Évaluer en protection de l'enfance - 3e éd.

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La protection de l'enfance est l'un des secteurs de l'action sociale qui demande une méthodologie et des outils concrets pour réellement mener à bien la prévention et la prise en charge. Cette troisième édition a été intégralement revue et corrigée par l'auteur afin de faciliter l'apprentissage de la méthode en permettant au lecteur de se concentrer de manière pratique sur l'essentiel.
Publié le : mercredi 9 juin 2010
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EAN13 : 9782100554737
Nombre de pages : 272
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Avantpropos à la troisième édition
999,À LHEURE DE LA PREMIÈRE ÉDITION, l’évaluation en protec 1 tion de l’enfance était relativement peu traitée. Le terme existait, certains ouvrages en parlaient, mais la préoccupation générale ne s’était pas tournée par là. Dix ans plus tard, ce n’est plus le cas. L’évaluation est devenue un thème d’actualité. De nombreux chercheurs y consacrent leurs travaux, des instruments sont créés. Les organismes de formation et les cabinets conseil investissent le secteur. L’évaluation, c’est aujour d’hui un marché porteur, concurrentiel, considérable. Le législateur a institué l’évaluation par deux textes fondateurs : la loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médicosociale et la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance. Le premier a posé le cadre général de l’évaluation de la qualité des prestations dans les établissements sociaux et médicosociaux. Le second met la focale sur l’évaluation des situations d’enfants en danger. Ces deux lois transforment les pratiques des professionnels français.
La méthode présentée dans ce livre n’a pas cessé d’évoluer depuis les premières formations en 1994. Elle a été travaillée et retravaillée en tirant parti des enseignements du terrain. La réflexion du concepteur n’est rien sans le retour des utilisateurs.Àchaque session, la méthode a été discutée, ses principes examinés avec attention. Les outils ont été commentés par de nombreux professionnels d’expérience et de formation diverses. Ils ont dit leur avis, exprimé leurs critiques, formulé leurs approbations, repéré des manques et suggéré des améliorations. Les modifications ont été testées, retestées, certaines conservées, d’autres rejetées. L’améliora tion de la méthode est une finalité permanente, la pertinence de l’outil un examen constant. Ses qualités ont été reconnues par de nombreux
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acteurs. Fait significatif, une dizaine de départements français continuent de reconduire les formations. On s’y est mis sérieusement en Belgique et la Suisse commence à s’intéresser. Quant aux défauts de la méthode, ils sont aujourd’hui mieux connus. Ils sont la matière des chantiers en cours. La méthode a fait l’objet d’un dépôt de marque à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), en février 2007, pour parer la contrefaçon ou du moins la réduire. Laméthode Alföldi,intitulé désormais réservé, a été pourvue d’une définition formelle, publiée en 2008 dans l’avant propos de l’ouvrage collectif18 cas pratiques d’évaluation en action sociale et médicosociale(Alföldi (dir.), 2008).
La méthode Alföldiest constituée d’un ensemble de concepts et de techniques permettant d’évaluer des comportements, des projets, des actions ou des organismes, dans les différents domaines de la vie sociale. Elle organise les opérations spécifiques de l’évaluation : modélisation de la démarche, fabrication des critères, recueil d’informations, analyse diagnos tique, synthèse des résultats, écriture des productions. Elle est caractérisée par une série d’instruments : modèle d’évaluation, matrice critérielle, guide d’analyse, guide de lecture, conclusion modélisée, protocole de rédaction. Elle comporte trois versants : l’évaluation diagnostique (analyse des points forts et points faibles), l’évaluation de l’implication (impact du ressenti émotionnel des évaluateurs) et l’évaluation prospective (recherche de solution et préconisations d’actions). Elle aboutit à la production d’un avis d’évaluation pondéré. Son caractère adaptable permet d’ajuster les instruments à la singularité de chaque réalité évaluée.
