ENCYCLOPÉDIE DU TERRORISME INTERNATIONAL

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Le terrorisme est l'un des fléaux du dernier tiers du XXè siècle. Pourtant, rares sont les ouvrages qui cherchent à l'appréhender dans sa globalité. Cette encyclopédie du terrorisme propose une synthèse sur le phénomène : elle recense plus de 1560 mouvements, 160 ouvrages de référence, des sites internet. Elle a pour unique ambition d'aider à mieux cerner le problème du terrorisme, son évolution et la nébuleuse des mouvements qui le pratique.
Publié le : lundi 1 janvier 2001
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EAN13 : 9782296266612
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ENCYCLOPEDIE DU TERRORISME INTERNATIONAL

Collection Culture du renseignement dirigée par Eric Denécé

Déjà parus

Gilbert Bloch, Renseignement et intoxication durant la Seconde Guerre mondiale: l'exemple du débarquement, 1999. Jean Deuve, Le service de renseignement 1946-1948, 2000. des Forces françaises du Laos,

Centre d'études d'histoire de la défense (CEHD), Des réseaux et des hommes, publication des conférences 1999/2000 de la Commission "Histoire du renseignement", 2001.

THIERRY V AREILLES

ENCYCLOPEDIE

DU
TERRORISME INTERNATIONAL

Préface de Mme Françoise Rudetzki, Présidente de SOS Attentats

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytec1mique 75005 Paris

FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

cg L'Harmattan, 2001 ISBN: 2-7475-1301-7

En hommage

à tous les artificiers

- démineurs

de France

et du monde.

« En un millionième de seconde, ils sont projetés dans l'éternité et ne connaissent pas de demeure dernière. Ils ont des tombes mais pas de cadavres, c'est une race d'êtres à part. Ce sera lafierté de ma vie d'avoir connu ces hommes, ces seigneurs que je salue, quej'estime et quej'admire»

Winston Churchill aux démineurs anglais Septembre 1944

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Remerciements:

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à Patricia, mon épouse, sans qui cet ouvrage n'aurait peut-être jamais vu le jour
à Mme Françoise Rudetzld, présidente de SOS Attentats aux démineurs du Labo à Didier D., compos sui n° Il (DUT) à Christophe A., compos sui n° 241 (AQR)

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PREFACE
Victime d'un attentat le 23 décembre 1983, je dois la vie à une équipe de pompiers et de soignants. Aussi, j'éprouve, comme toutes les victimes, pour les sauveteurs, les médecins, les chirurgiens et le personnel médical dans son ensemble une admiration et une immense reconnaissance.
D'autres préviennent les attentats et méritent également notre respect.

Les actes de terrorisme ne représentent qu'un nombre peu élevé de victimes en comparaison avec celui de cataclysmes, de guerres ou d'accidents, mais l'effet obtenu dans l'opinion reste profondément ancré dans notre mémoire. Actes violents, spectaculaires, orientés contre des cibles symboliques, ces crimes, en raison de leur caractère aveugle, ont constitué tout au long du XXe siècle une menace face à laquelle les démocraties sont restées souvent sans réponse. La justice et le droit, nos seules armes, demeurent bien silencieux, laissant les populations civiles désarmées et démunies, alors que priment la raison d'Etat et l'impunité. Le droit international progresse s'agissant de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, mais la lutte contre les actes de terrorisme ne fait pas encore l'objet d'une même mobilisation de la part des décideurs. Cependant, au risque de leur vie, des hommes désamorcent des engins explosifs, sauvent des vies et œuvrent pour la paix. Ces "hommes de l'ombre" sont des démineurs. Thierry Vareilles fait partie de ces héros. Homme de terrain, instructeur, il transmet son savoir, sa science et son expérience. Il a, en outre, consacré plusieurs années à collecter des informations et à nous les restituer à travers cette encyclopédie du terrorisme qui permettra au XXIe siècle de mieux connaître et appréhender ce phénomène qui sévit sur tous les continents; travail de mémoire et d'histoire, cet ouvrage participera, j'en suis sûre, à la lutte contre l'oubli. Thierry Vareilles, les victimes du terrorisme vous remercient. Françoise Rudetzki Présidente de SOS Attentats

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INTRODUCTION

Le terrorisme est l'un des fléaux du dernier tiers du XXe siècle. Pourtant, rares sont les ouvrages qui cherchent à l'appréhender dans sa globalité. Si de nombreuses monographies existent, il manque au curieux, au chercheur, au journaliste un travail de synthèse sur le phénomène. C'est ce travail que nous avons essayé de réaliser à travers cette encyclopédie du terrorisme, en restant conscients des limites et des imperfections d'une tâche aussi ambitieuse. Dans ce recueil sur le terrorisme international, le lecteur trouvera des informations sur des organisations, mouvements, groupes, sectes liés au terrorisme ou sur des mouvements ou groupes rebelles de guérilla qui utilisent les mêmes moyens que le terrorisme (bombes, enlèvements, assassinats, prises d'otages, etc.), leurs dates de création, leurs sigles, les leaders, dirigeants ou commandants de groupes ainsi que les tendances ou mouvances et les liens pouvant exister entre certains. Le terme de mouvement qui est utilisé tout au long de cet ouvrage est un terme générique pour spécifier à chaque fois l'ensemble des organisations, mouvements, groupes et sectes. Le lecteur y découvrira également un certain nombre d'attentats. La liste, hélas, est longue. Nous avons repris ceux qui nous ont paru les plus importants (que ce soit par le nombre des victimes, les lieux ou les cibles choisies) ou les plus caractéristiques (par la particularité des mouvements ou organisations ou par la méthode employée). En ce qui concerne les groupes spéciaux tels que les anti-avortements et les antispécistes, nous avons effectué une différence entre les "vrais" groupes terroristes (ceux qui sont passés à l'acte violent: attentats à la bombe, incendies criminels ou assassinats de personnalités diverses, avocats, médecins, etc.), qui figurent dans le tableau Mouvements terroristes, et les 4

autres, plus pacifiques, qui apparaissent dans le tableau des Groupes spéciaux. En ce qui concerne les groupes étrangers, le lecteur les trouvera sous leur nom d'origine (leur traduction française, lorsqu'elle est possible, est reprise en italique). D'autres mouvements, non terroristes ceux-là, ont été inscrits uniquement parce qu'ils sont ou ont été les vitrines ou ailes politiques de groupes terroristes. A l'heure où paraît cette encyclopédie, parmi les mouvements répertoriés, certains ne sont peut-être plus actifs de nos jours ou n'ont plus d'activité terroriste. D'autres ont probablement été dissous. D'autres encore ont cessé leurs activités pour se transformer en parti politique ou pour rejoindre leur vitrine ou branche politique légale. D'autres enfin ont éclaté en petits groupuscules terroristes autonomes avant de s'éteindre lentement et de tomber dans l'oubli. A usage grand public, ce livre se veut différent des autres ouvrages académiques ou journalistiques qui sont publiés par des experts universitaires, des journalistes spécialisés ou des acteurs de la sécurité internationale sur la lutte antiterroriste. Plusieurs années de recherches et de lectures ont été nécessaires pour réaliser cet ouvrage. Nous avons souhaité qu'il se présente sous forme d'un aide-mémoire afin de faciliter les recherches et apporter le plus de renseignements possibles sur ce phénomène qu'est le terrorisme international. Toutes ces informations proviennent de documents grands publics: journaux, revues, livres... et d'Internet. C'est un condensé de tout ce qui a rapport, de près ou de loin, avec le terrorisme, la guérilla ou les attentats. Il a pour unique ambition d'aider le lecteur à mieux cerner le problème du terrorisme, son évolution et la nébuleuse des mouvements qui le pratiquent.

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QU'EST-CE

QUE LE TERRORISME?

DEFINITION
Le terrorisme est souvent lié à des problèmes de religion. C'est le cas notamment avec l'Islam et la guerre sainte (les intégristes musulmans contre les infidèles du monde entier) ou encore l'Irlande avec l'affrontement des catholiques et des protestants. Mais c'est aussi souvent la revendication d'une indépendance, d'une autonomie ou le rattachement de plusieurs régions en une seule (comme le problème basque avec les Basques espagnols et les Basques français qui ne veulent faire qu'un pays) ou encore le problème des Kurdes (divisés en plusieurs pays). Cela peut être aussi une prise de position politique telle que le marxisme, le léninisme ou bien encore d'extrêmegauche ou d'extrême-droite à l'encontre d'un Etat ou d'un pays ou bien encore contre un dictateur. "Un attentat n'est justifié que s'il sert à sauver des valeurs très importantes pour la révolution. Une variante de l'attentat est l'attentat terroriste, dans lequel on nuit à plusieurs personnes sans discrimination. Cette forme d'attentat est exclue, parce qu'on considère comme inhumain le fait de tuer des gens innocents et parce que l'effet politique d'une telle action est négatif'. Extrait du "Statut et règlement du Mouvement de libération
nationale - Tupamaros" (Pérou), chapitre IX , article 2 : les attentats.

"Le terrorisme constitue l'une des formes de la violence politique dont les caractéristiques sont la dimension aveugle des cibles visées et la clandestinité des auteurs des attentats". Extrait du livre "Les terrorismes" de Jacques Tamero. 6

Alors que l'anarchisme vise la destruction pure et simple de l'appareil d'Etat, le terrorisme (d'inspiration populiste) cherche à dépasser l'objectif anarchiste par un programme de reconstruction de l'Etat démocratique, populaire et égalitaire. Un acte terroriste ou attentat peut être perpétré de différentes façons allant du simple assassinat à l'explosion d'une bombe en pleine rue ou d'un avion en plein vol. Il peut être différencié suivant les moyens utilisés ou les lieux: - contre des personnes: le rapt, l'enlèvement ou la prise d'otages (avions, bâtiments, bateaux, bus, ambassades. ..) ; - utilisation d'armes de guerre: mitraillage (de bâtiments, de façades...), meurtres, assassinats ou attaques de banques; - utilisation de munitions: tirs de mortiers, de missiles, de roquettes, pose de mines antipersonnel ou antichar, mines ou bombes-ventouses placées sous un véhicule ou lancers de grenades; - utilisation d'explosifs: pose de bombes (bouteille de gaz, valise, attachécase, sac de sport...), envoi de colis ou lettres piégés, bombe humaine ou Road Side Bomb (bombe sur le côté de route) et sabotage ou destruction d'installations, de bateaux ou d'avions; - utilisation de véhicules: voiture ou camionnette piégée, véhicule-bombe (voiture, moto, camion, bus ou autobus) mais aussi vélo ou cyclomoteur; - détournement: d'avions, d'hélicoptères, de trains, d'autocars et même de bateaux; - divers: incendies criminels, pillages et attaques de fourgons blindés transportant des fonds. Mais tout acte de violence ne peut pas être automatiquement attribué à un acte purement terroriste malgré l'utilisation de ces lieux, de ces moyens et du résultat final. Par exemple, peut-on dire qu'une prise d'otages, après le braquage d'une banque qui aurait mal tourné ou pour couvrir la fuite des cambrioleurs, est un acte terroriste? Non, sauf si ce braquage est effectué par un mouvement ou une organisation terroriste afin récupérer des fonds pour financer sa propre lutte armée. Peut-on aussi penser qu'un détournement d'avion, appelé aussi piratage aérien, est un acte terroriste s'il est pratiqué par un forcené ou des individus recherchant un asile politique dans un autre pays? L'assassinat d'hommes politiques ou de personnalités importantes Gournalistes, industriels, hommes de loi) ne sera pas toujours attribué à un acte de terrorisme. La nature de cet acte dépendra de l'identité de l'auteur du meurtre et de la victime mais également de la conjoncture dans laquelle il est réalisé (en temps de paix ou de guerre. ..). En fait, suivant l'endroit, les moyens utilisés, les personnes concernées, on parlera soit d'acte de terrorisme, soit d'acte de violence. Même l'utilisation 7

d'explosifs ou d'engins incendiaires ne conduira pas automatiquement à l'appellation d'acte terroriste. Si l'auteur de l'attentat est "monsieur tout le monde", qui fabrique sa propre bombe pour se venger d'une administration ou d'une personne, on ne parlera pas d'acte terroriste mais d'acte isolé à des fins non terroristes. Comme le stipule la loi française: "Constituent des actions de terrorisme les infractions spécifiées par la loi du 9 septembre 1986 lorsqu'elles sont en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur. La cour d'appel, qui, ayant justement retenu qu'un tel acte implique un minimum d'organisation et relevé que l'acte non revendiqué dont avaient été victimes les concierges d'un établissement scolaire constituait une action isolée contre cet établissement et que son mode de perpétration ne révélait pas le professionnalisme de son ou ses auteurs, demeurés inconnus, en a exactement déduit que cet acte n'avait pas constitué un acte de terrorisme. "

LES ORIGINES DU TERRORISME Les premiers terroristes
Une société secrète chiite du XIe siècle dont les combattants sont appelés les Haschischins seraient les ancêtres des terroristes, voire les premiers terroristes de l'histoire. Cette société secrète signa de nombreux meurtres, dont ceux du prince Nizam al Mouk en 1092 et du roi de Jérusalem Conrad de Montferrat en 1192. Elle fut au service d'un prétendant au trône puis lutta ensuite secrètement contre les Ottomans et les Croisés. Mais c'est en 1798 que l'on trouve pour la première fois le terme terrorisme dans un supplément du grand dictionnaire de l'Académie française.

Les premières

bombes

- 1857, attentat à la bombe contre Napoléon III perpétré par Orsini (nom du nationaliste italien) qui fit 8 morts et 148 blessés. - 1867, attentat à la bombe dans la prison de Clerkenwell en Angleterre. L'engin de deux tonnes qui était composé de poudre noire et de fulminate de mercure fit 12 morts et 120 blessés. - 1881, le mouvement Narodnaya Volya est un des premiers groupes à utiliser des méthodes plus terroristes qu'anarchistes allant de l'assassinat politique aux attentats-suicides, etc. Il réussit à abattre le Tsar Alexandre II le 1er mars. Peu après, une cinquantaine de ses membres sont arrêtés et pendus.
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- 1887, une bombe explose à Chicago. - 1892, une bombe, déposée par Emile Henry dans les bureaux de la Compagnie des Mines de Carmaux à Paris, explose le 8 novembre au commissariat de police de la rue des Bons-Enfants. - 1894, une bombe explose à Barcelone (Espagne) et plusieurs autres à Paris.

