Etude sur la folie hystérique

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L'auteur expose la clinique de ce qu'il nommera "folie hystérique" à travers une dizaine d'observations (dont deux à caractère sexuel prononcé). Les accès, qui peuvent durer plusieurs années, présentent de nombreuses rechutes et de multiples variantes symptomatologiques, marquées du sceau de la mobilité des mutations délirantes.
Publié le : mardi 1 novembre 2011
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EAN13 : 9782296471931
Nombre de pages : 162
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Étude sur la folie hystérique
ou de l’hystérie considérée
comme cause d’aliénation mentale Psychanalyse et Civilisations
Série Trouvailles et Retrouvailles
dirigée par Jacques Chazaud
Renouer avec les grandes œuvres, les grands thèmes, les grands
moments, les grands débats de la Psychopathologie, de la
Psychologie, de la Psychanalyse, telle est la finalité de cette série
qui entend maintenir l’exigence de préserver, dans ces provinces de
la Culture et des Sciences Humaines, la trace des origines. Mais
place sera également donnée à des Essais montrant, dans leur
perspective historique, l’impact d’ouverture et le potentiel de
développement des grandes doctrines qui, pour faire date,
continuent de nous faire signe et nous donnent la ressource
nécessaire pour affronter les problèmes présents et à venir.
Dernières parutions
J GILLIBERT, , 2011. Dialogue avec les schizophrénies
MARCHAIS, A. CARDON, Troubles mentaux et interprétations
informatiques, 2010.
W. D. WHITNEY, La vie du langage, 2010.
N. VASCHIDE, Le sommeil et les rêves , 2010.
É. BOUTROUX, William James , 2010.
M. DE FLEURY, Les fous, les pauvres fous et la sagesse qu’ils
enseignent, 2010.
H. MAUDSLEY, Le crime et la folie , 2009.
P. MARCHAIS, L’esprit. Essai sur l’unité paradoxale des flux
énergétiques de la dynamique psychique , 2009.
GOLDSTEINAS, L. Du diagnostic en clinique psychiatrique :
essai d’une approche des nouvelles disciplines, 2008.
W. BECHTEREW, L’activité psychique et la vie
H. DELACROIX, Les grandes formes de la vie mentale , 2008.
A. LEMOINE, L’aliéné, 2008.
C. POIREL, La neurophilosophie et la question de l’être, 2008.
P. JANET, Les névroses , 2008.
M. HIRSCHFELD, Anomalies et perversions sexuelles , 2007.
C. DAVIRON, Elles. Les femmes dans l’œuvre de Jean Genet,
2007. Jules-Amédée BULARD
Étude sur la folie hystérique
ou de l’hystérie considérée
comme cause d’aliénation mentale © L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-55420-7
EAN : 9782296554207 - SUR
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OU
DE L'HYSTÉRIE
CONSIDÉRÉE COMME CAUSE D'ALIÉNATION MENTALE.
THESE
présentée et publiquement soutenue à la Faculté de Médecine de Montpellier,
le '7 Août 1SaiS
PAR BULARD (JULES-AMÉDÉE ) ,
DE ROUEN ,
DOCTEUR EN MÉDECINE,
LAURÉAT DE L'ÉCOLE DE MÉDECINE, DES HÔPITAUX ET DE L'ÉCOLE DE CHIMIE DE
ROUEN, EX-CHIRURGIEN- EXTERNE DES HÔPITAUX DE PARIS,. CHIRURGIEN INTERNE
A L'ASILE PUBLIC DES ALIÉNÉS DE SAINT-TON (SEINE-INFÉRIEURE), MEMBRE
CORRESPONDANT DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES MÉDICALES DE MONTPELLIER.
Nul de nous ne sait quand son heure arrivera , nul
« ne sait si l'idée qu'il porte ne périra pas avec lui ;
à choisir: « dans cette incertitude, il n'est qu'un parti
viendra, »c'est de nous hâter, afin que, lorsque le soir
il trouve notre ouvrage terminé...
(Dr RUCHEZ, introduction a la science de l'histoire.)
MONTPELLIER
JEAN MARTEL AINE , IMPRIMEUR -DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE ,
EUE DE LA DAILSBASSEIDE 2, PRÉS DE LA PRÉPECTURE.
