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Espaces des masculinités

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153 pages
L'étude des masculinités est récente dans les sciences sociales. Sa généalogie permet de tirer le fil qui est lié historiquement, épistémologiquement et politiquement à l'ensemble de ce que l'on appelle aujourd'hui « la géographie des sexes, genres et sexualités ». Le positionnement scientifique de cette géographie est simple : les lieux n'ont de sens que parce que des corps s'y trouvent. Un de ces enjeux concerne la production même de la connaissance : la géographie est-elle masculine ?
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16,50ISSN:161-53045SINB:9-27836-304-0-671n° 8sam sed edutéL3rét ess ténilicuneic secicosselantcedae  lns sesro elpsue  néggo. Elle lest encer en taepec tem. iephraston cCe aepess neectrnit pandan caus entie r rermpe detolaé eigaS .nég iquementé histor ise tilel  luqiqitol pett enemuqigolométsipé ,e le qude cble snmel etnà euem diephraesex sesserneg ,uxes te ppelon aujoule aiu« drhéggol  ainte qu cdeteetoég -argeihptse alités ». Le postioinnmene tcsei euq ecrap euq stry ss rpcos de sil :ellp es mi sent denoneux ep enosrissed noéenr» s s nege« rOc sec uoevtn .t lexprorps sonnietno t rniariges qciales fui laler selos snoituéex sett on des-rinrè euq iocdnest pas cette de,étiauq c dnn euecl lntsea alxu puiité,ulinmascl  a eedtédu .Lesalcisos ontilaer sel tnennoitiui traveenjeux qe  tel s sédabstenaglet , ésrtpalucstinied sam sncerx conjeues eitnodocu arpenl nncoa  ldee êm még al : ecnassias thématrsent cec sem téqieu ste desree dohogilo nU c edrehc.ehcedl mê ecslu aamé : init neelleu sap ts siam enl ieurplree  netgoarhpeie tse-lle masculine ? Untua c erecno enr pla-drotiuc monp ud noitseuq ale èvulsoe èmsioidnuno ,anitodim la t deir eouvosiamud es n ,exue qu dvelèas p.sU  nrtel sesext entre n rapporeslr paéo.Gcepa ,ertua te snadn° 8res 012C3, 2ih ergpaluuttec , reundex ssue neg s erl rutua sexualité sur l rluart,ed uenesacnd athg ple   focsamaps  secset Louis espaceS utydni sUDOPTNténilicuas mes lruel suot snad sEUR  PRIotteharlno: cuitrtdo  nITNOPoeG pargseihnd aas mlicutinihpei stem saucilnitéset Louis DU RUEIRP d tatÉ  t arle raoggé: tieilunig oe snihy Cgrapotteharla dn leeueGdnree physiqéographi LAZg ne ED ILÉBdo Érduaairretn  uetséa egrntr sappo   RBROL CHAeniotnA ,UOGÉJ enn Aewvirea : esdes relations seedl  ardgaeue  thnetéoogapgre hi euqsohc ? e : »hercTu cquelhes  eELhpna   «OR Ygreo galté Shyapi krow dcisyhp ncennes W the Vin nem nni eebwteeDEOR  AUlanoIC R siréwG sdooaP ,t sexe eu sees dpsca: e ossnP irieivOlt secepaes sed noitasilauxmmsed na selB ioxuelles entre ho erA uoykool gnides in Vnnce esgooetEnhyho rgpasomefor g? thinni lauxesruocretsiuicrf  snd angejbuvitcd eis sesexed hioat Snsetrrtironosiit ca subjecies: to C yhpargoeg evitR EURI Pteotrlha trpvoso crP  uL: enado te MésenMIr AULHPrD oniss :secapfo sxes  and sexualizatinoo  fpscaseN ciOI BasolTe  N VIeriotirrinodéh s du stes : psexenu euo rarhpéggoeshiapgréo ges deuqitirc euver e ?Unnagen mée boafriel s-tlevuneeshif  oeo gapgryhpadna g hcrgoenes Frenanglophoauilét sd ses xeiraK  tsALPUD en LBy? dovoro Pucecy orud oaMuot ienMtret intay I eihnarfsiaçep e eéslat éo gapgrei sed sesuxlatiN   Les géograph8N_3ER_SLUUTTEC-ASCUES-MSPACGF_ERrueirP ettolrahE-HIAPGREO-GUEEV
