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Expéditions portugaises aux Indes orientales

De
160 pages

Départ de Mendez Pinto pour les Indes. — Son arrivée à Diu.

C’était en 1537, au mois de mars, que je partis du Portugal avec une flotte de cinq navires, chacun avec son capitaine, mais sans général en chef. Dans le vaisseau nommé la Reine commandait don Pedro de Sylva, dit le Coq, fils du contre-amiral don Vasco de Gama, qui venait de rapporter dans la mère patrie les ossements de son père, récemment décédé aux Indes. Le roi don Juan, qui se trouvait alors à Lisbonne, avait fait recevoir ces restes précieux avec un tel appareil, qu’il égala cette pompe funèbre à celle d’un grand monarque.

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À propos de Collection XIX

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Louis Candau

Expéditions portugaises aux Indes orientales

INTRODUCTION

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Les voyages aux Indes du Portugais Mendez Pinto jouissent depuis trois siècles d’une grande et juste réputation, autant pour le plaisir qu’on prend à les lire que pour l’instruction qu’on en retire. Jamais homme n’a passé par des événements plus variés, plus intéressants, pour en perpétuer le souvenir avec plus d’exactitude, plus d’esprit et de sentiment. Lancé sur le théâtre de la gloire de ses compatriotes, il a été le peintre naïf et fidèle d’une brillante époque dans l’histoire moderne, mêlant à ses tableaux les épisodes orageux de la vie et le riche coloris des mœurs orientales. Aussi ne s’étonne-t-on pas de voir les plus grands princes de l’Asie et de l’Europe lui donner souvent audience pour entendre ses relations et se délasser ainsi des soucis du trône. Philippe II d’Espagne, monarque si puissant et qui portait si bien le fardeau de ses vastes États, prenait un plaisir extrême aux récits de Mendez Pinto, qu’il gardait souvent auprès de lui. De pareils entretiens n’auraient pas eu tant d’attraits pour un si grand roi, s’il n’y eût trouvé en même temps un aliment à sa curiosité comme à son instruction.

Beaucoup de personnes ont souvent contesté qu’il fût possible à un homme non-seulement d’avoir essuyé tant d’adversités, mais encore d’en retenir toutes les particularités avec autant de mémoire et de précision. Elles ne considèrent pas qu’en fait d’épreuves on trouve souvent dans la vie la plus paisible, la plus ignorée, de quoi remplir de grandes pages des jeux de la fortune. Que sera-t-il donc d’un voyageur sensible, intelligent, sillonnant sur de frêles nacelles les mers les plus orageuses du globe, parsemées de peuples ou barbares ou ennemis ? C’est encore bien mal juger des facultés morales que de penser que l’homme froissé ou malheureux puisse perdre le souvenir des circonstances qui ont traversé cruellement sa vie, non plus même que celles qui ont flatté sa vanité. Ce serait s’oublier soi-même, et cela ne se voit guère.

Mais au milieu de tant de récits intéressants qui constituent l’ouvrage très-étendu de Mendez Pinto, dont il n’existe qu’une vieille et mauvaise traduction française, dédiée au cardinal de Richelieu, il m’a fallu me limiter et choisir, afin de ne pas dépasser le cadre étroit de ce volume, et aussi pour me mettre à la portée des jeunes gens. L’imagination vive, impatiente de cet âge, aurait-elle pu s’accommoder de détails politiques sans attrait ou de réflexions languissantes ? J’ai donc beaucoup abrégé et singulièrement modifié la narration ainsi que la description ; souvent même je n’ai pas craint de marcher librement, tout en conservant l’exactitude fondamentale de ces relations aventureuses, dans l’intérêt même du héros comme dans celui de la jeunesse, à laquelle j’aime à dédier mon travail : trop heureux si je lui offre ainsi de quoi lui plaire et l’instruire quelques instants.

CHAPITRE I

Départ de Mendez Pinto pour les Indes. — Son arrivée à Diu.

C’était en 1537, au mois de mars, que je partis du Portugal avec une flotte de cinq navires, chacun avec son capitaine, mais sans général en chef. Dans le vaisseau nommé la Reine commandait don Pedro de Sylva, dit le Coq, fils du contre-amiral don Vasco de Gama, qui venait de rapporter dans la mère patrie les ossements de son père, récemment décédé aux Indes. Le roi don Juan, qui se trouvait alors à Lisbonne, avait fait recevoir ces restes précieux avec un tel appareil, qu’il égala cette pompe funèbre à celle d’un grand monarque. Albuquerque avait fait d’assez grandes choses pour sa patrie, et on l’avait payé avec assez d’ingratitude de son vivant, pour qu’à sa mort on sût au moins honorer sa mémoire.

