doctorante - aujourd'hui Maître de Conférences à l'Université de Djibouti - qui a conduit cette thèse en quatre ans tout en étant alors Enseignante au Pôle Universitaire de Djibouti (avec une charge de cours de 16 h par semaine) et qui bénéficiait heureusement d'une bourse de doctorat pour séjourner 4 mois par an dans notre Centre de Recherche. Aujo urd 'hui deux courants de pensée institutionnalistes fort différents tentent de marquer de leurs elnpreintes l'économie du développement: 'The New Institutionalism' (D. C. North, O. E. Williamson, ...) couplé le plus souvent aux modèles de croissance endogènes (Lucas, Romer, ...) d'un côté, et 'The Old Institutionalism' (à partir des travaux de T. Veblen et J. R. Commons) de l'autre. Souraya Hassan Houssein nous propose un regard neuf sur l'économie du développement certes à l'aune du vieil institutionnalisme de T. Veblen et J. R. Commons, mais sans pour autant négliger les apports d'auteurs tels que D. C. North (la faIneuse distinction entre les institutions et les organisations) et E. Penrose (l'importance de la formation des compétences pour I' entreprise) ou G. B. Richardson (le rôle de la coopération), sans pour autant négliger l'importance des structures sous forme d'actifs mIS en oeuvre. Si l'entreprise développement comprend que l'État quant à économie de est donnée comme une clef de l'économie du - variable trop souvent négligée - elle ne se par rapport à des variables tout aussi importantes, la définition des règles et de leur application, une crédit quant au financement des actifs et des

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entreprises, une économie sociale quant à la fonnation et au respect des règles (droit du travail), une économie de l'éducation quant à la formation des compétences, une économie des structures (services, transport, industrie, . ..), le tout dans les contraintes des mondialisations à l' œuvre. Pour rendre compte de l'économie du développement et des ses acteurs (État, entreprise, salariés, ...), l'auteur nous propose certes un dispositif théorique en termes de changements institutionnels et de changements organisationnels, mais aussi en économie appliquée avec le traitement statistique (ACP) d'un itnportant questionnaire Inené tant auprès de salariés que de dirigeants d'entreprises ou d'acteurs de l'État à Djibouti (lnicro - état). Un des apports de l'ouvrage (panni de nombreux autres) est d'attirer notre attention sur la dua lité des règles - et donc des comportement des acteurs -, celles qui relèvent de l'État moderne et de la logique économique marchande du capitalisme d'un côté, celles qui relèvent de la coutume et qui sont ancrées dans 1'histoire (culturelle, religieuse, ethnique, ...) de l'autre. Bref, un très bel ouvrage. Christian Palloix

SIGLES ET ABBREVIATIONS AID BAD BCD BIT BM CCD CDE DISEP DPI ECT EDAM-IS2 EDD ESAF FDJ FMI FP FSD ONED OT PAID PAS PED PIB PMA PNUD RNDH TA TCI Aéroport International de Djibouti Banque Africaine de Développement Banque Centrale de Djibouti Bureau International du Travail Banque Mondiale Chambre de Commerce de Djibouti (ex CICID) Chemin de Fer Djibouto-Éthiopien Direction de la Statistique et des Etudes Démographiques Dubaï Ports International Economie des Coûts de Transaction Enquête djiboutienne auprès des ménages indicateurs sociaux, 2002 Electricité de Djibouti Enhanced Structural Adjustment Facility Francs djiboutiens Fonds Monétaire International Formation Professionnelle Fonds social de développement Office national des eaux de Djibouti Organisation du travail Port Autonome International de Djibouti Plan d'Ajustement Structurel Pays en développement Produit intérieur brut Pays les Moins Avancés Programme des Nations Unies pour le Développement Rapport National sur le Développement Humain Théorie de l'agence Théorie des Contrats Incomplets

Il

INTRODUCTION

GÉNÉRALE

Depuis 1977, date de l'indépendance, l'économie de Djibouti est affectée par différentes crises à la fois d'ordre interne et externe qui ont contraint l'État à accepter en 1996 un plan d'ajustement structurel (PAS) imposé par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Les grands traits de toute politique d'ajustement structurel consistent à rétablir l'équilibre des indicateurs macroéconomiques de la nation et notamment réduire les déficits budgétaire et extérieur, abaisser le taux d'inflation, privatiser les grandes entreprises publiques, libéraliser l'économe, déréguler, etc. L'ensemble de ces mesures structurelles viserait à inscrire l'économie des nations des tiers-mondes sur le sentier du développement.
A Djibouti (micro

