//img.uscri.be/pth/ceadc40a13c460202819d9d5d579c190375e2d2f
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Fils illégitime : polémique du mariage en Afrique

De
78 pages
échappant aux structures du mariage et de la famille, le fils ou la fille illégitime est un(e) enfant des marges, devant souvent négocier avec l’absence du père, la non-reconnaissance, une filiation conflictuelle faite de douleurs, d’incompréhensions, de sentiments de rejet. Il ne fait pas bon être le fruit d’amours extra-conjugales. Les enfants nés de ces unions "illégitimes" sont méprisés et rejetés dans un espace socialement et affectivement à part. Un hors-lieu bien connu de l’auteur, à partir duquel il porte un regard critique sur un système familial et marital qui ne se construit pas nécessairement sur l’amour et l’affection… L’auteur de cet essai élabore, à partir de sa position à la fois douloureuse et privilégiée, une vision pertinente des relations familiales en Afrique. G. Johnny Carter ne se contente pas d’énoncer son enfance plombée par un père qui demeurera une énigme et un étranger. Il se sert de ce vécu pour inscrire, au cœur de son autobiographie, une critique des sociétés africaines, des lois maritales, du statut des femmes et des enfants, de la polygamie. à mi-chemin entre essai et témoignage, combinant ressenti intime et raisonnement sociologique, Fils illégitime: polémique du mariage en Afrique se déploie ainsi du particulier au général pour dresser un panorama inquiet, voire consterné, du tissu familial du continent.
Voir plus Voir moins
Fils illégitime : polémique du mariage en Afrique
G. Johnny CarterFils illégitime : polémique du mariage en Afrique
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com
Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55
IDDN.FR.010.0114501.000.R.P.2009.030.40000
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2010
Préface La naissance dun enfant est un motif important de ré-jouissances en Afrique ; une fête qui sétend sur plusieurs jours. Cest une joie somme toute légitime. Une femme qui met un enfant au monde acquiert une place dans la so-ciété : elle a présenté son certificat de fécondité, la malédiction est passée loin de la famille. Lhomme à son tour senorgueillit : il a allongé la liste des enfants qui fe-ront son prestige, il peut bomber la poitrine ! Cest tout ! Parfois, cet enfant devient une source de malheurs. Pourquoi cet enfant est-il né en réalité ? Dans quelles conditions va-t-il grandir ? Ces questions sont soigneuse-ment évitées. Quel est le sort réservé à la génitrice, surtout quand celle-ci nest pas officiellement liée à son amant ? Quelles sont les responsabilités de ce géniteur ? Toutes ces questions sont essentielles. Curieusement, très peu de per-sonnes veulent sen encombrer lesprit. Kemtchouang, né il y a déjà quelque vingt-six prin-temps à Ambam  une bourgade quelque part en pleine forêt au sud du Cameroun  actuellement étudiant en Rus-sie, est né dans les conditions que nous venons de décrire, comme beaucoup dautres enfants, cest-à-dire quils sont nés hors mariage. On les désigne généralement dans le langage officiel comme « enfants naturels » et dans la rue comme « bâtards ». La particularité de son cas : il est né dun homme instruit et nanti, son illustre fonction lui con-férant dimportants moyens financiers et matériels. Tout ceci semble navoir pas suffi pour garantir au petit Joël lexistence facile et paisible quont connue ses nombreux demi-frères et demi-surs. Triste paradoxe. Pourquoi ?
9
Dans son retranchement solitaire et presque infernal, il a dû apprendre beaucoup de la vie dans la douleur. Dou-leur quil exprime en toute légitimité et avec ses mots à lui dans ces quelques pages de confidences quil ma faites. Cest avec beaucoup de recul que jai pu comprendre le sens profond des mots quil emploie et surtout du compor-tement quil affiche désormais vis-à-vis des personnes qui lui sont en principe très proches et chères. Il a dû certai-nement beaucoup souffrir de nombreux manques ; sa mémoire en garde certainement des séquelles indélébiles. Parce quil na pas voulu tout simplement se venger avec des mots (qui ne sont pas la seule « arme » à sa dis-position), jai prêté une oreille attentive à ses cris de détresse. Il na pas voulu tout simplement se défouler : il a surtout tenu à alerter le public sur le sort des enfants de sa condition. À mon humble avis, il mérite pour cet élan non égocentrique une attention soutenue. Il aurait pu se taire et vivre tranquillement, il a son pain quotidien. Où se trou-vent les racines du mal ? Il na pas cru devoir faire porter à ses géniteurs seuls toute la responsabilité de son sort. Il est allé plus loin. Suivons son regard. Célestin Njamen
10