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Facteurs culturels et projets de développement en Afrique centrale

De
192 pages
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Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296189997
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CULTURELS ET PROJETS DE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE CENTRALE

FACTEURS

RURAl

@

L'Harmattan,

1989

ISBN:

2-7384-0489-8

CICIBA Centre International des Civilisations Bantu Libreville - Gabon

FACTEURS CULTURELS ET PROJETS DE DÉVELOPPEMENT RURAL EN AFRIQUE CENTRALE

Points de repère

Cet ouvrage a été réalisé cavec le concours de la Commission des Communautés Européennes.

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Comité de rédaction Sous la direction de M. BAYONA-BA-MEYA, Directeur de la Recherche au CICIBA et de M. et Mme TOTTE-STEKKE, onsultants de C la C.C.E. :

-

-

BATALHA Manuela BÉVILLE Gilles MAYER Raymond MBUYAMBA Lupwishi MUTANDA Ntumba OBENGA Théophile

TABLE DES MATIÈRES
AVANT -PROPOS. ......................................

INTRODUCTION.

. . . .. .. . . . . . . .. . . .. . . . .. . . .. ..

. . . ..

11 13

Première partie: À LA DÉCOUVERTE DES FACTEURS CULTURELS À TRAVERS LES PRINCIPAUX DOMAINES DU DÉVELOPPEMENT RURAL Chap. I : Les facteurs culturels dans le domaine agro-pastoral I Les terres de culture................................... 1. Attribution des terres............................. 2. Système d'exploitation des terres.................. 3. Fertilisation de la terre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4. Protection des terres. ............................

19 19 19 21 24 25 26 26 28 30 32 32 34 37 37 42 44 45 48 50 7

II Les produits agricoles................................. 1. Choix des cultures............................... 2. Amélioration des produits......................... 3. ConservatioIl et transformation des produits........ III Les technologies agricoles............................. 1. Opérations culturales.............................
2. Technologies (machines, outils)

....................

IV Les producteurs agricoles............................. 1. Organisation du travail. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

2. 3. 4. 5. 6.

Formation et initiation........................... Motivation....................................... Encadrement..................................... Relance agricole, politique des prix et fiscalité...... Vie associative et coopérative.....................

V Le revenu

du paysan.

.................................

1. Utilisation et redistribution du revenu.............. VI La commercialisation, la gestion, l'épargne et le crédit.. 1. Commercialisation................................ 2. Gestion comptable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3. Systèmes d'épargne et de crédit................... VII L'élevage ................................ 1. Elevage de type familial.......................... 2. Centres de vulgarisation et expériences moderne de métayage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

52 52 54 54 55 56 57 57 59 63 64 66 66 67 67 68 70 71
75 75 75 78 81 81 85 88 88 95 97

3. Elevage individuel et élevage communautaire 4. Rendement et soins au bétail.....................

..

VIII La pisciculture. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1. Pisciculture en tant qu'innovation technique moderne IX L'aménagement du milieu rural. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1. Héritage de l'époque coloniale.................... 2. Aménagement de type autoritaire.................. 3. Réalisations individuelles et aménagement villageois. 4. Recherches et expériences d'aménagement rural réussi Chap. II : Les facteurs culturels dans le domaine de la santé I La santé par l'hygiène................................. 1. Prévention et hygiène individuelle et domestique.... 2. Santé publique et hygiène communautaire.......... II La santé par l'alimentation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1. Prise en compte des pratiques et croyances......... 2. Équilibre nutritionnel et carences alimentaires....... III La santé par la médecine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1. Santé et médecine traditionnelle................... 2. Santé et médecine moderne....................... 3. Collaboration entre médecine traditionnelle et médecine moderne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chap. III : Les éléments culturels en matière de technologies et de petites et moyennes entreprises
I Les technologies... ....................................

99
99

1. Technologies traditionnelles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99 2. Technologies appropriées 105 II Les petites et moyennes entreprises 108 1. Domaines d'activités et utilité socio-économique des P.M.E. 108 8

2. Le développement des P.M.E. : difficultés et alternatives 109 3. Croyances magico-religieuses des entrepreneurs 113 4. Systèmes d'encadrement et de financement des P.M.E. 117 Chap. IV:
formation.

