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Ecologie des liens

De
370 pages
Depuis peu l'esprit humain est formaté et asservi aux principes de précaution, d'évaluation, de transparence et de simplification, ainsi qu'à la traçabilité et à l'obligation de résultat. L'écologie des expériences, des croyances et des connaissances reste plus que jamais d'actualité pour éviter les réductions inhérentes à ce formatage, canaliser la violence, gérer l'incertitude, tisser de nouvelles formes de liens par le jeu paradoxal de la créativité et de la solidarité.
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Écologie des liens
Ingenium Collection dirigée par Georges Lerbet et Jean-Louis Le Moigne «Car l’ingenium a été donné aux humains pour comprendre, c’est-à-dire pour faire». Ainsi G. Vico caractérisait-il dès 1708 «la Méthode des études de notre temps», méthode ou plutôt cheminement – ces chemins que nous construisons en marchant – que restaure le vaste projet contemporain d’une Nouvelle Réforme de l’Entendement. Déployant toutes les facultés de la raison humaine, l’ingenium – cette «étrange faculté de l’esprit humain qui lui permet de conjoindre »,c’est-à-dire de donner sens à ses expériences du « mondede la vie» – nous rend intelligibles ces multiples interactions entre connaissance et action, entre comprendre et faire, que nous reconnaissons dans nos comportements au sein des sociétés humaines. A la résignation collective à laquelle nous invitent trop souvent encore des savoirs scientifiques sacralisant réductionnisme et déductivisme, «les sciences d’ingenium »opposent la fascinante capacité de l’esprit humain à conjoindre, à comprendre et à inventer en formant projets, avec cette «obstinée rigueur» dont témoignait déjà Léonard de Vinci. La collection «Ingenium »veut contribuer à ce redéploiement contemporain des «nouvelles sciences de l’ingénierie» que l’on appelait naguère sciences du génie, dans nos cultures, nos enseignements et nos pratiques, en l’enrichissant des multiples expériences de modélisation de situations complexes que praticiens et chercheurs développent dans tous les domaines, et en s’imposant pragmatiquement l’ascèse épistémique que requiert la tragique et passionnante Aventure humaine. Derniers parusLouis-José LESTOCART,Entendre l’esthétique dans ses complexités, 2008. Julien MAHOUDEAU,Médiation des savoirs et complexité, 2006. P. ROGGERO (dir.),La complexité territoriale: entre processus et projets,2006.
Jacques MIERMONT
Écologie des liens Troisième édition revue et augmentée Préfaces de Robert Neuburger et Anne Sylvie Poisson Salomon
© L'Harmattan, 20125-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56946-1 EAN : 9782296569461
remerciements
Mes remerciements vont à Marie Cathelin, Sophie Duriez, Françoise Re-nard, Georges Allyn, Jean-Philippe Amboise, Jacques Beaujean, An-dré Bompard, Patrick Chaltiel, Didier A. Chartier, Jean-Marie Le-maire, Jacques-Antoine Malarewicz, Grégory Miermont, Christian Por-telli, Pierre Padovani, Michèle et Charles Sala, pour leurs aides, sugges-tions, corrections, encouragements et conseils.
Pour cette troisième édition, les recommandations de Camille Darnaud, des Éditions de l’Harmattan, grâce à son examen approfondi, ont été une aide précieuse pour l’amélioration et les finitions du texte. Je remercie tout particulièrement Anne Sylvie Poisson Salomon qui a ac-cepté de relire attentivement et minutieusement l’intégralité de l’ouvrage et d’écrire une nouvelle préface.
Ce livre a bénéficié du travail de recherche et de l’apport logistique du Centre d’Étude et de Recherche sur la Famille (Paris).
À Dominique Laure
Préface 1992 Jacques Miermont a subi le poids du débat idéologique qui naît vers les années 1967-1968, qui impose un choix du type ou bien ou bien : faut-il privilégier l’idéal d’une « autonomie » telle que l’ont comprise certains psychanalystes et s’opposer aux contraintes groupales, familiales ou sociales, ou bien favoriser un idéal collecti-viste, les avancées individuelles étant liées aux progrès du groupe social ?Cette opposition présentée comme incontournable entre sujet et groupe social ou familial, renforcée par des problèmes d’écoles, de chapelles, a empêché de repenser sérieusement le lien sujet/groupe. Peut-on lier, relier, sans déspécifier ? Comment créer des liens et préserver l’identité, les appartenances ? Liens nécessai-res, liens périlleux pour les processus d’individuation. Ces liens sont nécessairement complexes; Jacques Miermont les imagine comme une tresse oùrituel, mythe et épistémèconstituent cha-cun un fil qui n’a guère de valeur sans les autres. L’auteur nous montre comment chacun de ces brins est consti-tué et ce, en utilisant différents « langages » : éthologique, eth-nologique. Il nomme cet exercice étho-anthropologie. En ce qui concerne ses modèles de référence, Jacques Miermont ne cache pas ses priorités : outre Sigmund Freud, René Thom et Gregory Bate-son ont trouvé chez lui un lecteur passionné, respectueux, critique à l’occasion. Il ne s’agit pas pour lui de les « totémiser » mais bien au contraire de montrer comment leur apport est fondamental et autorise des développements dans les sciences humaines. Jacques Miermont cite un aphorisme de René Thom : « Une condition nécessaire à la scientificité d’une discipline en sciences humaines est sa totale inefficacité... » : dans cet ouvrage il ne joue pas au scientifique mais tente d’humaniser l’homme-machine, l’homme autre, tel que peut apparaître l’homme psychotisé, avec tous les outils à sa disposition, et que sa culture étendue lui permet d’utiliser. Son écologie des liens est un apport majeur au monde psy-chiatrique qu’il désenclave. Quand il tente de nous relier au psy-chotique, seul être pour lui paradoxalement « autonome », dans le même temps il relie la psychiatrie, l’humanise, la rend moins fremd, étrangère.
10 Écologiedes liens En ceci il rend compte d’une réalité actuelle, du grand boule-versement des sciences, de modèles trans-sciences tels que la cy-bernétique, la théorie de l’auto-organisation, la théorie des catas-trophes. Un dernier aspect et non des moindres : l’humour. L’humour est la capacité d’établir des liens inattendus. L’humour est proche du paradoxe sans en avoir le côté angoissant. L’humour est un mode communicationnel qui se passe des logiques banales et fait pont entre des mondes qui autrement resteraient étrangers. Ainsi cette création logique, pure invention de Jacques Miermont :Le plagiaire anachronique. Non seulement il a été pillé sans être cité, mais il se voit accusé d’avoir emprunté une pensée postérieure à la sienne. Jacques Miermont en fait un monde en soi, le monde de la transmission, où l’inversion du temps fait de Freud un fils de Lacan. Humour et profondeur de pensée font ici bon ménage. Bonne lecture.
Robert Neuburger avril 1992, Paris.