Les premières

théories

Karl von Clausewitz (1780-1831), général et théoricien militaire allemand (prussien), combattit Napoléon dans l'armée prussienne puis dans l'armée russe (1812). Il mit en évidence, dans son livre intitulé "De la guerre" (1833), certaines conditions qu'il considérait comme nécessaires à la réussite d'une guerre populaire. Selon lui, les actions menées avaient bénéficier d'un soutien populaire et doivent être conduites à l'intérieur du pays, sur un terrain d'opérations très vaste, accidenté et difficile d'accès. Clausewitz ajoutait que son résultat ne saurait dépendre d'un seul événement isolé. Lenine, lecteur de Clausewitz, élabora sa propre théorie qui eut une influence importante sur les stratégies de la guérilla moderne. Les principes énoncés par Clausewitz furent appliqués notamment par T.E. Lawrence (Lawrence d'Arabie) lorsqu'il dirigea la lutte des tribus arabes contre les Turcs durant la Première Guerre mondiale. Il souligna l'importance des principes de mobilité, de rapidité et d'attaque surprise dans les actions de guérilla. Théorie du FOCO Théorie élaborée par l'argentin Ernesto Che Guevara surnommé le Christ rouge (1928-1967), révolutionnaire cubain d'origine argentine, pour la mise sur pied de mouvements terroristes et insurrectionnels. Elle préconise la création de foyers (locos) de guérilla qui s'étendent en incorporant progressivement l'ensemble de la population. Basés dans les campagnes, les focos s'appuient sur leurs succès opérationnels (propagande armée) pour gagner le soutien des populations rurales, puis urbaines. Che Guevara sera tué en Bolivie dans un combat contre les forces boliviennes le 8 octobre 1967. Théorie de Guillen L'anarchiste Guillen Abraham, vétéran des combats de Catalogne, compagnon d'armes de Cipriano Mera et d'Antonio Durrutti écrivit en 1956 ''L'agonie de l'impérialisme". Cet ouvrage contient un premier manuel de guérilla. Ille complétera en 1965 par "Théorie de la violence" et "Stratégie de la guérilla urbaine". Ces deux livres serviront de base de réflexion à des groupes militants passés dans la lutte armée ou se préparant à le faire, sur tout le continent latino-américain. 9

Dans ces ouvrages, Guillen se montrait opposé à la théorie castriste du foyer insurrectionnel rural (en espagnol: foco). Sachant que 80 % de la population de l'Uruguay vivait dans les villes, il était absurde d'aller faire la guerre révolutionnaire dans les campagnes, où il y avait plus de vaches et de brebis que de gens. Par conséquent, les théories fidélistes et maoïstes de la guerre révolutionnaire n'étaient pas appropriées à des pays industrialisés et surdéveloppés avec une population plus urbaine que rurale. Une grande ville se prêtait plus à la guerre de guérilla que la forêt amazonienne et ce n'était pas dans cette forêt que pouvait se décider la politique du Brésil, mais bien dans les guérillas urbaines à Sao Paulo et Rio de Janeiro. Le catéchisme du révolutionnaire Publié anonymement en 1869, le catéchisme du révolutionnaire fut l'un des ouvrages les plus lus dans le cadre du débat qui anima le mouvement anarchiste international au milieu du XIXe siècle. Il a été probablement écrit par l'anarchiste le plus célèbre de l'histoire Mikhaïl Bakounine et par un jeune aventurier et révolutionnaire russe Sergheï Netchaïev (1847-1882). Son influence fut considérable pour le mouvement révolutionnaire des origines. Le texte est très bref, constitué de quarante-huit propositions allant des règles de fonctionnement d'une organisation clandestine aux comportements du révolutionnaire vis-à-vis de lui-même ou de la société. "Le révolutionnaire est un homme perdu, il doit renoncer à toute science, à toute culture, à toute connaissance, il ne doit avoir qu'une science, celle de la destruction, afin d'arriver à détruire le plus possible pour nuire à l'ordre existant". Extrait du catéchisme révolutionnaire (1868-1869) Petit manuel du guérillero urbain Ecrit en 1969 par le brésilien Carlos Marighela, figure emblématique de la galaxie terroriste, ex-membre du parti communiste brésilien, ce manuel a été aussitôt interdit par toutes les polices du monde. C'est un petit document d'une cinquantaine de pages qui illustre non pas la théorie mais la pratique de la lutte armée antigouvernementale. Organisation des Frères musulmans (FM) Matrice de la plupart des mouvements islamistes actuels, cette organisation a été créée en 1928 en Egypte, dans une perspective de prise de pouvoir par Hassan el Banna. Sa croissance est aussi rapide que son organisation est efficace. En 1938, la confrérie compte 300 sections. Dix ans plus tard, on en dénombre 2 000. Le credo du FM, élaboré en 1932 et entériné par le 3e congrès en 1935, résume la philosophie de base. Il s'inscrit dans un ensemble comprenant le serment d'obédience que doit prononcer chaque membre actif du mouvement, conformément à la loi fondamentale adoptée en 1945. Le paragraphe n° 5 du Credo dit: ''Je crois que le musulman a le devoir de faire revivre l'Islam par la reconnaissance de ses différents peuples, par le retour 10

de sa législation propre, et la bannière de l'Islam doit couvrir le genre humain, et chaque musulman a pour mission d'éduquer le monde selon les principes de l'Islam. Et je promets de combattre pour accomplir cette mission tant que je vivrai, et de sacrifier pour cela tout ce que je possède".

CONCEPTS

ET TENDANCES

Alaouite Minorité, dont la doctrine ésotérique mêle islam, christianisme et gnose. Ce sont les habitants du djebel al-Ansariyyah, ou monts alaouites (Syrie), qui s'étend au nord du Liban. Ils constituent une secte chiite, fondée par Ibn Nusayr. On les appelle également Nusayris. C'est aussi la dynastie marocaine qui règne sur le Maroc depuis 1660. Amal Signifie en arabe "espoir". Vient de Afouadj al-Mouqaouamah AILubnaniyyah qui veut dire détachements de résistance libanais. C'est un mouvement politico-militaire de la communauté chiite libanaise, à tendance pro-syrienne qui a été créé en 1975 par l'imam Moussa Sadr, avec l'aide de Yasser Arafat. Cette milice, forte de 20 000 hommes, est dirigée depuis 1980 par Nabih Berri, chef du parlement libanais. L'Imam Moussa Sadr avait également créé en 1969 le Conseil chiite islamique supérieur (CCIS) au Liban. Il est décédé en 1978. Anarchie Etat de désordre et de confusion qu'entraîne la faiblesse de l'autorité politique. Pays où règne l'anarchie. Par extension: désordre, confusion, entreprise en pleine anarchie. Anarchisme Mouvement d'idées ayant pour objet de garantir la liberté individuelle et s'opposant à toute forme de domination. Ses partisans sont des anarchistes pour lesquels la liberté de l'individu ne doit être entravée par aucune forme de répression ou de contrôle extérieur. Tout type d'autorité est donc rejeté et la vie en société n'est possible que s'il y a accord individuel de tous les membres de la communauté. Considéré comme le père de la pensée anarchique, l'écrivain français Pierre Joseph Proudhon (1809-1865) estimait que les règles unissant l'individu à la société devaient se situer à l'opposé du contrat social défini par Rousseau. Selon Proudhon, la conception rousseauiste du pouvoir ne pouvait qu'être arbitraire, dans la mesure où elle ne concernait que la sphère politique et se désintéressait des aspects économiques et sociaux. Anti-abortionisme Les mouvements anti-abortionistes prônent le meurtre des médecins qui pratiquent l'avortement, l'usage de la violence contre les avocats qui Il

défendent la cause du libre choix et la destruction par vandalisme, incendie ou attentat à l'explosif des cliniques qui pratiquent les avortements. Antispécisme Celui qui lutte contre les discriminations entre espèces (par analogie avec raciste - antiraciste). Ce terme s'applique principalement aux mouvements de protection des animaux et plus particulièrement aux plus radicaux d'entre eux. Il faut distinguer ces mouvements des groupes traditionnels de protection des animaux qui militent pour une harmonie entre les animaux et les hommes. Les antispécistes vont au-delà et postulent pour l'égalité des animaux et des hommes, n'hésitant pas à défendre la liberté des premiers par les armes. Antiterrorisme Ensemble de mesures visant à lutter contre le terrorisme avec des méthodes passives de protection, de sécurité et d'intervention. Antiterroriste (unité) Formation militaire, paramilitaire ou de police spécialement instruite et équipée pour la lutte antiterroriste. Elle s'inscrit dans une stratégie passive (force de réaction). Attentat Entreprise criminelle contre une personne, contre des biens ou contre une institution. Autodétermination C'est le fait, pour un peuple, de déterminer par lui-même, librement, son statut international, politique et administratif. Autonomistes Les autonomistes sont les partisans de l'autonomie d'un pays, d'une prOVlnce. Baas ou Ba'th Parti politique nationaliste panarabe fondé en 1952 par fusion du parti de la Renaissance arabe de Michel Aflak et Salah Eddine aI-Bitar et du parti socialiste arabe d'Akram Hourani. Le Baas est au pouvoir en Syrie depuis 1963 et en Irak depuis 1968. Boycottage ou boycott Mise en interdit d'un patron par ses ouvriers ou d'un propriétaire terrien par ses paysans comme en Irlande en 1880. Refus collectif de participer à une manifestation, un événement public. Le premier homme à en faire les frais fut un certain capitaine Boycott, l'un des premiers propriétaires terriens anglais en Irlande qui fut mis à l'index par ses paysans à cause des rentes exorbitantes que demandaient les propriétaires et qui évinçaient les paysans irlandais. Ce capitaine anglais donnera son nom à cette nouvelle lutte concertée et pacifique. 12

Chiisme ou Chi'isme Vient de Chi'ali (partisan d'Ali). Musulman qui appartient à une branche du chiisme tels que les Druzes, Ismaéliens, Duodécimains, Zaydites, etc. Le chiisme est un courant de l'Islam qui ne reconnaît ni la succession d'Abou Bakr au Califat, ni la doctrine de sa fille Aïcha, veuve du Prophète. Ensemble des chiites au sein de l'Islam, branche dissidente de l'Islam sunnite, minoritaire en Islam mais religion dominante en Iran. Chiites ou Chi'ites Ce sont les adeptes du chiisme. Contre-terrorisme S'inscrit dans une stratégie active, son but étant de faire échouer un enlèvement ou un acte terroriste. Dissidence Action ou état d'un individu ou d'un groupe qui ne reconnaît plus l'autorité d'une puissance à laquelle il se soumettait jusqu'alors. Divergence idéologique conduisant un individu ou un groupe à se séparer de la communauté, du parti dont il était membre. Dissolution Action de mettre fin par décision gouvernementale ou parlementaire à un mouvement, une association ou un groupe terroriste. Si la dissolution d'un mouvement est officielle, elle n'en reste pas moins théorique. Le mouvement concerné peut décider en effet de continuer la lutte armée de façon clandestine sous le même nom ou sous un nouveau nom. Un mouvement peut s'autodissoudre à la demande d'un leader, d'un dirigeant ou d'un de ses membres. Dans ce cas, il disparaîtra définitivement. Mais ce n'est pas parce que la dissolution ou l'autodissolution d'un mouvement a été prononcée qu'on ne verra pas ce mouvement revenir sur les devants de la scène du terrorisme. Exemple: le 5 janvier 1983, les autorités françaises prononcent la dissolution du mouvement FLNC. Ce mouvement continuera sa lutte armée dans la clandestinité jusqu'en 1990 date à laquelle il donnera naissance à trois mouvements armés: le FLNC-canal historique, le FLNC-canal habituel et Résistenza. Djihad (ou Jihad) Mot arabe signifiant effort, lutte, peine. Il est utilisé pour exprimer un effort foumi dans le but d'acquérir un objectif. Il désigne également la lutte pour combattre une injustice ou une tricherie ou un combat pour défendre l'islam. La traduction de guerre sainte qui lui est donnée est vivement contestée par les exégètes de l'islam (expression venant du vocabulaire (chrétien) des croisés). Propagation et défense de l'islam contre les pays et les sujets infidèles (non-musulmans).
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Le terme signifie en arabe exercer ses plus grands efforts pour atteindre le règne de Dieu. En tant que religion universaliste, l'islam se doit d'être propagé sans discontinuer par la communauté musulmane sur toute terre non-musulmane, jusqu'à s'étendre au monde entier. Pour parvenir à ce but, différents versets coraniques recommandent soit de mener une propagande persuasive, soit de combattre toute attaque contre l'islam. Le djihad est avant tout une obligation religieuse communautaire, mais devient une obligation individuelle en cas d'attaque menée contre l'islam. Selon la doctrine traditionnelle, combattre pour le djihad est un acte de dévotion pure (ikhlas) et ceux qui se sont sacrifiés, c'est-à-dire qui meurent au combat, deviennent les témoins (shahuda) et se voient accorder une place immédiate au paradis. Cette obligation est considérée en quelque sorte comme le sixième pilier de l'islam. Grand et petit djihad: les musulmans distinguent deux sortes de djihad: - le grand djihad (al-djihad al-akbir) également appelé djihad al-nafs qui désigne la lutte intérieure, spirituelle de l'individu contre le vice, la passion et l'ignorance. - le petit djihad qui est défini comme la guerre sainte contre les pays et les sujets infidèles (non-musulmans). Il a une signification légale et doctrinale prescrite par le Coran et les hadiths (les paroles et actions connues attribuées au prophète Mahomet et auxquelles on accorde le même statut qu'à une révélation). Il est du devoir de tout musulman adulte, de sexe masculin, en bonne santé, d'entretenir un djihad contre tous ses voisins et contre les pays voisins non-musulmans. En janvier 1981, trente-huit chefs d'Etats musulmans, en présence de Yasser Arafat, leader de l'OLP, proclamèrent le djihad contre Israël. Druzes Population habitant surtout en Syrie et en Jordanie (djebel druze, montagnes du Hawran), au Liban et en Israël (environ 700 000 individus). Les Druzes constituent une secte ismaélienne émanant des Fatimides (dynastie chiite ismaélienne). Ils furent persécutés par les musulmans orthodoxes vers le début du XIe siècle. Après avoir vécu des siècles en bonne intelligence avec les Maronites (catholiques orientales de rite syrien), ils entrèrent en conflit avec eux et incendièrent plusieurs de leurs villages (1860). En 1925-1926, les Druzes de Syrie se soulevèrent contre les Français qui entendaient séparer le djebel druze du reste du pays. Les Druzes du Liban (environ 150 000 individus), dont le chef est Walid Joumblatt, se sont vus reconnaître une place institutionnelle dans le partage intercommunautaire actuel avec quatre sièges de députés au parlement libanais dont celui de Walid Joumblatt. Fils de Kamal Joumblatt, grand chef féodal druze, philosophe, homme de lettres et fondateur du Parti socialiste progressiste, il succéda à son père, dans la plus pure tradition féodale, lorsque ce dernier fut assassiné en 1977. 14

