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Économie du Développement Références africaines

De
1271 pages
près avoir passé en revue les théories les plus marquantes de la pensée du développement, ce deuxième tome analyse les stratégies et les politiques économiques pour sortir du sous-développement et de la trappe de la pauvreté : les deux objectifs majeurs des pays africains. Cette partie de ce manuel est une contribution décisive et s'adresse aux étudiants, aux enseignants-chercheurs, aux décideurs, aux professionnels de l'économie et aux simples citoyens. Chacun y trouvera objet de débats et de controverses sur ce qui est et ce qu'il faut faire. L'heure de vérité est venue pour toute l'élite africaine : les 900 millions d'africains et les 390 millions de pauvres disséminés en une poussière d'États-nations et paradoxalement assis sur la réserve mondiale de matières premières n'accepteront plus d'être la banlieue et les marginaux d'un monde traversé par des avancées spectaculaires en termes de création de richesse et de bien-être grâce aux nouvelles technologies. La « marée jeune » exprime de nouvelles aspirations mais aussi de nouvelles frustrations. Les mégapoles deviennent des volcans en ébullition, des zones de tempête. Les défis démographiques, technologiques, sociaux et ceux de la mondialisation condamnent les pouvoirs politiques à trouver des solutions idoines comme l'ont fait leurs homologues d'Asie qui, en l'intervalle d'une génération, ont construit de redoutables machines de guerre économique par les réformes et l'ouverture. Le remodelage de la mondialisation, avec la montée en puissance industrielle, technologique et financière de nouveaux pays émergents du Sud, peut changer la donne et amener le continent africain en première ligne dans la géostratégie planétaire. Il est grand temps de passer à l'action pour s'en sortir.
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Extrait
Stratégies et politiques sectorielles de développement

Les difficultés actuelles de la plupart des pays africains dont les manifestations les plus tangibles résident dans les déséquilibres économiques et financiers chroniques et l’accentuation des déficits vivriers, trouvent leur origine lointaine dans les structures héritées de la colonisation que les politiques et stratégies de développement post indépendance n’ont pu modifier profondément. Parmi les nombreuses caractéristiques économiques échues de la colonisation qui ont induit des conséquences économiques et sociales trois, au moins, méritent d’être soulignées :
– D’abord le système d’accumulation productive fondé sur la rente agricole et minière continue d’entraîner des distorsions structurelles très prononcées qui se manifestent dans l’accentuation de la spécialisation en faveur des activités exportatrices (d’origine agricole et minière) et le fonctionnement d’un modèle d’industrialisation en faveur de branches et techniques légères peu compétitive et souvent destinée principalement au marché local;
– Ensuite la formation d’un déficit alimentaire aggravé par une démographie galopante et une urbanisation accélérée; ce déficit est la conséquence de la quasi faillite des politiques agricoles qui ont favorisé les cultures de rente au détriment des cultures vivrières et produit un exode rural massif constituant la gangrène urbaine;
– L’accentuation des défaillances de caractère macroéconomique (double déficit de la balance des paiements et des finances publiques) et macro-financiers (inflation, endettement interne et externe) suite aux faibles performances des systèmes productifs et à la précarité des bases de l’accumulation productive (déficit d’épargne). Ces déficits se résolvent par recours à l’endettement et aux capitaux extérieurs, deux phénomènes qui font de l’économie mondiale une réalité ultime.
Les solutions à ces problèmes caractéristiques du sous-développement sous plusieurs angles, passent par la formulation et la mise en œuvre de politiques économiques d’accroissement de l’offre de production permettant la création d’un flux abondant de richesses en vue de la réalisation du bien-être des populations. Faut-il le rappeler, la politique économique est précisément l’ensemble des actions délibérées de l’État qui visent à réaliser un certain nombre d’objectifs économiques et sociaux parmi lesquels figurent pour les PSD, la croissance du PIB et du niveau de vie, l’utilisation optimale des ressources naturelles et de la main-d’œuvre, l’équilibre des échanges et des paiements extérieurs, la stabilité des prix. Dans cette optique, la politique économique est dite sectorielle lorsqu’elle porte sur des secteurs d’activités comme l’agriculture, l’industrie, les services, le commerce avec pour objectifs de rendre durablement plus efficient l’appareil productif sur une période longue.
Les théories et les analyses, prenant appui sur l’exemple des pays développés, où l’accumulation et la mobilisation du capital physique sont apparues comme les facteurs décisifs du développement agricole et industriel, proposent des stratégies et politiques économiques que doivent suivre les États pour élever durablement le niveau de leurs forces productives matérielles et humaines à partir d’investissements massifs dans les secteurs d’activité porteurs de croissance comme les infrastructures de base, l’agriculture, l’industrie, le tertiaire, la technologie etc.
Parmi les éléments caractéristiques de ces stratégies et politiques de développement se détachent sans conteste, les politiques agricoles, industrielles et technologiques, la politique commerciale ainsi que la contribution de l’État à la création d’un ensemble d’externalités positives sans lesquelles ces diverses politiques seront difficiles et beaucoup trop onéreuses pour les diverses entreprises privées et publiques. Au demeurant, toutes ces politiques auxquelles s’ajoutent le maintien d’une économie monétaire, bancaire et fiscale qui stimule le développement et élève substantiellement les taux d’épargne et d’investissement, la diversification de la production et les incitations pour l’affluence des IDE, devraient permettre d’asseoir les bases d’une économie moderne et d’augmenter les surplus mobilisables pour le financement des investissements productifs.
Au seuil du 21ème siècle, la production moyenne africaine était inférieure à ce qu’elle était 30 années auparavant. Selon la Banque mondiale, dans certains pays, elle avait même chuté de plus de 50 %. Dans nombre d’entre eux, les ressources financières en chiffres absolus par habitant étaient plus faibles qu’à la fin des années 60. La part africaine au commerce mondial a reculé et compte pour moins de 2 %. « De plus l’Afrique est restée à la marge de l’expansion industrielle et elle risque de rater la Révolution informatique mondiale avec le creusement du fossé numérique. Contrairement à d’autres pays qui ont opté pour la diversification, la plupart des pays africains demeurent en bonne partie des exportateurs de produits primaires. Ces pays dépendent aussi de l’aide et sont extrêmement endettés ».
La quasi-totalité des pays africains, techniciens comme les décideurs politiques adhèrent aux orientations et options faisant de l’agriculture le secteur prioritaire avec quatre objectifs majeurs :
– La formation de surplus pour alimenter le fonds d’accumulation et contribuer au financement des importations de biens d’équipement et de consommation intermédiaire;
– La couverture des besoins vivriers et autres biens destinés à d’autres secteurs;
– L’élargissement du marché national par les revenus distribués aux producteurs directs;
– La libération d’une partie de la main-d'œuvre pour d’autres activités suite à un accroissement de la productivité du travail par actif rural et par surface cultivé.
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