Genre, mondialisation et pauvreté

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Cet ouvrage interroge le pouvoir structurant de l'économie selon une perspective de genre pour comprendre la nature et les transformations des rapports entre hommes et femmes. Il se penche particulièrement sur l'accélération du mouvement de mondialisation qui va de pair avec l'accroissement de la pauvreté/prospérité et qui accentue l'inégalité des relations de genre et la subordination des femmes. Il ne s'agit pas seulement de chercher à promouvoir des identités de genre, des rapports sociaux entre hommes et femmes plus justes, qui favoriseraient un développement économique, social, politique et culturel différent.
Publié le : vendredi 1 février 2002
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EAN13 : 9782296305410
Nombre de pages : 254
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Genre, mondialisation et pauvreté

Dirigé par Christine Vers chu ur avec F enneke Reysoo

Editions L'Harmattan

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Organisation de nouvelles activités économiques des femmes et accès aux décisions: une étude à Santhiaba au Sénégal Mohamadou Abdoul Ateliers collectifs: une alternative pour les femmes dans les quartiers pauvres de Lima Annelou Ypeij Nécessaire, suffisant ou insignifiant? Femmes, salariat et rapports de pouvoir au sein des ménages Naila Kabeer

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Genre et pauvreté Sally Baden, avec Kirsty Milward Pauvreté liée au genre et changement Shahra Razavi social

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Définition et mesure des pauvres à partir de la «ligne de pauvreté» Bruno Lautier La Banque mondiale et sa lutte contre la pauvreté: sous la morale, la politique Bruno Lautier L'accès des femmes au pouvoir au cours du cycle de vie: stratégie de transformation pour la lutte contre la pauvreté Division des Nations unies pour la Promotion des Femmes (DAW)

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Argentine: les femmes «piqueteras» Isabel Rauber Programme d'action des femmes pour la justice entre hommes et femmes, les expériences des femmes africaines Bene E. Madunagu Des femmes en résistance contre la mondialisation Sheila Rowbotham

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Les défis du commerce équitable dans un contexte de mondialisation de l'économie. Quels impacts pour les paysans et les paysannes du sud? Isabel Yépez del Castillo et Sophie Charlier Promotion de l'emploi et élimination de la pauvreté grâce à des projets de mise en valeur des terres incultes au Bengale-Occidental et au Gujarat OIT Le projet sud-africain Debbie Budlender
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Budget pour les femmes 209

Programme pour la prise en compte des questions de genre par l'Organisation mondiale du commerce WEDO Répondre au défi de la mondialisation: les féministes peuvent-elles faire changer le développement? Joanna Kerr

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Genre et mondialisation économique: Emma Bell avec Paola Brambilla
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La collection Cahiers Genre et Développement est un recueil de documents de référence et d'articles originaux sur la notion de genre et l'analyse des problèmes de développement qu'elle permet. Elle ne constitue pas un « manuel» mais propose de manière accessible, en langue française, un choix de documents sur la thématique «genre et développement»: articles théoriques, analyses sectorielles, outils de planification selon le genre, données de base, bibliographies, adresses utiles. Ce matériel est notamment constitué par des traductions, des synthèses ou des extraits de documents, mais aussi par des contributions originales. Les Cahiers Genre et Développement sont destinés à des responsables ou des chargé(e)s de projets, dans des ONG de développement, des institutions de développement et des organismes de coopération, et à des chercheurs ou étudiant(e)s effectuant ou prévoyant d'effectuer une recherche sur ce thème, ou souhaitant intégrer cette approche dans leur futur travail. Ces Cahiers Genre et Développement, publiés depuis 2000, le sont désormais dans le cadre de l'Institut universitaire d'études du développement (iuéd) à Genève. Depuis 1993, l'iuéd organise annuellement un colloque sur le genre. Au fil des années, ce colloque genre à l'iuéd est devenu la référence en Suisse romande pour débattre des questions de genre et développement. Désormais, chaque année, le thème traité à l'occasion du colloque. sera celui du numéro annuel des Cahiers. La conception des Cahiers sera ainsi fertilisée par les apports conceptuels, les expériences et études de terrain, les débats, présentés et échangés lors de ces rencontres. Les Cahiers publieront un choix parmi les interventions, auquel s'ajouteront des articles, extraits de livres et de documents, comme dans les numéros antérieurs des Cahiers. Tant dans les colloques que dans les Cahiers, la présentation de points de vue contradictoires stimulera la réflexion et le débat. Les actes du colloque genre de l'iuéd, paraissant depuis 1995 dans la collection Yvonne Preiswerk, continueront de publier l'ensemble des interventions du colloque.