Revue soutenue par l’Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS
Sous la direction de Charlotte Prieur et Louis Dupont
Revue Géographie et
Les espaces des mascuLinités
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LES  ESPACES  DES  MASCULINITÉS  
Sous  la  direction  de  Charlotte  Prieur  et  Louis  Dupont
LHarmattan
La revue Géographie et cultures est publiée quatre fois par an par lAssociation Géographie et cultures et les Éditions LHarmattan, avec le concours du CNRS. Elle est indexée dans les banques de données Pascal-Francis, GeoAbstract et Sociological Abstract. Fondateur : Paul Claval Directrice de la publication : Francine Barthe-Deloizy Secrétariat de rédaction : Yann Calbérac Comité de rédaction : F. Barthe-Deloizy, Y. Calbérac, E. Dedenon, H. Dubucs Comité de lecture : A. Berque (EHESS), M. Blidon (Paris I Panthéon Sorbonne), P. Claval (Paris IV), L. Dupont (Paris IV), J. Estebanez (Université Paris-Est Créteil), V. Gelézeau (EHESS), C. Ghorra-Gobin (CNRS), S. Guichard-Anguis (CNRS), C. Guiu (Nantes), C. Hancock (Paris XII), J.-B. Maudet (Pau et des Pays de l'Adour), Y. Raibaud (Bordeaux III), F. Taglioni (La Réunion), A. Volvey (Artois), S. Weber (Paris-Est), D. Zeneidi (ADES-CNRS). Comité scientifique : G. Andreotti (Trente), L. Bureau (Québec), B. Collignon (Paris I), N. Fakouhi (Téhéran), J.-C. Gay (Montpellier), M. Houssaye-Holzchuch (ENS Lyon), C. Huetz de Lemps (Paris IV), J.-R. Pitte (Paris IV), J.-B. Racine (Lausanne), A. Serpa (Salvador de Bahia), O. Sevin (Paris IV), J.-F. Staszak (Genève), M. Tabeaud (Paris I), J.-R. Trochet (Paris IV), B. Werlen (Iéna). Correspondants : A. Albet (Espagne, A. Gilbert (Canada), D. Gilbert (Grande-Bretagne), J. Lamarre (Québec), B. Lévy (Suisse), J. Lossau (Allemagne), R. Lobato Corrêa (Brésil) et Z. Rosendhal (Brésil). Secrétariat dédition : Emmanuelle Dedenon Cartographie : Florence Bonnaud et Véronique Lahaye Laboratoire Espaces, Nature et Culture (ENeC)  Paris IV Sorbonne CNRS UMR 8185  190-198 avenue de France, 75013 Paris  Téléphone : 01 49 54 84 34  Courriel : revue.geographie.cultures@gmail.com Abonnement et achat au numéro : Éditions LHarmattan, 5-7 rue de lÉcole polytechnique 75005 Paris France. Chèques à lordre de LHarmattan.  France Étranger Abonnement 55 euros 18 euros Prix au numéro 18 euros 18 euros Recommandations aux auteurs : Toutes les propositions darticles portant sur les thèmes intéressant la revue sont à envoyer au laboratoire Espaces, Nature et Culture et seront examinées par le comité de rédaction. Géographie et cultures publie en français. Les articles (30-35 000 signes) doivent parvenir à la rédaction sur papier et par informatique. Ils comprendront les références de lauteur, des résumés en français, en anglais et éventuellement une autre langue. Les illustrations (cartes, tableaux, photographies N&B) devront être fournies dans des fichiers séparés en format jpeg et nexcéderont pas 11 x 19 cm.
