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Existe-t-il des psychanalystes qui rendent fou ?

De
224 pages
A la lecture de ce récit d'une analyse, chacun découvrira en Leviathan - ce monstre mythique - une pratique perverse qui fit basculer cette patiente dans la terreur, le chaos et les marges de la folie. Avec la réédition de son livre, la patiente de Léviathan, devenue psychanalyste puis poète, quitte le pseudonyme Claudie Sandori pour retrouver son nom et témoigner de son cheminement créatif.
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Existe-t-il des psychanalystes Jacqueline Persini
qui rendent fou ?
Le Soleil aveugle
À la lecture de cet impressionnant récit d’une analyse, chacun
découvrira en Léviathan – ce monstre mythique – une pratique
perverse de la psychanalyse qui ft basculer cette patiente dans la
terreur, le chaos et les marges de la folie. Mais chacun trouvera
aussi, dans ce témoignage à la fois clinique et d’ordre éthique,
un message d’espoir dans le pouvoir d’une vérité recouvrée.
Avec la réédition de son livre, la patiente de Léviathan, devenue
psychanalyste puis poète, quitte le pseudonyme Claudie Sandori
pour retrouver son nom et témoigner de son cheminement créatif.
L’écriture lui a permis de s’approcher de ce que Breton appelle
« l’infracassable noyau de nuit », source de ravages, mais aussi
de nouvelles naissances susceptibles de construire un lieu habitable
et partageable avec d’autres.
Les questions essentielles sur la conduite de la cure sont posées
par Anne Levallois (postface). Mais au-delà, tout au long du livre,
se profle l’énigme du désir et de l’amour, point central autour
duquel tournent les psychanalystes, les artistes comme chacun
d’entre nous.
Jacqueline Persini est née à Marseille et vit à Paris. Elle est auteur Existe-t-il d’une quinzaine de livres et de nombreuses publications dans des
revues de poésie. Elle est inscrite à la poéthèque (Printemps des
Poètes), à la SGDL, et est membre de la Charte des auteurs et des psychanalystes
illustrateurs jeunesse. Elle participe au comité de rédaction de la
revue Poésie Première. qui rendent fou ?
Le Soleil aveugle
COLLECTION Postface d’Anne Levallois
« Psychanalyse et civilisations »
dirigée par Jean NADAL
Psychanalyse et civilisationsISBN : 978-2-343-06644-8
22,50 e
Existe-t-il des psychanalystes qui rendent fou ?
Jacqueline Persini
Le Soleil aveugle







Existe-t-il des psychanalystes
qui rendent fou ?


1






























© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-06644-8
EAN : 9782343066448
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Jacqueline Persini




Existe-t-il des psychanalystes
qui rendent fou ?

Le Soleil aveugle










3


Psychanalyse et Civilisations
Collection dirigée par Jean Nadal

L’histoire de la découverte de la psychanalyse témoigne que
démarche clinique et théorie issues de champs voisins ont concouru,
par étayage réciproque à élaborer le concept d’inconscient, à éclairer
les rapports entre pathologie et société et à reconsidérer les liens entre
le malaise du sujet singulier et celui de la civilisation.
Dans cette perspective, la collection Psychanalyse et Civilisations
tend à promouvoir cette ouverture nécessaire pour maintenir en éveil
la créativité que Freud y a trouvée pour étayer, repenser et élargir la
théorie. Ouverture indispensable aussi pour éviter l’enfermement dans
une attitude solipsiste, qui en voulant protéger un territoire et
préserver une identité, coupe en réalité la recherche psychanalytique
de ses racines les plus profondes.

Dernières parutions

Jean-Michel PORRET, La cure psychanalytique de l’enfant, 2015.
Marie-Laure DIMON (dir.), Sortir de la masse ?, Psychanalyse et
anthropologie critique, 2014.
Pascal HACHET, Rahan chez le psychanalyste, 2014.
Alain DELBE, La voix contre le langage, 2014.
Albert LE DORZE, Cultures, métissages et paranoïa, 2014.
Louis MOREAU DE BELLAING, La genèse de la politique.
Légitimation VI, 2013.
Taïeb FERRADJI et Guy LESOEURS, Le frère venu d’ailleurs,
culture et contre-transfert, 2013.
Martín RECA, Heinrich/Enrique Racker, 2013.
Michel SCHROOTEN, Pour une psychanalyse de l’enfant adopté,
2013.
Claude BRODEUR, Regard d’un psychanalyste sur la société, 2013.
Gabriela TARANTO-TOURNON, La Psychanalyse comme parcours
poétique. Une odyssée de soi, 2013.
Marianne BOUHASSIRA-CHIRON, Frères et sœurs intimes ennemis.
A propos du complexe fraternel, 2012.
Marie-Laure DIMON (dir.), Fraternités, emprises, esclavages.
Psychanalyse et anthropologie critique, 2012.


