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Examen critique du siècle et plan d'améliorations sociales

De
89 pages

C’est un devoir sacré pour l’homme d’employer toutes ses forces, toutes ses facultés, tous ses moyens au bien de l’humanité ;

Et celui qui, ayant la science du mal à guérir et du bien à opérer, reste indifférent ou inactif, se rend coupable du crime de lèse-humanité.

La première condition du bonheur de l’homme, c’est son bien-être matériel.

Multiplier la richesse, afin d’augmenter la fortune de celui qui possède, d’améliorer le présent et assurer l’avenir de celui qui ne possède pas.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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François-Marie-Ernest Dumons

Examen critique du siècle et plan d'améliorations sociales

SIRE, PEUPLE,

 

 

 

 

 

Je vous dédie mon travail :

A V.M., SIRE, parce que les sentimens que j’y exprime et les opinions que j’y professe sont vrais et sincères, libres et indépendants, dégagés de toute passion, de toute ambition.

A vous, PEUPLE, parce que, sorti du peuple, mes sympathies sont surtout pour le Peuple.

Je le dédie au Roi et au Peuple, parce que le Roi et le Peuple s’impliquent l’un l’autre, et parce que leurs intérêts sont unis, de même que le père et l’enfant ne se comprennent pas l’un sans l’autre, de même que l’intérêt du père est celui de l’enfant.

Jusqu’ici les factions ont représenté le Roi et le Peuple comme ennemis-nés l’un de l’autre et comme ayant des intérêts opposés : c’est une erreur que la raison repousse, que la justice combat, que la vérité réprouve : le Roi et le Peuple doivent être unis, les intérêts du Roi sont ceux du Peuple, les intérêts du Peuple sont ceux du Roi ; le Peuple soutient le Roi, le Roi doit défendre les intérêts du Peuple.

C’est un homme du Peuple, c’est un ami de l’ordre qui, au milieu de l’agitation générale des esprits et des passions diverses qui se meuvent, chacun dans sa sphère et son intérêt personnel et non point dans l’intérêt véritable du Peuple, ose dire et proclamer hautement et publiquement son opinion, au risque de froisser des intérêts nombreux et puissans, parce que cet homme est fort de sa conscience, parce que cette opinion repose sur une conviction sincère et sur la vérité, et ne saurait dès-lors être suspecte à personne, sinon aux méchans.

J’espère donc que mon travail sera accueilli et par le Roi et par le Peuple.

Je suis, avec le plus profond respect,

SIRE,
De votre Majesté,
Le très-humble et très obéissant serviteur ;
PEUPLE,

Salut fraternel,

F. DUMONS (de la Gironde).

EXAMEN CRITIQUE DU SIÈCLE ;

PLAN D’AMÉLIORATIONS SOCIALES

C’est un devoir sacré pour l’homme d’employer toutes ses forces, toutes ses facultés, tous ses moyens au bien de l’humanité ;

*
**

Et celui qui, ayant la science du mal à guérir et du bien à opérer, reste indifférent ou inactif, se rend coupable du crime de lèse-humanité.

La première condition du bonheur de l’homme, c’est son bien-être matériel1.

Multiplier la richesse, afin d’augmenter la fortune de celui qui possède, d’améliorer le présent et assurer l’avenir de celui qui ne possède pas.

Préparer l’amélioration morale, la civilisation universelle, la stabilité, l’état normal de la société par son amélioration matérielle.

*
**

Faire le bien par tous et pour tous.

L’union fait la force ; l’isolement produit la faiblesse.

A l’association appartient la puissance d’exécution, l’avenir.

*
**

L’intérêt est le mobile des actions de l’homme.

 (DURANTON, Cours de droit civil.)

Dominer l’intérêt de l’homme, c’est le dominer lui-même de la manière la pins sûre.

Intéressez tout le monde à votre conservation et tout le monde veillera sur vous.

Unissez vos intérêts à ceux d’autrui, de manière que chacun ne puisse blesser vos intérêts sans compromettre les siens propres, et vos intérêts seront respectés.

*
**

L’homme aime entre tous les hommes celui qui le rend heureux.

Pour quiconque observe et réfléchit, l’état actuel de la société est de nature à faire concevoir de graves inquiétudes, si on ne prend soin de conjurer l’orage qui menace d’éclater.

Après avoir subi diverses transformations dont le but était bon sans doute, mais dont les conséquences, poussées à l’excès, ont été funestes, parce que la voie qu’on a suivie était mauvaise, la société est tombée dans un état de démoralisation et de corruption qui nous semble en compromettre jusqu’aux fondemens ;

Et l’équilibre, cette condition première d’ordre, de stabilité, de durée en toutes choses, n’existe plus.

Si on considère, en effet, les principales transformations que la France a subies de nos temps : les révolutions de 89 et de 1830 et la restauration ;

Et si l’on compare l’état des esprits aux momens qui ont précédé ces événemens avec leur état actuel ;

En tenant compte toutefois de la différence que la civilisation a apportée entre ces diverses époques et d’où résulte : chez l’homme une détermination et dans les choses une exécution plus promptes, en même temps que les moyens sont moins violens ;

On reconnaîtra que l’état actuel de la société présente la plus parfaite analogie avec les temps qui ont précédé immédiatement les événemens que nous signalons et tous les symptômes d’une transformation sociale prochaine.