Les facteurs culturels dans le domaine de la
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
121

I L'animation et la formation des paysans 1. Connaissance préalable des pesanteurs sociologiques. 2. Prise en compte et revalorisation des savoirs
traditionnels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..

122 122
124

3. Prise en compte de l'éducation traditionnelle. . . . . .. 4. Actions d'animation et d'éducation des paysans II La formation par l'école rurale.. .. .. .. .. . .. .. .. .. .. ... 1. Fonction et caractéristiques de l'école rurale 2. Facteurs économiques et socio-culturels à prendre en compte par l'école rurale Deuxième partie: SYNTHÈSE DES ÉLÉMENTS DE CULTURE BANTU I Les croyances II L'organisation sociale III Les traditions, coutumes et rites. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. IV Les connaissances et savoir-faire V Les expressions artistiques Troisième partie: UNE RECHERCHE À POURSUIVRE

126 131 135 135 137

144 147
150

152 153

I Questionnaire pour la collecte des facteurs culturels en relation avec le développement rural 161 II Aide-mémoire à l'usage des techniciens et cadres de projets
en milieu rural... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
166

III Pistes pour la réflexion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. ANNEXES: La banque de données du CICIBA .. . .. .. .. . .. .. .. .. . ÉLÉMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

173 179 181 9

A VANT-PROPOS

La fin du xx. siècle aura été marquée par un débat aux issues incertaines sur le développement. Passée l'euphorie prématurée et illusoire d'une croyance en un développement mesuré à l'aune des seules valeurs économiques, il a fallu bien vite déchanter et se rendre à l'évidence que cette voie conduit dans 90 % des cas à un échec plus amer que la réalité de départ qu'il s'agit de transformer. Même en termes de rentabilité financière et économique, la mathématique des résultats invite non seulement à une optimisation des solutions techniques, mais plus encore à une reformulation fondamentale des données du problème. Plus qu'une amélioration des engagements, une nouvelle redistribution des cartes en quelque sorte. n est vrai que les cartes ont été bien brouillées, depuis que le développement des jeunes États indépendants du Tiers-Monde a été assimilé au décollage industriel et aux prouesses technologiques de leurs aînés d'Occident. C'était aller vite en besogne et oublier qu'on ne partait jamais de zéro. Comment par exemple imaginer la croissance démographique régulière constatée au cours des siècles dans le contexte de la forêt équatoriale, sans en référer à une connaissance inégalée des conditions d'existence dans un milieu vécu comme particulièrement hostile par les premiers Européens qui s'y aventurèrent et payèrent de leur vie un lourd tribut d'inexpérience? Comment ignorer que les ressources naturelles de la forêt ont toujours assuré et continuent à assurer plus que la santé, un relatif bien-être? Comment comprendre la parfaite adaptation des agriculteurs aux lois agronomiques de cette même forêt sinon comme une expertise léguée par le patrimoine du savoir et du savoir-faire traditionnels? Se trompant sur la fin, les idéologues du développement n'ont pu, dans l'intervalle, que se tromper sur les moyens. Depuis 1983, le Centre International des Civilisations Bantu (CICIBA) implanté au cœur du continent africain, propose sur cette 11

question une nouvelle approche en se fixant comme mission de recenser et de promouvoir toutes les potentialités de sa zone culturelle de compétence, qui couvre plus de la moitié de l'Afrique sub-sahélienne. Première banque de données culturelles d'Afrique, le CICIBA exploite les données des recherches pour l'éducation et la vulgarisation et les répercute sur le monde de la production et de l'industrie en même temps que sa spécificité culturelle lui ouvre l'immense marché culturel sui le continent dans une perspective de coopération mondiale. En organisant en 1986 la première concertation sous-régionale sur les facteurs culturels et leur impact sur le développement rural en Afrique Centrale, le Centre amenait de façon concrète un regard lucide sur les hommes et sur les choses à guider sa démarche et passait, sans attendre, à l'épreuve des faits. . Nous savons gré à la Commission des Communautés Européennes d'avoir perçu l'importance de cet enjeu dont elle est partie prenante, et d'avoir permis la réalisation de cette concertation et son aboutissement dans une œuvre appelée à durer. Au-delà des conclusions de cette étape provisoire dont l'issue conditionne largement la résolution des impasses des projets classiques de développement, ce modeste ouvrage esquisse déjà d'une manière très pragmatique les réponses aux enjeux que nous ne pourrons pas contourner à l'aube du troisième millénaire. François OWONO-NGUEMA Président du Conseil d'Administration du CICIBA