- État),

plus de sept ans après le PAS,

une relative amélioration des agrégats macroéconomiques n'a pas conduit à une amélioration du bien-être de la société. A l'instar des autres pays du tiers monde qui ont subi l'ajustement structurel, on assiste à Djibouti à une crise sociale avec surtout une pauvreté accrue que le pays n'a jamais connue auparavant. Cet échec témoigne des errements des politiques appliquées sous les directives du FMI et de la Banque mondiale. Pour ces derniers la croissance serait au rendez-vous si les institutions appropriées à une économie de marché étaient mises en place. Il s'agit d'accroître le poids du secteur privé dans l'économie djiboutienne et ainsi remplacer l'ancien mode de régulation étatique par le marché. La thématique du changement institutionnel est certes posée à Djibouti comme stratégie de développement économique, mais dans un cadre institutionnel limité (certaines nouvelles règles fonnelles hors de leur adéquation avec les règles infonnelles pour faire bref), et hors de tout changement organisationnel. En procédant ainsi, le programme d'ajustement structurel ne tient pas compte des particularités du pays et, par conséquent, est incapable de proposer de véritables axes de développement.

Par exemple, le fait que Djibouti soit essentiellement une économie de services (le secteur tertiaire contribue à 75% du PIB) n'a pas pour autant interpellé les institutions internationales selon lesquelles il fallait accentuer le degré d'ouverture de l'économie nationale en misant sur la situation géostratégique. Ainsi, au vu de ces effets sociaux désastreux, le but de notre ouvrage est d'interroger la question du développement économique, d'essayer d'en renouveler la problématique. Pour ce faire, l'ouvrage est construit sur la base de deux propositions principales qui orientent les développements de notre argumenta tion. D'abord, la première proposition consiste à appréhender le développement à partir d'un cadrage macroéconomique. Dans cette optique, le développement est compris ici comme un changement institutionnel et organisationnel. Par changement institutionnel, il faut entendre le changement des règles du jeu formelles et informelles encadrant I les activités économiques des individus . Plus exactement, nous soutenons que le développement économique pourrait être assimilé à un changement des institutions et organisations existantes par d'autres plus performantes et surtout adaptées au contexte local. Les institutions signifient, en reprenant la distinction opérée par J. R. Commons [1931] l'action collective coutumière ou règles informelles et l'action collective organisée ou règles formelles adossées à des organisations 2. Les règles formelles regroupent les lois, les arrêtés, les décrets et l'ensemble des règlements internes à l'entreprise. Les règles informelles désignent les normes de comportement, les coutumes, les habitudes, les façons de pensée dont la compréhension est nécessaire pour l'existence de la première catégorie des règles. Ces dernières selon J. R. Commons [1931] donnent une légitimité aux règles formelles.
I Sans pour autant que ces règles soient celles du PAS. 2 On retrouve plus tard chez D. C. North [1990, 1991, 1994, 1995] une analyse similaire des institutions définies comme les règles formelles et les contraintes informelles en place.

