Épistémologie des études touristiques

De
Cet ouvrage met en question les enjeux épistémologiques du tourisme. Ne concevant pas le travail sur le tourisme et le travail dans le tourisme en vases clos, les auteurs présentent l’objet touristique à partir de divers champs disciplinaires, que ce soit la géographie, la science politique, l’ethnologie, la sociologie, l’économie ou le droit.
Publié le : lundi 19 novembre 2012
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EAN13 : 9782760534889
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Sous ladirection deLUCIE K. MORISSET BRUNO SARRASIN etGUILLAUME ÉTHIER
Épistémologiedes études touristiques
Extrait de la publication
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Comité scientifique de la collection
Bûô Sààŝî
Oliver Dehoorne, UîvÉŝî Éŝ AîÉŝ É É à GûyàÉ (MàîîûÉ)
Christiane Gagnon, UîvÉŝî û QûbÉç À Cîçôûîî
Serge Gagnon, UîvÉŝî û QûbÉç É Oûàôûàîŝ
Alain A. Grenier, UîvÉŝî û QûbÉç À Môà
Mimoun Hillali, Iŝîû ŝûîÉû îÉàîôà û ôûîŝÉ (Màôç)
Katia Iankova, MÉôîà UîvÉŝîy ô NÉwôûà
Louis Jolin, UîvÉŝî û QûbÉç À Môà
Marie Lequin, UîvÉŝî û QûbÉç À Tôîŝ-RîvîèÉŝ
Franck Michel, UîvÉŝî É CôÉ
Bernard Schéou, UîvÉŝî É PÉîà
Georges Tanguay, UîvÉŝî û QûbÉç À Môà
Xuan Lan Vo Sang, UîvÉŝî Và Là (Vîê-Nà)
Épistémologiedes études touristiques
Presses de l’Université du Québec LÉ DÉà I, 2875, bôûÉvà LàûîÉ, bûÉàû 450, QûbÉç (QûbÉç) G1V 2M2 TôÉ : 418 657-4399 − TçôîÉû : 418 657-2096 CôûîÉ : û@û.çà − IÉÉ : www.û.çà
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Loi sur le droit d’auteurîÉî à Éôûçîô Éŝ œûvÉŝ ŝàŝ àûôîŝàîô Éŝ îûàîÉŝ É ôîŝ. O, à ôôçôîÉ ô àûôîŝÉ – É « ôôçôîàÉ » – ŝ’Éŝ àîŝÉ, ôvôûà ûÉ bàîŝŝÉ Éŝ vÉÉŝ É îvÉŝ É çôôÉà à àçîô É à ôûçîô É ôûvÉàûx ôûvàÉŝ à Éŝ ôÉŝŝîôÉŝ. L’ôbjÉ û ôô àààîŝŝà çî-çôÉ Éŝ ’àÉÉ É ÉçÉû ŝû à ÉàçÉ ûÉ ÉŝÉÉ ôû ’àvÉî É ’çî É vÉôÉÉ àŝŝî û « ôôçôîàÉ ».
Sous la direction de LUCIE K. MORISSET BRUNO SARRASIN etGUILLAUME ÉTHIER
Épistémologiedes études touristiques
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
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ISBN 978-2-7605-3486-5 1. TôûîŝÉ – RÉçÉçÉ. 2. TôûîŝÉ – RÉçÉçÉ – QûbÉç (PôvîçÉ). I. MôîŝŝÉ, LûçîÉ K., 1967- .II. Sààŝî, Bûô, 1968- . III. ÈîÉ, GûîàûÉ, 1980- . IV. CôÉçîô : CôÉçîô TôûîŝÉ (PÉŝŝÉŝ É ’UîvÉŝî û QûbÉç). G155.7.E64 2012 910.72 C2012-940931-6
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2012-1.1 –Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés © 2012, PÉŝŝÉŝ É ’UîvÉŝî û QûbÉç É DÔ à – 3 îÉŝÉ 2012 BîbîôèûÉ É AçîvÉŝ àîôàÉŝ û QûbÉç / BîbîôèûÉ É AçîvÉŝ Cààà – Iî àû Cààà
Extrait de la publication
AvAnt-propos uN SâvOIR, DES REGâRDS – VOIR ET COMpRENDRE LE TOURISME âUJOURD’HUI
lUCIE K. mORISSET Professeure au Département d’études urbaines et touristiques, Université du Québec à Montréal
Pourquoi une « éPistémologie des études touristiques » ?
L’épistémologie, selon les dictionnaires, porte sur les formes, les procédés, les fondements de tel savoir ; éventuellement, elle veut aussi distinguer le savoir d’une croYance en comprenant ce qui détermine sa portée scientifique. Voilà qui peut étonner lorsqu’un pareil projet est adjoint au qua-lificatif « touristique », qui se réfère habituelle-ment, au mieux à une pratique ou à une industrie que d’aucuns jugent dépourvue d’anticipation, confinée dans une mécanique purement réactive, au pire à un rejeton pauvre de la recherche, le tourisme, tristement réputé, comme le rappellent Pritchard et Morgan (2007, p. 11), pour son positivismeambiant.
Pourtant, après quelques essais plus ou moins datés qui ont voulu établir une « science du tourisme », voire une « tourismologie », puis
VIII
Épistémologie des études touristiques
une multiplication des débats sur le statut du tourisme, à savoir s’il dési-gnait un domaine ou une discipline (Tribe, 2004, p. 46-62), certaines manifestations semblent confirmer une portée nouvelle des études tou-ristiques. Tribe et AireY ont ainsi désigné sous le terme de « balkanisation » la constitution d’unités d’analYses de plus en plus pointues qui distancient résolument celles-ci du modernisme structuraliste des «broad tourism theo-ries» (2007, p. 13). Assisterions-nous à l’éclatement du paradigme positiviste sous l’impulsion descultural studies ?