Notre petite flotte fut dispersée pendant quelques jours par une tempête ; mais bientôt nous nous trouvâmes réunis au port de Mozambique, après un voyage que nous ne dûmes estimer ni trop long ni trop pénible par des mers aussi lointaines, aussi orageuses et semées de tant d’écueils. Le commandant de la forteresse de cette ville nous montra un ordre du gouverneur des Indes, Nunho de Cunha, qui enjoignait à tous les vaisseaux portugais qui aborderaient ce port cette année de s’en aller à Diu avec tout leur équipage, parce qu’on s’attendait chaque jour à voir arriver l’armée turque aux Indes pour venger la fin du soudan de Cambaye, qui avait été mis à mort l’été précédent par le gouverneur portugais. Il s’éleva alors un grand débat, parce que des cinq navires qui venaient de mouiller, trois seulement étaient de la marine royale et deux appartenaient à des commerçants. Or, ceux-ci protestaient contre cette mesure arbitraire qui leur causait de grands et injustes dommages. On eut égard à leurs réclamations ; on les laissa poursuivre leur route vers Goa, but de leur voyage. Les trois autres se dirigèrent vers Diu. Le commandant de cette place, Antonio de Sylvera, ressentit une telle joie de leur arrivée, qu’il leur fit toutes sortes de présents et leur donna de grandes fêtes. Telles étaient déjà les fortunes que certains particuliers avaient amassées dans les Indes, que lui, simple capitaine, outre les largesses et les dons de tout genre qu’il distribua généreusement à tous, il traita plusieurs jours, à ses propres frais, plus de sept cents hommes, dont se composait l’équipage récemment débarqué. Ce renfort imprévu ranimait son courage et lui assurait, pour ainsi dire, la victoire, si précieuse alors pour la conservation des Indes. Diu était comme le boulevard de la guerre et la clef de ce riche et vaste empire. Il mit donc tous ses efforts à retenir de bonne volonté plus que de force ces fraîches recrues, en multipliant sans cesse et ses soins et ses largesses. Il payait d’avance les soldats, leur distribuant lui-même leur solde et leurs munitions. Il se préparait ainsi autour de lui comme autant de héros qui allaient bientôt s’immortaliser par un des plus beaux faits d’armes de ce siècle chevaleresque.

CHAPITRE II

Voyage au détroit de la Mecque. — Excursion en Éthiopie.

Peu de temps après notre arrivée à Diu, ou équipa deux flûtes, dans le dessein de les envoyer au détroit de la Mecque, sous le prétexte de commerce, afin de sonder habilement les projets et la marche de l’armée turque, dont on appréhendait fort l’approche aux Indes. L’un des capitaines me fit de si belles promesses, me peignit de si riches couleurs cette expédition, me remplit de telles espérances de fortune, que, n’ayant rien que ma vie et le désir d’acquérir, j’écoutai et fus bientôt à son bord. Les aventures avaient pour moi un attrait irrésistible ; j’étais sans expérience, j’ignorais combien sont amères et peu certaines les promesses des hommes, combien il y avait peu de chances, pour un jeune homme pauvre, sans titre, sans protecteur, de retirer quelque fruit d’un pareil voyage, et combien surtout il était dangereux de naviguer dans ces parages à cette époque de l’année. La jeunesse ne voit que des fantômes merveilleux et méprise la réalité ; ennemie de la réflexion et des conseils, elle s’élance en aveugle vers des chimères ; avec trop d’imagination et peu de savoir, à quelles rudes épreuves n’est-elle pas réservée !

Partis de Piu, nous naviguâmes par un temps plein de brouillards ; nous étions à la fin d’un hiver qui semblait vouloir recommencer, tant les vents étaient impétueux et les pluies abondantes. Malgré l’obscurité qui nous enveloppait, nous ne laissâmes pas de découvrir les îles de Curia-Muria et Awdalcuria, à la vue desquelles nous nous jugeâmes tout à fait perdus. C’est pourquoi, pour éviter le danger, nous tournâmes la proue de notre vaisseau par le vent sud-est, ne sachant point alors d’autres moyens pour éviter le naufrage. Par une protection toute divine nous donnâmes fond à la pointe de l’île de Socotora. Là, nous ancrâmes incontinent, une lieue plus bas que l’endroit où don Francisco d’Almeyda fit bâtir une forteresse en 1507, lorsqu’il vint de Portugal comme premier vice-roi. Nous fîmes de l’eau en ce lieu et une assez bonne provision de vivres, que nous achetâmes des chrétiens du pays, que l’on dit descendre de ceux que, dans les contrées des Indes et du Coromandel, l’apôtre saint Thomas convertit à notre sainte foi.

