Franco-Amérique

De
Autrefois, les Canadiens, au sens originel du terme, ont été partout en Amérique. Ils l’ont nommée, habitée, chantée et écrite. Leurs traces subsistent toujours, même si la dimension continentale de leur civilisation a été oubliée par nombre d’entre eux. Aujourd’hui, avec la mondialisation, l’espace, la société et la politique se complexifient. La volonté indépendantiste du Québec est mise en veilleuse. L’Acadie n’est toujours pas une réalité politique. Les Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre n’ont pas de structure institutionnelle pour les encadrer. La place de la Louisiane s’amenuise. En même temps, le vecteur haïtien prend de l’importance au fur et à mesure que l’axe Port-au-Prince - Miami - New York - Montréal se constitue. Par ailleurs, les francophones des pays du Tiers Monde déferlent sur les grandes villes canadiennes... et américaines. Les Francos d’Amérique - quel autre nom donner à cette famille si bigarrée ? - vivent de nouvelles réalités et font face à de nouveaux défis.
Les études et les témoignages réunis ici rappellent la richesse et le dynamisme de la présence franco partout sur ce continent. Parfois, ce sont des endroits où la francité se limite à un fait d’histoire. Ailleurs, ce sont de simples lieux de mémoire où les gens se souviennent de leur « héritage français, canadien ou canadien-français », sans nécessairement le faire en français, et où les sociétés historiques et généalogiques prolifèrent. Enfin, il y a ces lieux où vivre en français est une lutte quotidienne, comme en Acadie et en Ontario, des espaces qui s’étendent le long des frontières du Québec, justement là où la francité est un fait de société, donc une force politique et économique incontestable.
Il est plus que temps de dévoiler cette magnifique face cachée de l’Anglo-America, soit la Franco-Amérique !
Dean Louder a pris sa retraite en 2003, après avoir été professeur au Département de géographie de l’Université Laval. Il est membre de l’Ordre des francophones d’Amérique. Éric Waddell est professeur associé à ce même département de géographie et professeur honoraire à la School of Geosciences, University of Sydney (Australie).
Deux importants ouvrages ont précédé celui-ci : Du continent perdu à l’archipel retrouvé : le Québec et l’Amérique française (PUL, 1983 et 2007) et Vision et visages de la Franco-Amérique (Septentrion, 2001).
Publié le : lundi 1 janvier 0001
Lecture(s) : 0
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782896644933
Nombre de pages : 378
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
FRANCOAMÉRIQUE Sous la direction de D L  É W

<hWdYe#7cƒh_gk[
Sous la direction de Dean Louder et Éric Waddell
<hWdYe#7cƒh_gk[
septentr ion
Les éditions du Septentrion remercient le Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) pour le soutien accordé à leur programme d’édition, ainsi que le gouvernement du Québec pour son Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres. Nous reconnaissons également l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour nos activités d’édition.
Illustration de la couverture : Kent Beaulne, chez lui, à la Vieille Mine sur le flanc oriental des montagnes Ozark (aux Arcs), au Missouri, mars 2005. Chargée de projet : Sophie Imbeault Révision : Solange Deschênes Recherche iconographique : Étienne Rivard Mise en pages et maquette de la couverture : Folio infographie Encarts : Dean Louder
Si vous désirez être tenu au courant des publications des ÉDITIONS DU SEPTENTRION vous pouvez nous écrire au 1300, av. Maguire, Sillery (Québec) G1T 1Z3 ou par télécopieur (418) 527-4978 ou consulter notre catalogue sur Internet: www.septentrion.qc.ca
© Les éditions du Septentrion 1300, av. Maguire Sillery (Québec) G1T 1Z3
Dépôt légal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2008 ISBN 978-2-89448-533-0
Diffusion au Canada : Diffusion Dimedia 539, boul. Lebeau Saint-Laurent (Québec) H4N 1S2
Ventes en Europe : Distribution du Nouveau Monde 30, rue Gay-Lussac 75005 Paris
H[c[hY_[c[dji