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INTRODUCTION

Identifier clairement, secteur par secteur, et zone par zone, des traits culturels importants à prendre en compte dans tout projet de développement initié dans l'aire culturelle bantu, telle .était la tâche confiée au Centre International des Civilisations Bantu (CICIBA) dont le siège est à Libreville, au sortir du défi à double sens lancé par la Convention de Lomé III, à laquelle se réfère l'idée de réaliser ce guide: - défi des pays A.C.P. à faire valoir des projets de développement où la dimension culturelle soit effectivement prise en compte; - défi des pays de la Communauté en direction des États A.C.P. pour qu'ils identifient concrètement des valeurs spécifiques, facteurs de succès (ou d'échec quand elles ne sont pas prises en compte) de si nombreux projets de développement économique. Créé en 1983 par dix États A.C.P. de l'Afrique Centrale, Orientale et Australe (Angola, Centrafrique, Comores, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Rwanda, Sao-Tomé et Principe, Zaïre et Zambie), le CICIBA est un outil de développement au service d'un vaste ensemble géographique et humain du continent africain s'étendant du Nigéria à la Somalie et du Nil jusqu'au Cap, sans oublier les entités insulaires également touchées par les traits de langue et civilisations bantu. Il concerne cent cinquante millions d'habitants. La première démarche suivie pour concourir au but fixé fut de convoquer un séminaire réunissant des responsables ou des intervenants de projets de développement dans une aire restreinte de l'Afrique centrale (Angola, Congo, Gabon, Sao-Tomé et Principe, Zaïre) pour une première identification des principaux traits culturels pertinents dans la mise en œuvre des projets de développement rurall.
1. Séminaire International sur la Dimension Culturelle du Développement Rural en Afrique centrale - Mbanza-Ngungu - Zaïre, 14-20 novembre 1986.

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La grille élaborée à l'occasion de ce séminaire a servi de base à la confection du présent ouvrage qui constitue également une introduction à une base de données permanente et évolutive, accessible par interrogation directe par les systèmes de communications existants, ou par courrier. Ce « guide» s'adresse à tous ceux, techniciens, cadres, formateurs, africains et non-africains, qui ont à intervenir dans les projets de développement rural. Il a comme objectif de mettre en lumière l'importance des réalités culturelles dans une aire donnée de l'Afrique bantu, en indiquant des points de repère, au carrefour des principales dé~arches des projets, et de la culture qui marque les mentalités et les réactions de la société paysanne. Il n'est pas un livre de recettes. Au contraire, l'exploration des facteurs culturels dans la réalité concrète, si elle révèle des lignes de force générales, ne peut faire oublier la diversité des situations, qui peuvent varier de pays à pays, de région à région, suivant les ethnies et certains traits spécifiques, mais aussi suivant l'histoire passée et actuelle, dans laquelle s'intègrent des facteurs tels que la proximité ou l'éloignement des villes, la présence étrangère, les expériences antérieures éventuelles d'encadrement ou de développement, la réalité politique, économique et administrative des États, etc. Pour ceux qui participent au développement en milieu bantu, le plus important est de prendre profondément conscience du rôle primordial de la culture sous tous ses aspects: idées et croyances, institutions, coutumes. Avoir une liste d'éléments culturels concrets peut aider à cette prise de conscience, tout en sachant bien que la liste n'est jamais complète, et que ces traits culturels ne peuvent être appliqués mathématiquement à n'importe quelle situation donnée. L'ouvrage est organisé de la manière suivante: La recherche des facteurs culturels, à partir d'étapes et d'opérations concrètes se situant dans les principaux secteurs du développement rural. La présentation d'une synthèse des éléments de culture bantu ainsi recueillis. La proposition de quelques instruments concrets (questionnaire, aide-mémoire), susceptibles d'aider les techniciens de projets, dans