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Les recherches, programmes et projets ainsi que les publications sur le genre continuent d'être majoritairement anglophones. Le thème traité dans le colloque de l'iuéd et dans ce numéro trois des Cahiers Genre et Développement, «genre, mondialisation et pauvreté», n'échappe pas à ce constat. Alors que la littérature sur «genre et mondialisation» est abondante dans le monde anglophone, elle est très limitée dans le monde de la pensée francophone. Cela se reflète dans les textes, bibliographies et sites web présentés. L'iuéd souhaite contribuer à pallier cette insuffisance, non seulement en soutenant cette publication annuelle mais aussi en poursuivant et développant ses actions en matière de fonnation, en encourageant la recherche et en renforçant son centre de documentation sur ce thème, avec l'appui de l'agence suisse pour le développement et la coopération (DDC, Berne).

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Le premier numéro des Cahiers Genre et Développement fournissait des éléments pour mieux comprendre le concept de «genre », trop peu maîtrisé dans le milieu francophone. Les numéros deux et trois portent sur l'économie et constituent un ensemble. En effet, le rôle détenninant de l'économie dans la structuration des rapports sociaux, dont les relations de genre, demande à interroger le pouvoir structurant de l'économie selon une perspective du genre pour comprendre la nature et les transfonnations des rapports entre hommes et femmes. Le numéro deux présentait un premier éclairage des rapports sociaux entre hommes et femmes, de leurs transformations, et de l'ensemble des situations dans lesquelles les femmes sont insérées économiquement, mais également des principales notions qui infonnent structurellement ces situations, comme celle de la division sexuelle du travail, de l'articulation entre les rapports de production de type domestique et les rapports de production de type capitaliste. Le numéro trois que nous présentons ici poursuit cette analyse économique selon la perspective du genre, mais en se penchant particulièrement sur l'accélération du mouvement de mondialisationllibéralisation économique et l'accroissement des inégalités et des écarts entre la pauvreté et la prospérité. Si la mondialisation n'est pas un phénomène nouveau, on constate que son développement s'accélère, en accentuant les inégalités des relations de genre et la subordination des femmes, parfois en raison des ces inégalités. Dans ce numéro, la pauvreté est traitée de manière centrale, en binôme avec la prospérité, car elles sont indissociables de la mondialisation, tout comme l'accroissement des inégalités. La Banque mondiale elle-même ne peut s'empêcher de le reconnaître, partiellement du moins. Encore faudrait-il se pencher sur leurs causes, et lier le binôme pauvreté/prospérité au phénomène des inégalités croissantes, plutôt que s'en remettre à la morale pour vouloir extirper le mal de la pauvreté (voir l'article de Bruno Lautier «La Banque mondiale et sa lutte contre la pauvreté: sous la morale, la politique»). Les approches de la pauvreté selon la perspective du genre restent

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très insuffisantes. Les indicateurs, neutres et incomplets, ne dévoilent pas ce que signifient ces situations de dénuement, cette pression pour la survie, cet écartèlement entre des contraintes et un temps non extensible. Les femmes pauvres ne peuvent guère compter sur le travail des autres... Le discours sur le sous-développement s'est transformé en discours sur la pauvreté dans les agences de développement, marqué par la compassion. On chiffre la pauvreté, le nombre de pauvres, les progrès dans la diminution de l'accroissement du nombre de pauvres... De manière surprenante, la discrimination entre hommes et femmes pauvres est souvent ignorée, les pauvres seraient neutres. Si les approches de la pauvreté se sont affinées, et ne se réduisent généralement plus à une mesure monétaire (par exemple le pourcentage de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour), ces indicateurs composites plus proches de ce que signifie le dénuement ne permettent toujours pas de clarifier la situation entre hommes et femmes. Les statistiques ne fournissent pas, ou de manière incomplète et partielle, ces données-là. On avance simplement l'estimation que 70% des pauvres dans le monde sont des femmes... sans pouvoir préciser la complexité du binôme prospérité/pauvreté croisé avec la notion de genre. Ce que nous essayons de montrer, à travers les divers textes ici présentés, est combien cette notion de genre est indispensable pour comprendre comment est structurée cette réalité, qui perpétue et accentue la pauvreté/ prospérité. Car le rôle des femmes dans l'économie, que nous avons mis en lumière dans le numéro deux, prend une place croissante avec la libéralisation économique. Le travail de reproduction s'appuie de manière plus lourde sur les femmes, car le néolibéralisme tend à retirer toute intervention publique dans ces secteurs, et la division sexuelle du travail dans les ménages est rarement remise en question. La question de l'articulation entre les rapports de production dans les sphères domestique et capitaliste est toujours aussi pertinente pour pouvoir appréhender les possibilités de transformation sociale. En réalité, c'est un immense cadeau de temps de travail domestique que les femmes du Sud fournissent au Nord, comme le dit Silvia Federici dans son article à propos de l'immigration. Le temps reste à la base de la subordination des femmes et de son actuelle perpétuation, dans la division sexuelle du travail et la nouvelle division internationale du travail. La mondialisation n'est cependant pas un phénomène unilinéaire et simple, elle est un processus paradoxal, chargé de contradictions. En effet, on constate qu'elle peut aussi ouvrir des opportunités. L'accès accru aux revenus, même faibles, a parfois une influence sur les rapports de pouvoir entre homme et femme au sein des ménages. Les ouvertures à l'extérieur