Extrémisme Tendance à adopter des idées extrêmes, particulièrement des idées politiques. Fatwa Signifie déclaration juridique ou décret religieux. Ce sont les muftis (titre donné dans les pays musulmans aux théoriciens et interprètes du droit canonique musulman) qui, sur demande, conseillent les juges quant à l'application des lois canoniques appelées fatwas. En théorie, tout homme instruit et respecté peut créer une fatwa si on le lui demande. Néanmoins, à l'heure actuelle, les muftis sont officiellement nommés dans la plupart des pays musulmans. Il en existe un par tribunal. La fatwa la plus connue: le guide suprême, l'ayatollah Khomeyni Ruhullah, prit, peu de temps avant son décès en 1989, un décret religieux (fatwa) condamnant à mort l'écrivain britannique Salman Rushdie, accusé de blasphémer l'islam dans son ouvrage "Les versets sataniques". Des milliers de musulmans chiites manifestèrent dans le monde entier contre Rushdie. Bien que Rushdie ait présenté des excuses et ait officiellement affirmé son adhésion à l'islam, la fatwa n'a pas été levée et contraint toujours l'écrivain à vitre dans la clandestinité. Feddayin ou Fedayin Nom donné aux combattants palestiniens appartenant à divers organisations ou mouvements palestiniens tels que le Fatah, l'Açifa, le FLP ou le FPLP. Ce sont des groupes armés palestiniens de la bande de Gaza qui prennent le nom de Fedayin (ceux qui se sacrifient) et qui mènent des actions contre les villages israéliens près de la frontière. Combattant palestinien engagé dans la lutte armée pour récupérer les territoires occupés par Israël et défendre la cause d'un Etat palestinien. Les Fedayins sont recrutés parmi les Palestiniens de Transjordanie (Jordanie actuelle), de Syrie, du Liban et de quelques autres pays arabes. Le roi Hussein de Jordanie se déclara le premier des Fedayin en 1968. Fellaghas Nom donné aux partisans armés algériens ou tunisiens qui, à partir de 1954, au temps de la présence française en Tunisie et en Algérie, combattaient pour l'indépendance de leur pays. Fondamentalisme Tendance religieuse conservatrice née pendant la Première Guerre mondiale dans certains milieux protestants attachés à une interprétation littérale des dogmes. Le fondamentalisme islamique prône le retour aux sources de l'islam et l'ennemi, pour ses adeptes, est la tradition figée non la modernité bien compnse.

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Foquisme Stratégie de guérilla développée par Che Guevara dans le livre "La guerre de guérilla" (1960) consistant à créer des foyers de lutte armée à partir des campagnes dans le but de harceler l'armée régulière et les autorités. Guérilla De l'espagnol guerrilla: petite guerre. Fut employé au XIXe siècle à propos des partisans espagnols qui luttaient contre l'occupation française pendant les guerres napoléoniennes. Mais la pratique de la guérilla apparut beaucoup plus tôt. Ainsi la Bible raconte la conquête de Canaan, menée par Josué à la tête des Hébreux qui fut le fruit d'embuscades et de harcèlements de l'ennemi. Lutte armée, menée sur le territoire national par des groupes de partisans composés de guérilleros, contre des troupes régulières ou forces d'occupation, dans le but de défendre une cause politique, sociale, religieuse ou ethnique. Souvent désignée guerre du pauvre, elle utilise l'escarmouche et le harcèlement avec de petites unités. Hezbollah Signifie fou de Dieu ou membre du parti de Dieu, organisation islamiste radicale. Les milices du Hezbollah chiite (parti de Dieu) sont inspirées, financées et soutenues par l'Iran et encadrées par les gardiens de la révolution, les Pasdarans. En 1983, apparaît le Djihad islamique (qui signifie guerre islamique) qui est la branche armée du mouvement chiite Hezbollah. On peut aussi le retrouver écrit sous Hizbullah ou Hizballah. En 2000, le cheikh Nasrallah est à la tête de 1 500 combattants déterminés du Hezbollah soutenu aussi par la Syrie. Il est l'homme clé du Liban sud. Milice chiite pro-iranienne, installée dans la plaine de la Bekaa (Liban), élément du mouvement Djihad islamique et surnommé aussi l'organisation de kidnappeurs. Indépendantisme Désir d'indépendance par rapport à l'Etat dont on dépend (indépendantistes du Québec). Intégrisme Attitude, opinion de ceux qui souhaitent maintenir dans son intégrité, sans qu'il évolue, un système doctrinal et parti religieux donné. Anis Naccache disait de l'intégrisme: "C'est le conservatisme, alors que la démarche religieuse est l'évolution et le changement".

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Interpol Acronyme pour l'organisation INTERnationale de POLice criminelle. C'est un organisme international créé en 1923 pour établir la coopération des polices criminelles. Il regroupe plus de 90 pays. Intifada Signifie en arabe soulèvement. Appelé plus communément fIla guerre des pierres", c'est le soulèvement populaire et nationaliste de Palestiniens nés à Gaza et en Jordanie en 1987. C'est un accident de la circulation entre un véhicule israélien et un taxi collectif palestinien qui est à l'origine de l'Intifada. Le 9 décembre 1987, la jeunesse palestinienne se soulève contre les forces armées israéliennes qui occupent le territoire depuis plus de vingt ans. Les Palestiniens n'utilisent pas d'armes mais ont recours au lance-pierres et à la fronde de David contre le Goliath Tsahal (armée israélienne). Tsahal riposte et tue 23 Palestiniens. Cette guerre des pierres va durer quatre années et s'étendra sur tous les territoires occupés, allant même jusqu'à Jérusalem. De 1987 à 1992, on comptera 1 673 morts (soit 28 morts par mois), 25 000 blessés et plusieurs milliers de prisonniers. La seconde Intifada a commencé le 28 septembre 2000 et a été surnommée l'Intifada d'AI-Aqsa. Elle aura fait pendant les 35 premiers jours des affrontements 145 morts dont 46 âgés de moins de 18 ans et près de 7 000 blessés. "L'Intifada cessera quand un enfant hissera le drapeau palestinien sur Jérusalem", Yasser Arafat. Irrédentisme De l'italien Italia irredenta (Italie non rachetée). A l'origine, mouvement ayant émergé en Italie dans les années 1870. Doctrine politique, au nom de laquelle l'Italie unifiée réclamait l'annexion à son territoire d'un certain nombre de contrées qu'elle considérait comme siennes (notamment: l'Istrie, la Dalmatie, le sud du Tyrol et le Trentin-Haut-Adige), ainsi que quelques territoires français (Nice, Savoie, Corse) mais aussi l'île de Malte et le sud de la Suisse. C'est la théorie des partisans de l'annexion à leur pays de populations de même origine ou de même langue. L'ETA-militaire est un groupe terroriste irrédentiste. Islam Signifie soumission à Dieu. Selon l'usage, islam avec minuscule désigne la religion (comme judaïsme, christianisme. ..) alors que l'Islam avec majuscule désigne l'espace musulman et sa civilisation. Les islamistes mettent toujours une majuscule. Après le judaïsme et le christianisme, l'islam est la troisième grande religion monothéisme révélée. Elle a été transmise par Dieu (Allah, en arabe) au prophète Mahomet (Muhammad, qui veut dire le plus loué). 17

Islamisme Mouvement religieux et politique qui prône l'islamisation générale des institutions et du gouvernement dans les pays musulmans. Les adeptes de l'islam et de l'islamisme sont des islamistes. Isolationnisme Attitude, doctrine d'un pays qui se refuse à participer aux affaires internationales. Ku Klux Klan Appelé aussi le KKK ou les 3K Société secrète américaine fondée vers 1865 dans le sud des Etats-Unis pour entraver l'exercice, par les Noirs, de leurs droits nouvellement acquis. Dissoute en 1877, elle se reconstitua en 1915. Ultra-réactionnaire, antisémite, hostile à l'intégration des Noirs et au communisme, elle fut interdite en 1928 par la Cour suprême, mais continua ses activités, le plus souvent terroristes. On peut dénombrer pas moins de 80 à 90 groupes du KKK plus ou moins reconnus. Léninisme Doctrine de Lénine (Simbirsk, 1870 - Gorki, 1924) révolutionnaire russe, fondateur de l'Etat soviétique. Chef de la fraction bolchevique de la socialdémocratie russe et de ses partisans. Dans ses fameuses "Thèses d'avril", il préconisait la fin immédiate de la guerre impérialiste, l'opposition au gouvernement provisoire, la nationalisation des terres, le remplacement de la police et de l'armée par le peuple en armes. Grand praticien de la révolution, Lénine fut aussi théoricien du marxisme. Il écrivit de nombreux ouvrages: "Que faire?" (1902), "Matérialisme et empiriocriticisme" (1909), "L'impérialisme, stade suprême du capitalisme" (1917), "L'Etat et la révolution" (1918), ''Le gauchisme, maladie infantile du communisme" (1920). Loyaliste Qui proclame son loyalisme, fidélité au régime établi, fidélité à une cause. Maoïsme Doctrine, pensée politique de Mao Zedong. Le maoïsme se présente comme une application du marxisme aux conditions particulières de la Chine et comme une théorie de la révolution démocratique et nationale dans les pays dominés par l'impérialisme. Mouvement politique se réclamant de Mao Zedong, (Shaoshan, Hunan, 1893-Pékin, 1976). Homme politique chinois, militant marxiste dès 1918, l'un des fondateurs du parti communiste chinois. Il devint président de la République populaire de Chine (1954-1959). Après 1959, il resta, en tant que président du parti communiste, le principal personnage de la Chine.

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Maos (les) C'est le nom donné aux mouvements ou groupes politiques de mai 1968 qui étaient inspirés par le communisme chinois. Maronite Catholiques orientaux de rite syrien, rangés sous l'autorité du patriarche d'Antioche à partir du VIlle siècle. Les Maronites se rapprochèrent de la papauté à partir du XIIe siècle et leurs rites subirent l'influence latine. Ils sont environ 1,5 millions. La moitié vit au Liban, l'autre moitié est émigrée en Afrique et en Amérique. Leur langue liturgique est le syriaque. Marxisme Doctrine philosophique, politique et économique de Marx. En réaction contre les philosophies idéalistes et dualistes, le marxisme est un matérialisme qu'on dira historique si l'on considère l'objet de son étude et dialectique si l'on considère la méthode. Karl Marx (Trèves, I8I8-Londres, 1883) philosophe, théoricien de l'économie politique et révolutionnaire allemand. Issu d'une famille d'origine juive convertie au protestantisme, il s'oriente d'abord vers des études de droit et de philosophie. Marxisme-léninisme Doctrine philosophique et politique de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924) et de ses partisans, inspirée du marxisme. Moudjahidin Ou encore Moudjahid, signifie guerrier saint, nom donné aux combattants musulmans de Dieu engagés pour défendre ou faire triompher l'islam. En mourant pour l'islam, le Moudjahidin accède au paradis. Ce sont des combattants pour l'indépendance dans les pays musulmans occupés par des forces coloniales ou étrangères: les Moudjahidin algériens (de 1954 à 1962), les Moudjahidin afghans (depuis 1979). Hiérarchie militaire à trois grades ou niveaux, dont la base est le combattant ou moudjahidin, puis le chef de groupe et ensuite le commandant d'unité. Nationalisme Apparu au XVIIIe siècle, il est utilisé essentiellement pour qualifier les excès du patriotisme jacobin durant la révolution. Plus généralement, on emploie le terme de nationalisme pour évoquer les aspirations à l'indépendance d'un peuple sous domination. On peut également le trouver associé aux idéaux d'un mouvement ou d'un groupe pour lequel les valeurs et les intérêts nationaux fondent l'action politique. Le mouvement nationaliste est fondé sur la prise de conscience par une communauté de ses raisons de fait et de droit de former une nation (Exemple: le nationalisme italien au XIXe siècle ou les mouvements corses). Le nationalisme repose sur l'existence d'un sentiment de communauté liant les individus autour d'une histoire, d'une langue ou d'une religion. Le 19

