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Emmanuel Macron... et les autres

De
344 pages
Cet essai décrypte les figures politiques contemporaines au prisme de leur enfance : leurs atouts, leurs handicaps, et dévoile leurs secrets. Macron, Hulot, Juppé, Baroin, Bayrou, Hollande, Sarkozy, Hamon, Mélenchon, NKM, Fillon, Le Pen, Hidalgo, Valls, Le Maire, Taubira et tant d'autres, tous vous captiveront ! L'auteur prend également position sur la fonction modernisée du Président, sa nouvelle présidentialité, le statut nécessaire de la Première Dame de France. Elle conceptualise la notion de double médiatique et alerte sur ses dangers. Elle transmet aussi les valeurs à sauvegarder.
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Emmanuel Macron est de- Ghyslaine
venu lehuitième Président de la
République, élu au su rage uni- Pierrat
versel direct. La campagne
électorale a été la plus imprévisible
e de la V République: nombreux
candidats, outsiders et nouvelles
têtes d’a che, in uence insen- Emmanuel Macron...
sée des primaires ouvertes avec
d’heureux gagnants et perdants
inattendus, scandales et judicia- et les autres
risation de la campagne, nouvelle dimension de la communication
politique, meetings ultra-marketés, hologrammes, banalisation du Les gagnants et les perdants
FN, vote de passion, de raison, par défaut, valse interminable des
d’une élection imprévisibleindécis, nouvelle in uence des réseaux sociaux… Vous découvrirez
toutes ces nouvelles composantes avec cet ouvrage.
Cet essai politique décrypte les gures contemporaines au SAISON 2prisme de leur enfance, leurs atouts, leurs handicaps et dévoile
leurs secrets. Macron, Hulot, Juppé, Baroin, Bayrou, Hollande,
Sarkozy, Hamon, Mélenchon, NKM, Fillon, Le Pen, Hidalgo, Valls,
Le Maire, Taubira et tant d’autres, tous vous captiveront !
Au-delà, l’auteur prend position sur la fonction modernisée du
Président, sa nouvelle présidentialité, le statut nécessaire de la Première
Dame de France. Elle pose les fondamentaux de ces nouveaux statuts.
Elle conceptualise la notion de double médiatique et alerte sur ses
dangers. In ne, elle transmet les valeurs à sauvegarder.
Chapitre après chapitre, cet essai vous passionnera parce-qu’il se
lit comme un roman.

Spin-doctor, Ghyslaine Pierrat est docteur en communication politique et
économique, diplômée de la Sorbonne. Elle est également titulaire d ’une formation
juridique, d’un DEA de droit des a aires, d’un DEA de communication et
sciences de l’information, d’un DESS de communication politique.
Depuis plus de 25 ans, elle travaille aussi bien avec les politiques que pour
les PME et le CAC40. Elle préconise les fondamentaux de la communication
politique et a labellisé le concept du «spin-doctoring à la française», avec succès.
Vigilante sur «le sens» des missions des spin-doctors, elle s’est spécialisée dans le
«positionnement stratégique identitaire d’image» des enjeux sociaux comme
celui des personnalités, la gestion des crises d’image et le correctif d’image.
ISBN : 978-2-343-12468-1
22 €
Emmanuel Macron...
Ghyslaine Pierrat
et les autres






Emmanuel Macron… et les autres
































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-12468-1
EAN : 9782343124681
2 Ghyslaine
Pierrat