4838
A MONSIEUR
le Docteur Max. PARCHAPPE ,
Chevalier de la Légion d'Honneur ,
Inspecteur—général des Asiles d'aliénés,
Ancien médecin en chef Cie l'Asile des aliénés de la Seine-Inférieure ,
Ancien professeur de physiologie à l'École de médecine
et de pharmacie de Rouen , _
Membre correspondant des Académies' de médecine de France
et de Belgique , etc., etc.
Faible hommage de ma haute considération.
A mon Maitre
M. le Docteur B.-A. MOREL ,
Médecin en chef à l'Asile des aliénés de Saint—Yon
( Seine-Inférieure) ,
Ancien médecin en chef de l'Asile des aliénés de Maréville (Meurthe) ,
Deux fois lauréat de l'Institut ( Académie des sciences),
Membre de l'Académie impériale des belles-lettres, arts et sciences,
de Rouen, de la Société de médecine de la même ville ,
Membre correspondant de l'Académie royale de Savoie , de l'Académie
royale de médecine de Turin , des Sociétés de médecine de Nancy,
de Metz, de Gand , de Lyon , etc., etc.
Le titre dont je m'honorerai toujours le plus
sera celui de votre élève.
J. MULARD. AVANT-PROPOS.
Dès les temps les plus reculés de la médecine ,
on voit les observateurs signaler le grand nombre
et la fréquence des maladies des femmes. « Uterus
sececentarum cerumnarurn calamitaturnque
ribus causa » , écrivait Démocrite. Et depuis , il
suffit de jeter les yeux sur les écrits des hommes
qui ont fait de la médecine le sujet de leurs études,
pour se convaincre de la vérité de cette triste
assertion.
Il semblerait vraiment qu'il fût dans la
destinée d'un sexe qui de sentiment en sentiment
nous conduit du berceau à la tombe, de n'avoir,
en échange des douceurs qu'il verse sur notre
courte existence , que des souffrances perpétuelles.
Parmi toutes ces maladies , une des plus
importantes c'est sans contredit l'hystérie , cette
affection nerveuse qui avait fixé l'attention de tous
les médecins depuis Hippocrate jusqu'à nos jourà,
et qui , pour quelques-uns même, le grand
Sydenham entre autres, entrait comme complication AVANT- PROPOS. VI
dans presque toutes les maladies sous la forme
des symptômes nerveux les plus variés.
La fréquence de l'hystérie ; la difficulté de son
dInarInStio Pt do en:1 tr.itArnent; ses .ntes la -D-
facilité avec laquelle elle se transforme en d'autres
maladies ; enfin , son influence sur une grande
partie de l'espèce humaine, je dirai presque sur
la société tact entière , justifient bien l'attention
toute spéciale dont elle a été l'objet de la part de
tous les médecins à toutes les époques, et les
beaux travaux qu'elle a principalement suscités
dans ces derniers temps, à ne citer que ceux de
MM. Dubois d'Amiens , Landouzy et Bru -net de
Lyon.
Placé comme interne dans un Asile d'aliénés
spécialement consacré aux femmes, l'importance
de cette affection a dû justement appeler natte
attention.
Mais , en raison môme du milieu oû nous nous
trouvions et du genre de malades soumises à
notre observation , ce sont naturellement les
transformations nombreuses de l'hystérie, et en parti-
culier son changement en aliénation, mentale , qui
ont dû fixer nos regards, surtout depuis que la
direction médicale de l'Asile a été confiée a ux soins
eéclairés et à. la haute expérience de M. le docteur
AVANT -PROPOS. VII
Morel, dont tous les travaux , la vie tout entière
ont été consacrés à l'étude si difficile des maladies
du système nerveux.
dydllteb Mil/1lb Lieb
savant Maître, en nous montrant la haute portée
ses de l'hystérie considérée dans rapports avec
l'aliénation mentale, ont dirigé nos études en ce
sens , et nous ont décidé à en faire le sujet de ce
travail.
Avouons-le cependant , nous avons été maintes
fois sur le point de nous arrêter, effrayé par les
difficultés d'une pareille entreprise en un sentier
si peu battu encore .
