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Enfances

164 pages
La thérapeutique par la relaxation chez l'enfant est-elle une discipline parmi d'autres qui a ses "spécialistes" détenteurs d'un savoir spécifique et d'un champ d'applications précis ? Doit-elle avoir le privilège terrible d'être partout ou bien nulle part ? Une infinie variété des expressions de l'enfance serpente à travers les différents textes de cet ouvrage. Des souvenirs aux échos pathologiques, des fantaisies aux cas cliniques, le fil est continu mais libre d'entrée.
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ENFANCES
Champs du corps Collection dirigée par Jean Marvaud
La collection «Champs du corps», fondée en 2011, se présente comme une suite d’ouvrages autour de la relaxation psychanalytique dans un esprit mobilisé par la clinique, l’enseignement et la recherche.
Chaque volume se donne un thème dévoilé par l’expé-rience, sans exclure d’autres perspectives. À la fois hétéro-gènes et convergentes dans la diversité de leurs approches, les contributions présentées explorent les champs du corps en passant les frontières. Des textes plus courts, des notes, des comptes-rendus renouvellent les interrogations.
À l’intérieur de mondes cloisonnés par les idéologies dominantes, «Champs du corps» est une invitation à l’ouverture, à la créativité et à l’écoute.
La relation à l’autre et le corps à corps ne cessent de questionner les sciences, la philosophie et la psychanalyse, dans la traversée de leurs théories et de leurs pratiques. Les différents écrits poursuivent cette interrogation en remon-tant aux sources des pathologies, dans le décryptage du langage du corps. Les sensations font souvenir et histoire. Elles prennent sens dans le champ psychanalytique qui est le nôtre. Approfondir les liens complexes du corps et de la psyché est une tentative exigeante dont ces volumes sont à la fois un intéressant exemple et un possible espoir.
Déjà paru:Traverse, Champs du corpsn°1,AREPS, 2011
AREPS
ENFANCES
CHAMPS DUCORPS RELAXATION PSYCHANALYTIQUE
Sommaire
Prologue,Jean Marvaud. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7 De l’enfant à l’infantile,Agnès Lauras-Petit. . . . . . . . . .13 Confessions,Rousseau. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .33 Goûts d’enfance,Patrick Avrane. . . . . . . . . . . . . . . . . . .35 D’enfance et d’ailleurs,Monique Londiche. . . . . . . . . .41 Un match superbe,Marie-France Biard. . . . . . . . . . . . .45 Gricha,Tchekhov. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .67 Chaud-froid,Jean-François Solal. . . . . . . . . . . . . . . . . .69 La sieste d’été,Michel Dreyfus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .75 La séparation,Jean Marvaud. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77 Brûlants secrets,Stefan Zweig. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .101 L’enfant et la relaxation thérapeutique, méthode J. Bergès,Marika Bergès-Bounes et Anne-Marie Pecarelo. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 Sensations d’enfance,Christiane d’Olier. . . . . . . . . . . .117 Sur les traces de l’infantile… pour devenir grand,Catherine Potel. . . . . . . . . . . . . .119 Confessions,Saint-Augustin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .135 Une histoire de pêche,Randolph Willis. . . . . . . . . . . . .137 La phobie mène-t-elle au génie ? Dominique Pénide et Jean Marvaud. . . . . . . . . . . . . .155
Photo de couverture : Michel Dreyfus
Prologue Jean Marvaud AvecEnfances, la collection « Champs du corps », lieu d’échanges et de réflexion, propose de la curiosité, donne de l’appétit avec une grande liberté, celle existant entre théorie et clinique.
« Lorsque l’enfant paraît… »
Les textes de cet ouvrage font une référence directe ou implicite au questionnement sur la relaxation, l’enfant, l’infantile. Ils se mêlent, s’entrecroisent, se séparent, se rapprochent et tentent de répondre.
