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Entre agronomie et agriculture

De
320 pages
Représentative de la recherche agronomique de la première moitié du XXe siècle, la station agronomique de l'Aisne se développe après-guerre d'une manière très atypique : la station agronomique est alors un creuset étonnant pour des chercheurs et des ingénieurs qui génèrent des innovations précieuses pour les agriculteurs de Picardie, de Champagne-Ardenne, voire de la France entière, avec l'appui des politiques et responsables agricoles. Pendant plus d'un siècle, cette chronique agronomique de la recherche-développement illustre la lente progression des connaissances et leur problématique.
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Jean-Luc Julien
Entre agronomie et agriculture , la Station agronomique de l’Aisne
120 ans de recherche-développement
la Station agronomique de l’Aisne Préface de Jean BoiIn
Entre agronomie et agriculture, la Station agronomique de l’Aisne 120 ans de recherche-développement
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12212-0 EAN : 9782343122120
Jean-Luc Julien Entre agronomie et agriculture, la Station agronomique de l’Aisne 120 ans de recherche-développement Préface de Jean Boiffin
Du même auteur : Amiet Y., Boutruche M., Julien J.L., Bunel F., 1987.Guide agronomique des sols de Basse-Normandie. Chambre régionale d’agriculture de Normandie. 110 pages. Réédité en 1996. Julien J-L, 2005. L’acidification des sols. InSols et environnement,ème Girard M.C. et al. Dunod. 816 pages. Pp 516-537. 2 édition en 2011. Julien J-L,2016.Comparaison des rendements en agriculture biologique et en agriculture conventionnelle. InRéponses à l’écologisme. Dir. Ch. Buson. L’Harmattan.322 pages. Pp171-183. Julien J.-L., 2017. Histoire de la représentation de l'acidité en France et rôle majeur de l'Académie d'agriculture de France dans l'évolution de cette représentation. InQuestions d'agriculture, d'environnement et de société. 100 ans d'évolution des connaissances et despratiques au travers des "Comptes Rendus de l'Académie d'agriculture de France". L'Harmattan (sous presse).
Sommaire
Préface7Introduction 13 Partie I Repères historiques sur la recherche - développement  agronomique en France17Partie II Chronique de l’agriculture de l’Aisne et de ses  institutions41Partie III Les thèmes majeurs de recherche – développement  développés par laSAA 73  Chapitre 1 Les matières fertilisantes 75  Chapitre 2 Les analyses chimiques de terre et leur  interprétation 103  Chapitre 3 L’analyse physique des terres, l’argile 123  Chapitre 4 Les études de sol et les cartes de sols 139  Chapitre 5 Le carbone organique 161  Chapitre 6 L’azote 175  Chapitre 7 Le soufre 227  Chapitre 8 L’état physique et le travail du sol 233  Chapitre 9 L’acidité des sols et le chaulage 253  Chapitre 10 Une recherche - développement réussie 267 Conclusion Apports et spécificités de laSAAdans l’histoire  de la R&D agronomique 279 Annexes 291Table des matières 311
Préface 1 Par Jean Boiffin
La vénérable cohorte des agronomes dubaby-boom parvient aujourd’hui à l’heure des témoignages. De leurs études jusqu’à la fin de leur carrière professionnelle, ils ont observé et vécu des transitions et ruptures qui, avec le recul, apparaîtront sans doute comme décisives dans le devenir de l’agronomie et de ses relations avec l’agriculture. Mais peu d’entre eux ont le courage de prendre la plume, et force est de constater que jusqu’à présent, c’est à d’autres disciplines que les agronomes ont laissé le soin d’écrire l’histoire de l’agronomie. Pourtant, sans prétendre faire un véritable travail d’historien, la descriptionagronomiquedes évolutions qui se sont produites peut être très utile. Elle peut aider les agronomes de demain à mieux appréhender et faire évoluer leur métier, en comprenant comment il s’est constitué, quels en ont été les facteurs de progrès ou au contraire de stagnation. Elle peut aussi fournir un matériau précieux aux historiens, notamment à ceux d’entre eux qui s’intéressent à l’innovation en agriculture. La communauté des agronomes doit donc être doublement reconnaissante à Jean-Luc Julien : non content d’avoir été tout au long de sa carrière un trait d’union entre milieux scientifiques et professionnels, réputé pour son enthousiasme communicatif, il ouvre aujourd’hui la voie d’une nouvelle entreprise d’intérêt collectif. A travers cet ouvrage, il nous livre sur plus d’un siècle, la chronique riche et documentée d’une étrange institution : la Station
1 Directeur de recherche honoraire à l’Inra, Jean Boiffin a été directeur de la SAA et de l’unité Inra de Laon de 1986 à 1993.Il a ensuite exercé à l’Inra les fonctions de chef du département d’Agronomie, puis de directeur scientifique en charge de l’Agriculture et de l’Environnement. Il a présidé l’Association française d’agronomie lors de sa création en 2008. 7
agronomique de l’Aisne (SAA), où il a lui-même œuvré pendant la e première décennie duXXI siècle, jusqu’au terme d’un parcours professionnel bien rempli. Mais l’intérêt et la portée de ce travail vont bien au-delà de ceux d’une monographie locale : du point de vue de l’évolution de l’organisation du lien recherche - développement, la station agronomique de l’Aisne est une exception, à laquelle Jean-Luc Julien donne la valeur d’une contre-expérience. Initialement structuré sous forme d’une multitude de stations départementales, le système de recherche - développement agronomique s’est recomposé au sortir de la Seconde Guerre mondiale, à la faveur de la création de l’Inra au sein duquel se sont intégrées un grand nombre de ces stations. Celles restées en dehors de l’Inra ont disparu, ou ont donné naissance à des structures privées dont l’activité de prestation ne relève plus de la recherche - développement. L’exception de la station agronomique de l’Aisne « confirme la règle » : c’est précisément parce qu’elle est demeurée un lieu hybride et une interface entre la recherche et le développement, que laSAAest restée un foyer d’innovation agricole.
