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Femmes et médias

192 pages
Cet publication reprend les contributions du congrès « Femmes et médias » dont l’objectif était de mieux comprendre pourquoi le vécu des femmes est gommé par les médias et comment on peut y remédier. Les lecteurs trouveront ici un point relativement exhaustif sur : l’image des femmes donnée par les médias, la place des femmes dans la profession et leur influence, ainsi que les textes officiels qui esquissent une déontologie et une législation.
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FEMMES

ET MÉDIAS

@ L'Harmattan, 1997

ISBN: 2-7384-5090-3

FEMMES ET MÉDIAS
Actes du XVe congrès de l'Union Professionnelle Féminine Toulon, 4 - 8 octobre 1995 sous la direction d'Evelyne Serdjénian

Virginie Barré, Margaret Gallagher, Marielle Garel, Jacqueline de Grandmaison, .Ménie Grégoire, Benoîte Groult, Jean-Louis Missika, Françoise Mulfinger, Barbara N'kono, Aline Pailler, Jean-Pierre Richer, Sarnia, Camelia Stanescu, Claudette Tougas, Monique Trancart

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

L 'Hannattan INC 55, rue Saint Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y

Comité

scientifique

(Fédération

nationale)
et des

Evelyne Serdjénian, présidente (UPF) Colette Davaze, organisation des table-rondes de journalistes ateliers (UPF) Mireille Bouton, recherche de financements (UPF) Françoise Santinacci, organisation des ateliers (UPF)

Virginie Barré, présidente de l'Association des Femmes Journalistes Monique Perrot-Lanaud, past-présidente de l'Association des Femmes Journalistes Margaret Gallagher, experte internationale Françoise Mulfinger, chargée de mission auprès de la Commission européenne - DGV

Comité

d'organisat.ion

(Club de Toulon)
Michèle Beaufort Jeanne Chéry Janine Eiffrun, relations IFBPW Marie France Luc, relations de presse Liliane Montagnon Marcelle Roy Françoise Santinacci, relations avec l'IUT de La Garde Anne Marie Sinibaldi Jeannine Boitelle

Jeanne Capra, présidente Colette Couderchet, trésorière nationale Ginette Malgom, trésorière Christiane Rémy, secrétaire générale

Édition
Evelyne Serdjénian

des actes

(Fédération

nationale)

Marie-Christine Bauche Nelly Delay Annie Falquet Bérangère Messissi Dominique Rivolier

Remerciements
L'organisation du congrès et l'édition des actes ont bénéficié du soutien de la Commission européenne (DG X, unité InformationFemmes), du service des Droits des femmes, du ministère des Affaires étrangères, du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, du Conseil général du Var, du Courrier de L'UNESCO.
La fédération des clubs de femmes de l'Union Professionnelle Féminine et le club de Toulon leur expriment ici toute leur gratitude.

9

Sommaire
Préface
Margaret Gallagher Introduction aux travaux du congrès . 13 15 21 29

11

Jean-Pierre Richer Ouverture du congrès Evelyne Serdjénian Pourquoi le thème « Femmes et médias » ? Aline Pailler Le témoignage d'une femme journaliste et politique. Françoise Mulfinger L'action du réseau « Femmes et médias »de la Commission européenne.

39 45 47 53 57 61 65 69 71

Table ronde des jpurnalistes francophones
Virginie Barré pour la France Barbara N'kono pour le Cameroun Camélia Stanescu pour la Roumanie Claudette Tougas pour Ie Canada Sarnia pour l'Algérie Remise du prix de l'UPF

Ateliers
Jacqueline de Grandmaison. La presse régionale. Ménie Grégoire. Evolution de la vie des femmes. Benoîte Groult. Femmes et langage.
Marielle Garel. L'image de lafemme

73 87 101

- Etude

mythologique.

111

10

Annexes
Jean-Louis Missika, ancien directeur des études Médias de la SOFRES. Données statistiques sur la place des femmes dans les médias. Ce que les femmes lisent,
regardent, écoutent.