Sous la féodalité on voit, en effet, le peuple, fatigué du servage et de la domination de l’homme, exprimer hautement ses murmures, résister à la loi et réclamer son affranchissement.

Au déclin de l’empire, on voit le monde et les soldats eux-mêmes, épuisés des fatigues de la guerre, faire entendre leurs plaintes, appeler la paix, résister aux ordres du chef et abandonner le champ de bataille.

Et vers la fin de la restauration, on voit les esprits inquiets et irrités, manifester sans déguisement leur blâme et leurs résolutions et se préparer, en secret, à la défense de leur liberté menacée, comme l’ennemi qu’on a défié et qui attend l’attaque.

On voit enfin à ces diverses époques, des réunions populaires, des tentatives, des coalitions, toujours dissipées, avortées ou détruites ; mais revenant chaque fois plus fortes, plus consistantes, plus déterminées.

Et cependant le mal n’était peut-être alors, ni si grand ni si général qu’il l’est aujourd’hui, surtout d’une manière relative.

Or, n’est-ce pas là ce qui se passe de nos jours ? Le peuple souffre, il a le sentiment de sa souffrance, il en voit la cause, il la signale et se plaint ouvertement ; il se coalise, il se révolte, il refuse le service, il résiste à la loi.

Sans doute, maintenant comme autrefois, on dissipe les coalitions, on impose le service et on fait triompher la loi par la force matérielle du droit ; on étouffe momentanément les plaintes et on allégit la souffrance par des secours passagers ou des semblans d’amélioration ; mais les secours s’épuisent, l’illusion cesse et le mal fait des progrès avec le temps, ne fût-ce que moralement par le souvenir de la défaite ou de la déception ; il s’étend et se généralise ; et quand il sera arrivé au plus haut degré, quand les esprits, désabusés, auront atteint le paroxisme de l’irritation, le peuple lèvera l’étendard de l’insurrection : il se fera justice lui-même et s’affranchira de la servitude qui l’opprime.

Et il est à remarquer qu’en fait de transformations sociales ou politiques, les hommes éprouvent le même besoin et prennent la même détermination au même instant, comme si une émanation aérienne communiquait leurs idées respectives à tous les lieux et à tous les hommes en même temps : aussi voit-on une corrélation parfaite exister entre la reproduction simultanée, à des lieux différens, des mêmes symptômes : et c’est là ce qui justifie les causes et la nécessité des transformations.

Or, ces transformations sont douces et progressives ou brusques et violentes, selon qu’elles se trouvent conformes aux intérêts de tous, ou qu’elles sont réclamées par des intérêts froissés à des intérêts oppresseurs, qui opposent une résistance injuste.

C’est ce qui distingue les différentes transformations accomplies que nous venons de signaler : celles de 89 et 1830 ont été violentes, la première, parce que l’état des masses réclamait une amélioration devenue nécessaire, que leur refusait la féodalité, et la seconde, parce que la nation était menacée d’une nouvelle féodalité ; tandis que celle de la restauration a été douce, parce qu’elle était dans l’intérêt de tous, et conforme au vœu et au bien général : la paix et la prospérité.

La transformation prochaine que nous prévoyons doit être violente de sa nature, parce qu’il y a oppression de la masse par quelques-uns dans leur intérêt personnel. — Elle aura ce caractère, si la résistance dure et si on laisse ainsi le corps et l’esprit arriver au dernier degré de la souffrance et de l’irritation ; — mais elle peut être douce et s’opérer progressivement, si on la prévient par des améliorations suffisantes.

Or, la raison, la connaissance des hommes et l’expérience des événemens, nous démontrent que les moyens violens sont également funestes aux peuples en général, comme à ceux qui les emploient et à ceux vis-à-vis de qui on les exerce.

Aux peuples, parce que la violence égare l’esprit et le cœur et blesse les principes de raison, de modération, d’équité, de justice et d’humanité qui doivent présider à toutes les actions des hommes ; parce qu’elle consacre l’insurrection qui est un principe destructeur ;

A ceux qui en sont l’objet, parce que dans l’emportement on dépasse presque toujours le but qu’on se propose, qu’on n’en sort presque jamais pur d’excès, et que d’ailleurs les innocens paient pour les coupables, selon une façon de dire vulgaire, mais vraie ;

A ceux qui les exercent enfin, parce que, pendant la lutte, emportés par leur passion, ils manquent de la présence d’esprit nécessaire pour songer à leurs intérêts, et que le fruit de la victoire leur est ravi par ceux-là mêmes qui les ont poussés au combat.

Que si on prend, en effet, pour exemple la révolution de 89, qui a été une des plus violentes transformations qu’offre l’histoire des peuples, quel enseignement recueillera-t-on ?

Qu’en est-il résulté pour la nation ? Qu’est-il sorti de cette mare de sang, autre chose que l’instabilité de nos institutions et le principe de l’insurrection, de la destruction ?

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