Emmanuel Macron…
et les autres

Les gagnant(s) et les perdants d’une élection imprévisible

SAISON 2
















PROPOS INITIAUX
La France est toujours aussi passionnée de politique, enflammée
et ardente. Elle vient de vivre une campagne électorale inédite,
spectaculaire, imprévisible. Macron a déployé ses ailes, Fillon a
bénéficié d’un raz de marée puis a été emporté par des révélations
et attaques, Sarkozy et Juppé ont été battus, Hollande a jeté
l’éponge, Hamon a fait un hold-up politique, Valls a tenté sa
chance en vain, Bayrou et Macron se sont alliés pour la victoire,
Lassalle a déclenché la sympathie, Mélenchon a exalté les foules,
Duflot a été sortie sèchement et le Pen a explosé en vol à l’ultime
débat, etc… Qui a perdu ? Qui a gagné ?
Compte tenu des risques politiques, tout comme le pays,
l’Europe et le monde entier ont regardé la France et se sont
laissés emporter par cette élection présidentielle, comme jamais.
Dans ce nouveau contexte, la politique de la France sera-t-elle
sauvée par les femmes et les hommes ?
Avec eux, nous essayons, ici, de discuter de politique et de la
France, de l’évolution de la société contemporaine et du
changement singulier de dimension de la communication.
A travers ce thésaurus politique, ceux qui ont sollicité vos
suffrages à la Présidence et ceux qui vont les entourer, nous
esquissons un reflet, une image de la France. Notre pays a été
traversé par une crise politico-sociale aussi profonde que
transversale. Cet essai politique a vocation à mieux comprendre
notre époque. L’approche de cette galerie de portraits s’ancre au
port des différences. Elle caresse l’espoir de mieux connaître
ceux qui vont conduire le pays en 2017, politiques ou
influenceurs... Elle cerne des personnages qui nous accompagnent
au quotidien, pour qui la politique est souvent toute leur vie. Vous
les connaissez tous et pourtant vous allez les redécouvrir, sous un
autre angle… Angle différent, plus intime, plus humain, celui de
5
leur enfance, angle et point d’ancrage qui ont déclenché leur
engagement. Beaucoup vont guider notre futur commun.
Nous nous sommes entretenus avec beaucoup d’entre eux. Nous
avons ainsi procédé à des entretiens, des interviews. Nous avons lu
leurs positions, leurs tribunes dans les journaux, compulsé et
annoté leurs livres. Nous avons fait des observations in situ.
Nous connaissons bien la majeure partie d’entre eux.
Ces échanges avec eux, au passé, au présent, ont souvent été
déterminants, pour la recherche de leur « vérité ». A travers ces
éléments, nous avons essayé de comprendre pourquoi ils s’étaient
engagés en politique. Ainsi considérerons-nous un regard
particulier sur leur passé et aussi leurs échecs. Pour d’autres, nous
analyserons les chances de leur futur politique après 2017. Ces
femmes et ces hommes ont beaucoup de traits communs : la
volonté de faire bouger les choses, la passion des autres, le goût du
pouvoir, l’ambition d’être plus efficaces que leurs prédécesseurs,
mais aussi, et surtout, l’amour de la France.
Au-delà de nos décryptages, en positif et en négatif,
reconnaissons d’emblée que notre livre est une forme de
plaidoyer pour le politique. Jamais une catégorie sociale n’a été
aussi attaquée et victime du lieu commun « tous pourris ». Certes
toutes les professions ont leurs brebis galeuses. Mais pour les
politiques : quel opprobre ! D’aucuns se plaisent trop souvent à
nous en convaincre. Et pourtant quand on voyage à l’étranger, la
comparaison avec d’autres élus, peut nous permettre d’être fiers de
notre classe politique, de son niveau. Leurs rémunérations sont
inférieures à celle du secteur privé, leurs horaires sont infernaux,
vie de famille et week-ends sont sacrifiés, la pression des réseaux
sociaux, des médias, des sondages est constante et, en ligne de
mire, ils doivent faire face à une échéance électorale...
Entendez que, si ça continue comme cela, plus personne de
sensé ne briguera de mandats et l’hémicycle de l’Assemblée
nationale sera composé d’individus qui n’ont plus rien à perdre.
Or, l’idéal républicain nous a été légué par l’Histoire. Ces
valeurs sont notre oxygène. Se lancer en politique est honorable
en soi. Nous avons besoin d’une organisation politique, de
démocratie, de représentants. Comme dans toutes les professions,
les globaliser est naturellement inadéquat et injuste.
Avec cet essai politique, nous avons évidemment souhaité
contribuer à combattre l’abstention, les lieux-communs, les
insuffisances… Avec ce livre, nous traçons des parcours. Nous
tentons de transmettre quelques valeurs essentielles, de courage, de
volonté, de dynamique intérieure, de loyauté, d’audace.
La politique est au cœur de notre ouvrage.
6
Sa pratique est sans cesse renouvelée et animée par des femmes
et des hommes souvent de bonne volonté.
Notre espérance est dans l’Homme. Est-ce que la France peut
être sauvée par les femmes et les hommes ? Nous le croyons. Nous
l’espérons.
C’est pourquoi, nous avons voulu mieux les révéler et dresser
d’eux un portrait aussi fidèle que possible, sans porter de jugement
à leur endroit. En toute honnêteté. Nous nous sommes départis de
tout préjugé pour être prêt à une nouvelle rencontre « libre ».
Précisons que nous n’avons pas établi de barème, de jugement
de valeur, d’orientation pour l’un ou l’autre. Notre but n’était pas
de prophétiser le résultat de l’élection, mais d’approfondir
l’examen de tous. Nous les avons tous regardés dans leur nudité
d’être, leur adolescence, leurs parcours. Nous nous sommes
attachés à être le plus objectif possible pour chacun... Ce livre a été
transpartisan. Bref, nous n’avons pas établi un palmarès, ni
décerné la médaille du meilleur candidat, du meilleur politique.
Celui-ci vous appartient. A l’écriture de ces « aquarelles
politiques » tous sont captivants, grâce, en premier lieu, au
décryptage de l’intime. Nous avons observé, tour à tour, leurs
facettes méconnues, leur enfance, « ces blessures d’enfance dont
on ne guérit jamais ». Nous avons examiné le chemin des différents
protagonistes pour mieux capter leurs points d’ancrage, leur
moteur d’engagement dans la vie politique. Comme l’écrivait Elie
Wiesel dans le livre « Mémoire à deux voix » avec François
Mitterrand : « Personnellement, je me cherche dans le passé : c’est
l’enfant en moi qui, souvent, détermine le cours de mon action. Je
dirais presque qu’il me juge ».
Nous avons cherché à savoir qui ils sont et avons braconné
autour de leur adolescence, de leur premier environnement, du
pourquoi de leurs engagements. Pour tous, nous vous emmènerons
à travers les méandres de leur famille, de leur jeunesse et de leur
formation. En quoi ont-elles aiguillonné leur personnalité d’adulte,
leur engagement politique ? Nous avons tenté de cerner leurs
failles apparentes, leurs réussites, parfois leurs victoires ou leurs
échecs, voire leurs handicaps.
La particularité de ce livre est aussi de donner une place à
d’autres acteurs qui comptent, qui seront dans le paysage
politique français, penseurs, influenceurs, députés ou ministres.
Pour relier et pour être plus juste, nous avons choisi d’explorer
non seulement les candidats proprement dits à la Présidence. Mais,