© LHarmattan, 2012 5-7, rue de lEcole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISSN : 1165-0354 ISBN : 978-2-336-00471-6 EAN : 9782336004716
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SOMMAIRE  
 Introduction : les masculinités dans tous leurs espaces Charlotte PRIEUR et Louis DUPONT État de lart : géographies et masculinités Charlotte PRIEUR et Louis DUPONT Rapports genrés au terrain en géographie physique Anne JÉGOU, Antoine CHABROL et Édouard DE BÉLIZAL « Tu cherches quelque chose ? » : ethnogéographie de la drague et des relations sexuelles entre hommes dans le bois de Vincennes Stéphane LEROY Prisons : espaces du sexe et sexualisation des espaces Gwénola RICORDEAU et Olivier MILHAUD Territoires hédonistes du sexe : pour une géographie des subjectivations Nicolas BOIVIN Luc Provost présente Mado : entretien Charlotte PRIEUR Les géographies des sexualités et la géographie française peuvent-elles faire bon ménage ? Une revue critique des géographies des sexualités anglophones Karine DUPLAN  Film/série  Laurence Anyways ou le corps trans dans ses espaces Skins : quand la télévision met en territoire les sexualités adolescentes  Recensions  Chrystelle Grenier-Torres, Lidentité genrée au cur des transformations : du corps sexué au corps genré Sylvie Ayral, La fabrique des garçons : sanctions et genre au collège Andrew Turner, Queer visibilities: space, identity and interaction in Cape Town   
INTRODUCTION     2    
Charlotte  PRIEUR ͳ  Laboratoire  CNRS  Espace,  Nature  et  Cultures  (ENeC)  UFR  de  géographie,  Université  Paris Ǧ Sorbonne   Louis  DUPONT ʹ  Laboratoire  CNRS  Espace,  Nature  et  Cultures  (ENeC)  UFR  de  géographie,  Université  Paris Ǧ Sorbonne     Si une photo vaut parfois dix mille mots, il peut arriver quaucune, faute de lentilles adéquates, ne puisse rendre compte dun phénomène. Cest le cas de la masculinité dont létude oblige rapidement à reconnaître la diversité des formes et des expressions au-delà du corps sexué et de la norme genrée. Un ensemble de pictogrammes, différents par la forme, la couleur et la quantité nous a ainsi semblé plus à même de montrer explicitement les masculinités et, implicitement, leurs géographies. Lidée est venue dune confusion, suivie dune hésitation : sur une porte de toilette dun bar, un pictogramme masculin normé sous lequel on pouvait lire linscription « Toilette des femmes ». Du reste, avons-nous découvert, ces pictogrammes ainsi que lagencement des toilettes dans les espaces publics sont au cur de plusieurs études et discours dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales (droit, sémiotique, géographie) 3 .  Cette diversité des masculinités, Charlotte PRIEUR la pose dentrée dans le premier article de ce numéro spécial : Ainsi, je [vois]  lintérêt du pluriel des masculinités non seulement en tant que contestation dun modèle normatif posant cette dichotomie [masculin/féminin]  mais aussi pour montrer quau-delà des mens studies, ce sujet des masculinités appelait les queer studies et les trans studies qui prennent en compte la prolifération des genres . Louis DUPONT cosigne cet article qui présente un état de lart sur les géographies des masculinités, lhégémonique bien sûr, mais aussi dautres, « inclusive », « dominée », périphérique, etc., quincarne une variété de personnages : le dur-à-cuire , le macho , le spartiate , le « gay                                                      1 Courriel : charlotte.prieur@paris-sorbonne.fr 2 Courriel : duponlouis@aol.com 3 Voir notamment : http://www.rue89.com/2010/09/19/sur-la-porte-des-wc-des-panneaux-qui-font-mauvais-genre-166388?page=6%2C0 ; http://law-journals-books.vlex.com/vid/coming-closet-segregated-bathrooms-65019823 ; http://www.academia.edu/526193/2012_The_Semio tics_of World Waste Cultures - On Travel_Toilets_and_Belonging _ _ _ _ _ _
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efféminé », le garçon manqué , « lhomme rose » (le féministe), etc. Les deux auteurs ont examiné plus de 50 textes de revues spécialisées de la géographie anglo-américaine et dautres sciences sociales, sur le thème des masculinités, de ses espaces, lieux et territoires. Le texte, à deux voix, exprime deux trajectoires et positionnements dans le savoir, qui nen dégagent pas moins un espace commun. Nécessairement sélective, la bibliographie permettra aux intéressé.e.s de mieux connaître les travaux à teneur géographique qui se réclament de létude des masculinités. Si la discipline géographique était un espace, ne conviendrait-il pas den