es racines de ce livresont à la fois profondes B et étendues. Comme responsables deFranco-Amérique, nous (Louder et Waddell) avons commencé à travailler ensemble en 1976, lors d’une étude de la renaissance culturelle cadienne et créole en Louisiane, pour ensuite entreprendre un large éventail d’activités embrassant l’ensemble du continent : recherche pure et appliquée, écriture, enseignement et, surtout, excur-sions sur le terrain. Pour monter le cours « Le Québec et l’Amérique française » qui a été offert au Départe-ment de géographie de l’Université Laval une fois par année sur une période de 24 ans, nous nous abreuvions à diverses sources d’inspiration. Sans le savoir André Gladu, Patrice Desbiens, Jack Kerouac, Yvon Labbé, Zachary Richard, Clark Blaise et tant d’autres nous ont inspirés et guidés dans notre quête. Sans eux, ni le cours, ni ce livre, ni les deux autres ouvrages qui l’ont précédé,Du continent perdu à l’archipel retrouvé et Vision et visages de la Franco-Amérique, n’auraient vu le jour. Nous rendons hommage également à ces centaines d’étudiants que nous avons formés à Laval et qui nous ont informés au moyen de leurs travaux de session et de leurs journaux de voyage conservés minutieusement au fil des excursions en Nouvelle-Angleterre, en Acadie, en Ontario, en Louisiane, dans les Prairies et ailleurs. La destination changeait tous les ans! Hommage avant tout aux milliers de Francos que nous avons rencontrés sur les chemins d’Amérique : dans le fin fond de la
Louisiane, à Beaumont (Texas), à Bayou La Batre (Ala-bama), à Delisle (Mississippi), au Petit Québec de Hal-landale et dans le quartier haïtien à Miami, à la Vieille Mine (Missouri), à la Montagne-à-la-Tortue (Dakota du Nord), à Bourbonnais et à Kankakee (Illinois), à Penetanguishene et à Sudbury (Ontario), à Saint-Boniface, à Saint-Léon et à Saint-Laurent (Manitoba), à Maillardville (Colombie-Britannique), à Drummond, à Shippagan et à Moncton (Nouveau-Brunswick), à Isle Madame et à la baie Sainte-Marie (Nouvelle-Écosse), à la Grande-Terre et à l’Anse-aux-Canards (Terre-Neuve) et encore et encore. De telles aventures ne se réalisent pas sans la con-fiance et le soutien moral des autres. À Jeanne Valois de la CEFAN, à Louis Dussault de l’ancien Secrétariat per-manent des peuples francophones, à Guy Lefebvre de l’ancien Conseil de la vie française en Amérique et aux divers directeurs du Département de géographie de l’Université Laval, nous levons notre chapeau. Envers nos compagnons de route, Kent Beaulne, Virgil Benoît, Louis Dupont, Gerry Gold, Jean Morisset, Christian Morissonneau, Glen Pitre, Barry Rodrigue et, surtout, Cécyle Trépanier, nous exprimons notre solidarité et manifestons notre reconnaissance de tout ce que vous nous avez apporté d’énergie physique et intellectuelle. Avant le 29 mars 2007, la plupart des auteurs ayant rédigé des textes pourFranco-Amériquene se connais-saient pas. Grâce à un projet de symposium financé conjointement par la Chaire pour le développement de
la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord à l’Université Laval (CEFAN), le bureau du Provost de l’University of Southern Maine (USM), la Franco-American Collection au collège Lewiston-Auburn de l’University of Southern Maine et le ministère des Relations internationales (MRI) du Québec, ils se sont retrouvés pendant trois magnifiques journées printanières, au centre de plein air Northern Outdoors, situé sur la rivière Kennebec, au cœur de la forêt septentrionale, encore enneigée, du Maine, à faire le point sur leurs textes, à en débattre et à forger la charpente de ce livre. Donc, remerciements tout parti-culièrement à Jacques Mathieu de la CEFAN, à Joseph Wood de l’USM, à Donat Boisvert et au conseil d’ad-ministration de la Collection et à Anne Girard du MRI. L’accueil et l’hospitalité de nos hôtes à Northern Outdoors facilitaient le contact entre nous et créaient
8
franco-amérique
une ambiance d’échange amical et rigoureux. La logis-tique pour l’événement fut assurée par Barry Rodrigue et son équipe d’étudiants inscrits au programme d’études franco-nord-américaines ainsi que par le bureau de Multicultural Student Affairs de l’USM. Enfin, un géographe n’est pas un géographe sans cartes. Et les géographes que nous sommes n’auraient pas de cartes si le Laboratoire de cartographie du Dépar-tement de géographie n’existait pas. Nous nous incli-nons devant la compétence et la bonne humeur de Sylvie St-Jacques et de ses confrères de travail, Serge Duchesneau et Yves Brousseau. Les cartes sont de Sylvie qui, avec Étienne Rivard, a monté le dossier iconogra-phique qui rendra la lecture deFranco-Amériquesi agréable.