Nous avons été encouragé à poursuivre
jusqu'au bout nôtre travail par le souvenir des
excellentes leçons que nous avions reçues; par l'espoir,
sinon de traiter à fond une semblable question ,
au moins d'éclairer d'un nouveau jour
quelquesuns de ses points; et 'puis surtout par le bien vif
désir de montrer à notre vénéré Maître que nous
avion téut notre possible pour mettre à profit s fait
ses sages- avis. Puissent les efforts, le zèle et la
bonne volonté que nous avons déployés dans- ce
Des circonstances impérieuses et indépendantes de notre
volonté nous obligent de présenter ce travail beaucoup plus
tôt et bien plus incomplet que nous ne l'aurions voutu.
VIII AVANT-PROPOS.
travail , lui prouver notre bien vive et bien sincère
reconnaissance pour la bienveillance et l'affection
dont il nous a toujours honoré I
Enfin , un dernier motif d'indulgence que nous
invoquerons pour la hardiesse de notre entreprise,
c'est notre bien ferme intention d'être utile au
genre humain , et en particulier à sa plus
charmante moitié.
Si nous avons choisi pour sujet une maladie qui
l'affeCte si souvent , c'est avec l'ardent désir
d'alléger , autant qu'il est en nous , les peines et les
souffrances de celles qui font nos délices et nos
consolations , de celles qui ont les droits les plus
beaux et les plus légitimes à notrè amour et à
notre reconnaissance , de' celles enfin dont
Thomas a dit avec juste raison : « Sans elles les
deux extrémités de la vie seraient sans secours et
le milieu sans plaisir. »
Qu'il nous soit permis avant d'entrer en matière,
d'indiquer en quelques mots comment nous avons
compris notre sujet , et le plan que nous suivrons
dans son étude.
Ce n'est qu'un simple exposé de ce que nous
espérons démontrer dans le cours de ce travail.
Nous pensons que , sous l'influence prolongée
AVANT - PROPOS. IX
des causes qui lui ont donné naissance , ou bien ,
malgré la cessation d'action de ces causes , par la
seule marche continue ou ascendante de l'ensemble
des phénomènes qui la constitue, l'hystérie peut
se transformer en aliénation mentale : aliénation ,
mentale qui , dans les diverses forines de délire
qu'elle peut revêtir , et jusque dans les
modifications maladives ultérieures qui peuvent en être la
conséquence , conserve un cachet tout spécial qui
en fait une forme , un type à part , ayant son
individualité , et formant une entité morbide à
laquelle nous donnerons le nom de folie
hystérique.
Au lieu d'entrer de suite en matière par l'étude
de cette forme d'aliénation mentale , nous avons
cru devoir présenter quelques considérations
préliminaires sur l'hystérie. Il nous a paru
convenable , utile même à notre sujet , d'esquisser, à
grands traits il est vrai et cependant aussi
fidèlement que possible, le portrait de l'hystérie, avant
qu'il n'ait été mntlifi4 par l'aliénation mentale.
Nous ne nous occuperons que de la
symptomatologie de l'hystérie , de son siége , de sa nature ,
de son pronostic et de ses terminaisons.
L'étiologie et la thérapeutique rentreront dans l'étude
du traitement de la folie hystérique. des causes et
2
AVANT- PROPOS.
En effet , ainsi que nous le démontrerons
quand nous en serons arrivé à ces parties de notre
travail , il y a la plus grande analogie entre
l'étiod (IO l'alibnation mentale IngiA l'hystrie 011n
et pour le traitement la principale indication sera
double analogie fournie par l'élément hystérie:
qui _ indique d'avance la connexion intime qui
existe entre l'hystérie et l'aliénation mentale qui
lui succède.
Nous avons, à dessein , laissé de côté le diagnostic
différentiel de l'hystérie, _ qui nous eût beaucoup
trop écarté de notre sujet, et qui du reste a été
fort bien établi par les auteurs qui ont écrit sur
la matière , et en particulier par MM. Dubois
d'Amiens , Landouzy , Brachet de Lyon. nu TT L' JJ JI14
8UR
LA FOLIE HYSTÉRIQUE.
Considérations préliminaires
SUR LA SYMPTOMATOLOGIE, LE S1ÉGE , LA NATURE-, LE PRONOSTIC
ET LES TERMINAISONS DE L'HYSTÉRIE.
§ I. Symptomatologie.
Il y a presque autant de définitions Définition. —
de l'hystérie que d'auteurs qui ont écrit sur cette
névrose. Aucune, on peut le dire, n'est
complètement satisfaisante, et ne remplit les conditions
d'une bonne définition : renfermer en peu de
mots tout ce qui caractérise une maladie et la
différencie de toutes les autres.
