Duc de Saint-Simon - Oeuvres (Mémoires) LCI/80 (Annoté) (Edition augmentée)

De
Publié par

Lci-eBooks propose des compilations par auteur sous forme d'une collection numérotée ayant les prétenttions suivantes :

  • Les compilations par auteurs de lci-eBooks sont les plus complètes du marché et sont évolutives.
  • Chaque volume dispose d'une présentation soignée et d'un texte parfaitement formaté.
  • La source des textes ou bien des scans utilisés pour la reconnaissance optique des caractères est donnée en toute transparence.

Cet ebook contient l'intégrale des mémoires du duc de Saint-Simon en 20 volumes.


Le texte source a été contrôlé et corrigé le cas échéant pour cette édition numérique. Les illustrations et tableaux présents dans les volumes physiques ont été insérés dans cet ebook. Les renvois de pages ont été liés dynamiquement.


Version 1.1

On pourra consulter les instructions pour mettre à jour ce volume sur le site de l'éditeur lci-eBooks, rubrique "Mettre à jour les livres"


CONTENU DE CE VOLUME :


MÉMOIRES

•Tome 1 (1691-1697)

•Tome 2 (1697-1700)

•Tome 3 (1700-1702)
•Tome 4 (1702-1705)

•Tome 5 (1705-1707)

•Tome 6 (1707-1708)

•Tome 7 (1708-1709)

•Tome 8 (1710-1711)

•Tome 9 (1711-1712)

•Tome 10 (1712-1713)

•Tome 11 (1713-1715)

•Tome 12 (1715)

•Tome 13 (1715-1716)

•Tome 14 (1716-1717)

•Tome 15 (1717-1718)

•Tome 16 (1718)

•Tome 17 (1718-1720)

•Tome 18 (1720-1721)

•Tome 19 (1721-1723)

•Tome 20 (1723)


COMPLÉMENTS

•La Journée des Dupes

•Louis XIII au Pas de Suze


Le format LCI offre les garanties suivantes :

- une table des matières dynamique permettant d'accéder facilement aux différentes oeuvres.

- des tables de matières détaillées associées à chaque oeuvre particulière (sauf si cela est inutile).

- une table des matières intégrée NCX active.

- les notes présentes dans le texte sont accessibles par hyperliens.


Publié le : mardi 26 avril 2016
Lecture(s) : 2
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782918042495
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

cover.jpg

DUC DE SAINT-SIMON
ŒUVRES LCI/80

 

La collection ŒUVRES de lci-eBooks se compose de compilations du domaine public. Les textes d’un même auteur sont regroupés dans un seul volume numérique à la mise en page soignée, pour la plus grande commodité du lecteur.

 

img1.jpg

MENTIONS

 

© 2015-2016 lci-eBooks, pour ce livre numérique, à l’exclusion du contenu appartenant au domaine public ou placé sous licence libre.

ISBN : 978-2-918042-49-5

Un identifiant ISBN unique est assigné à toutes les versions dudit eBook pour le format epub comme mobi.

 

Les acheteurs du présent eBook sont autorisées à se procurer sans frais toutes versions ultérieures ou antérieures dudit eBook, par simple mise à jour du produit sur la plateforme de leur revendeur, ou auprès d’un tiers détenant toute version ultérieure ou antérieure dudit eBook.

L’acheteur du présent eBook est autorisé à casser l’éventuel DRM qui en interdirait la copie ; ce qui ne l’autorise pas à diffuser ledit eBook en-dehors du cercle privé, à l’exception de la situation mentionnée à l’alinéa précédent.

VERSION

 

Version de cet ebook : 1.1 (26/04/2016), 1.0 (07/04/2015)

 

Les publications de lci-eBooks bénéficient de mises à jour. Pour déterminer si cette version est la dernière, il suffit de consulter la fiche descriptive du produit sur la boutique de votre achat.

 

Pour être tenu informé des mises à jour et des nouvelles parutions, il suffit de s’inscrire sur le site à la lettre d’actualité.