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Ensuite, les changements institutionnels iInpulsés s'accompagnent de changements organisationnels qui impliquent la transformation incontournable des firmes en ce qui concerne leurs façons de faire pour atteindre une meilleure performance. En effet, l'instauration de nouvelles règles du jeu obligent les entreprises à faire évoluer leurs méthodes d'organisation pour s'adapter aux nouvelles circonstances. La seconde proposition de cet ouvrage consiste à introduire la question de l'entreprise comme élément de la question du développement, ce qui ouvre la voie à une analyse en termes de changement organisationnel. En effet, dans cette conception du développement, les firmes sont considérées comme des acteurs indispensables. Ainsi, le cadre d'analyse de notre ouvrage mobilise deux grands ensembles théoriques, celui de l'économie traditionnelle du développement selon A. O. Hirschman et celui de l'institutionnalisme aussi bien dans son ancienne version (Old Institutional Economics) que dans sa nouvelle (New Institutional Economics). En d'autres mots, la construction du corpus théorique adapté à notre raisonnement va s'appuyer d'une part sur les apports et les limites de l'économie du développement et d'autre part sur ceux de l' institutionnalisme historique et nouveau. Le recours à l'approche institutionnaliste permettra de rendre compte de l'importance des coutumes, des normes de comportement ou tout simplement des règles informelles dans la question de l'évolution sociale au vu des apports de J. R. Commons et T. Veblen principalement. Ce double corpus théorique nous fournit deux clés de lecture de la question du développement économique à Djibouti, considéré comme un processus de changement institutionnel et organisationnel amenant conflits et inerties. En effet, l'action simultanée des règles héritées œ la période coloniale et celles décidées sous l'influence du FMI et de la Banque mondiale produit un double dispositif de coordination. D'un côté, on a les règles formelles (nationales, internationales, internes à l'entreprise. . .) qui s'imposent aux individus; elles incarnent le pouvoir de

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négociation de certaines personnes capables de les édicter. De l'autre, les coutumes, les habitudes de pensée et autres règles infonnelles symbolisent l'emprise de la société. Par conséquent, il nous est possible d'avancer une thèse qui s'énonce comme suit: ~ une confrontation conflictuelle et inertielle entre deux types de coordination; une première coordination par "le haut" imposée à la fois par les institutions internationales (Banque Mondiale, FMI, OMC), par l'État de Djibouti (et ses organes) et par les entreprises djiboutiennes (règles, règlements intérieurs, . . .) bute contre une seconde coordination par "le bas" concrétisée par les coutumes et habitudes; ~ la coordination par "le haut" renvoie à la fois à la question traditionnelle du développement à la Hirschman et à l'institutionnalisme de T. Veblen et J. R. Commons; la coordination par "le bas" est mise en exergue aussi bien par l'approche institutionnaliste de la NIE que celle de T. Veblen et J. R. Commons sur les habitudes et les coutumes; ~ par rapport à cette double distinction, le développement économique, comme changement institutionnel et organisationnel, est en relation directe avec la séparation entre règles fonnelles et infonnelles de laquelle dérive lU1e tension, voire un conflit inertiel compromettant toute évolution institutionnelle positive. Le développement porte alors sur une mise en adéquation entre ces deux types de coordination facilitée par un examen antérieur des croyances partagées par la société. Ainsi, la réponse au problème de sous-développement reviendrait pour partie à modifier, remplacer, adapter les institutions dans le double contexte de règles fonnelles et de règles infonnelles (coutumes) qui les légitiment. Toutefois, cette tâche n'étant pas aisée, il importe de jouer sur les interactions entre les deux dimensions de l'analyse. Notre

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thèse consiste à soutenir que le développement relève en premier de fondements macroéconomiques, c'est- à- dire de changements de structures entrepris par l'État qui doit endosser la fonction de promoteur. Dans cet esprit, le développement implique également l'évolution des mentalités et des façons de pensée des individus membres de la société. Il s'agit de souligner l'importance de la volonté commune et le versant délibéré de l'objectif du développement. En second lieu, les actions macroéconomiques exercent de l'influence sur la vie des acteurs économiques tels que l'entreprise avec ses composantes. Ainsi, la dimension microéconomique doit faire l'objet d'une attention particulière afin de déclencher une articulation positive avec le niveau supérieur qu'elle alimente en retour. Afin de saisir la confrontation entre la coordination par "le haut" et la coordination par "le bas", nous nous appuyons sur me enquête de terrain sur 55 entreprises et auprès de 500 salariés à Djibouti (micro- État). Le choix des entreprises de l'échantillon s'est fait en fonction de leur représentativité. Autrement dit, les entreprises ont été sélectionnées à 75% dans le secteur tertiaire, à 15 % dans le secondaire et le reste dans le primaire. L'échantillon apparaît donc représentatif de la population d'entreprises djiboutiennes. Ce faisant, notre souci est d'analyser dans sa configuration actuelle les comportements des entreprises. Quant aux salariés, il a été décidé d'en interroger environ dix dans chaque entreprise de l'échantillon quand cela était possible. Plus précisément, l'enquête a été réalisée sous forme de deux types de questionnaires administrés respectivement aux dirigeants des entreprises et à leurs salariés. Le premier questionnaire, visant exclusivement les 500 salariés, aborde quatre thèmes à savoir: «les règles, les coutumes et l'organisation du travail», «les comportements des salariés», «les conflits et les salaires» et enfm, « la formation/qualification ». Le second questionnaire soumis aux dirigeants des 55 entreprises, comportait deux grandes parties. Dans la première