Dean Louder et Éric Waddell Québec et Sydney Les 8 et 9 novembre 2007
Fhƒ\WY[
u printemps2003, on me demandait s’il existait 7 une publication sur l’Amérique du Nord franco-phone d’aujourd’hui ; on voulait offrir ce livre à Abou Diouf lors de sa prochaine visite. Je ne pense pas que M. Diouf, habitué qu’il était de se déplacer dans la grandeaurait été surpris d’apprendre Francophonie, qu’une telle synthèse ne pouvait exister, tant cette fran-cophonie était plurielle. Il lui fallait soit consulter bon nombre d’études, soit avoir un recueil de textes. Inutile de chercher le seul recueil qui aurait pu faire l’affaire,: leDu continent perdu à l’archipel retrouvé Québec et l’Amérique française. Publié en 1983, il était épuisé depuis longtemps. Non seulement a-t-il été réimprimé en 2007, mais il existe maintenant une nou-velle publication, une mise à jour, 25 ans plus tard : Franco-Amérique. Cette nouvelle publication, dirigée aussi par les géo-graphes Dean Louder et Éric Waddell, prend bien sûr en compte l’espace, mais cible davantage les gens qui l’habitent. Ayant élaboré un schéma efficace de cette francophonie il y a déjà quelques années – vous le trou-verez à la page 11 de ce recueil –, ils le reprennent et cette fois en font la structure de ce livre tout en y ajou-tant quelques heureuses surprises. Une fois les concepts définis et cartographiés, divers auteurs y présentent l’ensemble du continent au moyen de la toponymie, de la chanson et de la littérature. Pas de texte sur le Québec comme tel, mais il est toujours là, en filigrane, présent comme point de départ. De là,
de loin en loin, les textes suivants nous invitent d’abord à prendre connaissance des contreforts du Québec – l’Ontario, l’Acadie et la Nouvelle-Angleterre – et, si 1 Jacques Cartier avait navigué à l’envers de l’hiver , vous trouveriez un Québec-du-Sud où l’on se rend soit pour y faire carrière, la Californie, soit pour fuir le froid, la Floride. Dans les « lointains pays », que ce soit en Alberta, en Louisiane, au Michigan ou – oh, surprise ! – à Saint-Pierre-et-Miquelon, l’autre se fait de plus en plus pré-sent. Petit à petit, les collectivités se fragmentent et se fragilisent, comme dans le Midwest par exemple. La vie ne se passe pratiquement plus en français mais, malgré tout, on se reconnaît : il demeure un vieux fond qui ressurgit le temps d’une rencontre, d’une fête ou lors-qu’on entend parler français. Je n’ai pas été vraiment surprise de retrouver quelques textes sur les Métis et les nouveaux arrivés qui s’intègrent avec plus ou moins de difficulté dans la Franco-Amérique. Ce désir d’inclusion est tout à fait à l’image de Dean Louder et d’Éric Waddell. Ils arpentent constamment l’ensemble du continent, seuls ou avec une bande d’étu-diants, depuis bon nombre d’années. L’espace de la Franco-Amérique est le leur. Au fil des ans, ils y ont bâti un réseau non seulement d’universitaires, mais aussi, et
1. Extrait de la chanson « Cartier », paroles de Daniel Thibon, musique de Robert Charlebois.
Préface
9
je dirais même surtout, de gens du pays qui ont à cœur leur francité. Chaque texte, qu’il soit d’Histoire, deMémoireou de Vie, interroge à sa manière l’avenir ou, comme dirait Jocelyn Létourneau, l’à-venir. Quand je regarde la nouvellegénérationquiselèveetquiclamehautetfortqu’ils sont fiers de leur identité française et nord-américaine, je me dis que cet avenir est non seulement prometteur, il est aussi assuré.
10
franco-amérique
Depuis 1989 la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amé-rique du Nord (CEFAN) a beaucoup profité des connaissances et de la générosité des professeurs de géographie de l’Université Laval qui, les premiers, ont pensé cette Franco-Amérique. La Chaire a souvent fait appel à eux, et compte bien le faire encore dans les années à venir.
Jeanne ValoisCEFAN
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.