 

La déclinaison de version .n (décimale) correspond à des corrections d’erreurs et/ou de formatage.

La déclinaison de versions n (entière) correspond à un ajout de matière complété éventuellement de corrections.

SOURCES

 

– Texte : Wikisource (http://rouvroy.medusis.com/). Le texte a été contrôlé et corrigé le cas échéant pour cette édition numérique. Les illustrations présentes proviennent de l’Internet Archive. Les renvois de pages ont été liés dynamiquement.

 

– Couverture : Pierre Cavin, 1728. Saint-Simon, Gaston Boissier, Hachette. Internet Archive. Université de Toronto.

– Page de Titre : Portrait de Louis de Saint Simon à 18 ans, anciennement attribué à Hyacinthe Rigaud.Chartres, musées des Beaux-arts. Wikimedia Commons / Flopinot2012. CC BY-SA 3.0.

 

Si vous estimez qu'un contenu quelconque (texte ou image) de ce livre numérique n'a pas le droit de s'y trouver ou n’est pas correctement crédité, veuillez le signaler à travers ce formulaire.

LISTE DES TITRES

LOUISDE ROUVROY, DUCDE SAINT-SIMON (1675 – 1755)

img2.pngMÉMOIRES

img3.pngTOME I(1691-1697)

img3.pngTOME II(1697-1700)

img3.pngTOME III(1700-1702)

img3.pngTOM IV (1702-1705)

img3.pngTOME V (1705-1707)

img3.pngTOME VI (1707-1708)

img3.pngTOME VII (1708-1709)

img3.pngTOME VIII(1710-1711)

img3.pngTOME IX(1711-1712)

img3.pngTOME X (1712-1713)

img3.pngTOME XI (1713-1715)

img3.pngTOME XII (1715)

img3.pngTOME XIII (1715-1716)

img3.pngTOME XIV (1716-1717)

img3.pngTOME XV (1717-1718)

img3.pngTOME XVI (1718)

img3.pngTOME XVII (1718-1720)

img3.pngTOME XVIII (1720-1721)

img3.pngTOME XIX (1721-1723)

img3.pngTOME XX (1723)

img4.pngCOMPLÉMENTS

img3.pngLa Journée des Dupes

img3.pngLouis XIII au Pas de Suze

PAGINATION

Ce volume contient 3 212 336 mots et 7 368 pages

1. TOME I(1691-1697)

411 pages

2. TOME II(1697-1700)

367 pages

3. TOME III(1700-1702)

365 pages

4. TOM IV (1702-1705)

360 pages

5. TOME V (1705-1707)

357 pages

6. TOME VI (1707-1708)

375 pages

7. TOME VII (1708-1709)

369 pages

8. TOME VIII(1710-1711)

359 pages

9. TOME IX(1711-1712)

359 pages

10. TOME X (1712-1713)

369 pages

11. TOME XI (1713-1715)

384 pages

12. TOME XII (1715)

461 pages

13. TOME XIII (1715-1716)

378 pages

14. TOME XIV (1716-1717)

391 pages

15. TOME XV (1717-1718)

378 pages

16. TOME XVI (1718)

385 pages

17. TOME XVII (1718-1720)

393 pages

18. TOME XVIII (1720-1721)

397 pages

19. TOME XIX (1721-1723)

381 pages

20. TOME XX (1723)

83 pages

21. La Journée des Dupes

13 pages

22. Louis XIII au Pas de Suze

6 pages

 

MÉMOIRES

Texte établi par Adolphe Chéruel, Hachette, 1856 (Tome 1, pp. i-xxxvii).

TOME I

1856

411 pages

TABLE

AVIS DES ÉDITEURS.

INTRODUCTION.

LETTRE ÉCRITE PAR SAINT-SIMON À M. DE RANCÉ

INTRODUCTION.

