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À Jean-Pierre Samoyault
qui, vingt-cinq ans durant, fut l’âme
du château de Fontainebleau

INTRODUCTION

UN SPLENDIDE ISOLEMENT

Dans la géographie imaginaire des Français, Fontainebleau est un peu comme le château enchanté du conte de La Belle et la Bête. Il occupe une place à part, dans l’espace comme dans le temps.

Le château que Napoléon désignait comme « la vraie demeure des rois, la maison des siècles » n’est pas une résidence suburbaine. À la différence de Vincennes, de Saint-Germain-en-Laye, de Versailles, de Marly, de Meudon, de Bellevue ou de Malmaison, il ne doit rien à Paris. Fontainebleau s’offre même le luxe d’avoir accueilli les rois capétiens avant que la capitale du royaume se fixe sur les bords de la Seine. Il n’appartient pas non plus à la théorie prestigieuse des châteaux du Val de Loire – Blois, Amboise, Chambord, Chenonceau – fréquentés par la monarchie française du Moyen Âge finissant et de la Renaissance.

Fontainebleau est dans un autre espace, intermédiaire entre Île-de-France, Bourgogne et Val de Loire : le Gâtinais et la forêt de Bière, à laquelle il a fini par donner son nom et où il règne sans partage. Même au XVIIe siècle, on pouvait faire d’une traite le trajet de Versailles à Paris et de Paris à Versailles ; aller à Fontainebleau était et est longtemps resté un « voyage ».

À ce splendide et relatif isolement, le château a dû sa fortune exceptionnelle. Il a été résidence royale ou impériale huit siècles durant. Son histoire de « maison royale » commence avant celle du Louvre et se poursuit après celle de Versailles. Chaque époque, presque chaque règne, y a laissé son empreinte. Le Moyen Âge y est encore présent, dans le tracé de la cour Ovale et dans la silhouette de la tour du Donjon. La Renaissance y triomphe, depuis les essais encore maladroits du temps de François Ier jusqu’aux savantes architectures des derniers Valois. L’âge classique a fixé le tracé du parc et donné au château son étendue définitive. Les décors intérieurs et le mobilier nous ramènent aux fastes du Premier et du Second Empire.