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Pourquoi une réédition du Soleil aveugle
en 2015 ?
- Sortir de l’anonymat, ce dont j’avais éprouvé la
nécessité en 1992.
Donner mon nom à ce livre, c’est une autre façon de le
faire naître, de me faire naître dans l’imprévisible de la vie
et de l’écriture…

- Répondre au désir d’Anne Levallois de marquer plus
visiblement sa trace dans le Soleil aveugle en faisant
figurer son nom sur la couverture du livre.
Ainsi rendre hommage à cette psychanalyste remarquable
par sa pratique singulière et son sens de l’humain.
Nos deux noms sont associés pour évoquer, chacune à
notre manière, des questions essentielles à la
psychanalyse, questions qui restent d’actualité.

- Évoquer mon cheminement d’écriture depuis ce premier
livre qui pose l’énigme du désir et de l’amour, point central
autour duquel tournent les psychanalystes, les artistes comme
chacun d’entre nous. Point qui attire et repousse mais qui se
dérobe à l’instant où nous croyons le saisir.
Mai 2015
Jacqueline Persini

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PRÉFACE

Une maison à reconstruire
Dans les ombres de l’écriture du Soleil aveugle,
Claudie ignorait que des bourgeons et des oiseaux
naîtraient plus tard, qu’un souffle s’insinuerait, se
perpétuerait, agrandissant le paysage…

Vingt ans auparavant, dans un cahier noir, elle avait
écrit (entre vingt-cinq et trente ans) les péripéties d’une
analyse qui l’avait conduite au chaos. Ce journal, comme
celui d’adolescence écrit de quatorze ans à dix-huit ans,
avaient joué un rôle de rempart à la folie. Un espace secret
avait été créé et préservé dans une maison aux murs
branlants, au toit fragile mais qui allait peu à peu se
reconstruire. « J’ai creusé ma maison de sable soufflée par
1les vents ». (p. 10) Car les murs de la maison maternelle
comme ceux de l’analyste l’avaient enserrée, violemment
étreinte jusqu’à étouffement. Ils n’avaient pas de fenêtre
où regarder dehors.


1 Histoire de ma maison ou Naître, L’Harmattan, coll. Poètes des cinq
continents, 1994.
11 L’écriture cernant le noir de la demeure ne l’avait pas
mise à l’abri du danger mais peut-être donné à son souffle
la force de résister.
L’analyste, que Claudie appelle Léviathan, est mort
depuis quelques années. Il a laissé une empreinte
importante sur un grand nombre d’analystes. Ses nombreuses
publications, dont on cite toujours de larges extraits,
figurent sur le devant de la scène analytique.

Voici quelques-unes de ses lignes qui rentrent en
résonance avec mon propos et le titre de mon livre :

« Rendre l’autre fou est dans le pouvoir de chacun.
L’enjeu en est l’extermination, le meurtre psychique de
l’autre, de telle sorte qu’il n’échappe pas à l’amour.
Qu’il ne puisse pas exister pour son compte, penser,
sentir, désirer en se souvenant de lui-même et de ce qui
lui revient en propre. Rendre l’autre fou c’est faire en
sorte-le plus souvent inconsciemment qu’il soit assigné
à résider dans le commentaire »…

Et « C’est à la lecture des écrits d’un analyste que peut
se reconnaître et se désigner « le point aveugle ». Rien ne
servirait d’appeler l’analyste à en « prendre conscience »
car ce point ne peut que gagner à rester aveugle ! »

Ce point aveugle où réside le désir inconscient de
l’analyste n’est-il pas tissé de nombreux fils entremêlant la vie
et la mort ?