sentiment et la doctrine nationalistes reposent sur un certain nombre de points communs: - la notion de souveraineté caractérise toujours le nationalisme qui l'exprime dans le cadre d'aspiration à l'indépendance et à la constitution d'un état-nation; - la notion d'unité est toujours présente. Tous les nationalistes s'attachent à défendre et à renforcer la cohésion nationale au détriment du particularisme de toutes sortes; - la prise de conscience de valeurs léguées par un passé commun, entretenues par l'exaltation d'un héros national, la construction d'un mythe national et la commémoration de dates ayant une valeur symbolique (indépendance par exemple). Le nationalisme peut être l'attachement exclusif à la nation dont on fait partie et à tout ce qui lui est propre. C'est aussi une doctrine politique revendiquant la primauté de la puissance nationale sur toute autre considération de rapports internationaux. Nihilisme Scepticisme absolu, négation totale de toute hiérarchie des valeurs. Doctrine qui n'admet aucune contrainte de la société sur l'individu, formée en Russie au XIXe siècle. Philosophie du désespoir des premiers mouvements révolutionnaires russes dont la figure emblématique est Sergeï Netchaïev (1847-1882). Pensée de tous les nihilistes, préférant envisager et provoquer une apocalypse plutôt que de constater leur impuissance à dépasser l'âge des refus, à accéder à l'âge adulte. Un terroriste nihiliste aura pour objectif de faire le plus de morts possible, ce qui n'est pas le cas d'un terroriste classique. Orangistes Protestants d'Irlande du Nord, partisans de l'union de l'Ulster et de l'Angleterre qu'avait réalisée Guillaume III d'Orange-Nassau, roi d'Angleterre (1689-1702) en 1690. Les Orangistes se manifestèrent surtout à la fin du XVIIIe siècle et à la fm du XIXe siècle. Partisans de la dynastie d'Orange, dynastie orangiste. L'ordre d'Orange ou société d'Orange ou d'Orangistes qui fut créé en 1795 est, avec ses 100 000 membres actuels, la congrégation protestante de l'Irlande du Nord. Elle est la gardienne de la tradition protestante morale et rempart contre la réunification de l'île d'Irlande. Ostracisme Procédure en usage à Athènes, permettant aux membres de l'éclésia de bannir pour dix ans un homme politique dont ils redoutaient la puissance ou l'ambition. C'est l'action d'exclure quelqu'un d'un groupe, d'un mouvement ou d'un parti, de le tenir à l'écart.
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Otage Personne qu'on enlève et qu'on utilise comme moyen de pression contre quelqu'un, un gouvernement ou un Etat pour l'amener à céder à des exigences et obtenir ce que l'on exige. Peut être également retenu pour se garantir contre d'éventuelles représailles. Pachtouns Ou encore Pachtuns. Au nombre de vingt millions environ, les Pachtouns sont partagés géographiquement entre l'est et le sud de l'Afghanistan et l'ouest du Pakistan. On en trouve également plusieurs centaines de milliers en Iran oriental. Ce peuple a toujours dominé la vie politique afghane sauf en 1929, puis entre 1992 et 1996. Le mouvement taliban (ou taleban) qui contrôle les deux tiers de l'Mghanistan actuellement est directement issu de ses rangs. Il y a symboliquement le centre politique du pays, Kaboul la capitale de droit, et Qandahâr la capitale de fait, en plein cœur du pays pachtoun. C'est l'un des quatre groupes ethniques formant 50 % de la population afghane. C'est une population segmentée en une nébuleuse de tribus et clans qui s'imbriquent tous dans une mégastructure généalogique probablement unique au monde par son ampleur et vraisemblablement issue d'un seul et même ancêtre mythique Qaïs Abd-al Rashid, un des premiers compagnons de Mahomet. En 1947, avec l'accession à l'indépendance de l'Inde et du Pakistan, l'Mghanistan demanda la tenue d'un référendum d'autodétermination dans la province de la frontière du nord-ouest, région peuplée essentiellement de Pachtouns. Les tensions entre les deux pays persistèrent pendant plusieurs années. Des affrontements sporadiques eurent lieu entre les forces armées pakistanaises et des membres de la tribu pachtoun qui avaient créé, avec l'approbation du gouvernement afghan, un mouvement indépendantiste qui était décidé à établir un état sous le nom de Pachtounistan ou Pathanistan. Panislamisme Doctrine, mouvement politique et culturel visant à l'union de tous les peuples musulmans. Pasdarans Ou gardiens de la révolution. Armée parallèle iranienne de 120 000 hommes qui contrôle le Basi) et qui veille avec sévérité à faire appliquer les directives qui émanent des autorités religieuses. Ils ont permis à l'ayatollah Khomeyni d'entreprendre l'islamisation de la société iranienne. Peshmerga En kurde, cela signifie celui qui donne sa vie en sacrifice. C'est le nom qui désigne les soldats (hommes ou femmes) de la résistance qui se battent pour l'indépendance du Kurdistan. 21

Les femmes peshmerga sont le reflet du modernisme kurde: elles sont choyées par le parti, largement rétribuées et bénéficient d'un statut auquel elles ne pourraient jamais prétendre dans la société civile islamique: émancipées, plus de pression de la famille ou de la religion. L'uniforme de combattante peshmerga leur permet de revendiquer indépendance et féminité. Phalange Formation d'extrême-droite fondée en Espagne en 1933 par José Antonio Primera de Rivera, qui fusionna en 1937 avec d'autres formations, devenant ainsi un parti unique qui soutiendra l'action du général Franco. Les phalanges espagnoles se sont inspirées du fascisme italien. Pierre Gemayel (1905-1984), homme politique libanais, fonda en 1936 les Kataeb, parti des phalanges libanaises au début de la guerre civile. Il fut le principal dirigeant du Front libanais (regroupement de la droite chrétienne) . Phalangiste Membre, militant ou personne d'un groupement politique ou paramilitaire. Pendant la guerre au Liban, le terme de phalangiste est utilisé pour désigner les membres de la faction chrétienne libanaise du leader politique Bachir Gemayel (1947-1982), fils de Pierre Gemayel fondateur des phalanges libanaises et frère d'Amine Gemayel. Homme d'Etat libanais, chef des forces libanaises (regroupement des milices chrétiennes) à partir de 1976, élu président de la république en août 1982, il fut assassiné avant son entrée en fonction. Pir ate de l'air Personne qui détourne ou attaque par la menace un avion au sol ou en vol. Radicalisme Doctrine politique, engagement politique des radicaux et des radicauxsocialistes. Attitude intellectuelle qui consiste à reprendre les questions à partir du commencement, sans tenir compte de l'acquis. Rançon Somme d'argent que l'on donne en échange de la liberté d'une (ou plusieurs) personne kidnappée et retenue en otage. Quelques mouvements terroristes ou de guérilla comme le mouvement séparatiste de l'ET A pratique une sorte de rançon: l'impôt révolutionnaire, forme de racket qui touche les industriels mais aussi la population, comme dans certains pays d'Amérique du sud (Colombie, etc.). Une rançon un peu spéciale: le 4 février 1974, le mouvement Symbionese Liberation Army (SLA) enlève Patricia Hearst, fille d'un magnat de la presse américaine. Les terroristes réclament à la famille, en échange 22

de la libération de leur otage, une rançon très spéciale puisqu'ils demandent plusieurs millions de dollars en denrées alimentaires. Ces denrées devaient être obligatoirement distribuées aux familles et personnes les plus nécessiteuses de Californie. En plus, la famille devait publier dans la presse plusieurs textes et écrits émanants du mouvement. Régionalisme Système politique ou administratif tendant à assurer une certaine autonomie aux régions (régionalisme et séparatisme). Révolutionnaire Personne, partisan, instigateur ou acteur d'une révolution qui favorise ou apporte des changements radicaux dans un domaine quelconque. Salafiste Vient de salaftyya, courant réformiste de l'islam qui au XIXe siècle prônait le retour à la religion pure des anciens appelés les Salafi. Les mouvements ou organisations salafistes sont pour un retour de la religion islamique pure et dure en appliquant les préceptes du Coran à la lettre. Sarin Gaz dit de combat, classé comme agent neurologique s'attaquant au système nerveux central provoquant des convulsions, paralysie des centres respiratoires avec une mort plus ou moins rapide suivant le dosage. On le rencontre sous la forme d'un liquide incolore à jaune foncé. Il a été utilisé pour la première fois par la secte japonaise AUM au Japon d'abord le 5 mars 1995 dans le métro de Yokohama, puis le 20 mars 1995 dans le métro de Tokyo avec plusieurs sacs d'une contenance de six à sept litres, remplis de gaz sarin congelé d'une pureté de 30 %. En 1997, des islamiques liés aux GIA ont été arrêtés en Angleterre avec en leur possession la formule et les produits servant à la fabrication de ce gaz. Secte Groupe de personnes qui, à l'intérieur d'une religion, professent les mêmes opinions particulières. Groupe idéologique et mystique dont les membres vivent en communauté, sous l'influence d'un guide spirituel. Ensemble de personnes étroitement attachées à une doctrine. Séparatisme Opinion de ceux qui souhaitent une sécession politique entre leur région et l'Etat dont celle-ci fait partie (séparatistes basques de l'ET A). Sionisme Mouvement, doctrine idéologique née sous l'influence de Theodor Herzl (1860-1904), qui réclame un Etat indépendant en Israël pour le peuple juif. Il visait à la restauration d'un Etat juif indépendant en Palestine et fut à l'origine de la fondation de l'Etat d'Israël. Il organisa à Bâle (Suisse) le premier congrès sioniste (1897). Il rencontra de nombreuses oppositions au 23

sein même des Juifs de la Diaspora mais fut l'espoir des communautés persécutées d'Europe orientale. Idéologie des partisans de l'Etat d'Israël. La déclaration Balfour de 1917 (de Lord James Arthur Balfour (18481930) qui fut ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni) admet la création en Palestine d'un foyer juif, dont le développement suscita de grandes difficultés et des luttes armées entre Juifs, Arabes et Anglais. La création officielle de l'Etat d'Israël date de mai 1948.

"Sionisme

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Racisme", déclaré par une motion de l'ONU en 1975 et

ensuite abrogé en 1995. Sunnite Qui se rapporte au sunnisme, qui est adepte du sunnisme, musulman sunnite. Les sunnites affirment la légitimité des califes qui succédèrent à Mahomet. Courant majoritaire de l'islam qui se conforme à la sunna. Taliban En Afghanistan, signifie étudiant en religion. Membre d'un mouvement islamique qui s'est emparé de la capitale afghane Kaboul en 1996. Les Taliban sont sunnites. Tamoul ou Tamil Peuple mélano-indien de l'Inde du sud-est et du Sri Lanka parlant le tamoul. Langue dravidienne parlée dans le sud-est de l'Inde et au Sri Lanka. Nom donné aussi à des mercenaires d'origine tamoul en Inde, Sri Lanka (ex-Ceylan) et aux Maldives. Le mouvement terroriste séparatiste tamoul le plus connu est le Liberation Tigers of Tamil Eelam (LITE: Tigres de la libération de l'Eelam tamoul) qui est pour la séparation des régions nord et est du Sri Lanka, à majorité tamoul. Terrorisme Nom utilisé dans la période qui suivit la chute de Robespierre pour désigner la politique de terreur des années 1793-1974. Usage systématique de la violence (attentats, destructions, prises d'otages, etc.) auquel recourent certaines organisations politiques pour favoriser leurs desseins. Traditionalisme Attachement aux notions et valeurs transmises par la tradition. Doctrine ne reconnaissant d'autre source de vérité que la tradition et la révélation (devant lesquelles la raison doit s'incliner). On dit aussi traditionnaire : "qui donne une interprétation de la Bible conforme à la tradition talmudique des Juifs", ils n'ont pas de projet politique. Conservateurs, cultivant la nostalgie du passé, ils entendent préserver les mœurs. 24

Triade Ce terme désigne, de manière générique, les organisations secrètes chinoises. Leur nom dérive des symboles triangulaires qu'elles utilisent fréquemment. Elles sont nombreuses et ont des objectifs et des activités variées (crimes, jeux, recouvrement de dettes, gardiennage, salons de massages, prostitutions, piratage de jeux, de disques CD et logiciels, fraude à la carte de crédit, etc.). Les triades ne sont pas, à priori, des organisations terroristes. Unionisme Doctrine des Unionistes, partisan de l'intégration dans un même Etat de diverses entités nationales ou politiques, notamment aux Etats-Unis pendant la guerre de Sécession et en Grande-Bretagne lorsque les Irlandais revendiquèrent au XIXe siècle le Home Rule (autonomie). Un premier Home Rull Bill (projet de loi d'autonomie) fut présenté à Londres en 1886 par le Premier ministre William Glastone pour tenter de résoudre la question irlandaise mais il ne passa pas à la Chambre des Communes. Il présentera un autre projet Home Rull en 1893 qui sera rejeté cette fois par la Chambre des Lords. Wahhabisme Doctrine puritaine fondée par des musulmans au XVIIIe siècle sous l'impulsion de Muhammad ibn 'abd al-Wahhad (1696-1792). Ils prêchèrent un retour à l'interprétation littérale du Coran et voulurent fonder en Arabie un Etat conforme à leurs principes. L'extension du wahhabisme est interrompue par une réaction des Ottomans de 1813 à 1819. Cette doctrine fut restaurée en 1902 par Abd al-Aziz ibn Saoud, ainsi que l'autorité saoudienne sur un territoire qui sera en 1932 le royaume d'Arabie saoudite. Wahbabites Fondamentalistes islamistes intégristes qui ont inspiré la rébellion indépendantiste dans le Caucase. Ils prêchent un retour à l'interprétation littérale du Coran.

LES DIFFERENTES

FORMES DE TERRORISME

Les différents actes terroristes
Assassinat C'est l'homicide volontaire commis avec circonstances aggravantes (préméditation, guet-apens) par des terroristes pour éliminer des fonctionnaires (policiers, juges, etc.), des politiciens, des journalistes ou individus jugés hostiles (chefs d'entreprises, religieux, responsables d'associations, etc.). 25

Il n'y a pas un mouvement ou une organisation terroriste qui n'ait utilisé cette méthode. Staline disait de l'assassinat: "Enfrapper un pour en éduquer cent". Jambisation C'est un acte violent, pratiqué dans le cadre d'une punition ou d'un avertissement avant une éventuelle exécution. Cela va de simples coups de batte de base-baIl dans les jambes aux coups de pistolet tirés à bout portant dans les chevilles ou les jambes. La jambisation a surtout été utilisée en Italie (Brigades rouges dans les années 1970) mais également au Pays basque français et en Irlande. En Irlande du Nord, les milices paramilitaires, aussi bien catholiques que protestantes, organisent ces attaques punitives à l'encontre des membres de leur propre communauté, déviants politiques ou soupçonnés de délits de droit commun. Les gens des quartiers catholiques d'Irlande du Nord qui étaient confrontés à une importante délinquance, demandaient à l'IRA de punir les délinquants les plus durs et les récidivistes (le délinquant pouvait être un gosse d'une dizaine d'années). Le plus sévère de ces châtiments consistait à détruire par balle un ou les deux genoux. L'IRA utilisa également ce procédé au cours des années 70 et 80 pour tester la valeur d'un nouveau membre. Le futur combattant devait maintenir le délinquant pendant qu'un officier lui tirait dans le genou. Exemples: - en Italie, 3jambisations ont été exécutées sur des journalistes en 1977 et le 4 mai 1978, plusieurs personnalités politiques et industrielles ont été jambélisées ;

-

en Inde, des homme du groupe fondamentaliste

panislamique

Lashkar-i-

Taiôa ont blessé à coups de pistolets dans les jambes deux femmes dans un salon de beauté de Srinagar, capitale d'été de l'Etat du Jammu-et-Cachemire dans le district de Gunikhan. Ils souhaitaient par ce geste sanctionner la tenue vestimentaire de cesfemmes. Kidnapping C'est l'enlèvement, le rapt d'un individu pour obtenir une rançon. De nombreux mouvements ou organisations se servent du kidnapping pour financer leurs activités. Si l'on devait coter en Bourse les techniques de guérilla moderne, nul doute que le kidnapping ou la prise d'otages serait une valeur sûre en forte hausse. 20 000 à 30 000 enlèvements assortis de demande de rançon se produisent chaque année dans le monde. La plupart du temps, ces prises d'otages sont essentiellement motivées par l'appât du gain plutôt que par une quelconque revendication politique, surtout lorsque les kidnappés sont des touristes occidentaux.