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sont une voie d'accès au pouvoir (empowerment), elles permettent aux femmes de s'organiser, de comprendre, de remettre en question. Imperceptiblement parfois, de manière plus manifeste ailleurs, des transformations des identités de genre sont induites par la mondialisation. Des niveaux plus larges d'organisation se mettent en place, des recherches d'alternatives immédiates se conjuguent avec l'internationalisation de mouvements de femmes. L'analyse des processus économiques selon la perspective du genre révèle que le concept de genre est dans son essence un outil analytique pour comprendre l'organisation sociale et la différenciation entre femmes et hommes. Il permet de comprendre l'articulation et la perpétuation des inégalités sociales aux niveaux symbolique, institutionnel et individuel. Travailler avec le concept de genre est dans ce sens porteur de critique sociale. Il en résulte que les rapports entre chercheur(euse)s, responsables de projets et organisations de base travaillant selon cette perspective du genre s'inscrivent dans un projet de transformation sociale. L'intégration de la perspective du genre est un défi à l'orientation des paradigmes de développement. Il faut donc renverser les termes, car il ne s'agit pas seulement de chercher à promouvoir un développement aux relations de Igenre plus équitables, mais de promouvoir des relations de genre plus équitables et des identités de genre qui favoriseraient un développement économique, social, politique et culturel différent, plus juste. Dans une économie mondialisée, l'approche de genre, qui permet d'aller aux racines de la perpétuation d'un système économique inéquitable, permet aussi d'envisager des perspectives de changement. Ces questions concernent les transformations des rapports de pouvoir et des identités de genre au sein des ménages, dans les organisations, dans les mouvements de base et dans les instances politiques à tous les niveaux, comme dans les discours de légitimation. Les processus d'accès et de participation au pouvoir des femmes, de choix et de prises de décision, sont dans la continuité de notre réflexion sur la mondialisation et les transformations des rapports sociaux entre hommes et femmes. Ils feront l'objet du prochain Cahier Genre et Développement et du prochain colloque genre à l'iuéd.

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Christine Verschuur, avec F enneke Reysoo d'études du développement Genève,2002

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quent l'émergence d'une sphère financière globalisée impulsant sa logique à l'ensemble de l'économie mondiale. Le capitalisme, qui débordait depuis longtemps le cadre de l'Etat-nation, ne se contente plus d'en contourner les contraintes. Transnationalisation des firmes et bouleversements décisifs dans l'organisation du travail et de la production altèrent l'efficacité des politiques publiques, remettant en cause les bases de l'Etat-providence. Etats et organisations se regroupent à l'échelle régionale ou internationale pour réagir et s'adapter à la nouvelle donne. Mais la mondialisation, ce n'est pas tant l'extension du marché au sens générique - invariant des sociétés humaines - que d'un marché soumis à un système normatif donné. Car la
«loi du marché» n'agit pas seule; elle passe par des règles et conventions, résultats de conflits, négociations, compromis. Or, ce qui est mondial n'est pas nécessairement universel. Cette diffusion de normes et standards, Serge