CHAPITREPREMIER

1691. — Où et comment ces Mémoires commencés. — Ma première liaison avec M. le duc de Chartres. — Maupertuis, capitaine des mousquetaires gris [1] ; sa fortune et son caractère. — 1692. — Ma première campagne, mousquetaire gris. — Siège de Namur par le roi

CHAPITRE II.

Mariage de M. le duc de Chartres. — Cause de la préséance des princes lorrains sur les ducs à la promotion de 1688. — Premiers commencements de l’abbé Dubois, depuis cardinal et premier ministre. — Appartement. — Fortune de Villars père. — Maréchale de Roc

CHAPITRE III.

Mariage du duc du Maine. — Mme de Saint-Vallery. — M. de Montchevreuil, sa femme et leur fortune. — 1693. — Duchesse douairière d’Hanovre et ses filles sans rang, à grands airs. — Causes de sa retraite en Allemagne et de la haute fortune de sa seconde fill

CHAPITRE IV.

Distribution des armées. — Le roi en Flandre. — Époque de l’obéissance des maréchaux les uns aux autres par ancienneté. — Art de M. de Turenne. — Mort de mon père dont le roi me donne le gouvernement. — Origine première de la fortune de mon père. — Bonté e

CHAPITRE V.

Gloire de Louis XIII au fameux pas de Suse. — Chavigny ; ses trahisons ; son étrange mort. — Retraite à Blaye de mon père et sa cause jusqu’à la mort du cardinal de Richelieu, et cependant employé et toujours dans la faveur. — Mort sublime de Louis XIII qu

CHAPITRE VI.

Départ subit du roi pour Versailles, et de Monseigneur avec le maréchal de Boufflers pour le Rhin. — Monsieur sur les côtes. — Tilly défait. — Huy rendu au maréchal de Villeroy. — Bataille de Neerwinden.

CHAPITRE VII.

Monseigneur, mal conseillé, n’attaque point les retranchements d’Heilbronn, dont le maréchal de Lorges est outré. — Monseigneur de retour du Rhin et Monsieur des côtes. — Succès à la mer. — Siège et prise de Charleroy par le maréchal de Villeroy. — Prise d

CHAPITREVIII

1694. — Origine de mon intime amitié avec le duc de Beauvilliers jusqu’à sa mort. — Louville. — La Trappe et son réformateur, et mon intime liaison avec lui. — Son origine. — Procès de préséance de M. de Luxembourg contre seize pairs de France ses anciens.

CHAPITREIX

Novion premier président. — Harlay premier président. — Harlay, auteur de la légitimation des doubles adultérins, sans nommer la mère ; source de sa faveur. — Causes de sa partialité pour M. de Luxembourg. — Situation des deux partis. — Ducs de Chevreuse e

CHAPITREX

Éclat entre MM. de Richelieu et de Luxembourg, dont tout l’avantage demeure au premier. — M. de Bouillon, moqué par le premier président Harlay, et son repentir. — Sa chimère d’ancienneté et celle de M. de Chevreuse. — Tentative échouée de la chimère d’Épe

CHAPITREXI

Situation des opposants avec le premier président Harlay. — Duc de Chaulnes. — Il négocie l’assemblée de toutes les chambres avec le premier président Harlay, qui lui en donne sa parole et qui lui en manque. — Rupture entière des opposants avec le premier

CHAPITREXII

Bataille du Ter en Catalogne. — Palamos, Girone, Castel-Follit pris. — M. de Noailles fait vice-roi de Catalogne. — Bombardement aux côtes. — Dieppe brûlée. — Belle et diligente marche de Monseigneur et de M. de Luxembourg du camp de Vignamont. — Préférenc

CHAPITREXIII

Tracasseries de Monsieur et des princesses. — Aventure de Mme la princesse de Conti, fille du roi, qui chasse de chez elle Mlle Choin. — Disgrâce, exil, etc., de Clermont. — Cabale et désarroi. — Mlle Choin et Monseigneur. — M. de Noyon, de l’Académie fran

CHAPITREXIV.