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Le 23 avril 2000, des vacanciers étaient enlevés en Malaysia orientale et emmenés de force par des rebelles du groupe d'Abu Sayyaf sur l'île de Jolo, au sud de l'archipel philippin. Cet enlèvement fut très médiatisé. Les amoureux des voyages sont de plus en plus nombreux et deviennent de véritables cibles pour les rebelles, bandits, extrémistes et ravisseurs professionnels avides d'argent et de moyens de pression. Au Yémen, en Casamance (Sénégal), au Cachemire (Inde), en Haïti et dans bien d'autres pays, il ne fait réellement pas bon d'être touriste. Il est vivement conseillé, avant de boucler ses valises, de se renseigner auprès du ministère des Mfaires étrangères et des agences de voyages si le pays de destination choisi est sûr. Il en va de même pour les ongistes, (se prononce phonétiquement D.NG.istes venant du sigle ONG, organisation non gouvernementale). Ces ongistes bénévoles travaillent dans des pays à risque au profit d'associations internationales ou nationales comme le Comité international de la croix rouge (CICR), le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), Médecins sans frontières, Action contre la faim, etc. Les ongistes restent des cibles de choix pour les groupes rebelles et les terroristes. Mais si leur enlèvement débouche souvent sur une libération avec ou sans rançon, il peut également se conclure par un assassinat collectif Les exemples ne manquent pas: enlèvements de plusieurs employés du CICR en Géorgie, massacre de plusieurs bénévoles du HCR au Timor. Un officier américain, le colonel William Higgins, fut kidnappé le 17 février 1988 et exécuté le 31 juillet 1989 à Beyrouth au Liban soit 528 jours après son enlèvement.

Les différents

aspects

du terrorisme

Bioterrorisme Nouvelle forme de terrorisme utilisant en guise d'armes des substances biologiques, chimiques ou bactériologiques. En 1972, un extrémiste de droite est arrêté à Chicago en possession d'environ 35 à 40 kg de culture du virus de la typhoïde. Son but était de déverser ce virus dans le réservoir d'eau de la ville. En 1983, la police américaine a arrêté deux frères possédant quelques grammes d'agents biologiques mortels. En avril 1990, une équipe de la secte AUM lança une attaque contre plusieurs bases américaines au Japon en propageant des germes de botulisme. Heureusement, rien ne se produisit. Ce produit, la toxine botulique, un des plus mortels, est en fait une toxine biologique transmissible par voie digestive avec un délai d'incubation d'un jour à une semaine provoquant fièvre, diarrhée, paralysie et enfm la mort. 27

En 1993, la secte recommença ses expériences d'attentats biologiques avec cette fois-ci des bacilles d'anthrax. C'est cinq ans plus tard, en mai 1998, lors du procès d'un des dirigeants de la secte Aum, que ce dernier avoua que l'attentat biologique de 1993 avait été perpétré. Pendant la guerre du Golfe, on a découvert en Irak des usines et des dépôts contenant des matières biologiques et chimiques. En 1995, utilisation du gaz sarin par la secte Aum lors de deux attentats dans le métro japonais: un le 5 mars à Yokohama, l'autre le 20 mars. En 1995, la première personne à être condamnée dans l'histoire du bioterrorisme est un américain, Douglas Baker, au titre de la loi américaine antiterroriste de 1989 sur les armes biologiques. Les terroristes disposent ainsi d'un moyen supplémentaire pour perpétrer de nouveaux attentats. Super terrorisme On parle de super terrorisme lorsque le but recherché est de faire un grand nombre de victimes. Pour ce faire, on utilisera des armes dites de destruction massive (ce terme vient, à l'origine, de la terminologie du traité de Varsovie: l'utilisation du nucléaire, du biologique et du chimique: NBC). On retrouve maintenant dans cette appellation l'usage en très grandes quantités d'explosifs de forte puissance (exemple: l'attentat du World Trade Center à New York, utilisation d'explosifs et de bouteilles de gaz) ou d'armes bactériologiques. En décembre 1995, des indépendantistes tchétchènes menacèrent de faire exploser une bombe nucléaire artisanale, correspondant en fait à une bombe explosive classique contenant des résidus radiologiques qui, au moment de l'explosion, aurait dispersé des particules radioactives, contaminant ainsi la ville de Moscou. Pour affirmer leurs intentions auprès des autorités moscovites et russes, ces activistes tchétchènes déposèrent dans un parc public de Moscou une certaine quantité de césium 137 hautement radioactif. Terrorisme à cause unique Très proche du terrorisme religieux quant au fond mais différent quant au ciblage des objectifs, le terrorisme à cause unique s'est développé dans les pays anglo-saxons. Il est généralement le fait de groupes militants rassemblés autour d'une idée particulière mais qui n'ont pas généralement de projet politique global. Ce terrorisme comprend les mouvements végétariens, écologistes (éco-terrorisme), antispécistes (Front de libération des animaux) et anti-avortements. Pour les groupes anti-avortement (anti-abortioniste), ils peuvent prôner l'usage de la violence contre les avocats qui défendent la cause du libre choix et/ou aussi le meurtre des médecins qui pratiquent l'avortement. Terrorisme communautaire Cette catégorie renvoie aux minorités indépendantistes en lutte contre un Etat. Cela pourrait également s'appliquer aux mouvements nationalistes, 28

sécessionnistes ou même irrédentistes qui se développent lorsque des frontières politiques ne correspondent pas aux frontières linguistiques et culturelles (Exemple: les Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul au Sri Lanka ou encore le Mouvement de libération du sud Tyrol (Trentin-Haut-Adige). Terrorisme de droit commun C'est l'usage de la terreur pour satisfaire des objectifs exclusivement criminels. Dans cette catégorie, tombent le terrorisme de la mafia en Italie, UNABOMBer aux Etats-Unis, le narcoterrorisme en Amérique du sud ou le terrorisme philippin. Terrorisme d'Etat Ce terrorisme est surtout l'utilisation illégale et illégitime de la violence. Il est pratiqué par tous les Etats, à un moment ou un autre, sous le fameux couvert du secret d'Etat ou de la raison d'Etat. Il peut aussi s'agir de pays réglant leurs comptes par tueurs interposés avec des opposants réfugiés dans des pays tiers ou faisant exécuter, à titre de représailles, les représentants de pays hostiles ou supposés tels. Ce terrorisme est perpétré soit par attentats, soit par assassinats commis contre des personnalités du monde politique (affaire Chapour Bakhtiar). C'est aussi le recours systématique à des mesures d'exception, à des actes violents par un gouvernement agissant contre ses propres administrés et par extension contre les populations d'un Etat ennemi. Le 5 mai 1989, le président du parlement iranien, Hachemi Rafsandjani lance à tous les Palestiniens un appel au meurtre de tous les Français, Britanniques et Américains en représailles à la brutalité sioniste en Palestine. Terrorisme d'extrême-droite ou de gauche Il occupe une place particulière car il ne s'inscrit pas dans une logique de désagrégation de l'Etat. Au contraire, son objectif est de créer et de mettre en évidence une situation de chaos qui doit pousser l'Etat à renforcer sa présence, voire instaurer un régime de dictature. C'était la stratégie du terrorisme noir pendant les années 1980 en Italie (un peu plus de 240 morts entre 1974 et 1981). Terrorisme de guérilla Il s'inscrit dans un processus révolutionnaire ou dans une guerre de libération en cours et bénéficie d'un large soutien populaire. Il s'agit, par exemple, de la résistance contre l'occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale, l'Irgoun sioniste pour lutter contre les Arabes puis les Britanniques en Palestine mais aussi les séparatistes tamouls (Inde) ou la résistance afghane. Terrorisme informatique Il est le fait de détruire ou de corrompre des systèmes informatiques, dans le but de déstabiliser un pays ou de faire pression sur un gouvernement. Il ne peut être vraiment efficace que si cet acte est établi sur une stratégie à long terme et sur la maîtrise d'un très grand nombre de facteurs. 29

On peut considérer trois formes d'agression informatique: - la première s'apparente à l'action psychologique traditionnelle: on utilise le vecteur pour faire passer des messages en comptant sur la capacité de communication du médium pour produire des effets d'influence qui incluent la persuasion douce et l'intoxication pure et dure; - la deuxième constitue un acte de violence simple puisqu'il s'agit de détruire extérieurement un terminal constituant un nœud stratégique dans un réseau donné (financier, transport, communication) partout où il y a gestion de flux denses; - la troisième forme est une agression interne ou piratage des systèmes informatiques de manière parfaitement synchronisée et de très longue haleine. Elle prend différentes formes comme par exemple l'infiltration d'agents dans différentes compagnies qui pourront insérer dans les systèmes informatiques des virus, chevaux de Troie, embouteillage, bombes logiques. .. Un programme ou un morceau de programme est alors placé dans un ordinateur avec pour but la destruction ou la modification de données ne se déclenchant que lorsqu'une certaine condition se réalisera, par exemple lorsque le nom d'un employé est effacé de la liste des employés (technique utilisée comme vengeance en cas de licenciement). On retrouve également les back doors (littéralement "porte de derrière"), programmes créés par un informaticien qui lui permettront de pénétrer dans un système informatique, lorsque celui-ci aura été installé chez le client et ce, à l'insu de ce dernier. Il est possible de mener trois types d'actions contre un système d'informations: - l'attaque physique qui consiste à endommager les équipements de manière classique par des actes terroristes tels que bombe, incendie, etc. ; - l'attaque syntaxique qui consiste à modifier la logique du système, afin d'y introduire des délais ou d'en rendre le comportement imprévisible au moyen de virus ou de chevaux de Troie; - l'attaque sémantique plus perfide. Elle exploite la confiance qu'ont les utilisateurs dans leurs systèmes. En fait, il s'agit de modifier les informations en entrant ou en sortant de ces systèmes, à l'insu des utilisateurs afin de les induire en erreur. Terrorisme intellectuel C'est un mécanisme totalitaire pratiquant le mensonge, l'anathème, le procès d'intention et/ou la chasse aux sorciers. Il fait obstacle à tout vrai débat sur les questions essentielles qui engagent l'avenir d'une région, d'un pays, d'une nation ou encore d'un mouvement ou d'une organisation. Ce genre de terrorisme peut aussi consister à assimiler injustement un adversaire, une personne à un groupe ou un mouvement pour le déconsidérer des autres personnes. 30

Cela peut être aussi des paroles offensantes ou des expressions outrageantes allant jusqu'à des termes de mépris qui ne renferment l'imputation d'aucun fait. Terrorisme de marginal C'est le fruit d'une poignée d'illuminés qui tentent d'entamer un processus révolutionnaire mais sans aucun support populaire. Ces mouvement revendiquent généralement la théorie du Foco de Che Guevara qui prône l'action terroriste pour mobiliser les masses. Dans cette catégorie figure la Bande à Baader ou la Fraction armée rouge (RAF) en Allemagne, les Brigades rouges (BR) en Italie ou Action directe (AD) en France. Terrorisme politique Bien que situé en dehors d'un processus révolutionnaire, il constitue le mode d'action de partis politiques officiels dont il exploite le soutien populaire. C'est le cas de l'Irish Republican Army (IRA) en Irlande, de l'Euskadi Ta Askatsuna (ETA) en Espagne. Sa distinction avec le terrorisme de guérilla est souvent délicate. Un des objectifs du terrorisme politique est de faire connaître le mouvement et ses intentions. Il s'inscrit à la fois dans les concepts du marxisme de corrosion d'ordre social et de propagande armée. Terrorisme religieux Il est plus récent, au moins sous sa forme moderne et s'inscrit dans une croisade contre l'infidèle. Il se veut porteur d'un message religieux. Il se rapproche du terrorisme politique mais s'en distingue par une violence plus intense. Il a fait son apparition en 1980, un an après la révolution iranienne et se voudra et sera un modèle pour presque toutes les organisations islamiques en appelant à la guerre sainte. Le plus ancien et le plus important terrorisme religieux qui se pratique au nom de l'islam est celui des Chiites avec entre autres 247 attentats pour 1 057 victimes entre 1982 et 1989. Dans cette catégorie, on retrouve aussi le terrorisme islamique (Hezbollah, GIA, AIS, etc.), hindou et la secte japonaise de AUM Shinri Kyo. Entre 1982 et 1989, 8 % des actes terroristes furent des attentats religieux faisant à eux seuls plus de 30 % de victimes. En 1992, le terrorisme religieux représentait le quart du terrorisme actif soit onze mouvements sur quarantehuit. En 1995, ce terrorisme représentait le tiers du terrorisme actif soit vingt-cinq mouvements sur cinquante-huit. Le fondamentalisme religieux passe au-delà des frontières et transcende tous les ennemis du grand Satan (pour désigner les Etats-Unis) et du petit Satan (pour Israël). Terrorisme révolutionnaire Ce type de terrorisme d'inspiration révolutionnaire a été circonscrit en Europe dans les années 1970. Il s'inspire en général des idées marxistes dans 31

leur variante léniniste. L'idée en a été que: "la violence est l'accoucheuse de l'histoire" ce qui amèna certains mouvements à chercher à forcer le cours de l'histoire par la propagande armée. L'Italie avec les Brigades rouges et l'exRépublique fédérale allemande avec la Rote Armee Fraktion (Fraction armée rouge) ont été les plus marqués des pays européens. Les mouvements terroristes peuvent faire partie aussi bien de la tendance extrême-droite (néo-nazisme, antisémitisme, racisme ou néo-fascisme) qu'extrême-gauche (marxisme, léninisme ou maoïsme). Terrorisme social ou social-terrorisme C'est le plus récent mais aussi le moins violent. Il peut être initié par Monsieur tout le monde suite à un conflit social, par exemple, au cours duquel des ouvriers et des employés prennent en otage leur entreprise ou leur usine afm d'infléchir le patronat et certaines instances gouvernementales dans le but de défendre leurs droits et faire valoir leurs revendications. Les protagonistes menacent alors d'avoir recours à des produits dangereux (acides, gaz, solvants, produits pétroliers, etc.) qui, répandus dans la nature, peuvent provoquer une pollution importante ou bien encore de détruire partiellement ou totalement les installations générant un risque majeur de pollution ou d'accident très grave pour l'environnement et pour les populations environnantes. Ils utilisent également une autre tactique (très prisée par certains mouvements ou organisations terroristes) avec la médiatisation de leur conflit: la présence de journalistes, de photographes, de chaînes de télévision et de radios nationales voire internationales leur permet de faire connaître leurs revendications sociales. Le terrorisme social violent est apparu en France début 2000 : dans les Ardennes prise en otage d'une usine contenant des produits toxiques. En Alsace, c'est une brasserie détenant des cuves de gaz qui sera prise en otage.

