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Esclaves et maîtres

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499 pages

Des esclaves convertis à l'islam devenant maîtres de musulmans : c'est à travers ce paradoxe que furent pendant longtemps perçus les mamelouks appelés à exercer de hautes charges administratives et militaires dans le monde arabe, de leur émergence dans l'entourage des califes omeyyades puis abbassides au viie siècle jusqu'à leur disparition plus d'un millénaire plus tard dans la seconde moitié du xixe siècle. Le livre de M'hamed Oualdi présente ce corps mamelouk, vu dans son hétérogénéité sociale – tout à la fois vizirs et gardes, généraux et pages -, au sein de l'Empire ottoman, dans la province de Tunis, aux côtés des beys gouvernant cette province, de la première dynastie des beys au début des années 1630 à l'établissement du Protectorat français sur la Tunisie au début des années 1880. Nourri de chroniques, de correspondances et de registres administratifs en langues arabe, française et anglaise, cet ouvrage va à l'encontre de certaines études qui ont présenté les mamelouks comme de simples esclaves étrangers servant des pouvoirs musulmans en manque de légitimité et qui préféraient s'appuyer sur ces recrues plus que sur leurs sujets « autochtones ». Les mamelouks ne coupaient pas les beys de Tunis de leurs sujets. Détachés de leurs foyers, mariés à des descendantes des beys et parfois liés aux intérêts de notables du pays, les dignitaires mamelouks permettaient à la fois de distinguer et d'associer leurs maîtres aux différents groupes sociaux de la province qu'ils étaient amenés à gouverner. Mais cet usage dynastique des mamelouks par les beys de Tunis prit fin avec l'interdiction de la traite des esclaves et la promotion de serviteurs tunisiens aux plus hautes fonctions administratives dans la seconde moitié du xixe siècle.


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Esclaves et maîtres e Les Mamelouks des Beys de Tunis du xvii siècle aux années 1880
M’hamed Oualdi
Éditeur : Publications de la Sorbonne Année d'édition : 2011 Date de mise en ligne : 16 octobre 2015 Collection : Bibliothèque historique des pays d’Islam ISBN électronique : 9782859448721
http://books.openedition.org
Édition imprimée ISBN : 9782859446680 Nombre de pages : 499
Référence électronique e OUALDI, M’hamed.Esclaves et maîtres : Les Mamelouks des Beys de Tunis du xvii siècle aux années 1880.Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Publications de la Sorbonne, 2011 (généré le 03 novembre 2015). Disponible sur Internet : . ISBN : 9782859448721.
Ce document a été généré automatiquement le 3 novembre 2015.
© Publications de la Sorbonne, 2011 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
Des esclaves convertis à l'islam devenant maîtres de musulmans : c'est à travers ce paradoxe que furent pendant longtemps perçus les mamelouks appelés à exercer de hautes charges administratives et militaires dans le monde arabe, de leur émergence dans l'entourage des califes e omeyyades puis abbassides au vii siècle jusqu'à leur disparition plus d'un millénaire plus tard e dans la seconde moitié du xix siècle. Le livre de M'hamed Oualdi présente ce corps mamelouk, vu dans son hétérogénéité sociale – tout à la fois vizirs et gardes, généraux et pages -, au sein de l'Empire ottoman, dans la province de Tunis, aux côtés des beys gouvernant cette province, de la première dynastie des beys au début des années 1630 à l'établissement du Protectorat français sur la Tunisie au début des années 1880. Nourri de chroniques, de correspondances et de registres administratifs en langues arabe, française et anglaise, cet ouvrage va à l'encontre de certaines études qui ont présenté les mamelouks comme de simples esclaves étrangers servant des pouvoirs musulmans en manque de légitimité et qui préféraient s'appuyer sur ces recrues plus que sur leurs sujets « autochtones ». Les mamelouks ne coupaient pas les beys de Tunis de leurs sujets. Détachés de leurs foyers, mariés à des descendantes des beys et parfois liés aux intérêts de notables du pays, les dignitaires mamelouks permettaient à la fois de distinguer et d'associer leurs maîtres aux différents groupes sociaux de la province qu'ils étaient amenés à gouverner. Mais cet usage dynastique des mamelouks par les beys de Tunis prit fin avec l'interdiction de la traite des esclaves et la promotion de serviteurs tunisiens aux plus hautes fonctions administratives dans la e seconde moitié du xix siècle.
M’HAMED OUALDI
M'hamed Oualdi est maître de conférences d'histoire du Maghreb moderne et contemporain à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).