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leur découverte personnelle de la dimension culturelle en milieu rural bantu. Dans sa première partie, la plus importante, le guide aborde des secteurs clés du développement rural, à savoir: le domaine agropastoral, celui de la santé, les technologies et les petites et moyennes entreprises, et enfin, le domaine de l'éducation et de la formation. Dans chacun de ces secteurs, il a été procédé à une recension de diverses opérations techniques dont la réalisation rencontre des situations et des réactions d'ordre culturel illustrées par des faits concrets. En conclusion de ces faits, se dégage le facteur culturel ou le fais.

ceau de facteurs culturels dont il doit être tenu compte dans la réalisation des actions concernées. L'expression « prendre en compte un facteur culturel» revêt une double signification: s'agissant d'un facteur culturel susceptible de servir d'élément de motivation, sa prise en compte signifie que le projet de développement à élaborer se doit d'intégrer cet élément comme valeur positive à encourager et à promouvoir pour assurer le succès du projet; mais l'on peut se trouver en face d'un élément culturel qui apparaît comme susceptible, soit de freiner, soit de bloquer la réalisation du projet. Dans cette hypothèse, la prise en compte de l'élément culturel s'apparente à la nécessité d'élaborer une stratégie pour provoquer, chez la population concernée, une prise de conscience du caractère inhibiteur de ce facteur, prise de conscience qui devrait provoquer un changement de mentalité. Mais l'on doit bien réaliser que si le facteur culturel considéré comme un frein relève du domaine des croyances, aucune modification de comportement, ou d'attitudes, n'est possible à brève échéance. Fallait-il ou non préciser la zone de validité des exemples illustrant les facteurs culturels? Divers ont été les points de vue. Dans le souci de ménager les susceptibilités nationales des uns et l'amourpropre des autres, il a été convenu de ne pas préciser la zone de validité. Tant à propos des différents secteurs ou étapes touchant au développement rural, que dans la recension des faits culturels, cet ouvrage n'a pas de prétention à l'exhaustivité. L'on pourra constater, à la lecture, que les exemples relatés sont limités du point de vue du nombre, ou inégaux en signification. Certains domaines ont été plus 15

approfondis que d'autres, suivant les apports fournis par le Séminaire de Mbanza-Ngungu, et par la documentation existant au CICIBA. D'autres encore, tels la planification régionale, ou les structures d'appui au développement rural, n'ont pas été abordés. L'on peut aussi estimer qu'il existe des variantes au sein de la zone culturelle bantu de l'Afrique centrale. Ces observations sont pertinentes, car ainsi qu'il a déjà été précisé plus haut, ce guide constitue une première tentative de collecte des facteurs culturels du développement rural, appelée à être enrichie, au fil du temps, grâce à la banque de données informatisées du CICIBA, ouverte à recevoir tous les apports extérieurs relevant de l'expérience d'interlocuteurs divers, et en particulier, des lecteurs de ce document. Le Directeur Général du CICIBA

Avertissement

au lecteur

Les faits cités proviennent, soit des travaux du Séminaire de Mbanza-Ngungu, soit de la documentation disponible au siège du CICIBA, complétés par l'observation de la vie courante et l'expérience de certains projets.

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Première partie

À LA DÉCOUVERTE DES FACTEURS CULTURELS À TRAVERS LES PRINCIPAUX DOMAINES DU DÉVELOPPEMENT RURAL

Chapitre I

LES FACTEURS CULTURELS DANS LE DOMAINE AGRO-P ASTORAL

I. LES TERRES DE CULTURE
La mise en valeur des terres en vue des projets de développement de nature agro-pastorale, fait intervenir un certain nombre d'opérations techniques dans lesquelles sont impliqués des éléments culturels dont l'impact peut être déterminant pour la réussite de ces projets.

1. Attribution des terres A qui appartient la terre en Afrique bantu ? Qui a pouvoir de décision dans l'attribution de terres en vue de projets agro-pastoraux ? Quelle est la signification et la valeur d'un «contrat» dûment accepté par les parties intéressées?

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