Les différentes

catégories

de terrorisme

Catégorie autonomiste Sympathie d'une partie, même limitée de la population, dans laquelle elle évolue. C'est le cas pour les mouvements corses ou bretons. Catégorie déstabilisatrice Art de susciter des attentats spectaculaires. Catégorie ethnique Se rapporte aux causes religieuses, régionales ou linguistiques. Catégorie idéologique Cohésion que confère une doctrine élaborée et appliquée avec fanatisme. Elle concerne les anarchistes, les gauchistes, les communistes, les écologistes et l'extrême-droite (Exemples: Action directe, groupes antisémites, antinucléaires ...).
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Catégorie nationaliste Capacité à s'organiser et à trouver les moyens nécessaires à l'action (armes, explosifs, moyens de transmission...). Elle concerne les anticolonialistes ou les irrédentistes (IRA, ETA, OLP...) Catégorie pathologique Il se caractérise par son aspect imprévisible et la capacité des personnes concernées à dissimuler leurs intentions et leurs activités. Catégorie politique (terrorisme d'Etat) C'est l'usage de moyens importants et le recours au professionnalisme des acteurs (Exemple: les Groupes antiterroristes de libération (GAL) utilisés par le gouvernement espagnol sur le sol d'Espagne ou de France ou encore l'utilisation de services spéciaux par le gouvernement israélien). Catégorie subversive Qui vise à déstabiliser un type de société. La Fraction armée rouge, la Bande à Baader ou les Brigades rouges sont les meilleurs exemples.

LES DIFFERENTES

FORMES D~TTENTATS

Attentat par procuration L'engin explosif est posé par un individu contraint ou dissimulé dans un véhicule à l'insu du propriétaire. Cette pratique a été développée par l'IRA en Irlande du Nord. Attentat à la voiture piégée L'objectif est de blesser ou tuer l'occupant d'un véhicule. On utilise une faible quantité d'explosif (de 1 à 5 kg) qui sera placée dans un endroit stratégique du véhicule tel que le siège du conducteur, le réservoir, etc. Les villes les plus touchées en Europe sont: Belfast en Irlande du Nord avec l'IRA ; Madrid en Espagne avec 1'ETA basque; Beyrouth au Liban avec le Hezbollah; la Corse en France à partir de 1999. Attentat au véhicule-bombe Il a pour objectif de détruire une cible mobile ou fixe. Il se présente sous la forme d'un véhicule en stationnement (voiture, camion, vélo, moto, etc.) qui sera positionné sur le passage de la cible mobile ou à proximité de la cible fixe (véhicule stationné dans une rue ou dans un parking souterrain). On utilise une forte quantité d'explosif (de 10 à 500 kg). Exemple: attentat à Oklahoma City contre un immeuble administratif avec 500 kg d'explosifs faisant 168 morts et 674 blessés. Attentat embuscade Appelé aussi Road Side Bomb (RSB). Engin explosif d'un grande capacité de destruction. Il peut être télécommandé ou radiocommandé. La 33

Road Side Bomb est destinée à détruire ou neutraliser les véhicules et/ou les personnels se trouvant sur un itinéraire. Le but de la RSB est de créer un climat d'insécurité permanent et une psychose du danger durant les déplacements. Elle peut viser des forces militaires structurées d'occupation comme au Sud-Liban contre les Israéliens de Tsahal (forces de défense d'Israël) ou d'interposition comme les forces internationales du mandat de l'ONU au Liban. Elle peut être aussi employée contre des autorités particulièrement protégées. Pour exemple, l'attentat en Espagne contre l'amiral Luis Carrero Blanco avec 100 kg d'explosifs dissimulés dans un tunnel sous la route, tunnel creusé clandestinement pendant des semaines par les terroristes. Ce genre d'attentat occasionne des pertes et des dégâts pouvant être très importants sur le plan matériel mais également sur le plan psychologique. La bombe est déclenchée soit sous l'action involontaire de la cible (fils pièges), soit à distance par le terroriste avec un moyen électrique, mécanique ou radio commandé (bippeur, téléphone portable, etc.). La charge explosive peut faire plusieurs centaines de kilogrammes, complétée parfois par des munitions tels que mines, grenades, obus de mortiers ou d'artillerie. Des éléments divers peuvent être rajoutés pour augmenter la fragmentation et les éclats tels des cailloux, de la ferraille, des boulons et des clous. Ces engins sont généralement bien camouflés, se confondant avec la nature et le terrain environnant. Ils peuvent être posés sous un tas de gravats ou de cailloux, sous une plaque d'égout, une canalisation de bord de route ou un petit pont... Les RSB ont été utilisées au Liban, ex-Yougoslavie (appelé fugasse), en Allemagne, en Espagne et en Italie. Attentat-suicide C'est un acte suicidaire volontaire dont la cause peut être politique, religieuse ou éventuellement sociale (et non psychologique ou morale). L'apparition des attentats-suicides s'est produite dans les années 1980 au Liban, au Koweït et au Sri Lanka. Ils s'étendirent une dizaine d'années plus tard dans de nombreux pays comme Israël, l'Inde, l'Algérie, le Pakistan, le Kenya mais aussi en Turquie, au Panama, en Croatie, en Chine et en Argentine. Ce type d'attentat est exécuté par une ou plusieurs personnes et par nature devient imprévisible et imparable. Le suicidaire, appelé couramment bombehumaine, porte l'explosif sur lui (vêtement bourré d'explosifs) ou avec lui (dans un sac, une valise), ou se jette au volant d'un véhicule rempli d'explosifs (moto, voiture, camion et même vélo) contre l'objectif, provoquant ainsi l'explosion et son propre suicide.

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Les cibles visées sont multiples: infrastructures ou bâtiments civils, militaires, politiques, économiques ou culturels mais aussi groupes de civils et personnalités politiques ou militaires. Une dizaine de groupes terroristes sont capables de pratiquer ce type d'attentat. Les plus connus sont le Djihad islamique et le Groupe islamique égyptien, le mouvement Sikh BKI en Inde, le PKK en Turquie, les membres du réseau d'Oussama Ben Laden et dernièrement le Mouvement tchétchène ainsi que les Tigres tamouls du LTIE qui sont les plus actifs dans ce domaine, suivi du Hezbollah et du Hamas au Liban. Certains de ces mouvements ont conduit des opérations à l'extérieur de leur pays d'origine, comme le Hezbollah en Israël et en Argentine et les Tigres tamouls du LTIE en Inde. Le LTTE est d'ailleurs le seul à pouvoir revendiquer l'assassinat par attentat-suicide de deux chefs d'Etat: le Premier ministre indien Rajiv Gandhi et le président du Sri Lanka, Ranasinghe Premadasa. La Croatie et le Pakistan ont également été touchés par des attentatssuicides commis par des mouvements extérieurs au pays (organisations égyptiennes). L'organisation Oussama Ben Laden utilisa un Egyptien contre les ambassades américaines en Afrique en 1998. Le PKK turc a déjà menacé l'Allemagne d'opérations-suicides (il y réside une très forte population kurde) mais n'est pas encore passé à l'acte. L'avantage des attentats-suicides, par rapport aux attentats classiques, est double. D'une part, ils génèrent des martyrs, d'autre part ils protègent les autres membres du réseau. La martyrologie est un élément très important dans l'Islam et pour certains autres mouvements. Plus il y a de volontaires prêts à mourir pour la cause, plus celle-ci apparaît juste. Par ailleurs, la mort assurée du terroriste garantit la sécurité du reste du groupe: un terroriste blessé peut être arrêté, torturé, emprisonné et jugé. Plus besoin de le recueillir, d'organiser sa fuite, de lui trouver une couverture, etc. Dans de nombreux pays musulmans, la participation des femmes à des attaques terroristes est plutôt limitée en raison des valeurs islamiques mais certains mouvements libanais ont déjà eu recours à leurs services dans des attentats-suicides. Le Mouvement tchétchène se sert également des femmes et au Sri Lanka plus de 30 % des attentats-suicides ont été conduits par des femmes. Elles sont moins suspectes au premier abord et, dans les pays musulmans du Moyen-Orient ou d'Asie, elles sont moins concernées par les fouilles corporelles. De plus, une femme peut cacher une importante charge d'explosifs sous ses vêtements (robe, djellaba, etc.) ou encore prétendre être enceinte. Quelques exemples: - le 3 mars 1996, un attentat-suicide fait 26 morts à Jérusalem (Israël). Un terroriste, membre du Hamas, est monté dans un autobus avant de déclencher la bombe qu'il avait sur lui. 35

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le 14 juin 2000, à Wattala, à une dizaine de kilomètres

de Colombo au

Sri Lanka, un commando suicide tamoul des LTTE s'est donné la mort en faisant exploser sa bicyclette bourrée d'explosifs contre un bus transportant des militaires. Bilan: plusieurs morts. Attentat à la lettre ou colis piégé Deux cas de figure: - les envois sont adressés par voie postale à des destinataires précis dans le but de les blesser ou les éliminer; - l'expédition de lettres ou colis piégés tous azimuts sans destinataire précis afin de créer un climat de terreur et de psychose (ces envois sont le plus souvent ouverts par un ou une secrétaire ou du personnel subalterne). Ce procédé est très utilisé par l'IRA, le Mossad israélien et quelques mouvements palestiniens. Le premier envoi d'un colis piégé eut lieu en juin 1895 où un petit colis de quelques kilos fut ouvert dans une poste de Berlin. Il était destiné à un officier de police. Le dispositif était constitué d'un petit revolver relié à un réveil et chargé de poudre noire. Exemples: - campagne de lettres piégées adressées aux bureaux américains et londoniens du journal saoudien AI-Hayat entre décembre 1996 et janvier 1997. En moins de deux mois, seize lettres ont été expédiées à divers destinataires; - UNABOMBer (Etats-Unis) a commis au moins seize attentats en 1978 et 1996 ; - Septembre noir en 1970 a envoyé des lettres piégées aux organismes officiels israéliens. Attentat aux transports aériens Il se présente sous différentes formes: Destruction d'avion par explosif Une charge explosive est déposée à bord d'un avion dans le but de le détruire en plein vol. Suivant le type d'explosif (TNT, Semtex ou différents plastiques) une charge de 300 à 500 g suffit à endommager l'avion. C'est la dépressurisation qui s'en suit qui provoquera la destruction de l'appareil. Exemple: l'explosion en plein vol du DC 10 de la compagnie française UTA, au-dessus du désert du Ténéré (région du Sahara) le 19 septembre 1989 faisant 170 morts parmi les passagers et les membres de l'équipage; Destruction d'avion avec une arme Cette forme d'attentat est rarement utilisée mais peut se faire au moyen de deux types d'armes: - le missile (comporte un système de propulsion - moteur/fusée, un système de guidage et une charge explosive de grande puissance possédant son propre dispositif de guidage) ; 36

- la roquette (projectile autopropulsé, utilisé notamment comme arme antichar). On ne relève pas d'usage terroriste de missiles antiaériens contre des avions civils, hormis une tentative à l'aéroport de Fiumicino à Rome à la fin des années 1970 contre des avions de ligne rhodésienne. Toutefois, des attaques avec des missiles sol-air de type SA 7 Strela (exUnion soviétique) ou FIM 92A Stigger (Etats-Unis) ont été observées contre des appareils de l'ONU en Angola en 1994 et 1997. Les Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC, mouvement marxiste de Colombie) auraient des missiles sol-air de type SA7, SA 14, SA 16. Le 13 janvier 1975 à l'aéroport d'Orly sud à Paris, deux hommes du commando Mohammed Boudia tirent à la roquette soviétique de type PG 7 sur un Boeing 707 de la compagnie aérienne israélienne d'El Al. La cible est ratée par deux fois et la roquette explose contre le fuselage d'un DC 9 de la compagnie yougoslave JAT faisant 3 blessés. Le commando a réussi à prendre la fuite. Détournement d'avion Le détournement d'un avion peut être l'acte d'un déséquilibré, d'un criminel de droit commun (acte souvent improvisé) ou de personnes cherchant à fuir vers un autre pays (candidats à l'exil) mais rarement le fait d'une organisation terroriste. Dans ce cas, le détournement devient plus spectaculaire et problématique car les pirates de l'air n'attendent que très rarement de l'aide de l'extérieur et souhaitent plutôt attirer l'attention sur leur cause. En prenant pour otages les passagers et membres de l'équipage, les terroristes souhaitent faire aboutir leurs revendications (demande de rançon, d'asile politique, libération de terroriste(s) emprisonnées) ou pression politique sur un Etat). Lorsque le détournement d'un avion est l'acte d'un déséquilibré, d'un criminel ou d'un candidat à l'exil, la situation est généralement récupérable et négociable. Par contre, dans les autres cas, les négociations sont plus délicates à mener et peuvent aboutir sur l'intervention d'unités spéciales. Après le détournement, en juin 1985, d'un avion de la compagnie aérienne américaine TWA, détournement qui dura dix-sept jours, 1,8 millions d'Américains annulèrent leur voyage à l'étranger par ce moyen de transport. Pourtant, la probabilité d'avoir un attentat est d'une chance sur 380 000. Les premiers détournements d'avions ayant pour but d'obtenir un asile politique apparurent en 1948. Il s'agissait alors de passer le rideau de fer de l'est vers ouest. De nombreuses compagnies aériennes des pays de l'Est furent touchées comme les compagnies bulgare BVS, hongroise MSL T, yougoslave JAT, roumaine TARS et polonaise LOT mais aussi tchécoslovaque CSA (Ceskoslovensko Aeroline). 37

