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Femmes au travail femmes au chômage

De
223 pages
Le travail et le chômage sont abordés ici sous l'angle des rapports entre femmes et hommes. La méthode de recherche permet un regard approfondi sur l'évolution du rapport au travail et au chômage de femmes interrogées à deux reprises : quelques mois après leur entrée au chômage et un an plus tard. Le livre montre le rôle important joué par l'âge, l'état civil, le fait d'avoir ou non des enfants, et, surtout, le niveau de formation, dans les attitudes des femmes à l'égard de l'exercice d'activités rémunérées.
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FEMMES AU TRAVAIL FEMMES AU CHÔMAGE

Logiques Sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot
En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection Logiques Sociales entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de Inéthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Déjà parus
Gwen MOORE, Mino VIANELLO, Genre et pouvoir dans les pays industrialisés, 2004. P. ANCEL etA. PESSIN (dir.),Les non-publics, Tome 1, 2004. P. ANCEL et A. PESSIN (dir.), Les non-publics, Tome 2,2004. Vincent MEYER, Interventions sociales, communication et médias,

2004.
ZHENG Lihua et XIE Y ong, Chine et mondialisation, 2004. Annie CA THELIN, Le mouvement raëlien et son prophète, 2004.

Louise-Mirabelle BllIENG-MARTINON, Voyage au pays des
relieurs, 2004. Gilbert ELBAZ, Les différentes couleurs du SIDA aux Etats-Unis, 2004. Claudine DARDY, Objets écrits et graphiques à identifier: Les bibelots de la culture écrite, 2004. Ludovic GAUSSOT, Modération et sobriété :Etudes sur les usages sociaux de l'alcool, 2004. Ismaïla DIAGNE, Les sociétés africaines au miroir de Sembène Ousmane,2003.

Monique LEGRAND et Didier VRANCKEN (sous la dir.),
L'expertise du sociologue, 2004. Ivan SAINSAULIEU, Le malaise des soignants, 2003.

(Ç) L'HARMATTAN, 2004 ISBN: 2-7475-6210-7 EAN: 9782747562102

Josette COENEN-HUTHER

FEMMES AU TRAVAIL FEMMES AU CHÔMAGE

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italla Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Josette Coenen-Buther a déjà publié les ouvrages suivants:

Vieillesses. Situations, itinéraires et modes de vie des personnes âgées aujourd 'hui (en collab.), Saint-Saphorin, Ed. Georgi, 1983. Figures de l'équité. La construction des normes de justice dans les groupes (avec J. Kellerhals et M. Modak), Paris, Presses Universitaires de France, 1988. Les réseaux de solidarité dans la famille (avec J. Kellerhals et M. von Allmen), Lausanne, Réalités Sociales, 1994. La mémoire familiale: un travail de reconstruction du passé, Paris, L'Harmattan, Logiques Sociales, 1994. Traduction allemande: Das Familiengediichtnis, Constance, UVK Verlag, 2002.

En souvenir de ma mère, femme de cœur et de courage.

Auprès des enfants: des femmes. Au chevet des vieux et des malades: encore des femmes. A l'assistance sociale et à l'écoute psychologique des pauvres et des chômeurs: surtout des femmes. Là où l'agression des clients doit être pacifiée sans être réprimée, dans les guichet des services publics, aux caisses des hypermarchés: en majorité des femmes. Partout où s'expriment la voix des faibles, des personnes vulnérables et, d'une manière générale, le doute, l'angoisse, l'impatience: des femmes, comme si cela allait de soi.