On le comprend aisément en pz' . ésence do
nombre infini et de l'immense variété des symptômes
12
que présente ce protée , ce caméléon , comme
l'appelait Sydenham et qui faisaient dire à
Hoffmann : Non tnorbus unes, sed potiits
morborum cohors 2 . Aussi , en donnant une définition
ne faisons-nous que suivre l'usage et
n'avonsnous nullement la prétention de dire mieux que
les auteurs, beaucoup plus compétents que nous ,
qui ont écrit sur la matière.
Disons , avant d'aller plus loin , que si nous
ce n'est pas que nous employons le mot hystérie,
le trouvions convenable pour caractériser
l'affection qui nous occupe, puisqu'il semblerait lui
donner l'utérus comme siégé exclusif, ce que nous
ne saurions admettre ; seulement , comme les noms
qui ont été proposés à la place (cérébropathie ,
névropathie, névrospasmie cérébrale,
encéphalospasmie) ne nous paraissent pas-remplir les
conditions qu'on a le droit d'en exiger, surtout lors-
- qu'on a proposé de les substituer à d'autres noms
adoptés depuis long-temps, nous pensons qu'il
est plus sage de conserver l'ancienne
dénomination , quelque vicieuse qu'elle soit. Vingt siècles
l'ont consacrée, et personne ne s'y trompe
aujourd'hui quand on dit hystérie , on se représente
Sydenham, Lettre à Guillaume Coles sur la petite-vérole
et l'affection hystérique.
Hoffmann, De affecta spasmodico convulsive ex uteri
vitio.— Opera omnia, T. 1H, p. 50.
ee 13
l'ensemble de la maladie sans songer d'une
manière spéciale à l'utérus.
Ceci établi , nous définirons l'hystérie : un
état morbide apyrétique, ordinairement de longue
durée, caractérisé par un trouble de l'innervation
générale , intermittent , plus ou moins profond,
ordinairement brusque, avec ou sans phénomènes
convulsifs.
La plupart des auteurs ont admis deux formes
ou degrés de l'hystérie : la première sans
convulsions, la deuxième, avec convulsions. Cette
distinction , qui peut être bonne en théorie , ne nous
parait pas avoir de valeur pour la pratique. En
effet , ces deux formes , quelque distinetei qu'elles
soient , sont le plus ordinairement confondues ; la
ligne qui les sépare est souvent si peu prononcée
qu'elles semblent se fondre en une seule ; aussi ne
tiendrons-nous pas compte de cette division
analytique dans la description que nous allons donner
des symptômes de l'hystérie. « Toutes les fois que
» ces symptômes sont grands , dit Fernel , ils sont
»fort aysez à eognoistre , et malaysez quand ils
»sont petits (l'entant nlnc na qn'ils (liffbrPnt pns
» beaucoup des melancholiques et des cardiaques 4 »
'Ces paroles nous révèlent les, nombreuses
difficultés que présente la pathologie de l'hystérie.
g Pathol., liv. VI, p. 500. "4
En effet , comme toutes les névroses , elle se
manifeste surtout par des troubles fonctionnels
très-nombreux , dont aucun n'est
pathognomonique, et qui tous peuvent se rencontrer dans un
certain nombre d'autres affections ; ce qui fait que
l'hystérie peut s'offrir à l'observateur sous une
foule d'aspects différents qui permettent souvent
de la confondre avec telle ou telle autre maladie.
Mais s'il n'y a pas-de symptôme vraiment
pathognomonique de l'hystérie , la liaison , l'ordre avec
lequel les symptômes se présentent le plus
habituellement est un puissant élément de diagnostic.
11 est rare qu'il n'y ait pas de symptômes pré :.
curseurs de l'invasion de l'hystérie"; ils sont plus
ou moins éloignés ou rapprochés , suivant que les
causes elles-mêmes sont moins actives ou plus
rapprochées , plus instantanées. On les rencontre
même le plus sotivent dans l'hystérie qui est la
suite d'une violente émotion morale; et une
observation attentive fait le plus ordinairement
découvrir, entre le moment où a agi cette cause et celui
oit la névrose s'est manifestée, des prodromes
incontestables.
Ce que nous venons de dire pour l'invasion
première de l'hystérie s'applique aussi à l'invasion
des accès.
Les symptômes prodromiques les plus ordinaires
de l'invasion première sont les suivants : des me-

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