135

137 145 151 153 157

Monique Trancart, AFJ. La place et l'image des femmes dans les bulletins d'information et les articles d'actualité. La circulaire du Il mars 1986 relative à la féminisation des noms. La charte sur l'égalité des chances pour les femmes à la radio-télévision (1995). Le programme d'action de la 4ème conférence mondiale sur les femmes (Pékin 1995). Résolution du Conseil de l'Union européenne du 5 octobre 1995, concernant le traitement de l'image des femmes et des hommes dans la publicité et les médias. Bibliographie L'Union Professionnelle Féminine Le programme du congrès Autour du congrès

163 169 175 181 183

Préface
parAfagaretGalwghe~ experte internationale Nous entendons souvent dire que nous vivons une révolution de l'information, une révolution qui fait du monde un «village global ». Cette métaphore, simple et attrayante, induit profondément en erreur. S'il est bien exact que les progrès réalisés en communication et en technologie de l'information facilitent les contacts, la majorité des populations n'y ont pas accès, comme consommateurs et encore moins comme producteurs. Ce système reproduit les inégalités. Si les médias offrent à de plus en plus de gens une «fenêtre sur le monde », cette fenêtre n'offre qu'une vision partiale dans laquelle la plupart des réalités ne figurent jamais et où la plupart des voix ne sont jamais entendues. Le 18 janvier 1995, des femmes de 71 pays ont analysé dans leurs médias nationaux la représentation qui était donnée des femmes. Plus de 15 500 articles furent examinés. Seulement 17 % des personnes interviewées étaient des femmes. Seulement Il % des thèmes avaient trait au vécu des femmes ou rendaient compte d'un événement sous un angle féminin. L'actualité et les valeurs qu'elle véhicule sont basées sur une hiérarchie de centres d'intérêts au nombre desquels l'expérience féminine ne figure pas. La capacité des femmes à influencer les décisions qui font l'actualité est toujours très limitée. Il y a 15 ou 20 ans, quand le sujet «femmes et médias» est apparu dans les débats universitaires et politiques, les solutions proposées étaient d'une simplicité fallacieuse. Il aurait suffi, pensait-on, que davantage de femmes travaillent dans les médias ! Mais ce n'est pas si facile que cela. Les chiffres de l'UNESCO montrent que la majorité des étudiants en journalisme et communication sont des femmes dans la plupart des pays européens, en Amérique Latine et en Asie, et que cette tendance s'amplifie depuis 15 ans. Pourquoi alors la production médiatique n'est-elle toujours pas transformée? En 1993, j'ai fait, pour l'UNESCO, une étude sur l'emploi dans les médias (240 entreprises médiatiques concernées dans 43 pays). Les résultats montrent que, en Afrique, Asie et Amérique Latine, les femmes travaillant dans les médias sont moins de 25 %. En Europe, la part des femmes dans la presse est de 30 % et de 36 % dans la radio et la télévision. Elles représentent un pourcentage raisonnable des producteurs de programmes, des journalistes et reporters: 30 % en Afrique, 34 % en Amérique Latine, 37 % en Europe. Mais, quand on en arrive aux dirigeants (chefs de départements, responsables de programmation, chefs d'agences), la part des femmes tombe à 14 % en ~