aussi ceux que nous dénommons, les « influenceurs ». Ces femmes
et hommes politiques, ces profils hors champ, ces conseillers de
l’ombre qui pèsent dans le paysage politique français voire
7
européen. Ils ont également un avenir au-delà de 2017. Ils jouent
parfois plusieurs rôles : ami, boussole, guide et conseiller.
Certaines personnalités de la société civile animent, par leurs
écrits, leurs déclarations, leurs actions, notre vie sociale et
politique, au quotidien.
Une chose est assurée, en juin 2017, un nouveau Président a été
élu et certains de nos « influenceurs » tel, Bruno Le Maire,
François Bayrou, Nicolas Hulot composent le futur gouvernement
ou ont des responsabilités.
Cet essai politique est aussi un appel aux Français pour qu’ils
ne se désintéressent pas la politique. Un assaut contre l’abstention.
Nous aurions envie de leur dire, sachez, vous aussi, créer le débat.
Ecoutez, lisez, entendez les intervenants et contribuez, ensemble, à
vivifier la politique. Votez aux rendez-vous électoraux. Ne donnez
pas votre vie à l’abstention.
Bien évidemment, nous aimerions, à travers ces lignes,
transmettre notre passion de la France, notre croyance dans ses
forces et dans ses valeurs. Nous qui auscultons tant ce pays au sein
de l’Europe. Nous qui aimons tant cette civilisation, notre
civilisation, ce modèle de vie, imparfait certes, mais envié dans le
monde. Nous donnons des pistes de nouvelles solutions. Nous
transmettons des enseignements et recommandations. Nous
alertons aussi sur les dangers.
Transformation historique, les Italiens diraient transformation
épocale, changements géo-politiques, changements de valeurs
philosophiques, raz de marée des technologies, réchauffement
climatique, numérisation de l’économie, temporalités différentes,
nous assistons à un vaste mouvement qui veut exister, se stabiliser
mais qui n’y arrive pas. Le climat politique est le reflet de ce climat
d’instabilités. Nous ne sommes plus dans un monde binaire. Ce qui
veut dire que les repères sont instables parce-que la période est
instable. De fait, il n’est plus étonnant qu’il y ait eu des gens qui
hésitaient non pas entre Macron et Hamon mais entre Fillon et
Mélenchon, C’était très signifiant de la déstabilisation des électeurs
en 2017. La question du second choix était très riche
d’enseignements. A trois ou quatre jours de la Présidentielle,
jamais nous n’avions constaté autant d’électeurs indécis qui ne
savaient même pas pour qui voter. Ce fut une ambiance inédite
d’indécisions. Nous allons vers un monde complétement différent
où l’élection présidentielle a été le premier révélateur d’une
situation historique. Avec vous, nous nous interrogeons à dessein.
Cette tonalité de pragmatisme conduira-t-elle au vide et au chaos ?
Ou si sera-telle victorieuse ?
8
Anticiper ausculter, écouter, regarder la société, ses
mouvements sociologiques, analyser, débusquer les séismes, c’est
le moteur du spin-doctor. Il est passionnant de comprendre.
Cet ouvrage est également un travail de décryptage de
communication politique. C’est aussi un témoignage, le regard
d’une spin-doctor en prise directe avec les acteurs politiques et
décideurs économiques, depuis 27 ans, au quotidien... Nous
examinerons, dans ce livre, l’image de ces 45 personnalités,
étudierons leur stratégie de communication, scruterons et
évaluerons leur positionnement. Cet essai politique est un camaïeu
d’images qui se synchronise avec des portraits médiatiques.
De surcroît, chacun l’aura compris, ce livre va permettre
d’exercer un « récapitulatif-comparatif », actualisé de ces 45
dignitaires et « influenceurs », aptes à codiriger le pays ou
coorienter l’avenir de la France.
Ces femmes et ces hommes donnent-ils d’eux l’image de ceux
qu’ils sont ou de ceux qu’ils voudraient être ? Vous allez le
déchiffrer avec nous...
Si le rôle premier de la politique est de façonner le bonheur des
gens, d’être dans l’action, de prendre des décisions sur la vie des
citoyens, le grand sujet du moment, c’est comment gérer « la
nouvelle transition économique ». La politique est de plus en plus
imbriquée dans de nouvelles problématiques sociétales. D’autant
plus que notre époque se mute. Nous sommes aussi dans le siècle
de la saturation de l’image, de la critique systématique, des intox.
Le Net s’est imposé et il ignore la présomption d’innocence...
De même, il y a une nouvelle problématique de déculturation en
France et à terme de désintégration de la société française. Le rôle
second de la politique est peut-être aussi de se reposer la question
de la culture à l’école, de l’identité de la société française ?
« Le monde change », cette phrase revient sur toutes les lèvres
et symbolise l’accélération de l’Histoire. Nous devons comprendre
cette accélération et s’interroger.
A quoi sert aujourd’hui la politique ?
Quelle est la nouvelle définition d’un Président de la
République ?
Quel est le contexte actuel ?
Qu’est-ce qui caractérise l’époque actuelle ?
En 2017, la politique reste déterminante, parce qu’elle est au
cœur de la décision, elle oblige à pénétrer tous les sujets, à les
comprendre. Elle influence, par exemple, les choix majeurs de
l’économie et en matière d’emploi, de vie sociale… Elle est par
essence transversale, parce qu’avec elle, on aborde toutes les
questions de société.
9
La politique a changé de dimension. Elle est pluridisciplinaire.
Et ses représentants doivent l’être aussi.
Elle a changé de rythme et, en cela, elle sollicite des
personnalités vives et dynamiques.
En France, le climat politico-social est sombre. La crainte
d’une arrivée massive de migrants a effrayé, la vague des attentats
djihadistes a laissé des traces inoubliables et tant de familles
meurtries et endeuillées par un terrorisme « massacrier ». Les
attentats de Paris, Charlie Hebdo, le Bataclan, l’Hyper Casher, la
violence du carnage de Nice, la symbolique du Père Hamel de
Saint-Etienne-du-Rouvray, le policier tué sur les Champs-Elysées,
Xavier Jugelé, ont bouleversé la France, l’Europe et le monde
entier… La colère demeure profonde et durable dans la population.
L’enjeu de la sécurité a été au cœur des Primaires et de la
Présidentielle de 2017 même s’il a été pulvérisé par les affaires
judiciaires de François Fillon.
En écho aux problématiques guerrières, aux désordres sociaux,
la peur de la précarité s’est installée, comme la peur du
déclassement et de la grande pauvreté. La non-offre ou l’absence
de nouvelles solutions politiques ont pénalisé tous les partis. Nos
concitoyens s’inquiètent de ne pas être entendus quand ils
demandent que l’Etat intervienne pour sauver leur vie et trouver les
moyens d’encadrer le marché et les nouvelles donnes.
Au gré de l’actualité, depuis des semaines, en filigrane, le pays
a eu des hauts-le-cœur et il reste en quête d’identité. Désemparée
par les difficultés de la vie, le chômage de masse, les crises
gouvernementales, la France a perdu ses repères. A la fin du
mandat de François Hollande, ont caracolé partout une
effervescence citoyenne et à intervalles réguliers, des sursauts de
désordre social. La lutte avec la loi du travail El Khomri... a eu un