Autre évolution significative, la méthode Alföldi est en voie de développement hors de l’enfance en danger. Elle est appliquée depuis 2002 dans l’évaluation interne des établissements et services de l’action sociale et médicosociale. La méthode est également mise à contribution dans des secteurs qui innovent en matière d’évaluation : les programmes de réussite éducative pour les élèves en difficultés, les pratiques de solidarité auprès des populations atteintes par la misère, l’efficacité pédagogique des stages dans le domaine de la formation. Concernant l’application de la méthode Alföldi en protection de l’enfance, son domaine d’origine, un problème s’est posé dès la première édition : comment intituler l’instrument ? La version initiale parlait du modèle MPS(médicopsychosocial),terme conservé dans la deuxième édition. On voulait souligner le caractère à la fois transdisciplinaire et pluriprofessionnel. Cet intitulé n’a jamais fonctionné. Audelà de l’intention, l’appellation s’est avérée peu parlante ; « modèle MPS » ne
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disait pas l’aspect concret de l’instrument.Àl’usage, la méthode a été appelée par le nom de son premier outil : legénogramme d’évaluation. Mais ce terme au fil des ans a fini par devenir impropre. En effet la version moderne de l’instrument ne recourt plus au génogramme, lequel est essentiellement un procédé thérapeutique employé dans la systémie et en psychanalyse. La méthode ayant maintenant sa marque déposée, il faut un nom à son application concrète en protection de l’enfance. Ce nouvel intitulé est :outil évaluation protection de l’enfance.
L’outil évaluation protection de l’enfanceest le dispositif instrumental qui met en œuvre la méthode Alföldi pour évaluer les situations d’enfants en danger dans les services de protection de l’enfance.
Il reste à vérifier que la nouvelle appellation correspond bien à l’usage qu’en fait son public. Les professionnels le feront savoir lors des formations à venir. La méthode se positionne autrement sur l’axe entre qualité et quan tité. Il devient surfait de parler d’évaluation qualitative. Le terme fait l’objet de multiples tiraillements sémantiques. Il est porteur d’enjeux économiques et politiques. L’effet de mode vient en partie de l’extension de la démarche qualité issue de l’entreprise. En nombre croissant, les prestataires se réclament de l’évaluation qualitative. Mais le produit ne correspond pas toujours à l’intitulé. Par une sorte d’artifice, on lance sur le marché des procédés quantitatifs, en masquant le comptage par des termes qualitatifs. Il s’est donc avéré nécessaire de dégager la méthode Alföldi et ses outils, du labelévaluation qualitative. Cette instance a donné lieu à une nouvelle appellation :l’évaluation productrice de sens.
L’évaluation productrice de sensest une démarche d’élucidation qui permet de mieux apprécier, comprendre et agir sur le devenir d’un objet déterminé : processus, système, organisation, action, personne.
Il importe d’approfondir l’évaluation pour qu’elle porte effectivement sur le sens des actions. La primauté revient à la philosophie de la démarche, en amont de la méthode. Il s’agit en l’occurrence d’un processus d’élucidation, souvent demandé par les acteurs professionnels. En quête d’un discernement meilleur, ils demandent avant tout à « y voir plus clair ». L’évaluation productrice de sens associe trois grands processus : la c pacité d’apprécier qui revient à juger dans le meilleur Dunod – La photocopienonautorisée est un délit intérêt des p rsonnes, la capacité à comprendre sans laquelle toute action
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humaine est exposée aux dangers de l’erreur diagnostique et aux aléas de l’implication, la capacité d’agir qui caractérise l’acteur social au sortir de la réflexion. La démarche évaluative est mise en perspective sur l’étendue de son champ d’application : les processus, les systèmes, les organisations, les actions, les personnes. Trois ans après l’instauration de la loi réformant la protection de l’enfance, le secteur médicosocial assiste à une accélération du chan gement dans ses pratiques. Des modifications profondes impactent l’approche méthodologique de la protection de l’enfance. C’est pourquoi, de nombreuses références à la loi de 2007 ponctuent la présente édition. Des développements significatifs ont été ajoutés sur l’évolution de la notion de danger et sur les enjeux tournant autour de la collaboration des parents.