Après nous être ainsi ravitaillés, nous partîmes de ce lieu avec intention de cingler vers le détroit. Après avoir navigué neuf jours par un temps favorable, nous nous trouvâmes en vue de Maskah. Là, sur le coucher du soleil, nous découvrîmes en pleine mer une voile. Nous lui donnâmes si bien la chasse, qu’avant la fin de la première garde de la nuit nous l’abordâmes d’assez près. Alors, afin de satisfaire le désir que nous avions de savoir par douceur et courtoisie la marche et les projets de l’armée des Turcs, nous demandâmes au capitaine si elle n’était point partie de Suez, s’il ne l’avait pas rencontrée ; et, afin d’en être mieux éclaircis, nous parlâmes assez haut à tous ceux qui étaient dans le navire. Pour toute réponse, ils nous tirèrent douze volées de canon, dont cinq étaient de petits pierriers et les sept autres des pièces de campagne, en les accompagnant d’une décharge de mousquetade. Puis, en signe d’allégresse et comme croyant déjà nous tenir, ils firent retentir les airs de leurs cris confus ; pour mieux nous braver et nous témoigner leur mépris, ils agitaient des banderoles et des bonnets, et sur la poupe ils brandissaient quantité de cimeterres nus. De toutes parts étincelaient leurs armes, qu’ils faisaient retentir avec fanfaronnade. Bientôt ils nous crièrent d’avoir à nous approcher et à nous rendre incontinent. Nous demeurâmes d’abord comme stupéfaits de toutes ces démonstrations, ne sachant trop ce que nous avions à faire. Les capitaines de nos deux flûtes tinrent conseil avec les soldats. On fut d’avis qu’on canonnerait ces barbares jusqu’au lendemain matin, et que dès le point du jour, afin de châtier tant de présomption d’une manière exemplaire, après les avoir vivement attaqués et investis, on les forcerait à se rendre. C’est pourquoi, durant tout le reste de la nuit, nous leur donnâmes la chasse, les combattant à coups de canon. Dès le matin, se trouvant fort maltraités, ils vinrent de bonne volonté se remettre entre nos mains. De quatre-vingts qu’ils étaient, la plupart se voyant réduits à l’extrémité s’étaient jetés dans la mer, aimant mieux mourir dans l’eau que de se laisser brûler par les obus et autres matières enflammées que nous leur avions lancées, si bien que de ces quatre-vingts malheureux il n’en restait que cinq tout couverts de plaies et de blessures ; de ce nombre était leur capitaine. Celui-ci fut contraint par les tourments de nous donner les renseignements que nous désirions et qu’il s’était obstiné à refuser de bonne volonté. Il nous dit qu’il venait de Ouiddah, dont il était natif ; que l’armée turque était déjà partie de Suez, avec dessein de prendre Aden, où ils feraient bâtir une forteresse avant de s’en aller attaquer les Indes ; que tels étaient les ordres donnés par le grand sultan de Constantinople à son pacha du Caire, qui commandait l’armée en personne. Sur nos questions réitérées il ajouta qu’il était chrétien renégat, fils d’un nommé Paul Andrez, marchand de l’île de Cerdenha ; et que depuis quatre ans, ayant pris pour femme légitime une fort belle musulmane, Grecque de nation, qu’il aimait éperdument, il avait, pour l’amour d’elle, renié le christianisme pour suivre la loi de Mahomet. Un cri s’éleva alors de tout notre équipage indigné : « A mort le renégat ! » Nos deux capitaines eurent beaucoup de peine à contenir leur courroux, en leur faisant entendre qu’il était plutôt de notre devoir d’essayer de le ramener par douceur et persuasion à notre sainte religion ; s’adressant alors à l’apostat, ils le conjurèrent doucement de quitter son abominable croyance pour revenir à celle du Christ, toujours prêt à pardonner au repentir. Ces exhortations, de même que les menaces, furent inutiles ; il se montrait si endurci, qu’il ne voulait rien entendre, et semblait aussi obstiné en sa coupable erreur que s’il y fût né et n’eût jamais fait autre profession. Nos capitaines, partageant alors l’indignation de l’équipage et transportés d’enthousiasme religieux, prononcèrent le saint nom du Christ, pour commander une action qui ne pouvait lui être agréable. Ils donnent ordre qu’on lie les pieds et les mains de ce misérable, qu’on lui attache une grosse pierre au cou et qu’on le jette vivant à la mer. Aveuglés par je ne sais quelle exaltation coupable, nous applaudîmes tous à ce cruel châtiment. Au fond de mon cœur j’ai depuis ressenti un repentir sincère d’avoir obéi à cet odieux instinct. J’ai plus d’une fois demandé pardon à Dieu, pour moi et pour mes camarades, de n’avoir pas montré plus de patience et d’humanité pour lui ramener un pêcheur égaré. La vengeance divine nous fit expier plus tard, par des épreuves semblables, chez les Infidèles, une action si peu chrétienne.