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enjeux théoriques et idéologiques? A-t-on changé de paradigme depuis les théories sur l'économie internationale, le capitalisme mondial, la globalisation financière? Traduisant une propension à standardiser l'analyse économique, la notion a une pertinence dans le champ de la théorie néoclassique. Adoptée par des courants hétérodoxes, elle désigne un phénomène aux contours imprécis. Les études économiques relatives au genre ne se sont développées que depuis une vingtaine d'années. Pour l'essentiel, elles intègrent la séparation sphère domestique/sphères de la production et de l'échange, inscrite dans les catégories comptables avec la distinction consommation finale/production (la première est le fait exclusif des ménages, et la seconde, des entreprises). Elles portent en particulier sur l'emploi, rare domaine où les données statistiques font ressortir la variable sexe. L'effort d'harmonisation des cadres statistiques et l'essor des bases de données facilitant les comparaisons internationales, c'est surtout par le biais du marché du travail, des migrations ou de la démographie que le rapport genre/mondialisation est étudié (United Nations, 1995). L'extension aux rapports de sexe de notions, d'abord forgées dans le cadre de l'Etat-nation puis projetées à l'échelle de l'économie mondiale, passe par la substitution, l'analogie, l'articulation ou la superposition des catégories de sexe ou de genre à celles de classe, peuple, nation, race ou ethnie.

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La mondialisation, horizon du capitalisme?
Dans les années 1950 à 1970, la critique de l'impérialisme et de l'échange inégal mène certains pays à adopter des stratégies de rupture avec le marché mondial. Mais ils s'excluent et se marginalisent. La remise en cause de la division internationale du travail vient des pays «émergents» d'Asie et d'Amérique latine, entrés dans la compétition internationale en profitant de leurs avantages comparatifs (faible coût de main-d'œuvre notamment) et surtout des firmes multinationales, qui bouleversent les données de la division internationale du travail en organisant des échanges intrabranches et intrafirmes à l'échelle mondiale. Dans les années 1990, emboîtant le pas aux pays «émergents », les pays «en transition» se lancent à leur tour dans le marché mondial. Pour les libéraux, il s'agit moins d'une compétition entre nations que du développement de complémentarités par la généralisation du principe concurrentiel. La mondialisation serait un jeu à somme positive fondé non plus seulement sur l'échange de marchandises entre nations, mais sur la circulation à l'échelle mondiale de biens, capitaux, main-d'œuvre, la mul-

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tiplication des flux augmentant à la fois la richesse des nations et celle globalement produite à l'échelle d'une économie désormais mondialisée. D'autres opposent à cette vision la remise en cause des acquis réalisés dans le cadre de l'Etat-nation. Chez les marxistes, la critique de la mondialisation comme extension à l'échelle mondiale de la loi de la valeur, prolonge celle du capitalisme. Mais l'abandon de l'idée d'un au-delà du capitalisme amène à n'envisager d'autre horizon que spatial à la mondialisation. Le temps long de I'histoire perd de sa pertinence au profit de l'espace, qui devient une thématique récurrente avec les notions de territoire, district, réseau.
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Ces controverses traversent les approches sur les femmes et la mondialisation. Là où certains dénoncent l'intensification à travers la planète de rapports d'exploitation et de domination, la détérioration de l'environnement et ses conséquences pour les femmes, d'autres voient la possibilité d'aller vers plus de bien-être et d'égalité entre les sexes. A la vision d'un monde bipolaire (Nord/Sud) tend à se substituer celle de la triade AmériqueEurope-Asie. Mais c'est d'abord dans les régions développées que les processus d'intégration régionale débouchent sur une convergence des économies. Malgré l'essor des moyens de transport et des technologies de la communication, qui alimente une vision œcuménique de la mondialisation, la distance qui les sépare de leurs périphéries se creuse.

Uniformisation des mondes et différence des sexes
La mondialisation, qui est aussi un processus d'unification monétaire autour de deux ou trois grandes monnaies, va dans le sens d'une uniformisation des mondes, leur convergence vers «un seul monde» dans lequel toute chose est alignée sur le même étalon de valeur: la monnaie. Hommes et femmes sont mis en compétition et l'égalité fonnelle des droits crée les conditions de cette compétition. L'évaluation en monnaie des performances des individus fait que toute expression de la différence des sexes qui ne peut s'exprimer ainsi tend à disparaître ou à perdre sa signification, tandis que les différences monétisées s'accentuent. Elles s'expriment en particulier dans les écarts de rémunération (30 % en moyenne dans les pays industrialisés), révélant une dévalorisation tenace des femmes, malgré des mesures institutionnelles correctives ou compensatoires. La ségrégation purement liée au sexe serait responsable de 20 à 30 % d'un écart qui, s'il peut être réduit en période de croissance (14% en Suède en 1980), tend à s'accroître en situation de stagnation et de chômage. Dans quelle mesure sa diminution est-elle susceptible de se généraliser, ou est-elle liée à une conjoncture exceptionnelle, celle des Trente Glorieuses, favorisant la redistribution? Les acquis