Pascale Molinier

FleUBercieUBents

Comme toute recherche, celle sur laquelle se fonde ce livre est le fruit de diverses collaborations. Je tiens à remercier, tout d'abord, Françoise Messant-Laurent d'avoir accepté de la codiriger avec moi en tant que spécialiste de la sociologie du travail. Mes remerciements vont ensuite à nos collaboratrices, qui ont participé à l'ensemble de l'enquête ou à des parties d'entre elles: Laurence Bachmann, Natalie Benelli, Antonella Ferrari, Fabienne Malbois, Sabine Masson, Anne-Françoise Praz et Marta Roca i Escoda, à laquelle s'est jointe Julia Hasdeu pour la rédaction d'un article. Plusieurs d'entre elles ont eu l'occasion d'écrire leur propre texte à partir de données de la recherche. Ma reconnaissance va également à Florence Boissenin, Jacques Coenen-Huther et José Ramirez qui ont contribué à l'amélioration de ce livre par leurs commentaires, critiques et suggestions. L'argent étant le nerf de la guerre, la recherche a été rendue possible grâce à plusieurs subsides. Le Rectorat de l'Université de Genève a assuré l'essentiel du financement dans le cadre du projet plurifacultaire «Exclusion sociale». Je saisis ici l'occasion de remercier la directrice des Etudes genre, la Prof. Anne-Lise Head, d'avoir contribué à l'obtention de ce subside. Par leur appui financier, la Société académique de Genève et le Fonds du 400e Anniversaire de l'Université de Lausanne ont permis la retranscription intégrale des entretiens effectués. Merci aussi aux directeurs des Offices régionaux de placement de Genève et Lausanne, ainsi qu'à leurs conseillères et conseillers, d'avoir autorisé la distribution de feuilles volantes annonçant notre enquête aux chômeuses.

Que Mesdames Josiane Bellah, Florence Oeuvray et Arlette Sallin trouvent ici l'expression de ma gratitude pour leur patient travail de retranscription des entretiens. Un très grand merci enfin à toutes celles qui ont accepté de nous parler de leur vie et de leurs expériences de travailleuses et de chômeuses, mais aussi de jeunes femmes, d'épouses, de mères ou de personnes vivant seules. En nous apportant leur témoignage, elles nous ont permis de mieux comprendre la situation des femmes dans la Suisse d'aujourd'hui, leurs aspirations, leurs satisfactions, leurs problèmes et les discriminations dont elles sont victimes.

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Table des matières

Introduction

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Notes
Chapitre 1 Le monde professionnel et les « qualités féminines» Les services: des emplois au féminin La dévalorisation des qualités naturalisées Le « sourire commercial» Créer une ambiance de salon Don de soi, empathie et ... bum out Les « charmes» féminins: de !'instrumentalisation au harcèlement sexuel Les méfaits de l'autodévalorisation Qualités féminines et discriminations: le plafond de verre Notes Chapitre 2 La non-reconnaissance du travail des femmes par leur conjoint Etre professionnellement active: quelle appréciation du mari ?

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53

Etre professionnellement active: quelle participation du mari au travail domestique? Activité professionnelle des mères et partage conjugal des tâches domestiques: un idéal hors de portée? Victime au plan professionnel et domestique Notes Chapitre 3 Le sens du travail et les premières conséquences du chômage Le sens du travail La stigmatisation du chômage La pauvreté, première conséquence du chômage Premières réactions au chômage Notes Chapitre 4 Deux réactions opposées au chômage: la désespérance et la tendance à l'insouciance Situation par rapport à l'emploi lors du deuxième entretien Le vécu du chômage Le chômage-choc La banalisation du chômage Notes

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66 72 77

81 90 99 103 108

111 113 113 127 138

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Chapitre 5 Le chômage, étape d'un processus de réorientation Un processus d'émancipation La (re)découverte de la vie privée Notes Chapitre 6
Trajectoires de mères

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Evolution des taux d'activité et d'occupation des mères: données statistiques Obstacles à la conciliation entre activité professionnelle et présence de jeunes enfants La découverte de la maternité et la relativisation de la profession Notes Conclusions Bibliographie Annexe 1 Présentation de l'enquête Annexe 2 L'enquête suisse sur la population active et la définition des « sans emploi» du SECD Annexe 3 Liste des abréviations