A partir de 1949, les compagnies chinoises comme la China Aviation Corporation furent l'objet de nombreux détournements, les pirates de l'air désirant gagner l'île de Taiwan. Quelques années plus tard, en 1958 mais surtout dans les années 60 et 70, les prétendants au voyage pour Cuba, firent de l'aéroport de La Havane un aéroport spécialisé dans la récupération et l'atterrissage des appareils demandant l'asile politique. La CCA cubaine fut utilisée le plus souvent mais aussi la Cohata haïtienne, la BSACS brésilienne, l'Aerolineas Argentinas, la Lanica nicaraguayenne, la TAME ou SAETA équatorienne, l'Aerocondor ou SAM colombiennes, l'Avenza ou Linea Aeropostal Venezola, mais aussi les Delta, National, Northwest, Eastern, United, Continental, ou American Airlines, Air Florida ou Pan Am américaines, Alaska Airlines et Air Canada. Fait unique et technique surprenante, le 17 septembre 1980, un Boeing 727 de Delta Airlines avec III personnes à bord est détourné sur Cuba par des pirates munis d'un bidon d'essence et d'un briquet mais les autorités cubaines renvoyèrent l'avion aux Etats-Unis. Le 24 mars 1950, trois avions de type DC 3 de la compagnie tchécoslovaque CSA en provenance de Brno, Ostrava et Bratislava sont détournés en même temps par leurs 83 passagers et membres d'équipage. Ces trois avions se rendaient sur Prague. Ils se posèrent en Allemagne, en zone américaine. Ce scénario se répétera le 22 septembre 1968 : deux appareils de la compagnie colombienne Avianca sont détournés sur La Havane et Santiago de Cuba par les passagers et les membres de l'équipage. Les moyens utilisés pour commettre un détournement à des fins d'asile politique furent de toutes sortes: des passagers ou adolescents avec ou sans consentement des équipages, déserteurs de l'armée américaine, détenus ou braqueurs de banque évadés, personnes isolées, en couple avec ou sans leurs enfants, armées d'armes blanches, couteau, rasoir, pic à glace, fusil de plongée, grenades, pistolets, fusils, répliques d'armes à feu, de fausses bombes portées par le pirate ou seulement une télécommande déclenchant une bombe cachée (ou soi-disant cachée) en soute dans les bagages, bombes aérosol, bidon d'essence et briquet, menace d'incendie en déversant de l'essence dans les allées de l'avion ou cocktail Molotov mais aussi avec un tesson de bouteille. En fait tous les moyens sont bons pour arriver à quitter son pays et obtenir un asile politique. Des révolutionnaires brésiliens et cubains pirateront aussi des avions dans les années 50 et 60 pour faire valoir leurs droits et parvenir à la reconnaissance de leur lutte. Le 7 décembre 1981, trois avions sont détournés par 15 révolutionnaires vénézuéliens. Les trois appareils, deux DC 9 de la compagnie LAV et un Boeing 727 d'Avenza, feront un petit tour en Amérique latine. Après les négociations et la libération des otages, les DC 9 se poseront au Honduras et le Boeing au Guatemala. Les pirates seront ensuite conduits à Cuba. 38

A partir des années 1980 et jusqu'à la fin des années 1990, la compagnie Ethiopian Airlines est prise à son tour dans la tourmente des détournements d'avions par des personnels civils ou militaires qui veulent fuir leur pays. La destination fmale de ces pirates sera surtout l'aéroport de Djibouti mais aussi celui de Nairobi au Kenya. Presque toutes les milices religieuses comme les Fedayins, Pasdarans, Moudjahidin, Hezbollah, Chiites, Tamouls, Sikhs participeront à des sabotages, tirs, destructions ou détournements d'avions. Quelques exemples: - (GIGN) sur l'aéroport de Marseille lors du détournement d'un avion d'Air France en provenance d'Alger le 24 décembre 1994 avec 236 passagers à bord. A l'issue de l'assaut, 3 passagers et tous les membres du commando (4 terroristes du GIA) sont tués;

-

Ie 23 janvier

2000, un Boeing

747 de la compagnie

Ethiopian

Airlines

est

détourné par Getachew Mu lat, un ancien officier éthiopien armé d'un couteau. En échange de l'asile politique, il libérera les 43 occupants de l'appareil. Attaque des installations aéroportuaires ou d'avions Cette technique est différente des autres car les terroristes ne s'attaquent pas directement aux avions. Ils s'en prennent plutôt aux infrastructures, moyens de transport (bus), bâtiments ou comptoirs d'une compagnie aérienne. Mais ils peuvent aussi s'en prendre aux avions en stationnement ou en mouvement. Une des compagnies les plus touchées dans le monde fut sans doute la compagnie aérienne israélienne El Al qui a dû renforcer sa sécurité en mettant dans chaque vol un agent de sécurité armé se faisant passer pour un simple passager. Des mesures particulières ont dû être prises sur certains aéroports internationaux pour assurer la sécurité des comptoirs d'El Al : accompagnement de l'avion jusqu'à son décollage par un véhicule de la police ou de la gendarmerie mais aussi surveillance permanente des installations, des avions au sol, de toutes les opérations d'embarquement ou de débarquement des passagers et surveillance du fret prévu dans l'avion (plateaux repas, bagages, etc.). Attaque d'un bus transportant des passagers de l'aérogare à J'avion Le 18 février 1969 sur l'aéroport de Munich (Allemagne), un commando du FDLP (Front démocratique de libération de la Palestine) composé de trois terroristes (un Egyptien et deux Jordaniens) attaque un bus de l'aéroport transférant vingt passagers et les membres d'équipage vers l'avion de la compagnie israélienne El Al. Pendant plusieurs minutes, le commando ouvrira le feu et lancera des grenades blessant plusieurs personnes ainsi que le commandant de bord. Après un déluge de feu entre les forces de l'ordre et les terroristes, le commando se rendra aux policiers allemands. 39

Attaque au fusil mitrailleur et grenades contre un avion roulant sur taxiway Le 18 février 1969 sur l'aéroport de Zurich (Suisse), une Coccinelle Volkswagen conduite par un commando du FPLP roule sur la piste 28. Arrivé à la hauteur du Boeing 707 de El Al (vol 432), le commando, composé de trois hommes et d'une femme, ouvre le feu sur la cabine de pilotage et blesse grièvement le copilote. L'avion est immobilisé mais le commando continue à tirer et à lancer des grenades sur l'appareil. Un pseudo-passager, déclaré comme étudiant à l'enregistrement des bagages et qui est en fait un personnel de sécurité de El Al, arrive à ouvrir une des portes d'accès de l'avion et riposte tuant un des terroristes. En sautant du Boeing, il en blesse un autre. Quelques minutes plus tard, la police et les pompiers de l'aéroport de Zurich arrivent sur place et neutralisent les terroristes. Détournement d'avion avec saut en parachute Le 25 novembre 1971, après le décollage du Boeing 727, vol 305, de Northwest Airlines de l'aéroport de Portland dans l'Oregon (Etats-Unis), Michael Cooper appelle une hôtesse de l'air. Il lui demande d'être discret et calme en lui montrant une mallette qu'il a sur ses genoux, contenant un dispositif explosif qui pourrait pulvériser l'avion en plein vol. Le pirate réclame 200 000 dollars ainsi que quatre parachutes à l'atterrissage de l'avion à Seattle. En cours de vol, le FBI confirme au terroriste que la rançon et deux parachutes militaires l'attendent. Non satisfait, le pirate exige deux parachutes supplémentaires de type sportif. Michael Cooper savait qu'en demandant plusieurs parachutes, le FBI penserait que le terroriste quitterait l'avion avec au moins un membre de l'équipage et les forces de police ne pourraient rien entreprendre contre lui. A Seattle, le pirate libère deux hôtesses en échange de la rançon et de ses parachutes puis l'avion redécolle. Cooper exige alors que le commandant de bord prenne la direction de Mexico. En cours de vol, le pirate demande à ce que l'avion vole à 190 nœuds et seulement 10 000 pieds avec les volets pleins sortis. Pendant ce temps, les autorités font décoller un avion de transport de type C 130 Hercule et deux chasseurs de l'US Air Force pour suivre le vol 305 Northwest. Lorsque le Boeing 727 arrive au dessus de la région de Southern Washington, l'alarme d'une issue de secours s'allume, mais l'équipage ne peut rien faire car tous les membres sont enfermés dans la cabine de pilotage. A l'atterrissage à Reno dans le Nevada, pour faire le dernier plein avant de rejoindre Mexico, l'équipage constate au bout d'une vingtaine de minutes que le pirate de l'air a quitté l'avion en plein vol aux yeux et à la barbe des avions de l'US Air Force qui ne se sont rendus compte de rien. A ce jour, Michael Cooper court toujours. 40

De 1963 à 1967, seulement quatre détournements d'avions ont été comptabilisés alors que de 1968 à 1970, soixante-et-onze tentatives ont été faites pour un total de vingt-six détournements réussis pour la seule année 1971. En 1970, une piste d'aviation désaffectée de l'aéroport militaire de Zarka en Jordanie fut baptisée l'aéroport de la révolution car elle a servi à plusieurs détournements d'avions. Des conférences de presse et visites guidées pour les journalistes internationaux étaient même organisées pendant les périodes de piratage de ces avions.

ORGANISATION,

STRUCTURE ET EVOLUTION

Sous le label terrorisme, on retrouve un grand nombre de formations portant les appellations de bande, colonne, commando, groupe ou groupuscule informel de combattants, front de libération nationale, mouvement révolutionnaire, radicalisme religieux, organisation structurée, hiérarchisée, compartimentée ou secrète, armée irrégulière, etc. Le dénominateur commun de toutes ses formations est le recours à la violence à des fins politiques ou religieuses. A la base: Membres actifs Ils forment le noyau central et recherchent, décident et agissent (assassinats, attentats à la bombe, etc.). Militants Ils sont aussi appelés membres clandestins. Ils s'occupent de la recherche de fonds, de l'échange de devises étrangères volées, des vêtements, des faux papiers, du transport du courrier, des messages, des armes, des munitions et des explosifs, des caches et de leur sécurité ponctuelle. Sympathisants Ou membres non clandestins, ils proviennent de la population (étudiants, militants politiques ou religieux, etc.). Ils aident les militants ou membres actifs via le prêt de logement ou de voiture, l'accueil au domicile, le soutien financier ou l'alimentation, etc. Les sympathisants représentent aussi un énorme potentiel pour les organisations car elles peuvent recruter de nouveaux militants ou membres actifs. Commando Groupe armé constitué de membres combattants chargé d'exécuter une opération rapidement et par surprise. Exemple: commando Madrid de l'ETA. Groupuscule Groupement politique qui ne compte qu'un très petit nombre d'adhérents. 41

Exemple: les GIA (Groupes islamiques armés) sont des groupuscules fondamentalistes islamiques radicaux très autonomes dirigés chacun par un émir. Groupe Ensemble d'individus ayant un certain nombre de caractères communs et dont les rapports (sociaux, politiques, etc.) obéissent à une dynamique spécifique. Exemple: groupe Charles Martel. Bande Groupe de personnes de l'ordre d'une dizaine d'hommes combattant sous les ordres d'un chef. Exemple: Bande à Baader ou d'Action directe. Mouvement Action collective qui tend à produire un changement dans l'ordre social. Groupe humain qui s'est formé pour accomplir une action déterminée. Mouvement anarchiste ou terroriste. Exemple: Mouvement national de libération Tupamaros. Organisation Réunion de personnes ayant un but, un intérêt commun. Personne morale permettant à plusieurs sociétés de développer en commun leurs activités. Exemple: organisation d'Oussama Ben Laden ou encore AND de Abou NidalOrganisation. Armée Ensemble de forces militaires d'un mouvement ou organisation terroriste ou de guérilla avec des troupes en armes et structurées comme une armée d'Etat. Exemple: armée de l'IRA (Irlande) avec environ 15 000 hommes dans les années 1970 mais aussi le Sentier lumineux avec environ 25 000 hommes dont 3 à 5 000 de vrais professionnels. Ramifications: Aile Le terme d'aile est surtout utilisé pour désigner l'aspect politique d'un mouvement. Une aile fait ou peut faire partie intégrante de ce mouvement. Exemple: le parti basque Herri Batasuna est l'aile politique de l'ETA. Branche Le terme branche est généralement utilisé pour désigner l'aspect armé d'un mouvement (ou d'une organisation terroriste) lorsque ce dernier décide de passer aux actions violentes (attentats, assassinats). Mais on parle aussi de branche politique. Exemple: l'Irish Republican Army est la branche armée
du Sinn Fein.