12
Europe et Amérique Latine, et à Il % en Afrique. Et seules 8 organisations (soit 3 %) parmi celles qui ont participé à l'étude sont dirigées par une femme. Le pouvoir médiatique demeure un monopole masculin. Le «plafond de verre» est toujours incassable! La discrimination ouverte est peut-être moins courante qu'elle n'était, mais, sans parler des attitudes sexistes, de nombreuses pratiques d'emploi désavantagent les femmes. Par exemple, les données du Bureau International du Travail montrent depuis 1985 un écart de revenus très net au détriment des femmes journalistes, différence qui s'accentue dans des pays aussi variés que l'Australie, la Suède et le Royaume-Uni. Or, cette discrimination n'est pas explicable par la durée du travail, mais par des différences relatives aux missions, aux primes et autres rémunérations au mérite. C'est au moment éminemment subjectif où se font les priorités éditoriales que les femmes ont le plus de chance d'être écartées: l'article de qui vaut-il mieux imprimer? De qui sont les informations les plus accrocheuses? De qui est l'idée la plus séduisante? En cette fin de XXe siècle, l'affirmation selon laquelle la présence de davantage de femmes dans les médias changerait les choses reste à prouver. Nous pouvons probablement toutes citer des exemples de l'influence de femmes sur l'information. La couverture de la guerre en Bosnie Herzégovine en est un exemple récent, lorsque des femmes journalistes ont attiré l'attention du monde sur le viol systématique des femmes utilisé comme arme de guerre. Mais alors qu'il serait optimiste de penser que la présence de plus de femmes dans un comité de rédaction peut changer la façon dont tous les journalistes, hommes et femmes, voient et rendent compte de l'actualité, il serait pessimiste de croire que le contexte politique et économique dans lequel se situent les grandes entreprises de presse, radio et télévision rend impossible la modification, par les femmes, des habitudes professionnelles et des systèmes de valeurs. Indépendamment de leur capacité à changer la production médiatique, l'accès des femmes à des positions de pouvoir et de créativité est une question qui relève des droits de la personne humaine. Cela fait partie du combat pour une véritable démocratie sociale. Tant que l'emploi dans les entreprises de presse ne sera pas équilibré entre hommes et femmes, dans tous les postes et niveaux hiérarchiques, il sera impossible de dire qu'il existe une véritable démocratie dans les médias et que l'information qu'ils délivrent est d'essence démocratique.
* Texte oriliimtl en anlilais traduit par Evelyne Serdjénian

Introduction

aux travaux

du congrès

Jean-Pierre Richer Ouverture du congrès Evelyne Serdjénian

Pourquoi le thème « Femmes et médias » ?
Aline Pailler Le témoignage d'une femme journaliste Françoise Mulfinger

et politique.

L'action du réseau
Commission

«

Femmes et médias» de la

européenne.

Ouverture

du congrès
par lean-Pierre Richer,

préfet du Var.

En tant que présidente du club Union Professionnelle Féminine de Toulon, Jeanne Capra ouvre le XVe congrès national que le club de Toulon a pris la responsabilité d'accueillir lors du précédent congrès (Strasbourg en 1992). Elle accueille les adhérentes de France, des départements de Guadeloupe et Martinique, mais aussi celles de clubs d'Angleterre, Arménie, Canada, Hollande, Italie, Roumanie, Suisse, et Livia Ricci, présidente internationale. Jeanne Capra passe ensuite la parole à monsieur Jean-Pierre Richer, préfet du Var, qui nous fait l'honneur d'ouvrir ce congrès.

Mesdames, je vous souhaite la bienvenue et vous remercie de m'avoir invité à l'ouverture de votre Xye congrès national sur le thème «Femmes et médias ». Je salue les participantes, les intervenantes, femmes journalistes de renom. Il y a un mois s'ouvrait la 4émeConférence mondiale sur les femmes, à Pékin. Pendant quinze jours, les femmes, leurs droits, leurs conditions de vie, ont été sous les projecteurs. Yous démultipliez maintenant ce grand débat et c'est une chance pour la société française. Madame Codaccioni, notre ministre de la Solidarité entre les générations, a affirmé à Pékin que cette conférence était l'aboutissement de deux évolutions majeures: - l'attention croissante portée depuis 20 ans à l'amélioration du statut féminin, - l'importance accrue accordée par la communauté internationale à l'adoption d'objectifs sociaux communs. Prônant l'égalité des droits, la ministre a souligné que la disposition de droits identiques ne rendait pas pour autant hommes et femmes identiques, mais capables de choisir, et donc libres. Elle a aussi