écho tintamarresque, a exaspéré et meurtri l’opinion publique. Plus
que jamais, les esprits s’étaient aiguisés. Et les citoyens en ont
profité pour adresser aux gouvernants leurs cahiers de doléances…
En France, les débats autour de la vie politique désignent une
passion, ils font toujours partie de l’« ADN » de toutes les familles
qui s’intéressent à la vie de la cité. Chacun s’est toujours animé, à
charge ou à décharge, pour les acteurs politiques, les affaires
judiciaires, les mises en cause, les sujets de société, les enjeux de
retraite, la finance, la lutte contre le terrorisme, la jeunesse, le
chômage, la sécurité, etc.… Mais, présentement, une fois les
élections passées, les interrogations politiques sur notre futur
commun sont encore sur toutes les lèvres.
A Gauche, le divorce avec le peuple de France est consommé.
La Gauche a séduit les citoyens. La Gauche a flatté, cajolé,
10
amadoué les Français. Mais elle n’a pas su leur témoigner ni lui
prouver son amour. En somme, la Gauche n’a pas assez aimé le
peuple de France. Elle n’a pas accompli d’actes lourds constitutifs
pour une union durable.
A Droite, malgré une droitisation et une radicalisation de
l’opinion publique, l’avenir semble assuré, mais compromis par les
éternelles querelles intestines qui caractérisent cette formation
politique. Certains devrait relire Alexandre le Grand. Roi de
Macédoine, qui, à 20 ans, conquiert la Grèce, la Syrie, la Perse…
Meurt à 33 ans, en laissant un bel empire et qui, dans un dernier
soupir, dit à ses généraux qu’il confie cet empire à celui qui sera le
plus digne. Pendant 7 ans lesdits généraux se battirent pour savoir
qui serait le plus honorable et le plus digne. Entre temps, l’empire
avait disparu !
La Droite s’est focalisée sur les concurrences personnelles plus
que sur les enjeux et les moyens pour les atteindre. Les haines
recuites entre Juppé et Seguin, Chirac et Balladur, Fillon et Copé,
Sarkozy et Villepin, NKM et Sarkozy, etc. ont parasité les débats.
Elles ont perduré à travers leurs « enfants politiques. » Plus grave,
cette « Haine » est devenue une marque de fabrique des boutiques
RPR, UMP, aujourd’hui nommé Les Républicains. L’unité,
(théoriquement leur bien commun) leur a tant fait défaut. De
surcroît, leurs discours et leurs programmes conservateurs,
conventionnels et traditionnels ont fini par pénaliser un mouvement
qui n’a pas su montrer sa capacité d’innovation, de créativité et sa
modernité. Après le résultat des Primaires, beaucoup ont perdu
leurs illusions, peu avaient réussi à récolter le nombre nécessaire
de parrainages.
Dans cette deuxième édition du présent livre, nous expliquerons
pourquoi les deux plus grands partis n’étaient pas au second tour ?
Quel a été l’influence des Primaires à Gauche comme à Droite ?
Nous approfondirons l’analyse de notre climat politico-social où
l’atmosphère électorale s’était électrisée, avec la montée de
candidats outsiders, avec la possibilité de donner au FN, la
présidence. Il y a eu ceux qui voulaient renverser le système,
notamment les électeurs du Front national… Il y a eu le succès de
Jean-Luc Mélenchon. Le trotskisme est resté une constance
présidentielle, depuis 1969. Cette extrême Gauche qui voulait tout
« dégager », (issu du mouvement « le dégagisme »), tout contester.
Un Jean-Luc Mélenchon qui a grimpé à 22 dans les sondages juste
èmeavant le premier tour pour finir en 4 position. Ce qui a déjà été
une performance. Ce rejet du système a touché, évidemment, et
aussi, tous les partis en tant que tels.
11
Alors, le temps des partis n’est-il pas terminé ? C’est en partie
vrai. C’est en partie faux. Vrai parce qu’aujourd’hui, c’est surtout
le temps des personnalités, des outsiders. Jean-Luc Mélenchon est
parti comme un seul homme, sans la tutelle du PC en disant : « Qui
m’aime me suive… ». Montebourg s’est invité dans la campagne
quelles que soient les conséquences à Gauche. Lassalle s’est
présenté en dehors des Primaires de Droite, avec sa fougue et sa
passion. Et faux, parce-que nous savons tous le rôle injuste qu’a
joué les Primaires. Faux, parce-que les têtes d’affiche ont souvent
été soutenues par un parti. En 2017, les favoris, Fillon, Macron, le
Pen, Mélenchon, avaient tous avec un parti politique ou une écurie
politique derrière eux. Reste que les Français ont failli, avec
Mélenchon, choisir un outsider, parce qu’il aurait été, justement,
hors système. Ce ne sera pas cette fois-ci. L’élection de 2017 a été
celle de l’improbable, de l’imprévisibilité, celle de la boue et de la
calomnie (à tort ou à raison). Ce fut aussi pitoyable. Ce fut aussi
celle d’un désespoir. Il y a eu des votes de révolte, d’électeurs
indignés. Ce vote globalement n’a pas été d’abord un vote
d’adhésion. Il a été parfois, pour Fillon, un vote de fidélité pour
certains sans y croire. Il a été, pour Macron, un vote du
changement et aussi un vote par défaut, de raison, dans l’attente de
jours meilleurs. Tout reste aujourd’hui à prouver au vainqueur, une
fois élu. Et, il faudra faire vite, très vite. Agir juste et bien face à
des Français sans concession.
Reste que le pays va faire face à de nouvelles restrictions
sociales. Plus que jamais, il aura besoin de femmes et d’hommes
de caractère, d’expérience et d’intelligence situationnelle pour une
France en panne.
Dans quel climat, les candidats et leurs « influenceurs »
devront-ils gouverner le pays ? Vraisemblablement une atmosphère
d’impatience, prête à en découdre… Et pourtant, étonnant pays et
belle nation. La France porte en elle, ses différences, même
aujourd’hui. Il est vital de le redire aux jeunes générations.
Avant d’aborder nos portraits, rappelons que, pour nous tous, la
France est et sera toujours immortelle. Une note d’espoir dans
ce paysage obscur : Gardons à l’esprit que la France a toujours su
renaître de ses cendres, regorger d’éclats et de génies. Conquérants,
au présent comme au futur, nous pouvons nous enorgueillir de
fiertés et de réussites dans de nombreux domaines.
Regardons-la un court instant, notre France. Les domaines
suivants ont été les thèmes électoraux des candidats. Ils seront les
enjeux de demain en France. Commençons par sa légende, son
identité. Elle est majeure. L’Histoire de notre pays se distingue par
12
une construction identitaire prépondérante, ancienne, lourde et
belle.
De tout temps, l’Histoire est éternelle. L’Histoire est source
de vérité. Pour tous les communicants du monde, c’est une fortune
considérable, un atout souverain.
La France, s’est échafaudée autour des idéaux de la République
et avec un lien sacré aux monarchies. Plus encore : le peuple de
France pense. Il est une référence. Il a été régicide avec Louis
XVI, il pourrait l’être aujourd’hui au sens figuré… Mais
assurément, l’identité de la France reste un thème primordial
pour lui et pour qui veut gouverner ce pays, qui se sent abandonné.
L’identité nationale reste un sujet sensible. Elle a constitué un
des débats de 2017. Au chapitre de l’identité, il faut évidemment
raisonner la France dans l’Europe. Une Europe qui est une chance
pour l’avenir et la garantie d’une paix durable. Nous n’avons pas
connu la France de 1940, avec la guerre, mais nous percevons et