Incontestablement, les bibliothèques se sont gonflées ces dernières années d’une profusion nouvelle d’ouvrages sur les méthodes en tourisme. Après quelques articles précurseurs publiés au tournant du millénaire (notamment RileY et Love, 2000), lesDevelopments in Tourism Research, Research Methods for Leisure and Tourismet autresTourism Research Methodsse sont multipliés au point où il serait impossible, et d’ailleurs vain, d’en faire ici une revue. Elsevier, maison néerlandaise d’édition et de diffusion scientifique détentrice d’un fonds de quelque 20 000 ouvrages et de cen-taines de revues, dont les renomméesAnnals of Tourism Research(tout de même fondées en 1973), a créé une collection sur lesAdvances in Tourism Researchlaquelle, partie d’un premier titre sur leTourism Demand Modelling and Forecasting(2000), a épousé en 2007 unCritical Turn in Tourism Studieslogé à l’enseigne d’Innovative Research Methodologies(Ateljevicet al., 2007).
En parcourant ces titres sur l’analYse genrée, l’ethnométhodologie, le langage de l’expérience touristique ou l’enquête créative, on pourra s’étonner, certes, de trouver cette collection dans la section «Business, Management and Accounting». Il faut dire que la formation universitaire, depuis de nombreuses années, s’oriente semblablement, en visant princi-palement l’acquisition de savoir-faire en gestion (management) du tourisme ou d’un secteur plus spécifique de l’industrie (hÔtellerie, destinations, loisirs, événements, etc.). Les contenus ciblés varient assez peu : gestion stratégique, marketing, gestion des ressources humaines, auxquels sont de temps à autre assorties des notions relatives à la planification de projets, aux politiques publiques, aux enjeux culturels et économiques… C’est le vaste univers duhospitality management. Toutefois, à la marge, certains laboratoires et programmes de formation de plus en plus nombreux con-juguent plutÔt à ce qui est alors clairement identifié comme des « études touristiques » les notions d’aménagement territorial, de modes de vie et, plus largement, de planification intégrée du développement : le très popu-laire terme dedestination, qui a ces dernières années remplacé leproduit d’appel, l’approche-clientet autres crédos du marché touristique, fait d’ailleurs écho à ce courant de pensée. Tout porte à croire, suivant cette voie dans les manifestations foisonnantes de savoirs et de savoir-faire encore relati-vement confus, que le tourisme s’arrogera bientÔt son propre secteur des catalogues bibliographiques. Dans tous les cas, de même que le pullulement
Avant-propos
IX
d’ouvrages de méthode témoigne à tout le moins d’un état d’interrogation sur les procédés scientifiques en cause ou requis, la croissance exponentielle des publications à vocation théorique et la très nette consolidation de la formation universitaire semblent révélatrices. Si, en tant que champs d’activités et de pratiques, le tourisme réunit un nombre grandissant de disciplines, il donne lui-même lieu à des questionnements spécifiques, qui l’isolent et le définissent, peu à peu, comme un domaine du savoir à part entière.
Derrière son titre peut-être un peu présomptueux, qui aurait pu tout aussi bien s’écrire «Pour une épistémologie des études touristiques », cet ouvrage poursuit un but similaire à celui de l’excellentQualitative Research in Tourism. Ontologies, Epistemologies and MethodologiesPhillimore et de Goodson (2004). Il veut permettre à tout un chacun de réfléchir aux enjeux épistémologiques du savoir et du savoir-faire en tourisme en donnant en partage les démarches de scientifiques et leurs approches de ce domaine et de ses objets. Il s’agit en quelque sorte d’un tome premier de collections de démarches et d’approches appelées à se multiplier ; il n’entretient donc aucune autre prétention que celle de donner un aperÇu, et certainement pas de parvenir à l’exhaustivité.
Plus simplement, cet ouvrage vise à explorer et à approfondir les champs de connaissance et de pratique qui sous-tendent la planification stratégique et intégrée du tourisme : c’est ce que nous désignons par la locution études touristiques. Il propose donc un survol de travaux scien-tifiques relatifs au tourisme, depuis une trentaine d’années, et des prin-cipales problématiques abordées selon des disciplines et des contextes sociopolitiques. Il s’agit, en d’autres mots, de considérer la pluralité des angles de vue requis par l’analYse du phénomène touristique et de ses incidences, en postulant que les savoirs et les savoir-faire en tourisme soient réciproquement tributaires les uns des autres.
Pourquoi une éPistémologie des études touristiques (bis) ?
J’ai entrepris de réfléchir à cette question des études touristiques à l’occasion de la révision d’un programme universitaire de deuxième cYcle dans le domaine (Morisset, 2008). S’opposaient alors, s’il est possible de les qua-lifier ainsi, deux philosophies de la recherche en tourisme : l’une ciblait le développement industriel, notamment par l’entremise de principes et de techniques de gestion, l’autre s’interrogeait sur les mécanismes et les effets en aval et en amont du tourisme, tels les comportements, les pro-cessus historiques ou la valorisation des territoires. D’autres que moi obser-vaient cette dichotomie : Ritchie, Burns et Palmer, par exemple, avaient
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