Si la relaxation a pour fondement l’attention portée au corps, qu’en est-il avec l’enfant? Le corps pourra-t-il traduire, exprimer ce que la parole ne peut atteindre ? Ces textes auraient pu prendre le risque de la répétition d’écrits existant ailleurs, ou celui de l’assimilation d’arti-cles, ou surtout celui de l’imitation transposée de la relaxa-tion de l’adulte, nous aurions alors parlé de relaxation chez l’enfant. La relaxation de l’enfant a ses spécificités. Si la base théorique est psychanalytique, les fondements nécessaires s’adaptent à chaque rencontre qui demeure unique. Plusieurs méthodes existent. Il y a des différences dans les techniques, mais elles se rejoignent dans leurs aspects théoriques. La relaxation de l’enfant inclut dans sa pratique et comprend dans sa théorie le jeu, le dessin, équivalents des associations de l’adulte. Ils traduisent et enrichissent le vécu des sensations qui, elles-mêmes, peuvent être « jeu ».
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Son cadre spécifique est lié au transfert où entrent le « corpsà corps» et le jeu des deux partenaires, celui de l’enfant et celui du thérapeute. Le corps est sans cesse engagé. L’activité fantasmatique passe par le corps et reprend l’image du corps dans cette relation.
La relaxation de l’enfant met en évidence les liens aux premiers objets de dépendance, aide à l’établissement de la construction de l’identité de l’enfant (relation objectale, ambivalence des sentiments, développement libidinal et ses phases, identification et construction du moi). Elle permet de rejouer les phases très archaïques du développement.
Dans une première réflexion, on pourrait penser que ce volume fait indirectement un bilan de ce que la relaxation psychanalytique apporte à la connaissance de l’enfant et qu’il invite à feuilleter, commenter, développer même, le classeur déjà chargé des problèmes spécifiques (théoriques, cliniques, techniques) que pose sa pratique. Cet ouvrage évite d’aborder ces aspects de manière répétitive et offre d’autres ouvertures à découvrir. Nous voulons, en effet, inviter le thérapeute à des interrogations plus radicales et l’engager à réfléchir soit à ce que la relaxa-tion psychanalytique peut apporter directement à l’enfant, soit à mieux se rendre compte qu’il fait référence dans ses thérapies de relaxation de l’adulte, à l’enfant et à l’infantile.
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Avec le premier texte« De l’enfant à l’infantile », nous sommes au cœur de cette interrogation nécessaire. La relaxation nous montre, ici, dans son principe même, dans la théorie comme dans la pratique que l’adulte est de part
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en part modelé par les conflits, les traumatismes, les fantasmes, les désirs de l’enfant. Le réveil de l’infantile s’exprime dans la mémoire du corps. Quelques lignes des« Confessions »de Rousseau nous offrent également ce que le thérapeute peut rechercher : la détresse et la jouissance de l’enfant dans la plainte de son patient adulte. Il était une fois… Nous passons un moment savoureux avec« Goûtsd’enfance », ramenés dans la cuisine des femmes nourricières de notre enfance, dans ce qui, pour chacun de nous, a fait trace. Remonte-t-on à la source avec ces gourmandises dans l’écriture, le texte, les souvenirs et la théorisation ? Mouvement séparant l’enfant du sein de la mère… Nous sommes transportés ensuite avecet« D’enfance d’ailleurs »sur une route inhabituelle où la pensée libérée nous emporte « dans tous les sens » et nous invite à une envolée sensorielle, une mise en éveil de nos sens à chaque ligne. Nos impressions ont-elles le tournis ? L’œil entend, le regard écoute, les odeurs pensent et teintent nos histoires, la peau perçoit. Puis vient« Un match superbe »: Quel tempo transfé-rentiel ! Quel jeu sportif et enjeu psychanalytique ! Dans ce match (ou ces divers matchs), nous sommes confrontés à différentes parties où nous assistons à la reconnaissance du corps propre qui interroge l’histoire de cet enfant et qui participe à la reviviscence de l’affect… Qui sera vain-queur ? La créativité de cet enfant. Le court fragment de «Gricha» d’A. Tchekhov met le corps en scène, expression communicative du visage et des mains chez un petit garçon. « Duplus loin qu’il m’en souvienne» commence « Chaud-froid »?. Sensation d’enfance, réminiscence 9