alertons sur les dangers d’une Europe éteinte.
Notre Histoire est là, présente, forte. Elle nous guide.
L’Europe sera le grand sujet des années 2020… L’Histoire de la
France nous oblige. En cet instant, nous méditons à la phrase du
Général de Gaulle : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine
idée de la France, le sentiment me l’inspire autant que la raison. »
Après les Législatives, les futurs grands enjeux du nouveau
Président, Emmanuel Macron, devront s’ancrer dans le réel.
Nombreux sont les sujets en instance de résultats. Pour notre futur
commun, les Français veulent qu’on leur parle de réalité, de
perspectives, de concret et surtout de solutions. Ils attendent, par
exemple, qu’on leur explique comment le politique va solutionner
le manque de médecins, notamment en milieu rural. D’autres
espèrent qu’on discutera d’agriculture. Notre pays est une terre
agricole, les paysans constituent un élément original de notre
Hexagone. Nous avons toujours eu une conscience profonde de la
terre, de la nature, de la beauté des paysages. La terre est une
source d’équilibre et nos campagnes nous nourrissent. Vivifiés, les
paysans de France seraient une vraie force et une différence... Nous
déplorons les dramatiques et constants suicides d’agriculteurs et
leur manque de perspectives. C’est un monde qui est en train de
mourir. Agissons. L’agriculture est nécessaire, ses champs, ses
terroirs portent en eux la « vérité de la terre ». Nous sommes en
train de tuer l’âme du pays. L’agriculture a une vraie connexion
avec le vivant. Certains voudraient faire du vivant une nature
morte. L’agriculture souffre des injonctions libérales dans un
marché désormais mondial. Donnons-lui un autre avenir en mettant
en face les réalités de nos capacités de production et les besoins à
13
notre portée. Tristement, tout le monde en a parlé pendant la
campagne et rien n’a changé.
Autre sujet à partir de 2017, l’intelligence et les idées qui
distinguent toujours notre patrie. Le futur Président et son
gouvernement devront fortifier le déploiement de leur inventivité
au service du pays. Terre d’intellectuels, la France se différencie
encore et toujours avec ses savants, ses universités, ses penseurs,
ses philosophes, ses chercheurs et avec une production livresque de
qualité supérieure.
Ecoutez pendant deux jours la télévision américaine à New
York, à Miami ou à Washington dans votre chambre d’hôtel, vous
verrez vite la différence, le vide des certaines émissions
américaines.
La culture française reste un ciment social dans l’hexagone.
Elle fait débat. Elle pèse. Quelqu’un qui ne s’occupe pas de
culture ne peut pas réussir en politique. Regardez Montpellier
sous la flamme de Georges Frêche ou Bordeaux sous la férule
d’Alain Juppé… Deux exemples d’élus qui ont su conjuguer
culture et vie municipale.
L’enjeu de l’éducation demeure crucial. On apprend le
français en lisant Voltaire, Montaigne, Rousseau, on mémorise des
fondamentaux avec Molière. On saisit la détresse humaine avec
Sophocle et Euripide, on pleure avec Victor Hugo et Emile Zola.
On capte l’intelligence humaine avec Platon bien sûr, parce
qu’inventeur de la philosophie et élève de Socrate, mais on intègre
les essentiels avec Pascal et Descartes, Lévi-Strauss et Barthes...
On comprend mieux la société en dévorant les journaux et
magazines de tous horizons, tout en se frottant au réel.
Bref, en France, « On se lasse de tout sauf de comprendre »,
dirons-nous, en écho à Virgile, dans les Bucoliques, il y a 20
siècles. C’est encore plus vrai, aujourd’hui, dans notre France
contemporaine.
Notre propos n’est pas de dire qu’ailleurs, partout dans le
monde, l’appétit de raisonnement n’existe pas. Mais de souligner
qu’en France, l’intelligence et les débats d’idées sont une
spécificité culturelle. Le futur Président devra intégrer cette
différence française et la capitaliser. C’est si simple, a priori.
Comment construire la suite ? Comment donner aux jeunes de
France l’envie de se passionner pour le raisonnement, de lire, de
lire encore, d’apprendre, d’acheter des journaux, des magazines,
des livres, de lire autrement que sur les tablettes, in fine de mieux
comprendre ? De réfléchir autrement qu’à travers des jeux comme
Pokemon Go, le nez collé sur le téléphone. Si certains savaient
combien on peut combattre la fatalité par l’éducation, la culture,
14
l’instruction, l’éveil à la compréhension ! Nous sommes en train
de fabriquer une jeunesse, en partie, inculte. Tous ces combats
seront les nouveaux et naturels défis du futur Ministre de
l’Éducation. Les solutions modernes et imaginatives ne manquent
pas. Elles sont aussi une de nos profondes préoccupations.
N’oublions jamais : la langue française est belle. Elle a
constitué la francophonie. Elle nous identifie profondément,
d’autant plus que nous avons plus la monnaie ou les frontières avec
Schengen pour symboliser l’identité. Nous sommes aussi le
berceau de la culture et le berceau de la civilisation même si on se
nourrit d’autres cultures notamment grecque et latine. La
dimension culturelle française rayonne à travers le monde par sa
diversité, sa richesse, son brio… La France incarne
intrinsèquement un pays de tradition culturelle. Musique, peinture,
danse, écriture, sculpture sont au firmament de l’excellence
française. Dans notre esprit, ce « chantier » lie la culture,
l’éducation, la jeunesse et l’intergénérationnel… Il est
prioritaire pour refonder les indispensables.
La France, c’est aussi la singularité de sa santé publique. Notre
système de protection sociale, la Sécurité Sociale est un des plus
généreux au monde, même si ses dirigeants essayent de faire des
économies… C’est une superbe différence. Comment assurer sa
pérennité ? C’est le défi du prochain Ministre de la Santé. Sujet
ultra-sensible tellement la santé, la sécurité sociale relèvent des
acquis sociaux. En campagne, François Fillon a perdu beaucoup
d’électeurs en s’exprimant maladroitement sur ce sujet.
Le commerce de proximité est un autre vrai sujet. Nos
artisans, nos commerçants font vivre les villes du pays, les
animent. Ils attendent un geste face à la concurrence du numérique,
de l’international. Apprécions-les en achetant tout simplement chez
eux. Aidons-les en poussant la porte des magasins au lieu de
commander sur Internet. Leurs petites boutiques : c’est souvent la
vie de la cité, l’animation, les lumières, un petit bout d’humanité
dans la ville.
La confiance est la première alliée de la consommation et de
l’économie. Sortons des schèmes abscons. Et puisons dans
l’imagination des sorties de crises. L’économie est une matière
vivante et passionnante. Faisons là vivre en couleurs et en mieux.
Economie/industrie et politique n’ont jamais fait bon ménage.
Pourquoi ne pas changer cela ? En Allemagne, en Israël, les
relations sont étroites et efficaces. Rapprochons-les et
réindustrialisons le pays qui souffre de trop de charges.
15
Notre définition de la politique : c’est le courage, avoir des
convictions personnelles justes et fortes, c’est aimer les gens et
combattre les fatalités.
L’intelligence sans le courage ne sert à rien.
L’intelligence sans le cœur ne sert à rien.