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des femmes dans les pays développés sont-ils un privilège dû à une position dominante dans l'économie mondiale, nécessitant pour être défendus de maintenir cette domination, ou peuvent-ils s'étendre aux autres femmes du monde, grâce à la diffusion d'une norme universelle en matière de droits des femmes? L'émergence d'une élite féminine mondialisée, informée et performante, qui revendique la parité et l'égalité entre les sexes et affirme représenter un peu partout dans le monde les idéaux du féminisme, a son revers. Constituée en lobbies et engagée dans des stratégies de pouvoir (empowerment), elle peut être capable de compromissions avec les pouvoirs politiques, médiatiques ou financiers.
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La diffusion d'un modèle de transformation du statut des femmes fondé sur le travail salarié s'est généralisée dans les pays socialistes et dans une moindre mesure dans le tiers-monde, sous diverses formes selon les périodes et les types d'économies. S'il a pu favoriser par endroits la promotion d'un salariat stable et qualifié, il tend aujourd'hui à prendre l'aspect d'une prolétarisation brutale (précarisation de l'emploi, chômage, travail au noir, migrations clandestines et formes multiples de prostitution), précipitant les femmes dans une compétition où leurs 'performances sont évaluées en termes monétaires. Passant par le marché, cette évaluation se fait aussi selon des normes. La compétition a lieu dans un espace et avec des règles du jeu dont la définition et la configuration sont aujourd'hui un enjeu de la mondialisation. Le résultat est paradoxal: tandis que des conventions internationales visent à protéger les femmes de la discrimination et de la violence, le recours à une norme mondialisée laisse «sans voix» les femmes des cultures dominées, et les modes d'expression de la différence des sexes propres à chaque culture se dégradent et se déprécient. Or, celle-ci est ambivalente: source d'inégalités, elle structure aussi les sociétés humaines et donne du sens à l'existence et à l'activité. Dans ce contexte de perte de sens, le domaine de compétition hommes-femmes se restreint, ce qui le rend d'autant plus brutal et discriminant, tandis que, pour une grande part, existence et activité se déroulent hors du champ de la valeur mondialisée. L:'::;::utr:.::; ~:/:.:::r",.,
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d'idées et de personnes. De plus, c'est une problématique socio-anthropologique que l'on étudie et sur laquelle on débat. C'est un discours politique et économique, une narration, qui justifie le principe du libre marché du néolibéralisme, le pouvoir croissant des entreprises transnationales et l'importance décroissante des Etats-nations (Kalb 2000 : 3). Le monde idéal présenté par ce discours est un monde sans frontières, où tous les pays sont intégrés dans une économie et où la gouvemance globale a remplacé les Etats-nations (cf. Ohmae 1990). Les fruits de la mondialisation se répartissent cependant d'une manière plus inégale que le discours néolibéral ne veut bien nous le faire croire. L.:.:~
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la relation entre genre et mondialisation. Les femmes n'en sont-elles que les victimes? Comment les processus politiques et économiques des deux dernières décennies structurent-ils la vie quotidienne des femmes, et comment le «genre» influence-t-ille processus de mondialisation? Dans cet article nous distinguerons les dimensions économiques, politiques et culturelles de la mondialisation - qui s'influencent mutuellement - et nous nous pencherons en particulier s,ur la position des femmes dans les pays du Sud. Comme il existe peu de publications qui examinent de manière systématique les rapports entre genre et mondialisation dans ces différentes dimensions, nous nous référerons beaucoup à un nombre limité d'auteurs (Mshar et Barrientos 1999, Laurie et al. 1999, chapitre 2).