SOMMAIRE
Remerciements
Conventions Translittération de l’arabe Usages de translittération Calendrier hégirien et concordances chronologiques Notes et abréviations Arbre généalogique des beys husaynides régnant de 1705 à 1902
Introduction Historiographie Une variété de trajectoires Les étapes
e e Première partie. Les mamelouks définitions et variations d’usage (xvii -xix siècle)
Chapitre 1. « je suis votre mamelouk » À LA RECHERCHE D’UN CORPS L’ESPRIT DE CORPS LA FABRIQUE DE CRÉATURES S’AFFRANCHIR DU MAÎTRE
e e Chapitre 2. Des siècles entre parenté et pouvoir (xvii -xviii siècle) e LE PREMIER xvii SIÈCLE, DES TEMPS RENÉGATS À L’INSTAURATION D’UNE DYNASTIE LE RETRAIT DES MAMELOUKS DES ANNÉES 1640 AUX ANNÉES 1760
Chapitre 3. La mise en valeur des mamelouks des années 1770 aux années 1830 CHIFFRER L’ASCENSION DERRIERE LES EFFECTIFS DES MAMELOUKS TERRASSANT LES TURCS ?
Chapitre 4. Les médiations mameloukes du sérail à la cité AU PALAIS, LES DÉCLINAISONS DE LA PARENTE LE SERAIL ET LA CITÉ
Chapitre 5. L’autorité par la proximité La montée des dignitaires mamelouks LE GAIN D’AUTORITÉ S’APPROPRIER LE PAYS
Conclusion de la première partie Patrimonialisation et extension de l’autorité étatique : limites et contestations
Deuxième partie. Adaptations et dissolution du corps mamelouk au temps des réformes (des années 1830 aux années 1880)
Chapitre 6. Le « sérail ébranlé »
LES TROUBLES INTÉRIEURS LES ONDES DE CHOC LES INTERACTIONS
Chapitre 7. L’or des médailles, le bleu des uniformes Distinctions et fusions des mamelouks dans le mouvement des réformes DES HOMMES DE RÉFORMES LES BÉNÉFICES DES RÉFORMES LES PERTES
Chapitre 8. Enfants du pays, « fils » des souverains et descendants de mamelouks Associer des autochtones au service du beylik PROMOUVOIR LES ENFANTS DU ROYAUME LES « FILS DU BEY » OU L'ÉLARGISSEMENT D’UNE FILIATION FICTIVE RECONNAÎTRE UNE DESCENDANCE MAMELOUKE
Chapitre 9. 1864, le printemps des « Bédouins », l’automne des mamelouks UN SOULÈVEMENT CONTRE LES MAMELOUKS ? LES LEÇONS D’UNE RÉPRESSION
Chapitre 10. Domination et dissolution, des années 1860 aux années 1880 UNE DYNASTIE CHANCELANTE UNMAKHZENRÉAMÉNAGÉ LE RESSERREMENT DU MONDE
Conclusion générale. « De vieux serviteurs d’État » La dépendance La parenté L’autorité La disparition La postérité
Glossaire
Annexes
Sources et bibliographie
Index des lieux
Index des personnages
Index des collectifs
Index thématique
Remerciements
1Ce livre est issu d’une thèse de doctorat d’histoire soutenue le 11 octobre 2008 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ce travail a d’abord été rendu possible par la confiance de Daniel Rivet qui m’a suivi depuis la maîtrise et qui m’a sans cesse soutenu tout en respectant mes choix de recherches. J’ai aussi pu bénéficier des conseils généreux et des lectures attentives de Jocelyne Dakhlia. Leurs manières singulières d’appréhender et d’écrire une histoire moderne et contemporaine du Maghreb n’ont cessé de m’influencer. Je voudrais ici leur renouveler mes remerciements et l’expression de ma profonde gratitude. Les approches et les hypothèses qui sont développées dans cette étude se sont aussi transformées à la lecture des recherches de Leïla Blili et Jane Hathaway, auxquelles je suis également largement redevable. 2Je tenais aussi à marquer ma reconnaissance envers un autre de mes « maîtres », Omar Carlier, pour son soutien constant, et aux membres du CEMAF (Centre d’études des mondes africains) de l’université Paris1 Panthéon-Sorbonne, en particulier Pierre Boilley, Bertrand Hirsch, Camille Lefebvre, Estelle Sohier, Liliane Daronian, Pierre Vermeren et Nadine Picaudou qui, au sortir de la soutenance de thèse, eut la générosité de me proposer de publier ce travail au sein de la collection « Bibliothèque historique des pays d’Islam ». 