Frontières et mobilité

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Les frontières sont des lieux de porosités où se réalisent une mobilité et un échange permanent des individus, des biens et des éléments culturels. Mais souvent, les identités se construisent en traçant des lignes de démarcation entre soi et l'autre. La frontière identitaire, générationnelle, linguistique ou d'appartenance à un genre, épouse la dialectique d'un rapport culturel tantôt tourné vers le "Moi" individualisant, tantôt vers le "Nous" socialisant. Cette ligne de démarcation sert ici de guide pour ne pas réduire l'autre à un être défini par un marqueur dont il a l'exclusivité.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140002496
Nombre de pages : 218
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Diversités
Sous la direction de Jamil Sayah
Frontières et mobilité
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Frontières et mobilité
Collection « Diversités » Dirigée par Hedi SAIDI, historien. Cette collection est destinée à présenter les travaux théoriques, empiriques et pratiques des chercheurs scientifiques, et des acteurs sociaux. Elle a vocation à publier des ouvrages essentiellement universitaires, traitant des rapports sociaux, de la mémoire, de l’histoire et de l'altérité. Elle se propose de constituer un portail d’accès à l’étude des sociétés contemporaines et offrir une plateforme d’échanges à des chercheurs de plusieurs disciplines. La collection entend faire connaître la production française dans les domaines historiques et sociologiques mais aussi relayer les travaux de chercheurs étrangers et devenir ainsi un point d’appui dans le développement des échanges scientifiques au niveau international en sciences humaines et sociales. Comité scientifique international :ARFAOUI Khémais – Université de Tunis, Tunisie ; BARBOUCHI Sarah – Université de Toulouse-Le Mirail, France;BELGACEM Brahim – Université de Tunis, Tunisie; BELLAMINE Meriem – Université de Tunis, Tunisie;BELKHOJA Chedly – Université de Moncton, Canada ; BENSEDRINE Lamjed –Tunisie; BOUCHER Colette – Université Laval, Canada;BRICHARD Christiane – Belgique;COSTEA Simion – Université de Targu Mures, Roumanie; DAHMANI Said – Université de Toulouse 1, France;DRAME Patrick – Université de Sherbrooke, Canada;JOLIOT Bernard – universitaire, France;LABORI Michel – historien, France;MANAA Ammar – Université de M’sila, Algérie;MEKKI Nidhal – Université de Tunis, Tunisie;– CCMA, FranceM’RABET Tarek ;PRIMEAU Marie Douce – Université de Montréal, Canada;SAPICAS Marina – France;SAYAH Jamil – Université de Grenoble, France;SAYAH Mansour – Université de Toulouse-Le Mirail, France;SOW Abdoulaye – Université de Nouakchott, Mauritanie;TADLAOUI Jamal-Eddine – Université de Sherbrooke, Canada ; TITO Anna – journaliste, Italie.Déjà parus Hedi SAIDI,Savoir critiques et recherches historiques, Pour quels usages ?, 2015Jamil SAYAH,: La ConstitutionL’acte II de la Révolution tunisienne , 2015. Hedi SAIDI,Histoire de la Tunisie.Modernité, élites et finance dans la Tunisie du XIXème siècle, 2014. Michel ROUSSEAU,Quand Louis XIV brûlait le Palatinat. La guerre de la Ligue d’Augsburg et la Presse,2014. Jamil SAYAH,La révolution tunisienne : la part du droit, 2013.