Que d’exemples encore à donner sur les thématiques politiques
de 2017-2018-2020 qui seront les futurs chantiers de la
République…
In fine, la France reste à jamais, le pays des Droits de l’Homme,
le pays des Lumières. Pour toutes ces raisons, notre pays peut être
fier de son histoire. Le patriotisme n’est pas le monopole du FN.
Et notre futur Président de la République, Emmanuel Macron et
ses ministres devront constituer non seulement une équipe
performante dotée d’un moral d’acier, mais aussi ils devront être
réalistes et courageux et exprimer leur fierté, leur patriotisme. Cet
essaim de guerriers politiques devra être obsédé de concret et de
résultats.
2017 est la dixième élection au suffrage universel direct du
Président de la République.

Somme toute, pour mieux comprendre l’époque, dès à présent,
il nous a semblé légitime de poser quatre premières questions :
Le métier de Président de la République a-t-il changé ?
Pourquoi ?
En quoi ?
Comment ?

16
CHAPITRE 1

La nouvelle définition
du Président de la République
Le Président de la République est le premier magistrat du pays.
Il est élu, depuis 1965, au suffrage universel direct. Il représente le
corps social, ce qui veut dire tous les Français.
Le Président de la République est censé être l’homme de la
situation. Il a un cap pour conduire le pays vers le futur, une vision
de société, une autorité naturelle et légitime. Mais il y a aussi une
approche bicéphale. Il y a le domaine des compétences et le
domaine du sacré, l’irrationnel, des valeurs. A l’évidence, le
Président doit toujours penser à la fois à représenter la dignité de la
fonction et témoigner de qualités d’humanité profonde.
Qu’est-ce que nous voulons dire ?
L’élection ne s’est pas jouée sur un programme économique,
sur des différences programmatiques ou des perspectives
financières mais sur la personnalité des représentants, leur
capacité à « incarner » la fonction de chef d’Etat et le sacré de la
fonction. L’élection s’est jouée ensuite sur le souffle
d’événements, leurs impacts et la façon dont les candidats savaient
ou non répondre à ceux-ci. L’exemple des mises en cause de
François Fillon, ses démêlés judiciaires, l’exemple de l’attentat des
Champs Elysées et la réaction de Philippe Poutou, (trois jours
avant le scrutin et les explications du candidat NPA, sa volonté de
désarmer les policiers, eux-mêmes pris pour cible), avait indigné le
pays. Ces exemples ont illustré la puissance des corollaires desdits
événements.
Pour être élu, le candidat devait savoir mieux que personne, ce
que nous appelons « incarner le moment ». C’est une alchimie,
au-delà de la rencontre d’une femme ou d’un homme avec le
17
peuple. C’est être capable d’entraîner le peuple à construire, à
changer, à évoluer ensemble.
Incarner, c’est lorsque la personnalité est habitée par un vrai
projet et parvient à faire oublier la personne.
La globe-trotter artiste-peintre, qui vécut jusqu’à 87 ans,
Elisabeth Vigée-Lebrun voyant un portrait du Prince Louis II de
Bourbon Condé, ne déclarait-elle pas : « Il est d’une intéressante
laideur. » Tout est dit !
Lorsque la personnalité submerge le physique, alors
l’alchimie s’instaure. Personne n’est aussi convaincant qu’à ce
moment-là : la fonction est incarnée.
A partir de 2017, les Français ont dit qu’ils voulaient du
concret. Les temps socio-politiques ont été durs et incertains, la
crise financière en 2008 pour la Droite, les attentats et le chômage
en 2015 et 2016 pour la Gauche. Il y a un vrai besoin de repères
pour les électeurs. Il nous apparaît que la nouvelle banalisation des
clivages est une hypothèse mythique. Beaucoup y ont songé.
D’autres considèrent qu’il faut au contraire, remettre du sens, du
concret, de l’audace, de la différence, des idées nouvelles. Et que
les différences sont l’essence même de la démocratie.
Véritablement, nous avons assisté à un déclin certain de la
fonction présidentielle. Les différents protagonistes en avaient
conscience. La fonction de Président de la République a un
besoin impérieux d’être restaurée et « réincarnée ». C’est une
nécessité intangible pour assurer l’autorité de la fonction.
Les citoyens ne veulent pas « un plus de proximité » et de
familiarité. Ils veulent un Président qui retrouve le statut de Chef
d’Etat de la France. Ils ne veulent pas d’un Président ordinaire. Un
président normal. Ils veulent un chef d’Etat. Qu’est-ce qu’un chef
d’Etat ? C’est un homme qui a un cap et une vision de l’avenir. Il
sait où il va conduire son pays. Ce chapitre de la nouvelle
définition du Président se déploie avec Kantorovitch.
Avec « La théorie des 2 corps », l’historien et enseignant à
Princeton, Ernest Kantorowicz a signé une théorie aussi
singulière que pertinente. Cet essai remarquable sur la théologie
politique au Moyen-Age devrait être connu de tous les spin-doctors
sérieux. La thèse principale consiste à comprendre que le roi
possède deux corps. Un corps humain, terrestre et mortel et un
corps politique, sacré, immortel. Dans la filiation de ce livre, paru
en 1957, nous essayons aujourd’hui de faire revivre ces propos.
Clin d’œil à Kantorowicz, au ciel… De cette théorie-là, vient
l’adage : « Le roi est mort, vive le roi. »
Ce qui corrobore que la dimension souveraine est sacrée du
Président de la République. Elle est à préserver. Elle est à
18
enregistrer. Elle se définirait aujourd’hui par son degré de
présidentialité. Un Président de la République est d’abord le
représentant d’une fonction.
En somme, en ces heures de doute collectif, le futur Président
devra être un vrai Président, rassurer, montrer « comment » il va
emmener le Peuple de France vers un destin commun, avec des
projets collectifs neufs et surtout vers une vie meilleure.
La fonction du Président de la République a changé. Du
temps de Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François
Mitterrand, Internet et le téléphone portable n’existaient pas, les
réseaux sociaux non plus.
La fonction de Président est aujourd’hui plus immédiate, elle a
moins de recul, moins la possibilité de donner « du temps au
temps ». Les nouveaux Présidents devront travailler avec une
temporalité accélérée. Celle-ci pénalise lourdement leur réflexion
et leur action. Cette nouvelle temporalité s’explique avec les
modifications du calendrier électoral d’une part. Le quinquennat
a bouleversé les temps politiques de la Présidence. Il y a urgence
en permanence. Or, un pouvoir qui n’est pas inscrit dans la durée
est englouti dans l’espace. (Nous sommes évidemment pour un
retour au septennat.) D’autre part, l’explosion des réseaux
sociaux, l’information continue ont rendu la fonction plus difficile
à gérer. L’absence de réaction est condamnée immédiatement. Elle
ne correspond plus à l’époque, à la symbolique de la fonction. Elle
est synonyme de mise en cause. Désormais chaque citoyen est un
média et il existe de nouveaux codes. La présence des réseaux
sociaux s’est affirmée et le Net est à la fois un détecteur de
mensonges et à la fois un outil qui alterne entre les intox, les infos
et les désinformations, les vérités et les fausses vérités. Il y a de
nouvelles caisses de résonnances pour lesquelles nous devons
trouver l’antidote.
Reste que le pouvoir est composé de deux éléments : la
« potestas », le pouvoir de gouverner et l’« auctoritas », l’aura,
autrement dit la puissance symbolique. Reste que la sacralisation
de la fonction présidentielle s’est évaporée. De fait, il n’y a plus de
protection pour le Président.
Et, plus que jamais, les futurs Présidents de la République
auront besoin de retrouver une majesté. Les femmes et hommes de
l’ombre, les spin-doctors, ont aussi pour fonction de protéger,
d’être des « bodyguards » communicationnels, permanents 24h/24
et de veiller au protocole, à ces solennités.
Dans la nouvelle fonction de Président de la République,
l’activité de spin aura de plus en plus d’importance et elle devra
être exercée avec une grande responsabilité, voire gravité. Les
19
spins seront davantage devenus des co-partenaires de la fonction
présidentielle. Tout simplement parce que la fonction de Président
s’est transformée : elle subit plus l’immédiateté, elle endure
davantage la mutation de son environnement direct.
Une autre des raisons pour laquelle la politique à l’Elysée s’est
modifiée, c’est la nouvelle « importance » de l’image dans la
politique et la rapidité de l’information, de la communication
politique. Ces disciplines se sont densifiées et démultipliées. Les
activités de communication sont remontées au plus haut niveau de
décision. Plus que jamais aussi, « La communication n’est pas un
jeu », comme nous l’avions écrit dans notre premier ouvrage.
Personnellement, nous aurons passé notre vie à construire les
fondamentaux de ce métier passionnant du spin-doctoring. A les
mettre en pratique. A transmettre. Cela est évidemment basé sur le
sens profond de la continuité et sur le nécessaire maintien des
savoirs.
Enfin, les gouvernances politiques, les présidences
contemporaines se sont, mondialisées. Tous les chefs d’Etat sont au
courant, dans l’instant, de ce qui arrive à leur confrère-président.
Cela impose des réflexes ultra-rapides pour circonscrire les crises
et éviter de nouvelles déflagrations mondiales. D’autant plus que
nous assistons à un nouveau vent de ruptures, de populisme à
travers le monde : des Etats-Unis avec Donald Trump à
l’Angleterre avec le Brexit, de la Hongrie à la Pologne, de la Corée
du Nord à la Turquie…
Nous alertons à propos de cette atmosphère post-démocratique
qui engendre soit du populisme, soit des régimes autoritaires avec
les dérives que cela comporte. En 2017, Barack Obama l’a compris
et a même soutenu le candidat Macron, trois jours avant l’élection,
inquiet de cette même dérive.
Preuve du danger et preuve que la France joue un rôle majeur
dans le monde, elle reste une référence.
Le pire est toujours possible.
Tous avaient compris que les risques systémiques des nations
rendent nos économies dépendantes.
Ils exigent une solidarité et une prise de conscience collective
pour éviter ce pire.
L’exercice présidentiel est encore plus un concentré de tous les
pouvoirs. La fonction présidentielle s’est recentrée. On a constaté
sous les deux dernières présidences, que tout remonte au Président.
L’image du Président en exercice se cristallise très vite.
Les fameux 100 premiers jours seront plus décisifs que jamais.
L’état de grâce de ces 100 premiers jours peut se volatiliser
très rapidement.
20
Le Président de la République représentera tous les Français et
il devra encore plus vite, montrer et démontrer sa capacité à
matérialiser sa charge…
Désormais, l’irrationnel va tyranniser le rationnel et parfois
en triompher.
Plus que jamais, les Français désirent que leur futur Président
ne les fasse jamais douter de la France, qu’ils n’aient jamais à
rougir de leur pays.
Dès lors, quelle sera l’étendue du pouvoir ?
Quelle sera l’influence de la personnalité du futur
Président dans sa fonction ?
Quelles sont les nouveautés de l’exercice du pouvoir ?
21
CHAPITRE 2

