Etudes ethnopsychiatrie ethnopsychanalyse

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Les violences de tout genre dominent l'actualité de notre temps. Une des marques que portent ces violences est le viol. Ce livre est extrait d'une étude qualitative basée sur dix patients, victimes d'un viol, dans le cadre d'une recherche parmi lesquels deux d'entre eux sont ici présentés et dont la problématique est représentative de l'ensemble.
Publié le : dimanche 15 mai 2016
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EAN13 : 9782140009266
Nombre de pages : 152
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Psychopathologie en Afrique /2
RADITIONS T
Sous la direction de : Pr. Mamadou Habib Thiam Pr. Omar Ndoye Pierre Georges Despierre
ETUDES ETHNOPSYCHIATRIE ETHNOPSYCHANALYSE
Psychopathologie en Afrique /2
SYCHANALYSE ET P
PSYCHANALYSE ETTRADITIONS
Psychopathologie en Afrique Sous la direction de PR.MAMADOUHABIB THIAMPR.OMARNDOYEPIERRE-GEORGESDESPIERRESous l'égide de l'IREP Institut de Recherches et d’Enseignement de Psychopathologie Université Cheikh Anta Diop Dakar, Sénégal.
Illustration de couvertureP.-G. Despierre Photo du Rwanda (région du Lac Kivu) © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09078-8 EAN : 9782343090788
COLLECTIONPSYCHANALYSE ETTRADITIONSMamadou Habib Thiam et Omar NDoye Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal " ÉTUDES " d'ethno-psychiatrie d'ethno-psychanalyse * Viols en zone de conflits Rêves des aveugles Rêves des sourds-muets Mémoire et hologrammes *
PSYCHAN ALYSE ETTRADITIONS* A tous les pionniers du GRAPPAF Aux Drs. Yves Kaufmant, Anne-Marie Kaufmant son épouse, et Claude Duprat psychanalyste. * LA REDACTIONPierre Georges Despierre, psychanalyste et enseignant. Secrétariat de rédaction Anne Djamdjian, Tél : +33(0)6 08 42 39 24 Courriel : grappaf@wanadoo.fr
N° 2 "Etudes"  Viols en zone de conflits Rêves des aveugles Rêves des sourds-muets Mémoire et hologramme  * Contributeurs Dr. Eric Kawakaya Mubulungu Pr Mamadou Habib Thiam Pr Omar Ndoye. P.-G. Despierre Samba Gueye
Division, éclatement traumatique de l'image du Moi
Viols en zone de conflits Dr. Eric Kawakaya Mubulungu, Pr Mamadou Habib Thiam, Pr. O. Doye « On a l’obligation de se servir de la monnaie qui a cours dans le pays que l’on explore » Freud« La compréhension libère » SpinozaExtrait d'une étudequalitative basée sur dix patients, victimes de viol, dans le cadre d'une recherche parmi lesquels nous avons choisi de présenter deux d'entre eux dont la problématique est représentative de l’ensemble. Cette étude a été menée dans le village Nzibira du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo, durant quatre mois, de janvier à mai 2015. Les données ont été recueillies lors de visites que les victimes ont effectuées dans le centre psychosocial communautairePsychocenter. La durée des entretiens était déterminée par des considérations d’ordre clinique, à savoir le temps nécessaire au sujet pour exposer ce qu’elle voulait et pouvait partager, et qu’un effet d’apaisement soit obtenu. L’anonymat a été garanti et le consentement requis.
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Introduction Les violences de tout genre dominent l’actualité de notre temps. Une des marques que portent ces violences est le viol [36], défini comme « un acte de pénétration, même légère, de la vulve ou de l’anus imposé notamment par la force physique, en utilisant un pénis, d’autres parties du corps ou un objet ». La définition précise aussi les formes : « lorsqu’il y a viol d’une personne par deux ou plusieurs agresseurs, on parle de viol collectif » [45, 59], auquel nous ajoutons la forme de viol public de masse. L’intérêt d’une recherche sur le viol vient de la place que lui accorde la société pour le moment. Il suffit de suivre les médias pour s’en rendre compte. Il vient également du fait qu’il s’agit d’un sujet qui touche sur le genre. Cet intérêt vient déjà de la place qu’occupe le sexuel dans la psychopathologie que Ndoye [57], mieux que quiconque, souligne par ce titre évocateur « Le sexe qui rend fou ». Le viol constitue, en plus, un problème de santé publique d’après la déclaration de l'OMS [61] en 1996. Par ailleurs, un autre intérêt nait des interrogations suscitées par notre pratique clinique, dans les rencontres singulières, avec les victimes. Comment comprendre et expliquer la multitude et les résistances de la clinique du viol afin d’en proposer des dispositifs adaptés ? Y a-t-il des explications culturelles pour la compréhension des tableaux cliniques de victimes du viol tels que nous les observons ?
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La posture que nous voulons faire valoir ici est celle d’un praticien, confronté au quotidien aux souffrances apportées par une patientèle particulière, qui essaye, dans une distanciation réflexive, de répondre à ces deux questions précédentes. En effet, le lien entre la culture et la psychopathologie a questionné la pratique de l’école de Fann à Dakar depuis ses origines. Elle est au cœur même de la fondation de la revue « Psychopathologie africaine ». Même le DSM ajoute une annexe portant le titre : « Esquisse d’une formulation en fonction de la culture et glossaire des syndromes propres à une culture donnée ». Ceci est pour nous un appel à la prise en compte de la culture dans l’approche de toute psychopathologie. Jacques [41] résume le lien entre culture et psychopathologie par ce propos : « Le psychisme et la culture se construisent et se fécondent en interactions et étayages réciproques ». En psychiatrie, le viol est intimement lié au traumatisme, comme un des événements les plus susceptibles d’entrainer les troubles dits psycho-traumatiques. « Après un viol ou une agression sexuelle, les études montrent que jusqu’à deux tiers des victimes vont souffrir d’ESPT, les agressions sexuelles représentant la cause la plus fréquente d’ESPT chez les femmes » [67]. La toute récente parution du DSM [46] vient confirmer notre propos. Thiam [73] comme Faye [43] soulignent une particularité de cette souffrance marquée par les difficultés sexuelles. De Briquet à Ferenczi [28], en passant par Charcot, Oppenheim, Janet [42] et Freud [31] dans leurs études sur l’hystérie et la névrose de guerre, le modèle du traumatisme a été exploité dans la compréhension et l’explication étiopathogénique [22]. Le débat tourne autour de la clinique spécifique ou pas du psychotraumatisme, jusqu'à sa réalité ou facticité d'une part,
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