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partie, les questions posées étaient relatives aux règles, coutumes et changement institutionnel dans l'entreprise djiboutienne. Il s'agissait à la fois de percevoir la confrontation entre les règles et les coutumes à l'intérieur de la firme à Djibouti et, d'exalniner le caractère adéquat ou non de ces dernières dans le processus de changement institutionnel impulsé par l'État. La deuxième partie visait plus exactement à explorer l'univers interne de la firme pour évaluer ses compétences propres. Les questions posées abordaient la formation professionnelle et les qualifications dans l'entreprise djiboutienne. Les deux questionnaires comportaient certaines questions communes dont le but était de nous permettre de confronter les points de vue et des dirigeants et des salariés. Il importe de souligner que l'administration de ces questionnaires aux entreprises djiboutiennes a été fastidieuse. Les conditions d'enquête ont été très difficiles pour une double raison. En effet, d'abord notre enquête a été perçue avec une certaine méfiance manifeste dont la cause est la nouveauté ou plutôt l'absence de contacts réguliers entre le milieu de la recherche et l'entreprise. Enfin la nature même des questions constitue elle même un facteur qui provoque un comportement récalcitrant. De plus, nous avions presque toujours opté pour la méthode du face-à-face pour administrer les questionnaires aux dirigeants des entreprises. Malgré le temps exigé, ce mode possède l'avantage de récolter directement les informations à la source chaque fois que cela a été possible. Tout ceci explique le nombre important res réponses "ne sais pas" ou tout simplement des "réponses manquantes". Néanmoins, la fréquence de cette catégorie de réponses à des questions concernant généralement les règles impose une interprétation prudente. De même, le niveau d'instruction de certains enquêtés, salariés en majorité, est aussi un facteur explicatif. Par conséquent, les résultats tirés de cette enquête sont à prendre avec précaution et dans les limites de l'échantillon. L'exploitation en profondeur de l'enquête a été réalisée à l'aide du système SPAD qui est un logiciel de traitement statistique

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des données. Les données ont fait d'abord l'objet une analyse factorielle des correspondances multiples (ACM) qui permet d'établir «des représentations synthétiques de vastes tablea'ux de données, en général sousforme de représentations graphiques. Ces méthodes ont pour objet de réduire les dimensions des tableaux de données de façon à représenter les associations entre individus et entre variables dans des espaces de faibles dimensions» (A. Morineau, S. Morin [2000], p 163). Ensuite, une classification ascendante hiérarchique (CAH), qui fournit un regroupement automatique des enquêtés en un petit nombre de classes, a été effectuée. Les individus qui présentent des proximités en termes des variables du thème choisi seront rassemblés dans une Inême classe. Ainsi, la synthèse de toutes les informations contenues dans les données est consignée dans ce petit nombre de classes homogènes. Concrètement, la CAH se déroule en deux étapes. La première étape permet de choisir une ou plusieurs partitions données par le logiciel. Pour notre propos, les meilleures partitions proposées par le logiciel ont été retenues. La deuxième étape est une description statistique des partitions choisies. Le s classes de chaque partition peuvent être caractérisées en faisant intervenir les variables (ou questions) et les modalités caractéristiques.

Dans la première partie de cet ouvrage, les fondements macroéconomiques de la thématique du développement seront présentés sur la base d'un dispositif théorique double. Elle comprend trois chapitres. Le premier chapitre se consacre à la présentation de l'économie de Djibouti en mettant en avant son évolution depuis l'application du PAS. Et devant l'ampleur des conséquences négatives de l'ajustement, une révision des théories traditionnelles du développement économique s'impose. En partant de l'économie du développement selon la classification d'A. O. Hirschman, l'objectif du deuxième chapitre est de cerner la notion de développement. Par la mêlne occasion, comprenant que les politiques impulsées par le FMI et la Banque

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