16 souligné que la promotion de la femme était une condition essentielle du développement, bénéficiant à l'humanité dans ses deux composantes masculine et féminine. Le résultat des actions de développement est décuplé par la participation et l'adhésion des femmes. La négation de leurs droits fondamentaux entraîne pour la société dans son ensemble une perte et un ralentissement du progrès social. Toute la difficulté consiste dès lors à reconnaître les spécificités en tant que facteur de richesse pour la société toute entière, sans pour autant les transformer en inégalités. Prenons le travail des femmes en France. La dernière décennie a vu s'affirmer la participation des femmes à la vie économique. Ce phénomène irréversible modifie très profondément non seulement le statut des femmes mais la société dans son ensemble. Il y avait en 1982, 9 600 000 de femmes actives, il y en a Il 100000 en 1993 (44 % de la population active). Le travail professionnel des femmes tend à devenir la norme, et cette activité est de plus en plus stable et continue. Voyons maintenant la participation des femmes à la vie politique. Ont-elles « rempli leur contrat» ? Cinquante ans après avoir obtenu le droit de vote, elles représentent aujourd'hui 53 % de l'électorat, et prennent part aux élections autant que les hommes. Cependant les femmes restent très faiblement représentées dans les organes de décision politique: 6,1 % des élues de l'Assemblée nationale et 4,8 % du Sénat en 1993. Le taux de féminisation a augmenté dans la vie publique depuis lOans, mais les évolutions constatées sont trop modestes. Venons en plus directement à votre sujet. L'information sur les droits demeure une nécessité; une large diffusion et une explication des textes et conventions relatifs aux femmes doivent être organisées en vue d'informer, d'éduquer et de sensibiliser. Les moyens de communication ont, à l'évidence, un rôle majeur à jouer à travers les représentations qu'ils véhiculent. L'image et la représentation des femmes n'ont pas évolué au même titre que leur place dans la vie économique et sociale, bien que leur droit à la parole se soit trouvé conforté par l'évolution globale de la société. Voici une dizaine d'années, le débat politique, les conflits sociaux, les problèmes internationaux, domaines plus spécialement masculin,

17 avaient l'exclusivité des grands titres de l'actualité. Les faits de société, santé, éducation, relations familiales étaient relégués comme" genre mineur" dans les pages de nos magazines féminins, d'ailleurs lus à 20 % par les hommes. Or, depuis quelques années, les articles dits de société ont commencé à s'imposer dans les hebdomadaires d'information générale et même dans les quotidiens. L'évocation des préoccupations féminines y a gagné. Alors qu'en 1962 les femmes journalistes représentaient 15 % des effectifs, en 1993, elles étaient 36 % des 27000 journalistes en France. Mais, là comme ailleurs, moins bien payées, accédant moins aux postes à responsabilité et occupant une place prépondérante parmi les pigistes. Enfin, elles sont comme ailleurs plus touchées par le chômage. On peut penser qu'avec ces statuts précaires ou mineurs, l'influence des femmes journalistes sur l'image des femmes dans les médias n'est pas aussi probante que leur présence dans la profession ne le laisserait supposer. Il semble qu'on sorte, un peu, des caricatures présentant des femmes mues par une "soif immodérée de pouvoir" : les femmes PDG, les super brillantes, émérites, influentes... Cette mode semble laisser aujourd'hui le terrain à une vision plus réaliste des repositionnements des rôles hommes-femmes. ' La presse féminine elle-même a largement intégré les nouveaux centres d'intérêt des femmes: rubriques juridiques, emploi, formation professionnelle, vie culturelle, avec, en plus, pour certains magazines, des reportages et des enquêtes de qualité sur des sujets de société. Seule la vie politique continue d'être relativement absente de cette presse reflétant en cela les préjugés du désintérêt des femmes pour la chose publique. De leur côté, les magazines féminins télévisés ont, eux aussi, évolué. On présente davantage les femmes dans leur originalité et leur globalité. On voit, comme le dit madame Françoise Colin, docteur en philosophie, «des femmes qui, même captées par une caméra masculine, trouent l'image et se substituent au fantasme. Je pense, par exemple, à ces femmes reportères internationales, aujourd'hui nombreuses, qui apparaissent sur fond de pays en guerre, le visage marqué, le cheveu voletant au vent, et dont la voix, souvent altérée par la tragédie qu'elles rapportent avec le détachement obligé, ne