Directeurs et inspecteurs en titre. — Horrible trahison qui conserve Barcelone à l’Espagne pour perdre M. de Noailles. — Établissement de la capitation. — Comte de Toulouse reçu au parlement et installé à la table de marbre par Harlay, premier président. —

CHAPITREXV.

1695. Mort de M. de Luxembourg. — Maréchal de Villeroy capitaine des gardes et général de l’armée de Flandre. — Opposition à la réception au parlement du duc de Montmorency, qui prend le nom de duc de Luxembourg. — Qualité de premier baron de France, fauss

CHAPITREXVI.

Distribution des armées. — Profonde adresse de M. de Noailles qui le emet mieux que jamais avec le roi, en portant M. de Vendôme à la tête des armées. — Maladie du maréchal de Lorges, delà le Rhin. — Attachement de son armée pour lui. — Maréchal et marécha

CHAPITREXVII.

Brias archevêque de Cambrai. — Sa mort. — Abbé de Fénelon. — Mme Guyon. — Fénelon précepteur des enfants de France. — Fénelon archevêque de Cambrai. — Boucherat, chancelier, ferme sa porte aux carrosses mêmes des évêques. — Harlay archevêque de Paris. — Dé

CHAPITREXVIII

1696. Banc au lieu de ployant aux cardinaux aux cérémonies de l’ordre, à la réception de MM. de Noyon et de Guiscard. — Duc Lanti nommé à l’ordre ; son extraction. — Prince de Conti gagne son procès contre la duchesse de Nemours. — Mariage de Barbezieux av

CHAPITREXIX

Cavoye et sa fortune. — Projet avorté sur l’Angleterre. — Le roi d’Angleterre à Calais. — Mort de Mme de Guise ; du marquis de Blanchefort ; de M. de Saint-Géran. — Mme de Saint-Géran. — Mort de Mme de Miramion. — Mme de Nesmond ; son orgueil. — Mort de Mm

CHAPITREXX

Reprise du procès de M. de Luxembourg. — Récusation du premier président Harlay. — Option hardie de M. de Luxembourg. — Renvoi au parlement de la cause par la bouche du roi. — Pairs postérieurs en cause. — Partialité de Maisons contre nous. — Insolence de

CHAPITREXXI

Destination des armées. — Maréchal de Choiseul sur le Rhin. — M. de Lauzun se brouille et se sépare de M. et de Mme la maréchale de Lorges. — Le duc de La Feuillade vole son oncle en passant à Metz. — Prévenances du maréchal de Choiseul en l’armée duquel j

CHAPITREXXII

Filles d’honneur de la princesse de Conti mangent avec le roi. — Elle conserve sa signature, que les deux autres filles du roi changent. — Mort de Croissy, ministre et secrétaire des affaires étrangères. — Torcy épouse la fille de Pomponne et fait sous lui

CHAPITREXXIII

Projet des Impériaux sur le Rhin. — Maréchal de Choiseul dans le Spirebach. — Raisons de ce camp. — Dispositions du maréchal de Choiseul. — Mouvements et dispositions du prince Louis de Bade. — Retraite des Impériaux. — Précautions du maréchal de Choiseul

CHAPITREXXIV

Noire invention à mon retour. — M. de la Trappe peint de mémoire. — M. de Savoie avec l’armée du roi assiège Valence. — Il lève le siège par la neutralité d’Italie. — Tout accompli avec lui et son ministre mené pour le premier des ministres étrangers à Mar

CHAPITREXXV

Plénipotentiaires nommés pour la paix. — Harlay conseiller d’État. — Courtin conseiller d’État. — Courtin, Harlay et le duc de Chaulnes. — Callières. — Candidats pour la Pologne. — Prince de Conti. — Princes Constantin et Alexandre Sobieski, bien qu’incogn

CHAPITREXXVI

1697. Mort de Bignon, conseiller d’État, et de son frère, premier président du grand conseil, dont Vertamont, son gendre, a la place. — Caumartin, conseiller d’État, gagne sa prétention de sa date d’intendant des finances sur les conseillers d’État postéri

Mort de Molinos. — Continuation de l’affaire de l’archevêque de Cambrai. — Mandements théologiques de MM. de Paris et de Chartres. — Instruction sur les états d’oraison de M. de Meaux. — Maximes des saints de M. de Cambrai. — Ducs de Chevreuse et de Beauvi

NOTES.