Introduction
ÉVALUATION DES SITUATIONSd’enfance en danger requiert la L mise au point d’outils accessibles. Leur procédure doit être simple et leur usage attractif. Les instruments lourds découragent les profes sionnels. La complication est abusive dans l’évaluation des situations de protection de l’enfance. La clarté d’une méthode épargne la lassitude qui fait ranger les instruments lourds sur les hautes étagères de la bibliothèque. L’approche méthodologique stimule l’enthousiasme sans lequel l’évaluation piétine. Les dispositifs d’évaluation ont tendance à la surcharge. L’épaisseur des brochures dissuade les bonnes volontés. Les grilles austères réduisent la convivialité. Les instruments atteignent parfois un niveau de complication qui les rend inutilisables. Leur maîtrise nécessite formation et apprentissage. L’une et l’autre demandent du temps et des efforts. L’augmentation de la charge de travail réduit la dis ponibilité des professionnels. Il arrive aussi que la torpeur intellectuelle freine les ardeurs méthodologiques. Les outils compliqués sont rejetés par le social. La simplicité d’utilisation est donc un facteur important. La demande d’instruments est fortement présente chez les profes sionnels. Assistantes sociales, éducateurs, psychologues, infirmières, puéricultrices, médecins de PMI, conseillères en économie sociale et familiale, techniciennes de l’intervention sociale et familiale sont en quête d’outils. Ils les veulent efficaces et sobres, ajustés à leurs besoins. La mission de protection de l’enfance expose à la maltraitance familiale, à ses effets directs comme à ses effets indirects. La demande de méthodes pragmatiques s’accroît avec la professionnalisation du secteur. Cette accentuation suit également la détérioration des conditions socioéconomiques. Les dysfonctionnements familiaux sont amplifiés par l’altération de la cohésion sociale. La société duale produit davantage de précarité, de désinsertion, d’exclusion. Bravant la fracture sociale, les professionnels lancent leurs interventions comme des ponts en travers
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du gouffre. Mais les ponts menacent en permanence de s’effondrer. Le besoin d’évaluer se fait sentir, plus impérieux. Les professionnels ont besoin d’apports méthodologiques. Ce livre met à leur disposition une méthode adaptée à leur pratique et un instrument construit pour eux. La loi de rénovation du 2 janvier 2002, puis la loi du 5 janvier 2007 réformant la protection de l’enfance, ont modifié la prise en charge de l’enfance en danger. Les textes ont mis en question la culture des professionnels du secteur. En matière d’évaluation, c’est le chambarde ment. Le changement continue de toucher aussi bien l’organisation que les pratiques. Institutions et professionnels. La tendance s’affirme : la loi française confronte la protection de l’enfance à l’évaluation. Plus d’évitement comme par le passé. Les institutions ne peuvent plus botter en touche. La confrontation est devenue inévitable. Beaucoup s’en inquiètent.Àjuste titre, car les textes ouvrent aux dérives technocrates : durcissement des procédures et restrictions budgétaires. Cependant ces deux lois replacent clairement le respect de l’usager au centre du dispositif. Ces orientations nouvelles sont sources d’amélioration pour les pratiques sociales. Notamment pour la protection de l’enfance. Les effets des lois de 2002 et 2007 sont mentionnés tout au long de cette nouvelle édition. L’évaluation prend une place prépondérante dans le secteur de l’en fance. Les acteurs de terrain en expriment l’exigence éthique. Pourtant l’évaluation des situations d’enfance en danger repose sur des repères théoriques flous. Les bases de l’évaluation courante viennent d’une culture hétérogène. On y trouve des éléments de psychanalyse, de psychologie clinique, l’analyse systémique et des notions de sociologie. Plus récemment le champ a été investi par les modèles venant des politiques publiques, du management et de l’entreprise. Cette orientation est d’ailleurs renforcée par l’institutionnalisation de l’évaluation dans les textes légaux. Cependant, la littérature spécialisée ne fait pas directement référence à lathéorie générale de l’évaluation. Il est vrai que ses théoriciens appartiennent généralement aux sciences de la pédagogie. La plupart des ouvrages traitant de l’enfance en danger abordent l’évaluation. Le terme luimême entre dans bien des titres. Pourtant certains motsclefs du lexique de l’évaluation continuent de demeurer curieusement absents. Des notions telles qu’objet d’évaluation,référé, référentoujugementn’apparaissent pas ou peu. Pourtant force est de le constater, les instruments modernes utilisent davantage les notions de bases de la théorie générale de l’évaluation. On parle désormais decri tères, d’indicateurs, defacteurs. Cependant la confusion règne entre les définitions. Les auteurs donnent des sens différents aux notions clés. La