Le primat de la personnalité au cœur des débats
et naissance d’un « double médiatique »
Aujourd’hui plus qu’hier, la personnalité est au cœur de
l’action. La personnalité est le cœur du message. « The man is The
message ! » Le Président de la République n’est pas une image de
carte postale. Sa personne est davantage mise en lumière du fait de
l’amplification de la transparence.
Le climat de la présidentielle 2017, encore plus que les
précédentes, a été fortement marqué par cet aspect déterminant : la
personnalité du futur président. Elle a été constitutive du succès
ou de l’échec. Elle a été décisive. C’est pourquoi cet essai politique
donne une grande part à la personnalité des élus.
Le choix des Français a été largement lié à la capacité d’un
individu à « incarner » la fonction et de son discours pour que la
fonction devienne de nouveau crédible. Nous l’avions annoncé.
Peu ont entendu cette recommandation d’axe politique. Les
citoyens recherchaient quelqu’un qui soit vrai. Ils voulaient être
fiers de leur Président et que ce dernier sache les défendre quoi
qu’il arrive. Les événements se sont cumulés, imprévisibles et
cruels. L’irrationnel a été saillant, notamment aux Primaires...
Dans ce contexte, les contenus ont-ils été entendus ? Peu au
regard des affaires, notamment le livre à charge de deux
journalistes réputés pour Hollande, les accusations hebdomadaires
graves et le climat d’hystérie à l’encontre de Fillon. Des torrents de
boue, des attaques ont constellé notre quotidien pour fabriquer une
campagne marquée par le judicaire et ses ricochets médiatiques.
Bref, le contenu des programmes s’est évaporé devant des
Français qui étaient depuis longtemps déjà las des discours, des
promesses : Jacques Chirac et sa « fracture sociale », Nicolas
Sarkozy et sa « rupture », François Hollande et son message « le
23
changement c’est maintenant », Ségolène Royal et sa « démocratie
participative » ou son « ordre juste » … Le temps était aux
humeurs passagères. Aujourd’hui, les Français espèrent mais
doutent toujours.
En 2017, Les Français ont été ombrageux et querelleurs. Ils ont
été « jupitériens » et radicaux, turbulents dans leurs réactions… Ce
qui veut dire qu’ils sont allés s’égarer sur les terres des extrêmes au
premier tour. Finalement, nos compatriotes ont élu d’abord un
tempérament et le changement.
L’élu, Emmanuel Macron, devra montrer sa capacité à agir, à
réaliser des projets, à produire des actions, à accomplir des
réformes, à transcender la fonction, à nommer les choses, à
proposer au pays un chemin pour des jours meilleurs…
Emmanuel Macron a du travail. Preuves en sont aussi avec les
exemples à l’international. On a vu, avec les Primaires
américaines, la montée du candidat républicain Donald Trump,
cette même soif de changements des citoyens. Et, on a noté ce désir
de personnalités hors normes. En Autriche, le pays a marqué son
envie de changement avec un premier vote lourd pour l’extrême
Droite et il s’en est fallu de peu que les extrêmes passent.
A Rome, à Turin, on avait applaudi l’arrivée de relatives
inconnues politiques, « Les 5 étoiles », Virginia Raggi et Chiara
Appendino. A Londres, les Anglais ont élu un nouveau maire qui a
tranché par sa personnalité et ses origines. En France, on a été
tétanisé par les révélations, les surprises, la longueur du
nauséabond, les alertes puis l’attentat de dernière minute sur les
Champs-Elysées.
Avec Emmanuel Macron, vainqueur de l’élection, les Français
veulent surtout un nouveau souffle politique.
Au chapitre de la personnalité, ce recueil de portraits se
singularise par le lien entre une parenthèse intimiste, leur
ancrage familial ou un événement personnel qui ont pu déclencher
le moteur de leur engagement politique. Le fait est que la plupart
du temps, la famille a beaucoup compté pour eux. Régulièrement,
elle a été déterminante dans leur construction identitaire.
Pour ces portraits, l’examen de la personnalité de chacun sera
également renouvelé par l’observation de leur gestuelle, de leur
non-verbal, de leur comportemental, et même de leur « look » et de
leur style, de l’image pour soi et pour autrui, de leur étiquette
sociale.
Parenthèse d’explication : certains pourraient s’étonner que
nous nous attardions sur le « look » des protagonistes. Et pourtant,
leur manque d’harmonie, d’équilibre constitue un parasite de
communication, détourne l’attention et traduit un manque, une
24
faille dans la personnalité. Non pas que nous voudrions que toutes
et tous soient sur un même registre vestimentaire. Mais il s’agit
quand on est une personne publique, que le style choisi par chacun,
BCBG, sportwear, casual, classique… soit maîtrisé.
Le « look » est toujours révélateur de quelque chose de
signifiant et de non anodin : d’une radinerie, d’un snobisme,
d’une faiblesse, d’une prétention, d’un bon ou mauvais goût,
d’une sottise, d’une simplicité d’être, etc. Que le look est
significatif, éloquent et expressif. Il est toujours à surveiller.
Enfin, leur positionnement stratégique identitaire d’image sera
évalué, en fonction de son existence ou de sa carence. Ont-ils un
positionnement identifié ou non ?
Nous essayerons de cerner leurs clairs-obscurs. Ensemble,
nous allons partir à la découverte de tous leurs talents et de leur
dynamique intérieure. Existe-t-elle ? Est-elle dense ou peu
flagrante ? En quoi ces personnages sont-ils aptes à conduire la
France vers un futur économique meilleur ?
Ces clairs-obscurs de la communication commencent avec le
non-verbal. Quand on sait que la gestuelle, le comportemental, le
non-verbal pèsent pour 40 % dans le discours d’une femme ou
d’un homme politique, on comprend mieux notre engouement pour
ces disciplines. « Le dit » ne compte que pour 15 % du message
restitué ! L’intonation, la gestuelle pèsent plus de 17 %. Attitudes,
mimiques, plissement des yeux, regards et sourires sont ultra
mémorisés. La partie se gagne au faciès. Et celui-ci est capté à
plus de 60 % par les gens. C’est la réalité. Tous ces éléments
parasitent une gouvernance en négatif. Ils sont donc à gérer,
absolument. Ils seront naturellement présents dans nos portraits.
Ces clairs-obscurs naissent aussi dans le contexte familial.
Énonçons d’emblée : nous n’irons pas braconner sur les terres
du privé. Leur vie privée est quasiment absente, volontairement.
En Allemagne, aux Etats-Unis, elle est un élément déterminant.
Nous doutons qu’elle soit un élément fondamental pour le vote en
France. C’est une composante de la personnalité qui restera en
nous et en discrétion, puisqu’évidemment nous la connaissons la
plupart du temps. La France vaut mieux que d’entortiller le lecteur
par le bas.
En revanche, nous essayerons de cerner le berceau familial. Un
père absent, un père méprisant aux regards paralysants, une mère
possessive, une épouse jalouse et hystérique, un enfant malade, un
frère retrouvé pendu dans la cave, un père décédé trop tôt ou parti
en vadrouille, laissant seule la mère avec la ribambelle de gamins,
peuvent expliquer bien des orientations à l’âge adulte.
25
On vous laissera deviner entre les lignes, des carences affectives
qui ont dévoilé et actionné un moteur d’engagement politique.
On vous laissera saisir les fêlures des uns et des autres.
On vous laissera discerner si le candidat s’est affranchi de son
père, de sa mère. Nous effleurerons la sacro-sainte famille pour
chacun des candidats.
Vous déchiffrerez mieux ces prétendants à la pouvoir. Vous
ferez votre choix.
La politique change tout le temps. Nous vous présentons les
visages les plus importants pour lesquels nous avons ajusté, précisé
et actualisé nos données d’analyse.
In fine, les portraits qui se côtoient dans ce livre, constituent un
début de comparatif captivant…
NAISSANCE
D’UN DOUBLE MÉDIATIQUE
Autre nouveauté d’analyse dans ces pages : ce que nous
« labellisons », ici, le « double médiatique ».
Aujourd’hui, une femme ou un homme politique qui compte,
passe dans les médias, à la télévision, à la radio. Cela constitue ce
que nous appelons une légitimité médiatique qui s’est installée à
côté de leur légitimité élective. L’homme politique cristallise une
image médiatique. Tantôt cette image lui ressemble, tantôt elle en
est éloignée. C’est ce que nous appelons un « double-
médiatique ».
Saisissons un premier exemple éloigné pour mieux nous faire
comprendre. Georges Marchais avait un double médiatique
clownesque. A chaque prestation télévisée, c’était l’imprévisible.
Mais il en était venu à jouer son propre personnage. C’était
dangereux. Son « double médiatique » l’avait dévoré, il en était
devenu prisonnier. On n’écoutait plus Georges Marchais, on allait
au théâtre…
Jean-Luc Mélenchon, Philippe de Villiers et Marine Le Pen ont
eu des doubles médiatiques dévorants. Ils ont sur-joué leur
personnage dans les médias. Mélenchon a, un temps donné, brisé
les codes médiatiques et a existé par cette stratégie. Le danger est
pour eux de s’éloigner de leur réel, de leur vraie personnalité. Ils
sont devenus prisonniers de leur « double médiatique, de leur
personnage-média. »
Ce double médiatique existe et il faut faire très attention à sa
maîtrise. Parfois, certains élus trouvent qu’il leur ressemble.
26
Parfois, les « augustes » considèrent que ce « double médiatique »
ne correspond pas au réel de leur image, à raison.
Nombreux détestent même se voir à la télévision. D’autres se
découvrent des particularités qu’ils n’avaient jamais vues avant de
se visionner.
Passer toutes les semaines à la télévision, donne le tournis et
fabrique un « double médiatique » stérile…
L’image s’use et se consume, notamment à la télévision.
Notre rôle est souvent d’alerter nos clients et de calmer leur
frénésie des médias.
Et pourtant ces doubles médiatiques impactent dans
l’imaginaire collectif. Ils peuvent tuer le crédit politique d’un élu.
Il faut toujours les appréhender, avec précision et fermeté. C’est
un exercice périlleux et délicat, tant la susceptibilité des politiques
est grande.
Tout le long de nos portraits, nous établirons un examen entre la
personnalité des protagonistes et leur « double médiatique ».
Il a été très intéressant de voir si l’un superposait l’autre.
Sachant qu’aujourd’hui plus qu’hier, l’authenticité est
davantage réclamée que la proximité.

