Ecrit, information et communication en RDC

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La bibliologie est la science générale de l'écrit, la science de la communication écrite, l'une des sciences de l'information et de la communication. Prenant en compte les acquis passés (Roubakine, Otlet, etc.) et les développements les plus récents (Robert Estivals notamment) de la recherche bibliologique, le propos de l'auteur est de faire passer la réflexion bibliologique congolaise du livre à l'écrit, du singulier au pluriel, du simple à la complexité.
Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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EAN13 : 9782296245181
Nombre de pages : 193
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DEVONS à la mondialisation la volonté des bibliologues de divers pays de se regrouper en association. « Compte tenu de la tendance actuelle de la société humaine vers la globalisation, il s'est avéré nécessaire à partir des années 1981-1984 de créer un regroupement des bibliologues des divers pays. Cela fut réalisé par la création, à l'occasion du colloque international de bibliologie de Tunis, en 1988, de l'Association Internationale de Bibliologie (A.I.B.)»1. Le mérite du Professeur bibliologue Robert Estivals, qui est le savant de la bibliologie, se trouve dans la consolidation épistémologique de la bibliologie. En effet, il a réussi à asseoir un schème gnoséologique autour de « l’écrit et de la communication écrite» ; par-dessus tout, il a aussi stimulé les recherches, de par le monde, dans ce domaine. OUS 1 L'Association Internationale de Bibliologie : http://www.artemis.jussieu.fr/ssb/re/bibliolo/aib/aib.htm, consulté le 15 mars 2008.

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La présente réflexion se veut une démarche, voire une réflexion, sur l’apport théorique à l’une des branches disciplinaires de la bibliologie appelée « la Bibliothécologie ». Ce néologisme a été exploité aussi par José MARTINEZ de SOUZA2 à « l’encyclopédie de l’écrit » et par ailleurs, il a été systématisé au travers de nos divers travaux3 et enseignements sur la bibliologie et les Sciences et Techniques Documentaires. Ce terme nous intéresse dans la mesure où nous tenons à démontrer la scientificité de la discipline qui s’occupe de la Bibliothèque. L’article scientifique de l’algérien Arab ABDELHAMID intitulé « Relation entre la Bibliologie et la bibliothéconomie »4 constitue un des canaux d’exploitation raisonnée du concept de « Bibliothécologie ». La bibliologie que nous considérons comme le cadre de toutes les disciplines sur l’écrit, a une orientation sur le « self media : communication individuelle [en opposition avec le] mass media : communication collective»5 Cette réflexion va s’articuler autour des points suivants: l’esquisse biographique de Roubakine et de Jauss ;

2 José MARTINEZ de SOUZA – Bibliothécologie. In : « Les Sciences de l’Écrit : Encyclopédie internationale de bibliologie ». Paris : Retz, 1993, p. 91 3 Bob Bobutaka, Formation universitaire et supérieure de la Bibliologie en République Démocratique du Congo in Schéma et schématisation : Revue Internationale de Bibliologie, n* 58, 2e trimestre 2003, Paris, l’Harmattan, 2003, p.19. 4 Arab Abdelhamid, Relation entre la Bibliologie et la bibliothéconomie, 19e Colloque international de Bibliologie, science de la communication écrite, ASSOCIATION INTERNATIONALE DE BIBLIOLOGIE, Alexandrie (1215mars 2006) : http://www.aib.ulb.ac.be/colloques/2006-alexandrie/fulltext/abdelhamid.pdf, consulté le 15 mars 2008. 5 G. Brunel, S. Lafont, Les Technologies de l’information, Paris, PUF, 1999, p. 7.

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l’épistémologie ; la bibliothéconomie ; la bibliothécologie ; et la syntaxe et la sémantique des théories de la Bibliothécologie.

En nous référant à l’œuvre de Marie-France Blanquet sur cet inspirateur de Robert Estivals, nous avons retenu que « Nicolas Roubakine est né le 1er juillet 1862 à Orienbaum devenu Lomonossov, dans la région de Saint Petersburg et il est mort le 23 novembre 1946. Il a été influencé par sa mère qui était bibliothécaire et il succéda à celle-ci à la Bibliothèque»6. Comme « pragmaticien et chercheur » de la bibliothèque, il a été parmi les premiers à considérer la bibliothèque comme un lieu de médiation culturelle et un cadre de la formation continue, voire de l’autodidactie. Pour miser sur les liens relationnels de Roubakine, Madame Blanquet renchérit en soulignant que « Roubakine connaît et admire fortement Paul Otlet »7. Et Nicolas mettra en exergue le père de la documentation et de la documentologie en ce sens qu’ « on peut, dit-il à son propos, vraiment l’appeler un héros du livre ». Et dans de nombreux écrits, Roubakine rappelle « l’influence décisive de Paul Otlet dans la création de ce que l’on appelle aujourd’hui les sciences de l’information et de la documentation »8.
6 Marie-France Blanquet, Nicolas Roubakine, créateur de la psychologie bibliologique : http://savoirscdi.cndp.fr/CulturePro/biographie/Roubakine/Roubakine.htm, consulté le 12 juin 2008. 7 Ibidem. 8 Ibidem.