Bras On parle de bras armé pour désigner l'extension armée d'un mouvement ou d'une branche. Ce terme est souvent utilisé dans le cadre d'un commando ou d'un groupuscule de combattants. Exemple: l'AIS (Armée islamique du salut) est le bras armé du FIS (Front islamique du salut). 42

Noyau Groupe de personnes qui mènent au sein d'un mouvement une action particulière, généralement de nature politique, militaire. Exemple: les Noyaux communistes combattants (NCC : Nuclei Communisti Combattenti) sont issus des Brigades rouges. Vitrine C'est le mouvement médiatique issu d'une organisation terroriste et qui a pour but de donner au public une image favorable de cette organisation. On parle de vitrine légale ou de vitrine politique. Les membres de ces vitrines occupent souvent des postes clés dans la vie politique d'un pays. Exemple: A Cuncolta Naziunalista est la vitrine légale du FLNC-canal historique. En règle générale, on retrouve les mêmes mots ou adjectifs pour exprimer une même tendance: lorsqu'on parle de "rouge", "révolutionnaire", "révolution", "armée", "libération", "prolétarienne", on se réfère la plupart du temps à des mouvements de gauche (communistes, marxistes, léninistes). De la même façon, les termes de "milice", "aryen", "ordre", "SOS" se rapportent à des mouvements de droite. Enfin, lorsqu'on parlera de "djihad", "martyr", "islamique" on fera allusion à des mouvements islamiques. En ce qui concerne la hiérarchie: - les termes de "exécutif national" (groupe Prima Linea), "conseil de l'armée" (IRA), "commandement subjectif' (organisations communistes) ou encore "direction stratégique" ou "direction de l'organisation" (ETA) représentent toujours le haut commandement et le noyau central; - avec les "noyaux opérationnels" (communistes), "comité exécutif' (Brigades rouges), "direction politique, financière ou logistique", etc. (IRA) ou "commandement national", on aura à faire à des dirigeants qui pourront être un organe intermédiaire ou complémentaire à l'exécutif, au commandement ou à la direction; - les" colonnes" divisées en "brigades" (Brigades rouges), les" équipes armées prolétariennes" avec leurs secteurs d'intervention, les "patrouilles" ou les "groupes de feu" ou encore les "unités de service actif' (IRA), "commandos" (ETA, AD) forment les cellules de base d'un groupe ou mouvement. Généralement, ces formations sont de petite taille composées d'environ trois à six personnes. Quand on y regarde de plus près, on constate que le schéma est toujours plus ou moins identique. Dans un premier temps, pour une raison politique, religieuse ou ethnique, un groupuscule se crée, il prend de l'importance et devient alors un groupe terroriste. Puis il augmente ses effectifs et passe à la vitesse supérieure en devenant un mouvement ou même une réelle organisation. Entre-temps, la lutte armée continue et s'amplifie. Certains de ses membres meurent en héros pour la cause, d'autres sont arrêtés, torturés et 43

emprisonnés. Ils constitueront la vitrine politique, la branche légale du mouvement. Le mouvement peut alors se battre sur deux fronts, celui de la violence, c'est le côté guerre (mouvement terroriste) et celui de la discussion, c'est le côté paix (aile politique). Au fur et à mesure de son évolution, la vitrine politique pourra devenir un parti politique et le service actif pourra se transformer en branche armée. Lorsqu'un terroriste est arrêté, il n'est plus employé dans le service actif. Le service actif, c'est la partie souterraine, secrète de l'organisation. On ne sait pas qui commande, qui est le chef ou le leader, ce que font ses membres et bien sûr qui ils sont. Lorsque le terroriste a purgé sa peine de prison et s'il a conservé ses convictions vis-à-vis du mouvement, il peut continuer à servir la cause mais plus dans le service actif. Il est en effet connu des forces de police et pourrait, par conséquent, mettre en danger le mouvement. Il sera alors utilisé comme militant politique dans ce que l'on nomme la branche, la vitrine ou l'aile politique de l'organisation. On s'occupera de sa réinsertion, on lui trouvera un logis et un travail. De nombreux terroristes, après avoir connu le militantisme, deviennent ainsi des hommes politiques respectables, accédant au pouvoir et pour certains à la plus haute marche du pouvoir. C'est le cas par exemple de l'Israélien Menahen Begin. Ancien commandant de l'Irgoun (dans les années 1945), organisation considérée à l'époque par les Britanniques comme une organisation terroriste et responsable d'actions sanglantes (comme le massacre du village de Deir Yassin), il a été nommé Premier ministre d'Israël en 1977 et est devenu, à ce titre, l'interlocuteur politique légitime de ces mêmes Britanniques. On lui décernera le prix Nobel de la Paix avec Anouar El Sadate à la suite des accords de Camp David en 1978. Autre exemple: Yasser Arafat. Fondateur du Fatah en 1959, président de l'OLP en 1969 et considéré comme le terroriste n° 1 à l'époque par le monde entier. Il devint lui aussi prix Nobel de la Paix en 1994 et il est aujourd'hui responsable de l'autorité palestinienne. C'est également le cas de De Valera (1932) et Gerry Adams (président actuel du Sinn Fein) pour l'Irlande du Nord. Mais on trouve à l'inverse des combattants pour la liberté qui deviennent rapidement ennemis publics n° 1 : c'est le cas des Taliban, qui après avoir lutté avec succès contre l'armée soviétique en terre afghane ont instauré un régime de terreur et contribuent ouvertement au développement du terrorisme international. Cette reconversion a plusieurs avantages pour le mouvement. Le premier c'est que l'ancien combattant, devenu militant politique, a sa propre expérience du service actif et de ce fait, il peut donner des conseils aux jeunes recrutés. Il sera écouté de tous avec respect car il apparaît comme un héros: il aura combattu pour la cause et payé son engagement d'une partie de
. . sa VIe en pnson. 44

Le second avantage, c'est qu'il a connu les rouages de la justice et du système policier. Il peut donc faire bénéficier le mouvement de son expérience. Il peut également soutenir les autres membres incarcérés, organiser la visite des membres de la famille ou amis, apporter aux prisonniers un soutien moral et maintenir allumée la flamme de la cause pour laquelle ils se sont battus. Le troisième avantage, c'est de pouvoir créer cette fameuse branche, aile politique ou vitrine légale. Le mouvement montre ainsi qu'il est prêt au cessez-le-feu voire même à ranger les armes pour instaurer le dialogue avec les médias et les autorités politiques en place. En créant une branche politique, il fonde aussi un parti politique au sein même de l'Etat qu'il combat. C'est le temps de la réconciliation et de la coexistence. En mettant fin aux violences et aux attentats à l'explosif et en utilisant le dialogue pour faire valoir ses revendications, il assure la mort lente de son côté combattant. Parmi les mouvements qui suivent ou ont suivi ce processus, on retrouve l'OLP et la Palestine face aux Israéliens, l'IRA et les catholiques pour une réunification des deux Irlande, mais aussi l'ETA et le problème basque contre les gouvernements espagnol et français. Les mouvements qui ne passent pas ces différentes étapes ont peu de chance de survivre. Pour ceux qui choisissent le combat, c'est la clandestinité assurée, la guerre totale et sans merci avec l'Etat et sa population avec, au bout du compte, la disparition du mouvement. Le groupe peut être dissous suite à l'arrestation de tous ses membres (Bande à Baader, RAF), ou disparaître tout seul en raison de la répression d'Etat dont il fait l'objet (Action directe) ou encore par le manque de combattants ou les divergences qui pourraient les opposer et provoquer l'éclatement du mouvement en petits groupes. Il y a toujours dans ce processus de paix, au sein d'un même mouvement, des membres partisans d'une lutte plus dure et sans concession comme l'IRA-véritable en Irlande ou encore le Tanzim en Palestine. On assiste alors à une scission du mouvement et à la création d'une branche plus radicale voire extrémiste. C'est le cas, par exemple, de Georges Habache qui a créé le FPLP en faisant scission de l'OLP. La lutte armée prônée par le groupe qui refuse le processus de paix peut nuire à l'image du mouvement qui lui, a décidé de cesser toute activité terroriste. Mais, plus grave, c'est le non-respect du cessez-le-feu qui peut avoir de graves conséquences sur le processus de paix enclenché et provoquer l'arrêt total des accords. Peut-on à l'heure actuelle parler de terrorisme international? Quand on voit la complexité du terrorisme mondial due à la diversité des mouvements, organisations, groupes ou sectes et leur revendications, qu'elles soient d'ordre religieux, politique, géographique ou idéologique, on pourrait en douter.
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Mais comment expliquer par exemple, que lors des obsèques des combattants de la RAF, Gudrun Ensslin, Andreas Baader, et Ian Carl Raspe, des drapeaux vietnamiens flottaient au milieu des drapeaux noirs de l'anarchie et rouges du marxisme-léninisme. Un télégramme de soutien de l'Armée républicaine d'Irlande (IRA) a d'ailleurs été lu au cours de ces obsèques. La fréquentation des camps d'entrâmement situés un peu partout dans le monde comme en Libye, Syrie, Sud-Yémen, Liban, Nicaragua, Jordanie permet le rapprochement des militants, combattants et terroristes en tous genres, l'échange d'idées, de techniques de combat et crée des liens solides pouvant déboucher sur des aides mutuelles. A titre d'exemples, on pourrait citer la coopération entre les Basques français et espagnols, et les séparatistes bretons pour voler des explosifs, la protection ou la mise en quarantaine de certains militants après un attentat ou parce qu'ils sont recherchés par les polices de différents pays (militant breton exilé en Irlande, militant de l'ETA en Bretagne, etc.). Les actions (assassinats, attentats, etc.) peuvent être menées conjointement par plusieurs mouvements ou groupes: coopération entre la RAF et AD, ou encore l'ASALA, mouvement arménien demandant au mouvement Djihad islamique d'exécuter un des journalistes français détenu au Liban, ou encore entre les membres du JRA (Japanese Red Army, Armée rouge japonaise) et des Palestiniens de l'OLP pour l'attentat du 31 mai 1972 à l'aéroport de Lod de Tel-Aviv en Israël faisant 28 morts et 78 blessés dont deux des auteurs de l'attentat. On assiste également au prêt ou à l'échange d'armement (assassinat de personnalités avec la même arme), de munitions (roquettes ou grenades comme ces 75 grenades américaines de type M 26 volées sur la base américaine de Nisau en République fédérale allemande par des combattants de la Bande à Baader. Trois de ces grenades seront lancées par des terroristes japonais près de l'ambassade de France à La Haye au Pays-Bas le 13 septembre 1974 et une autre grenade servira au terroriste Carlos lors de l'attentat au Drugstore de Saint-Germain-des-Prés à Paris le 15 septembre 1974. Le reste de grenades sera retrouvé dans l'appartement de Carlos à Londres). On retrouve également le vol de bâtons de dynamite à Plévin en Bretagne utilisés par les basques de l'ETA ou dans une mallette piégée, découverte en 1982 dans la voiture d'une militante allemande des Cellules révolutionnaires appartenant en fait à un membre du Front de libération national de la Corse. Si l'on en croit les experts en sécurité, en terrorisme, en droit international ou les spécialistes des civilisations, l'Islam apparaît comme une menace grandissante pour notre monde.

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Sur vingt-et-un conflits armés actuellement en cours, dix-sept sont liés à l'Islam. Parmi les plus importants, on trouve: - les affrontements sanglants entre chrétiens et musulmans en Côted'Ivoire; - les affrontements réguliers entre chrétiens et musulmans au Nigeria; - la guerre entre Juifs et Arabes en Palestine; - la guerre en Tchétchénie opposant les Tchétchènes (musulmans) aux Russes (orthodoxes) ; - la contagion régionale de l'islamisme radical des Taliban ; - la guerre en Afghanistan contre l'islamisme des Taliban ; - la guérilla des Ouïghours contre les Chinois; - le conflit du Cachemire entre l'Inde (hindouistes) et le Pakistan (islamistes) ; - la guérilla des musulmans sur l'île de Mindanao; - la guerre entre chrétiens et musulmans aux Moluques; - la guerre récente au Timor-Oriental opposant les Est-timorais (majoritairement chrétiens) à l'Indonésie (musulmans) ; - la guérilla des intégristes islamistes contre les Algériens (musulmans) et les étrangers (toutes religions). On enregistre également des tensions entre: - le sud chrétien et le pouvoir islamique au Soudan; - les Chypriotes grecs du sud et les Chypriotes turcs du nord; - les Croates (chrétiens), les Serbes (orthodoxes) et les Bosniaques (musulmans) en Bosnie-Herzégovine; - les Kosovars (musulmans) et les Serbes (orthodoxes) au Kosovo; - l'Arménie (chrétiens) et l'Azerbaïdjan (islamistes) au Haut-Karabakh ; - les Papous (animistes) et les Indonésiens (musulmans) en Indonésie. Tous ces événements sont largement repris par les médias. Pour obtenir le scoop de l'année, faire monter l'audimat, rien de tel que des faits divers spectaculaires et sanglants. Les terroristes l'ont bien compris puisqu'ils n'hésitent pas à recourir aux médias pour se faire connaître et reconnaître dans le monde (l'enlèvement de touristes étrangers par le groupe de rebelles islamiques d'Abou Sayyaf aux Philippines en est l'exemple). Les premiers terroristes à avoir compris ce phénomène furent les Palestiniens du commando Septembre noir, auteur de la prise d'otages des atWètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972. Malheureusement, cette affaire n'eut pas l'effet escompté puisqu'elle se solda par un massacre et la seule image qui restera gravée dans les mémoires sera celle des tueurs cagoulés. Dans les dérapages médiatiques, on peut aussi se référer au détournement d'un Boeing de la compagnie américaine TWA sur Beyrouth le 14 juin 1985. 47

Certaines chaînes de télévision américaines se livrèrent une guerre sans merci pour obtenir l'exclusivité de la prise d'otages. Une aubaine pour les terroristes qui purent ainsi monnayer les images de leur propre prise d'otages. Où s'arrête la déontologie journalistique dans ce rapport de force médiatique avec le terrorisme... ... .?

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UN SIECLE DE TERRORISME

EN FRANCE
Chronologie
De 1973 à 1980, 2 616 attentats, assassinats, attaques à mains armées et prises d'otages ont été perpétrés. Le 5 avril 1973, un responsable du FPLP, le professeur irakien EIKoubaissi est assassiné à Paris. Le 14 décembre 1973, explosion à l'ambassade d'Algérie à Marseille faisant 4 morts et 22 blessés. Le 3 août 1974, trois voitures piégées explosent à Paris devant les bureaux de trois journaux parisiens, l'Aurore, Minute et l'Arche. Attentat revendiqué par le commando Mohammed Boudia du terroriste Carlos. Le 15 septembre 1974, attentat à la grenade perpétré par le terroriste Carlos au Drugstore Saint-Germain faisant 2 morts et 34 blessés. Le 13janvier 1975, à l'aéroport d'Orly, le commando Mohammed Boudia tente de détruire par tir de roquettes antichar soviétique de type PG 7 un Boeing 707 de la compagnie israélienne El Al avec à son bord 136 passagers. L'avion est manqué, la première roquette vient frapper un bâtiment de l'aéroport blessant un gendarme et une personne travaillant pour l'aéroport. La seconde ira percuter un DC 9 de la compagnie yougoslave JAT en stationnement, un steward sera assommé par l'explosion de la roquette. Les terroristes prendront la fuite. Quatre jours plus tard, le 19 janvier, trois Fedayins lancent trois grenades à main dans le hall de l'aéroport et tirent sur la foule. Une vingtaine de personnes sera blessée. Les terroristes trouvent refuge dans les toilettes de l'aéroport avec deux otages. Ils 49

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