Du Touloulou au Tololo - Le Bal paré masqué, son évolution

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?Cet ouvrage, Du Touloulou au Tololo – Le bal paré-masqué, son évolution, est la suite logique d’une précédente étude sur l’histoire de ce fait culturel, dont le succès ne cesse de croître. Après avoir rappelé son origine et celle du touloulou, il était opportun de questionner, à travers les mutations qui les ont affectés, toutes les composantes de cette manifestation : les carnavaliers dont le touloulou, le cadre festif, les orchestres et la musique, la danse, les costumes, les comportements mais aussi l’activité économique qu’elle génère.
Publié le : dimanche 1 décembre 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782844509369
Nombre de pages : 128
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INTRODUCTION
Carnaval, aux multiples facettes, s’empare de la vie guya-naise dès le premier dimanche de chaque année nouvelle, à l’épiphanie. Toujours escorté de son comparse « touloulou », il convoque pendant une période plus ou moins longue ; gaité, bombance, raillerie, ripaille et débauche que clôturent les jours gras. Le mercredi des Cendres, le glas sonne tristement la mort de Carnaval et appelle à la repentance. Et… Touloulou à chaudes larmes, le pleure et porte le deuil conventionnel pen-dant une année.
Mais, Carnaval en son temps imprègne la société toute entière de son ambiance festive et ce sans exclusive, que l’on soit carnavalier ou non. Les carnavaliers, parlons-en ! Ils sont envahis, possédés corps et âme, du désir d’être autre, d’être tout simplement Touloulou. Ils explosent carcan, cadre, limite, tout ce qui corsette la vie.
Or, la vie partout furette et Carnaval avec, sous des aspects bien différents mais parfaitement identifiables. Il s’invite chaque semaine dans toutes les manifestations festives, dès le mercredi, qu’elles se déroulent en boites de nuit, dans les rues avec ses touloulous en cavalcade ou en salle. Là, touloulous et tololos paradent au bal paré-masqué. Carnaval pénètre les foyers, les night clubs, les espaces professionnels. Il favorise les retrouvailles autour de la galette des rois et attise la fébrilité qui galvanise les préparatifs du week-end. On retrouve Carnaval au cœur des associations, des écoles, collèges et lycées… Il a même créé ses propres universités, toutes spécialisées dans une disci-pline unique, le bal paré-masqué. Carnaval y dispense le savoir être « touloulou-tololo et aussi cavalier-cavalière », à travers de nombreux modules pluri-disciplinaires tels que la sociologie,
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l’histoire, l’anthropologie, l’ethnologie, l’économie, l’art, la lin-guistique. Le tout sanctionné à chaque niveau, par un diplôme et cela de la crèche jusqu’au doctorat. Une université ainsi orga-nisée, est unique !
Autre fait surprenant, tel le phœnix, Carnaval renaît chaque année de ses cendres et jamais la prédiction, depuis des décen-nies, de sa fin prochaine, ne se réalise. La prédiction s’appuie, pense-t-on, sur un constat de dégénérescence du aux profonds changements qui l’affectent. Et pourtant, Carnaval fait preuve de résistance, exemple remarquable de résilience car, il se trans-porte et s’exporte même au-delà des mers à travers son bal paré-masqué.
Aujourd’hui plus que centenaire en Guyane, Carnaval comme son comparse «Touloulou », jamais ne vieillissent. Bien au contraire puisque la jeunesse, à travers les générations qui se succèdent, s’empare d’eux, leur assurant ainsi bains de jouvence et liftings permanents. C’est bien cela l’évolution !
Elle prend aussi en compte, le pluralisme culturel de la Guyane qui s’est encore renforcé depuis une quarantaine d’an-nées environ, mais ne se limitent, nous le verrons, qu’à bien peu de communautés. Ces contacts d’ordre culturel ne sont pas sans effet sur la tradition et la culture créole notamment, puisque c’est ainsi qu’est né le tololo. Et, les origines de certains élé-ments qui composent cette manifestation, sont aisément identi-fiables afin d’éviter toute appropriation erronée.
De ce vaste sujet, nous limiterons notre étude à l’évolution e du bal paré-masqué en Guyane en ce début duXXIsiècle.
Pour cela, il est opportun de questionner les différentes composantes de cette manifestation à savoir : les carnavaliers dont le touloulou, le cadre festif, les orchestres et la musique, la danse, les costumes, les comportements mais aussi l’activité économique qu’elle génère. Pour analyser l’évolution du bal par-masqué, il faut repérer les mutations qui l’ont affecté, après avoir rappelé son origine comme celle du touloulou.
Du Touloulou au Tololo, le bal paré-masqué, son évolution 13
Cette évolution modifie-t-elle le sens profond de cette mani-festation qui traverse le temps ? Afin de répondre à ce questionnement, non par des impres-sions et suppositions, une enquête a été conduite auprès d’une centaine de personnes, femmes et hommes, âgés de 18 à 70 ans et plus, fréquentant le bal paré-masqué en tant que carnava-liers, spectateurs ou badauds. Elle l’a été pour moitié à partir d’un questionnaire auquel ont répondu par écrit les personnes sollicitées, mais aussi par des entretiens semi-directifs. L’étude s’est étendue aux lieux où cette pratique à cours, à l’instar de la Guyane, en Martinique mais aussi en région pari-sienne. Nous verrons si des variantes ont été apportées, afin que cette manifestation s’adapte à de nouvelles niches culturelles ?
Cette étude nous permettra donc d’être mieux renseigné sur l’évolution de cette manifestation festive dans son contexte cul-turel mais aussi sur son rayonnement dans d’autres espaces. De cette société guyanaise dont on ne cesse d’évoquer la multicul-turalité, le bal paré-masqué est-il vraiment un élément fédéra-teur ? Car chaque élément de la culture d’un pays est un témoignage de la dynamique qui agit une société donnée.
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