Claudie aurait attrapé un fil lumineux :

« Léviathan m’a fait naître au désir et à la vie. Avant
lui, je portais sur mes épaules fragiles tout le poids du
monde. Avant lui, je ne savais pas ce que voulait dire le
12 mot désir…Avant Léviathan, je n’étais ni désirable ni
désirante. » ( p. 129)

Mais au fil lumineux de Léviathan s’entremêlait un fil
obscur destructeur absolument ravageant, ce que Anne
Levallois (morte depuis quelques années mais toujours
vivante dans mon cœur et dans ses écrits) donne à voir et à
entendre dans sa fine postface.

L’analyste bien intentionné (mais l’enfer n’est-il pas
pavé de bonnes intentions ?) a-t-il voulu mettre du bleu
dans les fils noirs de l’histoire de sa patiente ?

Tantôt il prétendait être l’analyste qui écoutait Claudie,
tantôt il était Léviathan lui exprimant son désir (lequel ?)
en la prenant dans ses bras. Ce clivage mettait la patiente
dans la plus grande confusion.
Brandissant sans cesse l’éthique de la psychanalyse, il
oubliait néanmoins que le psychanalyste peut toucher son
patient avec des mots, seulement avec des mots. Aussi
a-til été impossible pour Claudie de différencier fantasme et
réalité et la répétition de ses traumatismes (en particulier
pages 146 à 149), l’a enkystée dans des flaques de folie.

Folie à deux… durant cinq années…

Ne demande-t-on pas plutôt à un analyste de
désencombrer la vie de son poids de malheur?

Après la reprise du journal : « À corps perdu »
(première partie), s’est imposée la nécessité de mettre du sens
dans cette rencontre que l’écriture de « Corps et cris »
(deuxième partie) a tenté d’ébaucher.

Existait-il des liens entre mon histoire et ce qui s’était
produit avec Léviathan ?
13 « Je ferme le grand cahier noir.
J’ouvre des pages blanches pour laisser venir ce que je
sais de ma rencontre avec Léviathan, ce que je ne sais
pas encore…
Faire confiance aux mots sur la page blanche, suivre
leur trajectoire, les attraper, me laisser prendre à eux.
Mots épars du corps qui exigent de se rassembler. »
(p. 127)

À mon insu, dans l’écriture, des versions inconnues de
mon histoire ont fait irruption. Versions qui n’étaient pas
apparues dans les analyses que j’avais été dans
l’obligation d’effectuer après Léviathan.

L’écriture irait-elle plus loin que la parole ? Au plus
profond de l’obscur de nos corps ?

Il semble qu’elle ait cerné les pierres détruites,
peutêtre délogé certaines, ouvert mon regard vers des pierres
insoupçonnées et même inédites.

La traversée de l’enfer, quand le souffle tient, conduit à
un nouveau paysage qui recule l’horizon.

Quelques pierres abîmées ont pu s’appuyer sur d’autres
plus solides et la maison s’est agrandie de fenêtres par où
pénétrait le jour.
L’espace s’est déployé avec ses ombres et ses lumières,
ses arbres et ses oiseaux.

L’écriture du Soleil aveugle semble avoir été le creuset
de tous les livres à venir. Le souffle menacé s’est cousu à
celui, tout autant en péril, du journal d’adolescence. Mais
leur persistance, résistance ont fait naître ma voix,
plusieurs voix accueillies par les poètes.

14 La poésie s’est imposée. Je ne l’ai pas choisie. Peut-être
avais-je besoin d’inventer une langue singulière qui
s’opposait au jargon et aux théories folles de Léviathan.
Théories folles qui, heureusement n’ont pas laissé de trace chez
la patiente devenue psychanalyste.
Dans un livre ultérieur, Herbes vivantes Espace
ana1lytique et poésie , avec des mots ordinaires, je témoigne de
ma pratique, dans une méfiance des grands théoriciens qui,
peut-être masquent les failles de leur vie et de leur pratique,
dans des constructions séduisantes et délirantes.

« Elle veut dire sa pratique ordinaire : les ratages, les
trouées, les petites taches de lumière. Le pari d'un
partage. » (p. 47)

Le poème est ma maison qui n’est pas construite une
fois pour toutes mais s’invente avec les mots que sèment
les poètes, non pour épaissir les murs, mais pour aérer
toutes les pièces ouvertes sur le dehors…

Mars 2015
Jacqueline Persini


1 Herbes vivantes Espace analytique et poésie, L’Harmattan, coll.
Psychanalyse et Civilisations, 1996.
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