Ainsi va le livre…

Nous espérons contribuer à honorer le débat, sans idéaliser, ni
poétiser les candidats, en essayant de résumer l’essentiel et de
crayonner une esquisse pour chacun d’entre eux, faite de leurs
clairs-obscurs, d’ensemble de vérités et de secrets.

27
CHAPITRE 3

Galerie des portraits
Ces femmes et ces hommes contemporains, vous les
connaissez. Certains vous étonneront parfois, d’autres vous charmeront.
Ainsi dévoilés, comme nous, aucun ne vous laissera indifférent.
Dressée, en 2017, cette pyramide de portraits présente
l’avantage d’être « actualisée » et de coller à la réalité du moment.
Elle est sans parti-pris. Et, elle est étoffée et représentative avec ces
45 personnalités.
Automatiquement, après un bref rappel de leurs premiers
mandats, ces fresques panoramiques présentent aussi l’atout de
vous proposer des comparaisons, une confrontation des
différences, élargie de Gauche à Droite et des extrêmes aux écologistes.

29
LES TÊTES D’AFFICHE D’UNE PRÉSIDENTIELLE
EMMANUEL MACRON
L’homme pressé de la politique, consacré favori, bienheureux
vainqueur de l’élection présidentielle 2017, a le droit de tenter sa
chance
« En une année, nous avons changé le visage de la vie politique
erfrançaise ! » notifiait Emmanuel Macron au soir du 1 tour qu’il
avait remporté. Le voici élu, connu et inconnu il y a trois ans.
Qui est notre nouveau Président de la République ?
Emmanuel Macron est-il le fils de Delors, de Chaban, de
Hollande ou de Sarkozy, avec sa volonté de rassembler, sa nouvelle
société et son goût du transgressif ? Un peu de tous, même si on
peut discuter sur ces filiations.
En tous les cas, c’est une tête bien faite. Emmanuel Macron est
admis en hypokhâgne et Khâgne, au Lycée Henri IV. Il obtient un
DEA de philosophie et il sera diplômé à 24 ans de l’Institut
d’études politique de Paris. En 2002, il intègre l’ENA (promotion
Léopold Senghor) et choisira pour son stage de partir en mission,
au Nigéria. A la sortie de l’école, dans les quinze premiers,
Emmanuel Macron se met en disponibilité pour devenir banquier
d’affaires à la banque Rothschild et Cie.
Né dans une famille aisée, il fait partie de la bourgeoisie
traditionnelle française. Son père, Jean-Michel Macron, médecin,
est professeur de neurologie au CHU d’Amiens, sa mère est
médecin-conseil à la Sécurité sociale. Il est très proche de sa
grand-mère, Germaine, surnommée « Manette », principale de
collège et récemment disparue. Dans son dernier livre,
« Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait », Anne Fulda, la
journaliste du Figaro, explique que l’indifférence et la froideur de
Hollande à l’occasion de ce décès, avait scellé, à l’époque, une
partie de la rupture de Macron avec Hollande. Macron avait
d’ailleurs relaté sur son site : « Si ma réflexion et mon engagement
politiques n’avaient qu’une origine, ce serait elle. » Cette
grandmère qui avait tant favorisé sa scolarité. Ses études l’ont conduit à
la philosophie. Ainsi, devient-il, à 21 ans, l’assistant de Paul
Ricœur, éminent philosophe, travaillant dans sa propriété de
Châtenay-Malabry. Ses lectures continuent de nourrir son action et
sa réflexion politique.
30
Lorsqu’il entre en politique, l’ex-banquier d’affaires, est rompu
à la complexité des affaires. Il a fréquenté Jean-Pierre
Chevènement, au grand talent. Il a percé aux yeux d’Attali, qui l’a
fait collaborer à la rédaction d’un rapport pour l’Elysée. Invité à
phosphorer, l’élève s’est émancipé plus vite que prévu. Il a
rencontré François Hollande par l’intermédiaire de Jean-Pierre
Jouyet. Il a fait partie du groupe des Gracques composé de hauts
fonctionnaires et d’anciens patrons ou de dirigeants actuels. Il a été
nommé Secrétaire Général adjoint à la Présidence de la
République, auprès de François Hollande. Mais, précisons qu’il
avait soutenu François Hollande, avant l’affaire DSK du Sofitel.
Le voici introduit et prêt à donner libre cours à son ambition
naturelle.
Hier, on pouvait se poser des questions, : Qui est Emmanuel
Macron ? Qu’est-ce que le Macronisme ? Une énergie ? Une
volonté d’aller plus loin ? Un passage éclair ? Aujourd’hui, on a
déjà quelques réponses avec le parcours ci-après.
L’historique de la montée de Macron peut se résumer ainsi. Le
candidat à la Présidentielle, après deux ans au Ministère de
l’Economie à Bercy, a avancé au pas de charge. Il a été « En
Marche », défiant toute la classe politique. Ce que l’on peut dire
c’est qu’Emmanuel Macron déborde d’envie d’exister pleinement
en politique, d’agir. A ses débuts, il a été soutenu par Laurent
Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne, think tank libéral de
l’ex. PDG d’AXA, Claude Bébéar, Jean Peyrelevade, Henri
Hermand. Il a été encouragé par des députés comme Olivier Véran,
Richard Ferrand, Alain Tourret ou encore par Gérard Collomb,
maire de Lyon, le sénateur François Patriat, Mathieu Laine, Marc
Simoncini, etc. Favori des sondages, il a accumulé les soutiens, tels
que ceux, symboliques et importants de Jean-Yves le Drian,
François Bayrou, Manuel Valls, Jacques Séguéla et de
l’emblématique Jean-Louis Borloo, en dernière ligne droite…
Macron a fédéré autour de lui parce qu’il est intelligent et très
sympathique dans ses rencontres avec les gens. Toujours souriant,
avenant, il sait écouter les autres et il enregistre vite. Sa jeunesse et
son sourire plaisent à beaucoup. Candidat, il a été le favori des
sondages, en constance. Il a su mener une campagne, moderne,
différente et participative, digitale et puissante. En réserve de la
République, il a pu s’appuyer sur son mouvement politique, créé en
avril 2016, intitulé : « En marche ». Chacun avait pu remarquer que
ce mouvement, baptisé « EM », a les mêmes initiales que ses nom
et prénom. Déjà, Macron avertissait qu’il se verrait bien Président
de la République française et que « son ambition, c’était de
dessiner un avenir à la France ».
31
Au départ, l’ambiguïté de la démarche, ses déclarations
fracassantes, comme par exemple, « Je ne suis pas socialiste », en
visite chez Philippe de Villiers, avaient pulvérisé Emmanuel
Macron, tennisman politique, dans ses filets. Pendant des mois,
chacun l’adjurait de dévoiler : « pour qui roule-t-il, pour lui ou
pour François Hollande ? ». Il n’empêche que le 30 Août de la
même année, Emmanuel Macron a démissionné de son poste de
Ministre de l’Economie. En septembre 2016, l’amertume à Gauche
et chez Hollande avait supplanté la confiance. « Le Monde »
rapportait les propos du Président sur Emmanuel Macron : « Il m’a
trahi avec méthode ». A l’époque, quelques-uns se demandaient :
« aura-t-il les moyens d’une démarche personnelle ? » Visiblement,
Macron a eu les moyens de ses ambitions. Il a réussi à percer dans
l’opinion publique jusqu’à la victoire. Les Français lui ont reconnu
de la personnalité, une capacité à transgresser les idées reçues et
à être porteur d’idées nouvelles, à incarner le changement. A ses
débuts, il avait d’ailleurs conceptualisé un genre nouveau en
politique : « la polémique contrôlée. » Au gouvernement, il en
avait fait sa marque de fabrique. En 2017, beaucoup ont changé
d’avis et quelques membres du Gouvernement Hollande ont rejoint
Macron comme Jean-Yves le Drian, l’ancien ministre de la Défense
dont il fait son Ministre des Affaires Etrangères. Au passage du
relais, la querelle avec Hollande s’était effacée. Une fois élu, lors
des cérémonies, les liens avec Hollande ont semblé forts et pétris
d’une vraie complicité voire de corrélations, à tous. L’entretien
privé, le jour de la passation du pouvoir a été particulièrement
long. Et on sentait à travers les images, l’émotion partagée.
Hollande est parti la tête haute. Bien sûr, l’avenir sera scruté mais
Macron va avoir besoin de tous, tant la tâche va être difficile. Il
nous apparaît juste de penser et d’écrire que Macron, élu, a le
droit de tenter sa chance. A lui de prouver sa différence.
L’image d’Emmanuel Macron est désormais plurielle. Au début,
elle a été, de par son départ, dégradée au sein du gouvernement,
parce que tout cela est sorti du chapeau, dans une précipitation
certaine. Puis face à ses succès, ses détracteurs se sont évaporés. Le
« petit prince progressiste de la politique » jouissait d’une
sympathie qui s’était traduite dans les sondages en sa faveur, même
s’il venait du monde de la finance. Le Premier ministre, Manuel
Valls, fou de rage, après le meeting de juillet 2016, a voulu son
départ. D’autant plus qu’à son actif, pour beaucoup, Emmanuel
Macron était compatible avec la Gauche, mais avec la Droite aussi.
A l’automne 2016, la guerre était ouverte. Il avait été catalogué
« Le malmené du Gouv Valls ». Il s’était gentiment « victimisé »
pour fédérer.
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Emmanuel Macron a également poli son image avec des
reportages « people » en compagnie de son épouse aussi
intelligente que charmante et élégante. Brigitte Trogneux,
professeur de français, est issue d’une famille de chocolatiers
amiénois réputés. Ils se sont rencontrés dans un cours de théâtre où
elle enseignait. Brigitte Macron est un vrai atout pour son mari.
Elle a toujours la bonne attitude constructive. Leur différence d’âge
laisse penser à un couple fusionnel et harmonieux. Certes, ils sont
devenus les « chouchous » des médias, mais nous l’avions souligné
dès juin 2016, Brigitte Macron sera une vraie Première Dame de
France...
Autre atout de Macron : sa capacité de travail est forte. Il a
d’ailleurs précisé à plusieurs reprises, travailler non-stop et dormir
4 h par nuit.
Macron a aussi une autre qualité : il a du magnétisme. Il capte
les gens. Il capte la lumière. Il incarne l’espérance en demain.
erEn quelques mois, un grand chemin a été parcouru. Le 1 avril
2017, en meeting à Marseille, Emmanuel Macron a répondu aux
attaques et a déclaré : « Je suis l’héritier de votre énergie, de votre
envie ». Il s’est vite placé en s’opposant à Marine le Pen et
François Fillon… En 2017, les Français ont compris qu’il voulait
guérir la France « du choléra et de la peste ».
Pareillement Macron a axé sa communication sur un
positionnement « Anti tabou », même s’il a dû souvent se rétracter
ensuite. A titre d’exemple, il a surpris quand il avait décidé de
partir à Orléans, pour fêter « Jeanne d’Arc », royaliste, fervente
catholique et haut symbole de l’Histoire de France. Encore faut-il
connaître l’Histoire d’Orléans. Ce qu’il fallait décrypter : s’il s’est
rendu à Orléans, le 8 mai, ce n’était pas pour provoquer ou exalter
un symbole de Droite de l’Histoire de France, c’était pour répondre
à un rituel qui veut que chaque 8 mai, à Orléans, un homme
politique de premier plan, fête Jeanne d’Arc. Albert Lebrun,
Charles De Gaulle, Vincent Auriol, Georges Pompidou, Valéry
Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Nicolas Sarkozy et bien
d’autres ont sacrifié à cette tradition politique.
En vérité, sa stratégie a été faite d’idées transgressives, comme
l’a fait en son temps Ségolène Royal.
Il avait installé une sorte de rapport direct avec les Français. Il a
bien anticipé encore, quand il a su analyser un certain
affaissement des cultures partisanes dans le pays et dans tous les
partis confondus. Il a su capitaliser cette analyse et l’a transformée
en stratégie qui lui a permis de galoper en tête des sondages. D’où
des discours aux tonalités minimalistes pour rassembler large et
fédérer. D’où un positionnement flou et non clivant. D’où les
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