Sous la direction de Jamil SAYAH
Frontières et mobilité
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08521-0 EAN : 9782343085210
Présentation
Penser les frontières. Cet ouvrage collectif, qui n’a point la prétention d’épuiser les contours de ce concept, a pris l’option de le traiter d’une manière transversale et transdisciplinaire. Des juristes, des politologues, des sociologues, des anthropologues, des géographes, des économistes… ont été réunis pour réfléchir ensemble, mais chacun à partir de son propre prisme, à cette problématique. Une fois accepté le caractère polysémique et complexe de la notion des frontières, nos contributeurs ont pris l’option discursive de l’aborder dans son interaction avec la mobilité. En effet, entre frontières et mobilité se tissent des liens pluriels que les chercheurs en sciences sociales sont amenés à identifier, à qualifier et à analyser. Si lors de notre débat, on s’est accordé pour affirmer que les rapports conceptuels entre frontières et mobilité prennent un sens chaque fois que l’on en fait usage, on s’est néanmoins partagé sur le statut qu’il faut leur attribuer. Pour les juristes, étant une construction juridique inhérente au droit international dont la notion de souveraineté étatique constitue la matrice, les frontières ne sont point un lieu de passage autorisé, mais un lieu de contrôle imposé. Dans cette perspective, elles constituent une ligne réelle et symbolique de partage entre le dedans et le dehors. Conséquence, la mobilité se trouve limitée au bon vouloir des États et la liberté d’aller et de venir cesse d’être une règle inviolable et universelle des droits de l’homme. Le passeport et le visa deviennent alors le symbole
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politico-administratif de cette mobilité réglementée et surveillée. Cependant, cette conception (des « frontières-barrières ») qui pourrait singulièrement être l’objet d’un débat à part, a été longuement critiquée par ceux qui avancent qu’il y a place pour une autre pensée des frontières qui tend à en analyser les vocations et les significations selon une approche qui mettra l’accent non point sur la vocation séparatrice des frontières, mais plutôt sur leur vocation unificatrice. Ils considèrent les frontières comme «seuils et lieux de passage obligé d’humains et d’objets. », et ce, malgré les constructions des murs et l’installation des barbelés. Une telle tendance constitue la pathologie des frontières et non sa réalité. Car la mobilité est une nature inséparable de l’être humain. Depuis que l’homme est « homme », il s’est toujours déplacé, soit pour son confort, soit pour sa survie. Et la crise récente des migrants est la preuve que la Méditerranée, qui est censée être une frontière difficilement franchissable, n’a pu empêcher les déplacements d’êtres fuyant les guerres et les exactions au prix de leur propre vie. Ainsi« pour un Syrien qui sort d’un camp de réfugiés et qui veut reconstruire sa vie. Il y a un effet de “push and pull”, un équilibre entre l’obligation, forcée, de partir et le désir d’une autre existence. Le régime frontalier dominant 1 aujourd’hui est celui de l’ouverture ». Dans ce contexte, le migrant est alors acteur malgré lui d’une conception des frontières dans laquelle les barrières physiques, géographiques, juridiques et symboliques se trouvent transcendées par la volonté et l’envie de vivre et de vivre ailleurs. Cette tension entre frontières ouvertes et frontières fermées s’énonce dans d’autres registres apparemment disjoints, mais que fusionne le thème de l’altérité. Souvent, les identités se construisent en traçant des lignes de démarcation entre soi et l’autre. Or, les changements par lesquels les cultures et les appartenances se fragmentent et s’interpénètrent provoquent ruptures et conflits. De ce fait, la frontière identitaire, générationnelle, linguistique ou d’appartenance à un genre, épouse la dialectique d’un rapport culturel tantôt tourné vers le 1 M. Foucher,L’obsession des frontières, Éd. Perrin, 2012, p. 12.
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« Moi » individualisant, tantôt vers le « Nous » socialisant. Cette ligne de démarcation sert ici de guide pour ne pas réduire l’autre à un être défini par un marqueur dont il a l’exclusivité. À l’inverse, elle révèle aussi un processus d’appartenance et d’enracinement dans un terreau d’affirmation identitaire. Mais une telle hypothèse comporte quelques risques de dérive inquiétante si cet enracinement conduit à l’enfermement et au repli identitaire. À manier ces concepts subjectifs de la frontière, encore faut-il en mesurer les conséquences jusque dans leurs composantes contradictoires. Une telle exigence épistémologique, on la retrouve aussi quand on aborde la dimension historique des frontières. Car penser l’histoire des frontières, c’est aussi connaître leur histoire. On trouvera dans cet ouvrage des contributions consacrées à cette dimension. Le récit historique qui est fait ici ne concerne pas uniquement l’historicité des frontières, mais encore l’histoire de la pratique des États et des individus sur ces tracés. En ce sens, l’histoire du présent se nourrit de l’histoire du passé. En effet, la lecture historique des frontières nous enseigne que les cours des événements et les conséquences politiques qui en ont découlé ne sont point le fruit du hasard. Elles obéissent à des causalités qui sont au cœur d’un projet politique au sens large des frontières. On le voit donc, quand il s’agit de penser des notions ou des concepts d’usage courant et usuel tel que ceux de frontières ou de mobilité, la rigueur scientifique s’impose comme une évidence afin d’éviter les fausses interrogations et débusquer les vrais pièges. Ainsi, les contributions qui suivent se veulent une sorte de prisme qui décompose la problématique des frontières et leurs liens avec la mobilité en une pluralité de réflexions distinctes et en une filiation avec les nouvelles préoccupations des sciences sociales.
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