163 169
175 187 189 197

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Introduction

Pays de contraste où se côtoient les indigènes et les étrangers1, où le nombre des organisations internationales (installées avant tout à Genève) ne correspond en rien au refus d'ouverture au monde d'un grand nombre de Suisses, où le culte des traditions par une partie de la population n'a d'égal que leur refus par les autres, où l'aisance des favorisés s'oppose à la pauvreté des working poors (petits paysans de montagne, immigrés, femmes seules ou à la tête de familles monoparentales...), d'invalides et de personnes âgées, la Confédération helvétique présente de fortes oppositions également entre tradition et modernité dans le domaine des rapports sociaux de sexe et, plus spécifiquement, quant à la situation des femmes. Parmi les innombrables exemples du poids des traditions, on peut citer le retard avec lequel le droit de vote et d'éligibilité a été accordé aux femmes au plan national (1971)2 , la proportion élevée de femmes ayant un emploi à temps partiel par rapport à d'autres pays3, alors que le taux conjoncturel de fécondité n'y est pas plus élevé qu'ailleurs (1,4 en 2001, contre 1,47 pour l'Union européenne4), le rejet pour la troisième fois par le peuple, en 1999, de l'assurance maternitéS, le temps mis à accepter l'interruption volontaire de grossesse (solution des délais) (2002), qui continue à se heurter à de fortes résistances médicales dans certaines régions. Par contre, le pays s'est doté des instruments formels visant à promouvoir l'égalité entre femmes et hommes: le principe a été inscrit dans la Constitution fédérale en 19816; il précise notamment que l'égalité doit être réalisée en matière de travail, de famille et d'éducation. TI a conduit à l'adaptation du droit matrimonial et du droit de la famille, à des améliorations en

faveur des femmes dans le domaine de l'assurance vieillesse et survivants (AYS)?~Parallèlement, le Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes voyait le jour (1981), suivi par la création de bureaux dans plusieurs cantons et grandes villes8. Peu à peu, diverses instances publiques ont émis des directives visant à accroître l'engagement de femmes en leur accordant la préférence « à qualifications égales» avec les hommes. C'est le cas, en particulier, du Conseil fédéral pour l'ensemble de l'administration fédérale, et de certains cantons. En 1992, c'est dans le domaine de la sexualité qu'un nouveau droit est entré en vigueur, interdisant, entre autres, l'exploitation de l'activité sexuelle et la pornographie « dure» et faisant du viol conjugal un délit poursuivi sur plainte. En 1996, une nouvelle application du principe constitutionnel de 1981 est entrée en vigueur: la Loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes (LEg), visant à l'éradication de toute discrimination dans le monde du travail, y compris sous cette forme particulière qu'est le harcèlement sexuel. On pourrait multiplier ces exemples de crispation sur les traditions et, à l'inverse, de volonté de promotion des femmes. Ceux qui figurent ci-dessus paraissent toutefois suffisants pour décrire le contexte suisse. Le présent ouvrage portera d'ailleurs témoignage, sur divers plans, de l'état actuel des rapports sociaux de sexe dans ce pays.

*

*

*

Au lendemain de l'entrée en vigueur de la LEg, les responsables des Etudes genre de l'Université de Genève9 ont décidé de lancer une recherche de nature qualitative sur le travail des femmes dans la région lémanique (Canton de Genève ainsi que Lausanne et ses environs)lO. En période de chômage accrull, il est apparu particulièrement fructueux d'aborder la problématique par ce biais de la recherche d'emploi. Le chômage constitue en effet le plus souvent un moment de rupture, de remise en question, d'interrogation, renvoyant directement au sens et à l'importance du travail rémunéré pour celles et ceux qu'il 18