Quant aux autres cinq prisonniers, plus morts que vivants à cause de leurs blessures et de la crainte que leur inspirait notre cruauté, nous les prîmes à bord, après avoir coulé à fond leur vaisseau, avec les marchandises dont il était chargé, qui pouvaient nous être plus nuisibles qu’utiles. Notre avidité n’eut rien à gagner à cette prise : nous trouvâmes peu d’or ou d’objets de grande valeur. L’équipage n’eut pas honte de murmurer de cette déception : tant est hideuse partout l’avarice des hommes !

Nous continuâmes notre course vers l’Éthiopie, où nous avions mission de nous arrêter auprès de l’empereur Jehan, grand ami des Portugais et de notre sainte religion. Nous arrivâmes ainsi au port de Gottor, dont les habitants nous firent un merveilleux accueil. Nous y trouvâmes un Portugais, Vasco Martins de Seixas, qui séjournait dans ce pays depuis un mois par ordre du gouverneur des Indes, afin de le bien informer de tous les mouvements de nos ennemis. Il était employé à la garde de la princesse Tigremahon, mère de l’empereur Jehan, notre allié, avec quarante autres Portugais. Il nous donna des lettres importantes pour faire parvenir au commandant Henri Barboso. Je fus chargé de cette mission avec trois de mes camarades. Nous partîmes à cet effet et nous primes la route de terre, montés sur de bonnes mules que le gouverneur de la ville nous envoya par ordre de la princesse mère de l’empereur, avec six Abyssins pour nous servir de guides et d’appui. Nous marchions presque toute la journée malgré des chaleurs accablantes, ayant grande hâte d’accomplir heureusement notre mission. Le plus souvent nous nous arrêtions le soir dans des monastères bien pourvus de tout, où l’on nous donnait l’hospitalité la plus bienveillante, la plus chrétienne. Ce fut dans un de ces monastères, dédié à saint Michel, que nous reçûmes la visite d’un jeune prince d’Éthiopie tout dévoué à la nation portugaise ; il venait nous témoigner de son amitié et nous offrir généreusement ses services pour l’heureuse continuation de notre route. Il nous donna de bons chevaux, des provisions et une escorte, avec ordre de nous faire traiter magnifiquement durant notre voyage. A notre prochaine station nous nous trouvâmes logés dans une superbe habitation appelée Betenigus (maison royale), bien digne en effet de ce nom par sa magnificence. Sans parler du luxe intérieur, où l’or, l’argent, l’ébène et l’ivoire, étaient admirablement prodigués, ce palais était entouré de bois immenses et majestueux, où les plus beaux arbres des régions privilégiées s’élevaient à l’envi dans le sublime désordre de la nature surveillé par l’intelligence de l’art. Les cèdres, les cyprès, les palmiers, les dattiers, les cocotiers formaient de toutes parts des colonnades et des voûtes imposantes à l’ombre desquelles, dans ces régions embrasées, l’homme sensible se défendrait difficilement d’un sentiment de reconnaissance et d’amour envers l’Éternel.

Peu de jours après nous arrivâmes enfin à la forteresse de Gibytor, but de notre voyage, où nous trouvâmes le commandant Barboso et ses quarante Portugais, qui nous reçurent avec des transports de joie inexprimables. Ils nous accablaient de prévenances et de caresses et nous parlaient toujours de la patrie ; revoir de nouveaux compatriotes et s’entretenir avec eux, c’était là le secret de tant de bonheur. Que leur manquait-il autrement ? Maîtres et souverains d’un vaste pays, où tout souriait à leurs besoins comme à leurs désirs, ils ne s’occupaient cependant que de leur isolement et se considéraient comme en exil. Ils n’aspiraient plus qu’à revoir la patrie et à y mourir même dans la pauvreté. Amour du sol natal, sentiment sacré, impérissable, qui sembles te réveil. ler plus puissant alors que toutes les autres passions s’éteignent ou tombent dans l’indifférence, quelle est ton origine sublime ? Quel homme, après un long exil, a pu se soustraire à tes atteintes déchirantes !