I. TABLE DE MARBRE.

II. CONSEILS DU ROI.

III. LETTRE DE LOUIS XIV À MADAME DE MAINTENON A L’OCCASION DE L’ARRIVÉE DE LA DUCHESSE DE BOURGOGNE.

IV. RÉCEPTION DES DUCS ET PAIRS AU PARLEMENT.

AVIS DES ÉDITEURS.

Cette édition des Mémoires de Saint-Simon n’est pas la reproduction de l’édition de 1829-1830, ni d’aucune des éditions suivantes ; le texte en a été établi d’après une collation exacte des manuscrits originaux, qui appartiennent à M. le duc de Saint-Simon, collation faite en entier par M. Chéruel, et il n’est presque point de page qui n’ait donné lieu à quelque rectification. On peut se former une idée de la nature et de l’importance de ces restitutions ou corrections diverses, d’après l’examen comparatif qui a été publié, et qu’on pourra rendre plus complet un jour. Cette édition mérite donc d’être considérée comme la véritable édition princeps des Mémoires de Saint-Simon.

Indépendamment de cet avantage fondamental d’un texte fidèle et tout à fait exact, cette édition en a d’autres accessoires qui la recommandent au public. Elle contient : une Introduction par M. Sainte-Beuve, dans laquelle il traite du mérite et des caractères essentiels des Mémoires de Saint-Simon ; une nouvelle table alphabétique des matières et des noms propres, si indispensable pour un tel ouvrage ; un portrait authentique de l’auteur ; nous disons authentique, car le portrait donné dans d’autres éditions n’était pas le sien ; un fac-simile de son écriture reproduisant une page de son testament ; et enfin le testament même, que nous sommes autorisés à publier, soit en entier, soit par extraits.

INTRODUCTION.

On vient tard à parler maintenant de Saint-Simon et de ses Mémoires ; il semble qu’on ait tout dit, et bien dit, à ce sujet. Il est impossible, en effet, qu’il y ait eu depuis plus de vingt-cinq ans une sorte de concours ouvert pour apprécier ces admirables tableaux d’histoire et leur auteur, sans que toutes les idées justes, toutes les louanges méritées et les réserves nécessaires se soient produites : il ne peut être question ici que de rappeler et de fixer avec netteté quelques-uns des points principaux, acquis désormais et incontestables.

Saint-Simon est le plus grand peintre de son siècle, de ce siècle de Louis XIV dans son entier épanouissement. Jusqu’à lui on ne se doutait pas de tout ce que pouvaient fournir d’intérêt, de vie, de drame mouvant et sans cesse renouvelé, les événements, les scènes de la Cour, les mariages, les morts, les revirements soudains ou même le train habituel de chaque jour, les déceptions ou les espérances se reflétant sur des physionomies innombrables dont pas une ne se ressemble, les flux et reflux d’ambitions contraires animant plus ou moins visiblement tous ces personnages, et les groupes ou pelotons qu’ils formaient entre eux dans la grande galerie de Versailles, pêle-mêle apparent, mais qui désormais, grâce à lui, n’est plus confus, et qui nous livre ses combinaisons et ses contrastes : jusqu’à Saint-Simon on n’avait que des aperçus et des esquisses légères de tout cela : le premier il a donné, avec l’infinité des détails, une impression vaste des ensembles. Si quelqu’un a rendu possible de repeupler en idée Versailles et de le repeupler sans ennui, c’est lui. On ne peut que lui appliquer ce que Buffon a dit de la terre au printemps « Tout fourmille de vie. » Mais en même temps il produit un singulier effet par rapport aux temps et aux règnes qu’il n’a pas embrassés ; au sortir de sa lecture, lorsqu’on ouvre un livre d’histoire ou même de Mémoires, on court risque de trouver tout maigre et pâle, et pauvre : toute époque qui n’a pas eu son Saint-Simon paraît d’abord comme déserte et muette, et décolorée ; elle a je ne sais quoi d’inhabité ; on sent et l’on regrette tout ce qui y manque et tout ce qui ne s’en est point transmis. Très-peu de parties de notre histoire (si on l’essaye) résistent à cette épreuve, et échappent à ce contre-coup ; car les peintres de cette sorte sont rares, et il n’y a même eu jusqu’ici, à ce degré de verve et d’ampleur, qu’un Saint-Simon.