frappe. Or, aucune enquête importante et approfondie n'existe en Suisse en la matière. Compte tenu de la richesse de la thématique, la décision a été prise de limiter l'étude à des femmes. Contrairement aux hommes, dont la vie professionnelle suit en principe une ligne ininterrompue, elles ont, en particulier celles qui se situent au bas de la hiérarchie des formations et des emplois, des trajectoires professionnelles marquées par des cassures et des inversions de pente: baisse ou accroissement du nombre d'heures de travail, interruptions, voire arrêt total, reprise12.Tout porte ainsi à penser que leur attitude face au chômage, et donc leur attitude face au travail, varie selon leur situation: célibataires entrant dans la vie active, femmes ayant des enfants en bas âge, mères au foyer souhaitant se réinsérer sur le marché du travail, etc. Réalisée auprès d'une soixantaine de femmes, dont plus de cinquante ont été interviewées à deux reprises13 (trois mois en moyenne après l'entrée au chômage et un an plus tard), l'enquête permet de distinguer une série de cas de figure et d'analyser notamment l'interface entre activités domestiques et activités rémunérées dans ce pays où le taux d'emplois à temps partiel est très élevé14. Résultat, entre autres, de cette recherche, l'ouvrage qui suit comprend trois parties. Dans la première, j'esquisse la toile de fond de la vie professionnelle et de la vie d'épouse et de mère des femmes en général et de nos interviewées en particulier, les abordant sous l'angle des « qualités» dites « féminines ». Le premier chapitre est consacré au travail rémunéré, le second, au travail domestique15. La deuxième partie (le troisième chapitre) consiste en une analyse synchronique16 du sens que les femmes rencontrées confèrent au travail et des premières conséquences du chômage. La troisième partie est réservée à l'analyse diachronique, soit à l'évolution de la situation professionnelle et familiale de ces femmes ainsi qu'à leurs perceptions et leur vécu au cours de l'année séparant les deux entretiens. A travers trois chapitres, je présenterai divers cas-types: la détresse due au chômage opposée à la banalisation de celui-ci, la réorientation liée à la perte de l'emploi, les déchirements de certaines

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mères, tiraillées entre leur envie de travailler17 et leur désir de rester avec leurs enfants. Notre recherche permet notamment une focalisation sur deux des contrastes les plus frappants de la Suisse. Le premier, c'est le poids encore très lourd de la norme de la mère vouée au foyer, tout au moins en priorité, tant qu'elle a de jeunes enfants. Cette norme contrecarre l'aspiration de plus en plus marquée des femmes à exercer une activité professionnelle. Le deuxième contraste, c'est la très grande pauvreté de certaines femmes en recherche d'emploi et la forte stigmatisation du chômage dans ce pays si prospère, dont le taux de chômage est pourtant très inférieur à celui de l'ensemble de l'Union européenne. Plus généralement, cet ouvrage éclaire de l'intérieur une large gam-

me de dimensions du travail - rémunéré et non rémunéré - de
femmes vivant en Suisse, allant de leurs sentiments à leurs comportements, de leurs désirs à leurs contraintes, de leurs questionnements à leurs affirmations, de leurs victoires à leurs échecs. Puissent ces pages permettre aux femmes - et plus particulièrement aux chômeuses - qui les liront de ne pas se sentir coupables, honteuses ou solitaires, mais de comprendre que la plupart d'entre elles sont victimes des mêmes normes traditionnelles et des mêmes discriminations. S'il pouvait en outre encourager des lectrices et des lecteurs à s'engager activement en faveur de l'égalité entre les sexes, ne serait-ce qu'au plan de leur vie quotidienne, il réaliserait nos vœux les plus ambitieux.