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littérature de la protection de l’enfance n’a pas encore vraiment intégré les concepts de l’évaluation. Le présent ouvrage met à disposition des professionnels, un modèle opérationnel : une évaluation des situations d’enfants en danger fondée par la théorie de l’évaluation. La construction del’outil évaluation protection de l’enfancea été marquée par la transversalité du concept d’évaluation. JeanMarie Bar bier introduit ainsi son livre sur l’évaluation en formation (1985) : les concepts généraux forgés en pédagogie sont applicables par les praticiens des autres domaines. Effectivement, l’évaluation en protection de l’enfance ne présente aucune incompatibilité avec les concepts issus de la pédagogie. Une seconde préoccupation oriente l’approche méthodologique de cet ouvrage : la convivialité du modèle d’évaluation. La construction des outils se heurte à la complication. L’idée de départ est souvent simple. Elle se complexifie à mesure que l’instrument est confronté au réel. Le dispositif tend à la précision, il vise la performance. Pourtant la confrontation aux faits réduit son efficacité. L’intrication des événements freine la pensée. Le modèle se ramifie à n’en plus finir. Il faut savoir s’arrêter à temps et revenir vers une méthode plus simple. L’instrument n’en sera que plus attractif. La convivialité de la méthode d’évaluation s’impose comme une précaution indispensable. Apprendre une technique nouvelle demande un surcroît de travail. Or les professionnels de l’enfance sont peu disponibles. Et ils se méfient des instruments compliqués. Ils sont demandeurs de méthode mais veulent un accès facile. Pourtant, la nouveauté instrumentale nécessite du temps. Du moins pendant la période d’apprentissage. Ces réticences compré hensibles sont atténuées par une présentation attractive. La convivialité du modèle est primordiale. Elle comporte encore bien des lacunes dans cet ouvrage. Pour l’améliorer, les schémas ont été simplifiés, les termes techniques limités. Le modèle conjugue la complexité théorique, avec la simplicité de la pratique. Les professionnels médicopsychosociaux jugeront si la méthode et ses outils rencontrent leurs préoccupations quotidiennes. Ils en apprécieront l’utilité par rapport à la réalité du terrain. Chacun décidera alors de ce qu’il veut s’approprier. L’évaluation en protection de l’enfance est une pratique microsociale. Elle traite des interactions entre un professionnel dépendant d’une insti tution et un enfant entouré par sa famille.L’outil évaluation protection de l’enfancene s’applique pas tel quel à l’échelle macrosociale. Il ne relève pas de l’épidémiologie. L’évaluation des situations prend en compte la s nté de l’e fant. Au men al comme au physique. Elle s’inspire en Dunod – Laphotocopie nonautorisée est un délit stic médical sans pour autant s’y substituer. Cependantcela du diagn
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l’objet, plus large, est ajusté au champ défini par la loi. La conception de l’outil évaluation protection de l’enfanceporte en effet sur la santé, la sécurité, la moralité, les conditions d’éducation et le développement de l’enfant. L’évaluation ainsi réalisée se distingue également de l’approche psychométrique. Les outils de la méthode Alföldi ne sont pas des tests projectifs. Les méthodes projectives portent davantage sur la connais sance de la personnalité.L’Outil évaluation protection de l’enfanceest plutôt centré sur les conditions de vie de l’enfant, particulièrement sur le danger qu’il encourt. Enfinl’évaluation productrice de sensdiffère du processus de la décision judiciaire. L’évaluation du magistrat précède la décision qu’il va prendre. Elle tient compte des conclusions de l’évaluation socioéducative. Articulée avec les normes juridiques en vigueur, la conception del’outil évaluation protection de l’enfanceinscrit ses critères dans la culture médicopsychosociale.
Les choix théoriques suivent principalement deux axes : la théorie générale de l’évaluation et les recherches en protection de l’enfance. L’incursion dans le champ de la pédagogie a porté dans plusieurs direc tions. Les grands édifices théoriques ont été visités par des ouvrages de synthèse qui font référence : Gilbert De Landsheere (1979), JeanJacques Bonniol et Michel Vial (1997). Les modèles transférables ont été étudiés chez les auteurs qui font autorité dans ce champ : Daniel Stuffelbeam (1980), Jacques Ardoino et Guy Berger (1989), JeanMarie Barbier (1985), Charles Hadji (1995), JeanMarie De Ketele et Xavier Roegiers (1996), Michel Lecointe (1997). L’exploration théorique intègre les travaux d’AnneMarie Favard (1991), auteur de référence sur l’évaluation clinique en action sociale. La revue aborde également les conceptions dynamiques de Vincent De Gaulejac et des chercheurs en sociologie clinique (1995).