3Ce travail, qui enjambe les périodisations européennes, a aussi pu être nourri par des enseignements d’histoire moderne et contemporaine conçus pour les étudiants de l’université Paris1 durant quatre ans et pour ceux de l’université de Strasbourg durant deux années. J’ai pu, à cette occasion, être accueilli dans les centres de recherches respectivement dirigés par Dominique Kalifa, Alain Cabantous et Dominique Dinet, qu’ils en soient ici remerciés. J’ai alors eu l’occasion de me sensibiliser à quelques-unes des avancées de l’historiographie de l’Europe méditerranéenne et continentale, à l’écoute notamment de Wolfgang Kaiser, Katia Béguin, Vincent Denis, Jean-Pascal Gay, Simone Herry, François Jarrige, Benoît Lenoble, Raphaël Morera, Agnès Ravel-Cordonnier, Françoise Steudler. 4En dehors de ces semestres d’enseignement, lors de mes séjours de recherches à Tunis, j’ai pu bénéficier de l’accueil attentionné des membres de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, des conseils toujours avisés de Pierre-Robert Baduel et d’Anne-Marie Planel mais aussi d’échanges amicaux avec Myriam Bacha, Yazid Ben Hounet, Morgan Corriou et Marion Defaut. Dans l’exploration des archives tunisiennes, déterminantes dans la conception de ce travail, je dois beaucoup aux orientations et aux recherches de Sami Bargaoui, Abdelhamid Henia, Mabrouk Jebahi, Mehdi Jrad, Rached Lakhal et Faouzi Mosteghanemi. 5La transformation de la thèse en manuscrit a pu être entamée au sein du Max Weber Programme de l’Institut universitaire européen basé à Florence où j’ai eu la chance de connaître des camarades d’une grande générosité et d’une remarquable ouverture intellectuelle : je pense ici entre autres à Janine, Mathias, Mathieu, Valérie, Emmanuel, Franck, Marion, Luma, Valentina, Raphaël, Nai, Seda, Claudia, Claudius, Richard, Naomi. Le livre a été, enfin, conçu durant ma première année d’enseignement à l’INALCO ; j’en sais gré à Catherine Mayeur-Jaouen, mais également à Bernard Heyberger et Nicolas Michel. La publication de cet ouvrage a d’ailleurs pu bénéficier d’un soutien financier du comité de lecture des publications scientifiques de l’INALCO. 6Dans ce périple, j’ai pu compter sur l’amitié et l’affection de Bourak, Francis, Cécile, Cédric, Haroun, Inès, Jean-Baptiste, Joffrey, Josseline, Maggy, Maha, Maryline, Mohamed-Ali, Nessim, Olivier, Patrick, Régine, Sonia, Soraya, René, Ugo, Véronique, Vincent et les autres…
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Cependant, aucun de ces mamelouks n’aurait été approché ou pour le moins quelque peu compris sans l’expérience incarnée de la migration, de l’exil et sans la connaissance du dialecte tunisien vécus dans l’épreuve, l’étonnement et l’amusement, aux côtés de ma mère Zohra, de mes sœurs Henda et Ouahiba et de mon frère Hossni.
Conventions
Translittération de l’arabe
Usages de translittération
1Les mots translittérés de l’arabe ne prennent pas de marque de pluriel dans le texte en français. 2Les citations en arabe sont données en translittération.
Calendrier hégirien et concordances chronologiques
3Les mois du calendrier hégirien sont indiqués en toutes lettres sauf pour les mois dedū al Ḥijjaet dū al-Qa‘daréduits à ḥijja et qa‘da. 4Les concordances entre les calendriers hégirien et grégorien ont le plus souvent été établies par le biais du logiciel « Computus » (G. Behrens, Munich, 1992).
Notes et abréviations
5Dans les notes, sont indiqués les noms d’auteur, les dates d’édition puis les pages. Pour les références complètes, se reporter à la bibliographie générale.
6Pour les mentions d’archives : 7Ant: Archives nationales tunisiennes SH : « Série historique » C : carton d. : dossier arch. : archive reg. : registre 8Anf: Archives nationales françaises 9AE: Affaires étrangères (France, Paris, Nantes) 10Bnt: Bibliothèque nationale tunisienne ms. : manuscrit 11Mae: ministère français des Affaires étrangères ADP : affaires diverses politiques CCC : correspondance consulaire et commerciale CP : correspondance politique des consuls MD : mémoires et documents PA : papiers d’agents 12Pro: Public Record Office (Londres) FO : Foreign Office
Arbre généalogique des beys husaynides régnant de 1705 à 19021
NOTES 1.D’après M. A. Ben Achour, 1994a, 10, et L. Valensi, 2008, 249.
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