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Études de démographie algérienne

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L’Algérie possède de très nombreuses statistiques, soit de dénombrement général, soit d’état civil ; elle n’a eu qu’un petit nombre d’études démographiques. Fondée au moment même où l’heureuse habitude des recensements quinquennaux s’établissait en France, elle a eu ses dénombrements, pour ainsi dire, dès sa naissance, le premier en 1833, un second en 1836, puis successivement tous les cinq ans, comme la métropole. Quant aux registres de l’état civil, tenus très sérieusement en France depuis la Révolution, ils devaient être, en Algérie, l’objet des mêmes soins ; leur précision, leur exactitude ne saurait généralement être mise en doute, quand il s’agit des populations européennes.

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G. Mandeville, Victor Demontès

Études de démographie algérienne

Les populations européennes, leur accroissement, leur densité et leurs origines

ÉTUDES DE DÉMOGRAPHIE ALGÉRIENNE

LES POPULATIONS EUROPÉENNES LEUR
ACCROISSEMENT LEUR DENSITÉ ET LEURS ORIGINES

L’Algérie possède de très nombreuses statistiques, soit de dénombrement général, soit d’état civil ; elle n’a eu qu’un petit nombre d’études démographiques. Fondée au moment même où l’heureuse habitude des recensements quinquennaux s’établissait en France, elle a eu ses dénombrements, pour ainsi dire, dès sa naissance, le premier en 1833, un second en 1836, puis successivement tous les cinq ans, comme la métropole. Quant aux registres de l’état civil, tenus très sérieusement en France depuis la Révolution, ils devaient être, en Algérie, l’objet des mêmes soins ; leur précision, leur exactitude ne saurait généralement être mise en doute, quand il s’agit des populations européennes. Si ce luxe de renseignements statistiques n’a provoqué que l’apparition de deux ouvrages d’ensemble, l’un de MM. Martin et Foley1, qui remonte à 1851, l’autre de M. Ricoux2, qui date de 1880, la raison en est dans le caractère très aride de ces recherches et dans la relativité des résultats auxquels on aboutit. Toute population coloniale est éminemment ondoyante et diverse ; jeune et vigoureuse, elle se trouve emportée par un rapide mouvement de transformation ; quelques années apportent dans sa composition ethnique et dans sa situation économique, morale et politique plus de changements, et de plus profonds, qu’un siècle complet chez des nations vieilles et assises. Aussi à peine l’étude en paraît-elle terminée qu’on se convainc de la nécessité de la recommencer.

L’Algérie semble aujourd’hui sortie des convulsions de l’enfance ; les phénomènes démographiques n’y ont plus cette intensité de variation maladive des premières années, cause de bien des erreurs, de bien des inductions hasardeuses ; ils se présentent avec des caractères mieux définis de régularité, de progression continue. Leur étude en devait être facilitée et les déductions seraient plus rigoureuses et plus stables.

De plus, au déclin du XIXe. siècle, dont un des faits les plus importants est précisément l’établissement dans le nord de l’Afrique d’une colonie de 600.000 Européens, à l’aurore du XXe qui sans nul doute verra se poursuivre cette prise de possession de tout le Maghreb musulman par des populations chrétiennes, n’est-il pas opportun de mesurer le chemin parcouru, pour mieux juger de celui qui reste à franchir ? Le moment parait d’ailleurs bien choisi, puisque, après quelques années de recueillement et d’arrêt, notre colonie transméditerranéenne semble, grâce à une énergique impulsion, vouloir reprendre sa marche en avant, puisqu’en fait elle deviendra le centre du rayonnement de l’influence française en Afrique, du jour où elle sera reliée par une série de postes, par une roule de caravanes ou par une voie ferrée à nos possessions du Sahara et du Soudan ! Pour cette conquête pacifique du continent noir, pour cette mise en valeur de notre grand empire du Nord-Ouest africain, il faut des hommes acclimatés aux brûlures du soleil d’Afrique, habitués aux mœurs des nombreuses populations musulmanes. N’est-ce pas en Algérie que la métropole trouvera une partie de ces ressources ?

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Il y aurait quelque ridicule de notre part à prétendre, en quelques pages, présenter du peuple algérien un tableau absolument complet et fidèle. La complexité de tous les phénomènes sociaux est telle que contre cet écueil viennent se briser les meilleures volontés et les efforts les plus patients. De toute nécessité, on laisse échapper quelque élément du problème. En Algérie, comme dans toute colonie où vivent côte à côte plusieurs groupes appartenant à des populations différentes, la complexité est multipliée, les difficultés agrandies. Dans chaque ordre de recherches s’impose la nécessité de présenter une étude générale, puis une série d’études spéciales sur chaque peuple, français, espagnol, italien, maltais. Nous restreindrons volontairement notre enquête à ces quatre groupes de populations, à cause de leur grande supériorité numérique qui fait de leurs nationaux les véritables colons de l’Algérie.

Cette diversité ethnique modifie aussi, sinon le plan que l’on a l’habitude de suivre en ces études démographiques, du moins l’importance des questions que l’on, y aborde. Sans doute, quand même le peuple algérien se composerait de nationalités plus diverses encore, force nous serait d’étudier cette population dans son état statique, dans ses progrès historiques, dans sa densité, dans ses origines ; force nous serait aussi de la considérer dans son état dynamique, dans ses mouvements, mariages, naissances, décès. Mais aurions-nous esquissé un tableau même imparfait de ce nouveau peuple algérien ? Ce qui retient surtout l’attention dans ce pays, c’est la pénétration des races : — fusion ethnique parles mariages croisés, — harmonie économique par la similitude des besoins et l’identité des intérêts, — assimilation morale et intellectuelle par la diffusion des idées et des sentiments du peuple dont la supériorité numérique est incontestée, — pénétration politique enfin par l’infiltration incessante de l’élément étranger dans les rangs des Français pour profiter de tous les droits de souveraineté dont seuls nos nationaux jouissaient à l’origine. Ainsi, par celte action et cette réaction réciproque de toutes les colonies les unes sur les autres, se forme au delà de la Méditerranée un peuple nouveau, où l’élément français domine par le sang, par les mœurs, par les sentiments, où il doit dominer de plus en plus et sans conteste par une émigration plus nombreuse venue de la métropole, par une plus ardente diffusion de nos idées et au besoin par une suspension des effets de la loi sur la naturalisation automatique de 1889.