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Notes
Au plan national, les étrangers représentent 20,1% de la population résidante permanente. Ce taux monte à 26,9% dans le canton de Vaud et 37,6% dans le canton de Genève. Il a fallu attendre 1990 pour que le Tribunal fédéral contraigne le dernier demi-canton réfractaire (Appenzell Rhodes-Intérieures) à l'instaurer chez lui. 54,9% des femmes actives occupées (une heure par semaine au moins) en 2002 (OFS, 2003a) contre 33,9% dans l'Europe des Quinze, soit le taux le plus élevé après les Pays-Bas (OFS, 2001b). En fait, c'est avant tout à l'augmentation des emplois à temps partiel (un accroissement de 15,8% entre 1991 et 2000, par opposition à une diminution de 2,9% des emplois à plein temps) qu'est lié l'accroissement ininterrompu du taux d'activité des femmes au cours des années quatre-vingt-dix, en dépit du climat économique médiocre de cette décennie (+ 0,8 point, alors que le taux d'activité des hommes diminuaient de 3,1 points) (OFS, 2003a). Eurostat (2003). Un nouveau projet a été accepté en juin 2003 par la deuxième Chambre du Parlement fédéral. Il prévoit un congé de quatorze semaines pour les mères professionnellement actives, équivalent à 80% de leur salaire. Il doit toutefois encore être soumis au peuple (probablement en 2004). En attendant une législation fédérale, le Canton de Genève s'est doté d'une loi accordant un congé maternité de seize semaines aux femmes professionnellement actives depuis trois mois au moins. Pour ce qui suit, je m'inspire largement de l'excellent dossier synthétique préparé par la Commission fédérale pour les questions féminines (1998). Améliorations qui, cela doit être souligné, ont été essentiellement financées par les femmes elles-mêmes, notamment par l'élévation de l'âge de leur retraite, aligné sur celui des hommes (passant ainsi de soixante-deux à soixante-cinq ans). Ces bureaux ne sont toutefois pas assurés de leur survie; celui du canton de Genève, par exemple, a connu des périodes difficiles au cours des années quatre- vingt-dix. 9 En 1991, le Canton de Genève a intégré dans la Loi sur l'Université un article visant la promotion de l'égalité des chances entre femmes et hommes en son sein, ainsi que le développement des enseignements incluant une perspective de genre. En 1995 s'ouvrait le premier diplôme suisse de troisième cycle en Etudes geme. 10 Du fait de la diversité du pays (vingt-trois cantons souverains dans nombre de domaines et des régions très inégalement développées au plan économique), les taux d'activité des femmes varient assez fortement selon les zones géographiques. Lors du recensement de 2000 (OFS, 2003c), les cantons de Genève et de Vaud comptaient respectivement 82,9% et 84,1%

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Il

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de femmes actives âgées de quinze à soixante-quatre ans (moyenne suisse: 87,5%). Les écarts entre les deux cantons et la moyenne suisse s'expliquent avant tout par le taux d'activité des femmes de quinze à vingt-quatre ans : 48,0% à Genève, 53,7% dans le canton de Vaud, pour une moyenne nationale de 62,8%. Le nombre de personnes au chômage était de 100 en 1970. En 2002, il s'élevait à 100.000 (3,6% pour la Suisse en juillet 2003, 5,4% pour le canton de Genève et 3,5% pour le canton de Vaud). Au cours des années quatre-vingt-dix, il a atteint des chiffres beaucoup plus élevés, dépassant 185.000 personnes en 1997, soit un taux de 5,1% au plan national. Voir notamment Levy et al. (1997), chapitre 10. Cf. l'Annexe 1 pour des renseignements plus précis concernant l'enquête. Buchmann et al. (2002), fournissent une riche analyse quantitative de cette interface, au titre très évocateur: Halb Drinnen, Halb Draussen. Par travail domestique, j'entends, à la suite de Barrère-Maurisson et al. (2001) notamment, la somme du travail ménager (ménage, courses), des soins aux enfants et du bricolage et jardinage. Basée sur le premier entretien que nous avons eu avec nos interlocutrices. Selon l'usage courant, et pour éviter des périphrases, j'utiliserai parfois le terme «travailler» pour désigner l'activité professionnelle lorsque la confusion avec les activités non rémunérées sera exclue.

Avertissement

Chaque fois qu'il est question d'argent, les montants sont indiqués en francs suisses. Relevons, comme indicateur du niveau de vie, que le seuil de pauvreté, tel que défini par les directives de la Conférence suisse des institutions d'action sociale, était, en 2002, de Fr. 2200.- (environ 1400.- Euros) pour un ménage d'une personne et de Fr. 4300.- pour une famille avec deux enfants. De ce fait, «est considéré comme pauvre tout ménage dont le revenu, après déduction des cotisations sociales et des impôts, est inférieur au seuil de pauvreté. » (OFS, 2003d)

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