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Faîtes l'Europe, pas la guerre

De
72 pages
Les Européens sont en proie à la division. Un Nord, rigoureux sur les dépenses contre un Sud, désireux d'abandonner l'austérité. Un Ouest luttant contre le dumping social contre un Est cherchant à profiter d'un faible coût du travail. Partout, les partis populistes font campagne pour quitter une Union européenne considérée comme une nouvelle Union soviétique imposant des diktats sur l'accueil des migrants. Et le Brexit s'est produit en juin 2016.

Il faut redonner une souveraineté au peuple français dans ses choix européens : le présent essai propose trois séries de mesures politiques et administratives restituant aux Français la compréhension et la maîtrise des choix pris en leur nom au niveau européen.

Il faut redonner une assise solide à l'Union européenne en mobilisant les États volontaires dans des objectifs matériels rapidement atteignables.

À partir d'un socle national refondé, un groupe d'États - deux, trois ou cinq - pourra relancer l'Europe. Une révision des traités, à 27, tournerait une nouvelle fois au cauchemar. Mais soixante années de travail ne doivent pas finir à la poubelle. L'Union européenne n'interdit pas à des États d'avancer plus vite, même en dehors du cadre juridique européen. Il faut saisir cette opportunité.



Jean-Luc Sauron est un spécialiste reconnu des affaires européennes en France. Après avoir travaillé dans les affaires européennes à la fin des années 1990, il enseigne depuis 1998 le droit de l'Union en université à Strasbourg et à Paris Dauphine. Acteur du monde associatif pro-européen, il participe comme expert à plusieurs émissions de télévision et de radio relatives à l'actualité européenne. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire et les institutions de l'Union.
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Sommaire
Le monde qui nous entoure est dangereusement instable et menaçant
Tirer les leçons du Brexit
Utilité de l’Union européenne en ce début de e xxisiècle
7
15
27
Reconstruire la démocratie nationale pour redonner au peuple le contrôle de sa destinée européenne 33
Mieux associer les États membres de l’Union européenne au sein de « communautés régionales » dans le respect de leur souveraineté nationale 45
Engager des coopérations stratégiques (hors compétences de l’UE)
Conclusion
Tableau récapitulatif de mes propositions : au niveau français au niveau européen
57
65
66 67
Le monde qui nous entoure est dangereusement instable et menaçant
Le Brexit seratil l’occasion d’un bouleversement de l’équi libre du continent européen ? La mécanique de la désunion européenne ne doit pas être sousestimée dans ses effets. Il faudra y répondre en engageant les réformes nécessaires et urgentes, tant au niveau français qu’au niveau européen.
Tout ceci est d’autant plus vrai que nos valeurs de citoyens français et européens (démocratie, égalité homme/femme, séparation du religieux et du politique, liberté religieuse, solidarité sociale) ne sont pas partagées par tous. Elles sont notamment combattues par une internationale djihadiste qui les considère comme la matérialisation du mal sur terre. Ces terroristes n’ont qu’un objectif : soumettre l’Union européenne (UE) et ses peuples à une dictature islamique. L’Europe est la première cible parce qu’elle est ressentie par ces combattants comme le maillon faible de l’Occident, son « ventre mou ». Elle est aussi la plus proche.
Faites l'Europe, pas la guerre
Mais ce ne sont pas les seuls à vouloir que l’Europe s’affai blisse. La Russie en rêve pour parvenir à prendre la direction e du continent européen et solder les échecs du xx siècle (chute du communisme et de l’URSS). Les ÉtatsUnis et la Chine nous considèrent comme des partenaires utiles, sans souhai ter voir notre place dans le concert mondial se renforcer. Il n’est jamais bon de compter sur les autres pour assurer sa défense. La Tchécoslovaquie de 1938 en sait quelque chose avec les accords de Munich. Elle a été sacrifiée par les puis sances occidentales de l’époque (France et GrandeBretagne) comme prix de « leur » paix. La crise russoukrainienne a été l’occasion de la première remise en cause, par la force, des 1 frontières d’un État en Europe depuis 1945 . Les habitants des pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) s’inquiètent de leur indépendance dans l’avenir. Mais les influences sur les décisions politiques des États ne s’exercent pas uniquement par une pression militaire. Elle peut prendre la forme d’influences plus indirectes par le biais de diffusion d’informations calibrées ou de contrôle d’accès aux matières énergétiques sans lesquelles il est impos sible d’assurer une croissance économique. Nos alliés peuvent ainsi se révéler de redoutables concurrents économiques. Pourquoi vouloir garder une Europe à 27 ? Sauf à vivre en autarcie ou à être autosuffisant en toutes choses, il faut bien commercer avec les autres régions du globe. La première place de l’UE comme puissance commer ciale ne doit rien au hasard. L’idée selon laquelle la Com mission européenne négocierait dans le secret et derrière le dos des États est une manipulation idéologique dangereuse pour l’avenir et le poids économique de l’UE. Cette idéologie conforte l’habituelle défausse de responsabilité des gouverne ments européens au préjudice de la Commission européenne.
1.Si vous exceptez deux atteintes : l’une, moins claire, dans une région de la Moldavie, la Transnistrie, dont le mouvement « indépendantiste » est soutenu par la Russie et par la présence des soldats de cette dernière sur le territoire transnistrien ; l’autre par le biais de la division de Chypre en méditerranée suite à l’intervention turque en 1974. 8