étudier les rapports de genre, ou comment se manifeste et se joue la masculinité ? Cest ce quont fait Anne JÉGOU, Antoine CHABROL et Édouard DE BÉLIZAL dans « Rapports genrés au terrain en géographie physique ». Sappuyant sur un questionnaire, des entretiens, mais aussi sur leur expérience et leurs observations, ces derniers posent que le géographe physicien constitue traditionnellement une figure masculine, notamment par son rapport au terrain. Figure aux dimensions sportives, dauthenticité et de contacts avec la nature, et qui doit aussi savoir faire preuve dun certain dépassement. Pourtant, comme laffirment les auteurs, [] les différences de genre entre les chercheurs sont gommées sur le terrain au profit dun statut neutre du chercheur, en fait plutôt masculin, dans une performance de genre . On ne peut que se réjouir dun tel article qui questionne linvisibilité des rapports de genre dans la production même du savoir géographique. Stéphane LEROY signe ensuite : « Tu cherches quelque chose ? Ethnogéographie de la drague et des relations sexuelles entre hommes dans le Bois de Vincennes ». Si le rapport masculin/féminin structure les rapports de genre, lhomosexualité masculine sert souvent de révélateur du pouvoir normatif de la masculinité hégémonique. Dans cette perspective, LEROY a mené une enquête pendant plusieurs années sur lorganisation et lévolution spatio Ǧ temporelle des pratiques de drague et dinteractions sexuelles anonymes entre hommes dans le Bois de Vincennes. Il constate que : [] débarrassés des interdits sociaux et moraux, et en quête dun même plaisir furtif, les acteurs qui sadonnent à dillicites jeux du sexe et du hasard dans lespace public en pervertissent lusage et transgressent la norme hétérosexuelle qui la façonné. Son analyse sinscrit assez bien dans les gay studies , qui en soi précèdent lapparition des mens studies et où le caractère subversif de cette forme de masculinité est plus particulièrement étudié. Dans « Prisons : espaces du sexe et sexualisation des espaces », la sociologue Gwénola RICORDEAU et le géographe Olivier MILHAUD explorent larticulation, en prison, du sexe et de lespace. On y apprend quen prison les pratiques sexuelles sont formellement interdites. Mais, image populaire aidant, lon sait tout autant que des pratiques de « compensation » ou de « substitution », volontaires ou violentes existent.
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Les auteurs soulignent comment certains espaces ont sexualisés et comment les politiques pénitentiaires, dans leurs déclinaisons spatiales, ont lambition de contrôler les pratiques sexuelles : En prison, les espaces du sexe sont très divers : là, le sexe est quasi-inexistant, ici, il est toléré, ailleurs, il est réprimé On peut donc tracer les frontières du sexe en détention, non seulement entre les différents régimes de détention (maison d rêt, ar établissement pour peines), ou entre les détentions masculines et féminines, mais aussi au sein même dun établissement.  Aux dires des auteurs, [l] a prison apparaît dès lors comme un excellent révélateur des représentations des rôles sociaux de sexe, largement partagées dehors .  Larticle suivant porte sur les « Territoires hédonistes du sexe pour une géographie des subjectivations ». Nicolas BOIVIN, posant que les lieux sont le support des désirs et des plaisirs, se penchent sur les fondements épistémologiques de la géographie du sexe. Pour ce faire, il propose de lire la fabrique territoriale née des pratiques sexuelles, en partant dune description de ces dernières, puis en proposant une lecture foucaldienne à partir de la notion de subjectivation. Sappuyant sur les travaux de chercheurs anglophones et francophones, BOIVIN fait dabord un état des lieux des territoires et échelles de la géographie du sexe. Il se demande ensuite : Comment appréhender les phénomènes spatiaux des plaisirs si les géographes se contentent de reprendre les catégories édictées par nos cultures ?  