Les apports théoriques sur la protection de l’enfance sont répertoriés dans la bibliographie. Les références intègrent des travaux français, belges, suisses, américains et québécois. Parmi cellesci, deux titres font autorité dans leur contexte respectif : l’ouvrage françaisEnfance en dan ger(Gabel, Manciaux, 1997), l’ouvrage américainThe Battered Child (Helfer, Kempe, Krugman, 1997). Le premier fait la somme des travaux réalisés en France depuis les années quatrevingt,Enfance en danger étant la réédition deL’Enfant maltraitépublié en 1982. Le livre américain est le résultat de trente années de recherches, la version consultée étant la cinquième édition d’une publication datant de 1968. Les contenus de ces deux ouvrages sont d’une grande densité. Chacun couvre une large zone du champ de l’enfance en danger. Leur complémentarité ouvre une mine d’information et de concepts opérationnels.
INTRODUCTION
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Enfin la présente édition intègre des commentaires relatifs aux effets de la loi de 2002 sur la culture de l’évaluation dans le social. Les sources bibliographiques associent plusieurs commentateurs dont JeanFrançois Bauduret et Marcel Jaeger (2002). La discussion sur les effets de la loi de 2007 réformant la protection de l’enfance reprend en partie les travaux de Pierre Naves (2007). L’évaluation traverse plusieurs disciplines : pédagogie, sociologie, psychologie, psychanalyse, ethnologie, économie, statistique, et d’autres encore. Cependant le foisonnement des références est fédéré par une discipline qui prend rang de métascience : la philosophie. Toute pratique d’évaluation est soustendue par une philosophie. La philosophie de l’évaluation est la conception générale qui fonde la pensée évaluative. La philosophie est le réunificateur éthique de l’évaluation. Elle délimite le champ des valeurs appliquées par les évaluateurs. Définir la philosophie de l’évaluation nécessite une réflexion approfondie sur les valeurs. La philosophie présidant à l’élaboration del’outil évaluation protection de l’enfanceréside dans l’intitulé de la mission : protection de l’enfance. Deux valeurs fondamentales :protectionetenfancefondent la démarche évaluative. Elles en sont l’essence (la nature) et l’esprit (la pensée). Elles énoncent un objectif ambitieux. Elles affirment une éthique, une conviction et un espoir délibérément humaniste. L’harmonisation des valeursprotectionetenfancedonne à l’évaluation sa rigueur éthique. Pratique sociale indispensable, l’évaluation est productrice de ques tionnements, d’expérimentations, de recherches et d’innovation. Son processus est créateur de sens. Sa méthodologie demeure un objet de connaissance inachevé. La pratique évaluative doit s’élever à la hauteur de ses exigences éthiques. La première partie présente les différentes étapes du modèle théorique. Le chapitre 1 définit le concept d’évaluation en théorie générale puis dans l’approche de la protection de l’enfance. Le chapitre 2 est centré sur les caractéristiques de l’objet d’évaluation. Le chapitre 3 traite des finalités d’évaluation. Le chapitre 4 a trait à la demande d’évaluation, le chapitre 5 à l’évaluateur. Le chapitre 6 comporte un développement sur les trois formes d’évaluation implicite, spontanée et instituée, d’après l’approche de JeanMarie Barbier. Le chapitre 7 traite du référé d’évaluation dont il délimite les spécificités en protection de l’enfance. Le 8 aborde le référent d’évaluation, dont le processus est élaboré dans l’évaluation des situations d’enfants en danger. Le chapitre 9 contextualise l’éva luation au regard des concepts limitrophes. La seconde partie décrit l’outil évaluation protection de l’enfance. Le chapitre 10 développe les concepts pératoir . Le onzième et dernier chapitre applique les Dunod – La photocopie non autoriséeest un délit
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procédés techniques del’outil évaluation protection de l’enfanceau moyen d’un cas fictif.
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