Ce n’est pas à dire qu’on n’ait pas eu avant lui de très-belles formes de Mémoires et très-variées : il serait le premier à protester contre une injustice qui diminuerait ses devanciers, lui qui s’est inspiré d’eux, il le déclare, et de leur exemple, pour y puiser le goût de l’histoire, de l’histoire animée et vivante. C’étaient des peintres aussi, au milieu de leurs narrations un peu gênées, mais d’une gaucherie charmante et naïve, que les Ville-Hardouin et les Joinville. Les Froissart, les Commynes étaient arrivés déjà à la science et à l’art avec des grâces restées simples. Quelle génération d’écrivains de plume et d’épée n’avaient point produite les guerres du XVIe siècle, un Montluc, un Tavannes, un d’Aubigné, un Brantôme ! Que de paroles originales et toutes de source, et quelle diversité d’accents dans les témoignages ! Sully, au milieu de ses pesanteurs, a bien des parties réellement belles, d’une solidité attachante, et que le sourire de Henri IV éclaire. Et la Fronde, quelle moisson nouvelle de récits de toutes sortes, quelle brusque volée d’historiens inattendus elle a enfantés parmi ses propres acteurs, en tête desquels Retz se détache et brille entre tous comme le plus grand peintre avant Saint-Simon ! Mais cette génération d’auteurs de Mémoires, issus de la Fronde, s’arrête à peu près au seuil du règne véritable de Louis XIV. À partir de là on n’a que des esquisses rapides, inachevées, qu’ont tracées des plumes élégantes et fines, mais un peu paresseuses, Choisy, Mme de La Fayette, La Fare, Mme de Caylus. Ils mettent en goût, et ils ne tiennent pas ; ils commencent, et ils vous laissent en chemin. Or, il n’y a rien qui fasse moins défaut et qui vous laisse moins, il n’y a rien de moins paresseux et qui se décourage moins vite que Saint-Simon. Il s’adonne à l’histoire au sortir de l’enfance comme à un travail, comme à une mission. Ce n’est pas au courant de la plume qu’il s’amuse à se ressouvenir de loin et en vieillissant, comme fait Retz ; méthode toujours scabreuse, source inévitable de confusions et de méprises. Il amasse jour par jour, il écrit chaque soir ; il commence dès dix-neuf ans sous la tente, et il continue sans relâche à Versailles et partout. Il s’informe sans cesse comme un Hérodote. Sur les généalogies il en remontrerait au Père Anselme. Il raisonne du passé comme un Boulainvilliers. Dans le présent il est à tout, il a vent de toutes les pistes, et en tient registre incontinent. Toutes les heures qu’il peut dérober, il les emploie ; et puis vieux, retiré dans sa terre, il coordonne cette masse de matériaux, il la met en corps de récit, en un corps unique et continu, se bornant à la distribuer par paragraphes distincts, avec des titres en marge[1] ; et ce long texte immense, il le recopie toutde sa main avec une netteté, une exactitude minutieuse, qualités authentiques qu’on n’a pas assez remarquées, sans quoi on eût plus religieusement respecté son ordre et sa marche, son style et sa phrase, qui peut bien être négligée et redondante, mais où rien (je parle des Mémoires et non des notes) n’est jeté au hasard.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.