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Essais de neuropsychanalyse

De
236 pages
Intégrer les acquis incontournables du freudisme et les découvertes des neurosciences est le propos de ces essais de neuro-psychanalyse. Avec ce concept de neuro-psychanalyse, l'auteur affirme la nécessité de réancrer neuronalement nos processus psychiques. L'auteur reste psychanalyste, il n'oublie en rien les fondamentaux du freudisme, notamment la nécessité de refoulement. Néanmoins, cette démarche génère le surgissement d'un certain nombre d'interrogations.
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Jacques Robion Essais de neuropsychanalyse
Essais de neuropsychanalyse
Jacques Robion
Essais de neuropsychanalyse
Du même auteur Pour une psychanalyse dialectique, Cassiope Éditions, 2009.
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01563-7 EAN : 9782343015637
Sommaire
Introduction ....................................................................................................................7
I. STRUCTURE ET HISTOIRE
Unicité de l’objet..... ...................................................................................15 ................ Élection de l’objet.....................................................................................................35 L’autre réponse de l’objet.................................................................................53 L’autre réponse de l’autre objet..................................................................71 Résilience..........................................................................................................................93 La conservation du passé..................................................................................111
II. LE MENTAL ET LE NEURONAL
Computation, mentalisation, psychisation.........................................129 Empreinte et pulsi..............................................................................................155 on La sublimation.............................................................................................171 ................ Parcours «topique »et processus identificatoire.......................185 La causalité psychique..........................................................................................195
Bibliographie des auteurs cités....................................................................225
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Introduction
Dans une première partie j’aborderai plusieurs notions étroitement liées les unes aux autres: l’unicité de l’objet investi, l’élection de cet objet, sa désélection, la réponse de l’objet (qui permet cette désélection), la réponse de l’autre objet (quand l’objet investi reste désespérément sans réponse). Le cheminement de la réflexion sur ces concepts m’amè nera à (re)poser la question de la nature de la « fixation». La fixation estelle simple fixation d’une structure mentale – une « structurefantasmatique »écrivait Pontalis – se répétant jusqu’à son dévoilement, ou estelle en même temps fixation à un objet du passé ? La réponse à cette question constitue la ligne de partage radicale entre les approches structuralistes et les approches historicisantes. Où situer la psychanalyse selon ce critère, entre structure et histoire? La réponse à cette question est loin d’avoir un intérêt seulement théorique. Elle détermine en fait totalement la pratique clinique concrète du psychanalyste, de tout psychothérapeute, en général. Ou bien le thérapeute décidera de ne s’occuper que de la structure organisant toute relation du sujet à l’objet et au monde, héritée du passé, pour tenter de la déconstruire, tel un logiciel qu’il faudrait remettre à jour, dans tous les sens du terme. La structure est alors considérée comme un invariant indépendant de tout objet et à l’origine de la répétition et
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l’objet réel comme contingent. Ou bien il décidera de consi dérer la structure comme encore liée à l’objet historique à l’origine de sa constitution. Et il conclura à l’impossibilité de déloger cette structure de mentalisation, un fantasme par exemple, sans faire retour dans le passé du sujet, sur sa genèse. La structure de mentalisation n’est pas indépendante de l’objet mentalisé. Autrement dit, l’objet n’est pas aussi contingent qu’on le pense, ou que le concept freudien de pulsion semble l’affirmer. Je pense même que c’est du sens qu’aura donné le psy chothérapeute à la fondamentale notion de fixation, qu’éma nera ou non la «réaction thérapeutique négative», ce refus de guérir chez un sujet venu pourtant pour guérir. Pourquoi quelque chose se fixe, d’une façon d’aimer, de voir, de ressentir? Pourquoi un objet du passé n’en finit pas d’être investi? On perçoit bien que s’agite à travers ces questions le problème de la répétition du passé dans le présent. Et inéluctablement, si quelque chose se répète, vient la question du mode de sa conservation. Comment se conserve cette structure mentale qui organise invisiblement mon pré sent ?Neuronalement ou psychiquement? Ce sera l’objectif de la seconde partie de cet essai, de tenter de répondre à cette question d’actualité. Les découvertes des neurosciences se multiplient en effet chaque jour, apportant un éclairage nouveau sur le fonction nement de notre psychisme. L’avenir est là, incontestable ment. On voit mal cependant comment on pourrait se passer aujourd’hui des principes régissant notre processus de conscientisation, théorisés par Freud. JeanPierre Changeux, dansL’homme neuronal, pensait trouver le secret de nos asso ciations mentales conscientes et inconscientes dans une pure
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sélection et stabilisation darwinienne. Or, le processus de conscientisation obéit de toute évidence à d’autres lois que celles, darwinniennes, du fonctionnement neuronal: les lois freudiennes. Mais conserver cet acquis du freudisme, cela veut dire par contre se débarrasser de la fiction d’un «appareil psy chique »,cette boîte noire logée on ne sait où dans la boîte crânienne et dotée d’un fonctionnement «énergétique » spé cifique,doublantlittéralement le fonctionnement neurochi mique du cerveau. Le système neuronal centralisé est le seul endroit où et à partir duquel se déroulent nos processus de mentalisation et psychisation. Cela veut dire remplacer la notion de « topique » par celle de processus identificatoire. Cela veut dire redonner à la pulsion son statut d’inscrip tionneuronaleet non d’inscriptionpsychique, autrement dit la considérer comme une «empreinte ». Cela veut dire aussi faire correspondre à tout refoulement une inhibition neuronale, considérer que s’associe à cette inhibition neuronale un «renforcement »de la connexion neuronalecorrespondantà la liaison psychique métaphorique ou métonymique, qui sert de refoulement. Cela veut dire en un mot se débarrasser du mentalisme inhérent à une certaine psychanalyse – et sans doute néces saire à sa naissance. Que l’on admette de faire retour à cet ancrage neuronal de nos désirs et l’on pourra alors comprendre la répétition d’une conduite sans faire appel à un instinct ou une com pulsion spécifiques, mais simplement comme un condition nement :réversible si ce conditionnement est associatif, irréversible s’il est non associatif. Ce qui n’exclut en rien qu’une répétition comportementale puisse aussi provenir d’un autre principe que ce principe neurologique: le prin
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