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Il avait été aussi mentionné que Roubakine avait bénéficié de la formation de Dimitri Ivanovitch Mendeleïev qui « est principalement connu pour son travail sur la classification périodique des éléments, publié en 1869 et également appelé tableau de Mendeleïev. Il déclara que les éléments chimiques pouvaient être arrangés selon un modèle qui permettait de prévoir les propriétés des éléments non encore découverts »9. Cette corrélation entre Roubakine et Mendeleiev nous rappelle également notre pré - acquis chimique et biologique. Ce tableau de classification des éléments chimiques peut être considéré comme un schème de classification gnoséologique de la chimie définie comme « la science des propriétés, de la composition et de la transformation des substances »10. Le rapprochement cognitif entre la chimie et la bibliologie est compréhensible d’autant plus que la chimie a besoin d’être pétrifiée pour sa survie et la bibliologie a besoin de la chimie pour consolider ses aspects supportologiques. Pour clore, ce volet sur Roubakine, nous avons souhaité mettre en évidence les apports scientifiques de Nicolas en exploitant cette littérature de Madame blanket11. Ceci étant, la rationalité de ce père de la bibliologie scientifique peut être résumée en ces points suivants : « l’auteur avec le credo : un livre naît dans l’âme de l’auteur et tout auteur est forcement un lecteur ; la bibliopsychologie : « le livre est votre mentalité par ailleurs, il la définit comme une étude les phénomènes psychologiques liés à l’existence du livre et des richesses livresques de l’humanité et déterminés par ceux-ci ».
9 Biographie de Dmitri MENDELEÏEV, http://savoirscdi.cndp.fr/CulturePro/biographie/Roubakine/Roubakine.htm, consulté le 15 juin 2008. 10 Wikijunior, Les éléments Glossaire, http://fr.wikibooks.org/wiki/Wikijunior:Les_%C3%A9l%C3%A9ments/Glossaire, consulté le 29 juin 2008. 11 Marie-France Blanquet, op.cit.

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Par ailleurs, selon Roubakine, la bibliographie se rapporte à la bibliopsychologie, comme l’anatomie de l’organisme humain se rapporte à la physiologie et à la psychologie de l’homme, une partie de l’ensemble ; pour la bibliologie, il posa un socle en considérant celle-ci comme une science de l’information ; concernant le bibliothécaire : c’est l’homme qui rencontre l’homme … il a un rôle d’écouter le lecteur ; la bibliothèque est comprise comme « un système permettant de rapprocher le livre et le lecteur ; le brouillon d’auteur (manuscrit) , c’est le support pour la compréhension de l’auteur. En ce qui concerne la censure, Roubakine met également en évidence la diaspora en ce sens que chaque livre, voire chaque type psychique et social du livre a sa diaspora (champ de diffusion ou zone d’intérêt) ; s’agissant du dysfonctionnement, il souligne que la bibliopsychologie s’intéresse forcement aux troubles de la parole, de l’écriture et de la lecture ; quant à l’éditeur et à l’édition : il mentionne « dis - moi ce que tu édites et je te dirai qui tu es » et en outre, il stigmatise que « l’aspect extérieur du livre exerce, en effet, une influence psychique sur le lecteur : le titre, la couverture, le format, les caractères, le papier, les dessins, la couverture, ont un impact sur lui, surtout dans les livres d’enfants ». Pour l’influence du livre, Nicolas Roubakine rappelle les propos de la tsarine Catherine II qui était « l’impératrice de Russie à partir du 28 juin 1762»12 en sens qu’ « il ne faut pas donner d’instruction à la plèbe[(La plèbe — les plébéiens] se définit par opposition aux patriciens ou plus tard à la nobilitas : c’est la partie du peuple qui s’oppose à l’organisation oligarchique de la cité. Dans le langage courant, la plèbe désigne la populace13), parce que si elle vient à savoir autant que vous et
12 Catherine II de Russie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_II_de_Russie consulté le 04 juillet 2008. 13 Plèbe, http://fr.wikipedia.org/wiki/Pl%C3%A8be, consulté le 04 juillet 2008.

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