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Cahiers genre et développement

La dimension économique
Dans le but de maîtriser la crise de la dette et de stimuler la croissance économique, le FMI et la Banque mondiale ont imposé leurs programmes d'ajustement structurel aux pays en voie de développement.. Ces programmes d'ajustement, inspirés d'un modèle néolibéral, sont considérés comme les signes visibles des effets de la mondialisation dans le Sud. Les stratégies nationales d'éradication de la pauvreté ainsi que la promotion du développement économique par l'intervention de l'Etat et les substitutions des importations ont été remplacées par la libéralisation de l'économie, qui oblige les pays en voie de développement à suivre un modèle politique et économique qui favorise leur intégration dans l'économie mondiale (Afshar et Barrientos 1999: 3; Afshar et Dennis 1992; Rajput et Lata Swamp 1994). Cette stratégie d'une économie ouverte et d'un marché libre doit entre autres attirer les entreprises transnationales. Avant même que le terme de «mondialisation» fût introduit, des recherches genre se penchaient déjà sur les entreprises transnationales et la nouvelle division
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Que signifient ces développements pour la vie quotidienne des femmes dans les pays en voie de développement? Selon Mshar et Barrientos, la mondialisation représente une possibilité à la fois d'empowerment et de disempowerment des femmes (1999 : 5; cf Ward 1990). Le démantèlement des services sociaux, suite aux programmes d'ajustement structurel, est pallié par les femmes. Elles sont obligées d'intensifier leurs tâches domestiques ainsi que leur participation dans les organisations de base et de quartier. Comme les marchés locaux du travail sont de plus en plus imbriqués dans l'économie mondiale, on assiste à de nouvelles opportunités de travail, mais il s'agit essentiellement de travaux mal payés et flexibles. Les ménages pauvres ne peuvent plus survivre avec un seul salaire, et les femmes entrent massivement sur le marché du travail, surtout comme ouvrières dans l'industrie. En même temps, les hommes résistent fortement face à cette inversion de la division sexuelle du travail et ne s'adonnent pas aux tâches domestiques. Enfin, les processus de migration de travail (nationaux et internationaux) induisent le départ des hommes de leurs foyers et l'augmentation du nombre des ménages avec une femme comme chef. :C\;~.:;:: f.ff:;:::ts ::lf'
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dans le but de s'intégrer dans les réseaux de solidarité internationaux. La dimension politique de la mondialisation a fait que la création et l'influence des ONG ont pris un grand essor.

La dimension politique
L'importance croissante des ONG a un lien direct avec le rôle changeant

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est remplacé par celui des entreprises transnationales; les régulations étatiques sont subordonnées à la dynamique de l'économie mondiale et du marché libre. De l'autre côté, les gouvernements nationaux se voient confrontés aux problèmes sociaux et économiques ancrés dans les processus mondiaux et dont l'impact dépasse la gouvernance locale et nationale; il suffit d' évoquer la problématique des réfugié-e-s, les organisations criminelles internationales, l'épidémie du sida et la pollution environnementale. La coopération entre Etats-nations devient de plus en plus importante, comme la participation dans les organisations transnationales et la création d'Etats supranationaux telle l'Union européenne. Les organisations transnationales exercent une influence grandissante sur la gouvernance nationale. Les Nations unies, par exemple, exercent une pression spécifique dans le domaine des droits humains, la bonne gouvernance et la démocratie (Laurie et al. 1999; Leftwich 1993). Le FMI et la Banque mondiale donnent un appui économique à condition d'accepter la recette néolibérale de l'économie ouverte, du marché libre et de la privatisation des services sociaux. L'avancement de la mondialisation signifie que les Etats-nations s'internationalisent en même temps qu'ils se referment sur eux-mêmes. Les organisations de base et les ONG se développent dans le vide créé par le désistement de l'Etat. Elles ont la possibilité d' autogouvernance et de processus décisionnels démocratiques. Elles sont des sorties de secours (safety net) pour la protection sociale de l'individu, et un tremplin pour accéder aux réseaux internationaux. Elles ont des contacts avec les bailleurs de fonds et des organisations de coopération technique, elles canalisent des capitaux et des biens internationaux vers les pauvres (Mshar et Barrientos 1999; Castells 1997; Laurie et al. 1999; Escobar et Alvarez 1992). Ce sont surtout les femmes qui s'activent dans cette couche diffuse et intermédiaire de la gestion politique et des organisations de base. Elles y militent pour les droits humains et les droits des femmes, pour les questions environnementales, la paix, les infrastructures collectives, le logement, etc. Les ONG les soutiennent avec des moyens, du savoir et de l'expérience. Une stimulation pour réaliser une gouvemance démocratique passe ainsi du niveau local au niveau régional, puis national et international. On parle de nouveaux mouvements

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