La déconstruction simpose comme préalable, et cest avec Foucault que lauteur lentreprend. Pour ce faire, il se penche sur les systèmes de subjectivations développés par le philosophe dans le deuxième tome de Histoire de la sexualité . À son avis, ces schèmes, au nombre de quatre, [] peuvent être considérés aussi comme des systèmes de fabriques territoriales . Cet article est bien relayé par lentretien qui suit avec Luc PROVOST, alias MADO, célèbre drag queen  de Montréal, réalisé par Charlotte PRIEUR, avec la collaboration de Marie-France PRIEUR. Luc PROVOST est un homme, gay, une drag queen , mais aussi un montréalais (dun quartier ouvrier canadien-français) ; son personnage est populaire dans lensemble du Québec, chez les « hétéros » comme chez les « homos ». Son existence, et surtout le récit que fait Luc de Mado, est en soi une déconstruction par subjectivité kaléidoscopique : Mado ce nest pas une recherche de la féminité quelle fait, ce nest pas non plus une recherche de la perfection. [] Mado, ce nest pas un homme, ce nest pas une femme, c est une chose intelligente . Ce numéro se termine sur une revue critique des géographies des sexualités anglophones. Comme le titre de larticle lindique, Karine DUPLAN a entrepris ce travail en se demandant si [l] es géographies des sexualités et la géographie française peuvent [] faire bon ménage ? Pour y répondre, lauteure présente [] un état des lieux critique de ces géographies des sexualités, longtemps délaissées par la géographie
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française . La publication dun numéro inédit sur les masculinités ne latteste-t-il pas ? Ce texte permet dailleurs de mieux situer létude des espaces dans les masculinités dans un champ où existent inévitablement des débats théoriques, épistémologiques et idéologiques. En mettant laccent sur la multiplicité des influences depuis le tournant culturel, DUPLAN montre quelles ont donné forme à autant de savoirs concomitants qui ont contribué à la construction de ce champ. Trois moments sont identifiés : une géographie de lhomosexualité, une géographie des femmes, la théorie et les études queer en géographie des sexualités. La bibliographie constitue une importante contribution à la connaissance des travaux, surtout anglophones, de ce champ de recherche en expansion dans la production du savoir géographique. Enfin, les lecteurs.trices apprécieront les recensions qui complètent ce numéro. Les responsables tiennent à remercier les membres du comité de rédaction de la revue, plus particulièrement Francine Barthe et Emmanuelle Dedenon pour leur patience et leurs remarques, ainsi que tous les membres du comité de lecture de la revue et les évaluateurs.trices anonymes des articles.  
 
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ÉTAT  DE  LART   2      2
Charlotte  PRIEUR ͳ  Laboratoire  CNRS  Espace,  Nature  et  Cultures  (ENeC)  UFR  de  géographie,  Université  Paris Ǧ Sorbonne   Louis  DUPONT ʹ  Laboratoire  CNRS  Espace,  Nature  et  Cultures  (ENeC)  UFR  de  géographie,  Université  Paris Ǧ Sorbonne     Résumé  :  Cet  article  fait  létat  de  lart  des  recherches  en  géographie  sur  le  thème  des  masculinités.  Après  avoir  étudié  les  articles  francophones  et  surtout  anglophones,  les  deux  auteurs  prennent  la  parole  à  tour  de  rôle  pour  commenter  les  recherches  dans  le  domaine,  à  partir  de  leur  expérience  et  leur  positionnement  de  recherche.  Louis  Dupont  se  situe  plutôt  dans  une  approche  de  géographie  des  genres.  Il  étudie  plus  particulièrement  les  masculinités  hégémoniques  et  les  normes  de  genre  dans  une  société  patriarcale,  alors  que  Charlotte  Prieur  prend  le  parti  détudier  les  masculinités  alternatives  (féminines,  queer  et  trans)  dans  la  lignée  des  géographies  queer s .  Mot Ͳ clés  :  masculinités,  géographie,  genre,  queer  Abstract:  This  article  is  a  review  of  the  geographies  of  masculinities.  After  studying  francophone  and  anglophone  works,  the  two  authors  give  their  respective  view  of  this  field  stemming  from  their  experience  and  positionnality.  In  line  with  a  geography  of  gender,  Louis  Dupont  studies  more  particularly  hegemonic  masculinities  and  gender  norms  in  a  patriarchal  society,  whereas  Charlotte  Prieur,  in  tone  with  the  sub Ͳ field  of  queer  geographies,  focuses  on  alternative  masculinities  (feminine,  queer ,  trans ).   Key Ͳ Words:  masculinities,  geography,  gender,  queer    Létude des masculinités est récente dans les sciences sociales. Elle lest encore plus en géographie. Ce constat ne remet cependant pas en cause sa pertinence. Sa généalogie permet de tirer le fil qui est lié historiquement, épistémologiquement et politiquement à lensemble de ce que lon appelle aujourdhui « la géographie des sexes, genres et sexualités » (Duplan 2012,                                                      1 Courriel : charlotte.prieur@paris-sorbonne.fr 2 Courriel : duponlouis@aol.com
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