Grâce à ce parcours unique à travers les siècles, un peu comme le département de l’Aisne est, sur le plan géographique et géologique un incomparable transect à travers les différentes auréoles du Bassin Parisien, la station agronomique de l’Aisne offre une sorte de coupe géologique dans l’histoire de l’agronomie. Ce parcours donne à voir et analyser certaines transitions, voire même crises, qui ont été cruciales dans son développement : irruption de la science et des approches expérimentales en agriculture ; improbable mariage entre chimie, agronomie et répression des fraudes ; transition entre une agronomie confinée à la chimie agricole et une agronomieécologique, au sens scientifique du terme, c’est-à-dire embrassant l’ensemble des relations plante-milieu-techniques ; puis transition entre une agronomie productionnisteet une agronomiemultifonctionnelle, soucieuse d’appréhender l’ensemble des fonctions et impacts – notamment environnementaux – de l’activité agricole et pas uniquement ceux en rapport avec la production.
Tout au long de son histoire, le fil rouge de l’activité de laSAA, et du chapelet d’innovations qui y ont vu le jour, a été le raisonnement de la fertilisation, et plus globalement de la gestion de la fertilité des sols. LaSAA a été un des principaux lieux de création de la fertilisation raisonnée: aujourd’hui encore, l’ensemble des acquis des travaux menés à Laon pendant les cinq dernières décennies constitue
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une part importante du socle sur lequel se fondent, à l’échelle nationale, les conseils de fertilisation et de gestion des cycles d’éléments chimiques dans l’espace rural. Mais on voit aussi qu’à tout moment, d’autres sujets et dynamiques de recherche sont venus bourgeonner ou se greffer sur cet axe principal : cartographie des sols affranchie de l’approche pédogénétique, et devenant par là-même compatible avec l’agronomie ; physique du sol et ses applications agricoles ; informatisation de l’interprétation des analyses et du conseil de fumure ; diagnostic du statut organique des sols et prévision de son évolution ; compréhension et maîtrise des formes d’érosion caractéristiques du nord-ouest de l’Europe ; enfin et peut-être surtout, gestion intégrée du cycle de l’azote à toutes les échelles, permettant la maîtrise des divers risques de pollution associés à ce cycle.
Cet élargissement de la gamme des sujets de recherche et d’innovation reflète la façon dont, plus globalement, en France mais aussi dans le monde entier, l’agronomie a étendu son champ d’étude, et n’est pas restée simple domaine d’application de telle ou telle discipline tutrice. Plus profondément encore, ce qui relie les différentes étapes de cette chronique, et inspire de façon commune ses protagonistes successifs, est l’un des grands fondements de l’agronomie en tant que discipline autonome : la technique agricole – et exemplairement la fertilisation – n’est pas objet de recette mais objet d’étude à part entière. L’intervention de l’agriculteur est à la fois le résultat d’un processus de décision, qui prend en compte tout un ensemble de règles et d’informations, et une modification du fonctionnement de l’agroécosystème, influant de façon drastique sur de nombreux éléments de ce dernier. Ayant analysé, et dans le meilleur des cas prévu, cette modification écologique complexe, l’agronome devient capable d’accompagner l’agriculteur dans son processus de décision.
De cette ambitiontechnologiquedécoule l’exigence de continuité entre recherche et innovation. Cette continuité n’est ni naturelle ni spontanée, mais à étudier et construire : on est aux antipodes de la « vulgarisation ». Ainsi l’histoire de laSAAnon seulement reflète l’histoire de l’agronomie mais aussi celle de ses relations avec l’agriculture, à travers les innovations dont elle a été à la source, ou dont elle a accompagné l’adoption. La consistance et le succès de la fertilisation raisonnéeont inspiré la notion plus globale d’agriculture raisonnée, qui était pour les agronomes un slogan de rêve pour établir
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