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Géographie et Cultures n°2

144 pages
- L'île, espace culturel, F. Péron
- L'idéal du "yeoman en Australie", J.M. Powell
- L'hellénisme : un paradoxe ethnogéographique, M. Bruneau
- La laographie grecque, ethnogéographie ou idéologie, G. Prévélakis
- Etudes géographiques et religion, P. Claval
- La riziculture javanaise des origines, O. Sevin
- Mouvements d'éducation populaire et géographie, J-P. Augustin
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Géographie et cultures
3
35 45 75 85 111 119 136

n02, été 1992
SOMMAIRE

L'île, espace culturel. Formes d'atttaches aux lieux en Bretagne. Françoise Péron L'idéal du "yeoman" dans l'Australie tempérée et tropicale J.M. Powell L'Hellénisme, paradoxe ethnogéographique de la longue durée Michel Bruneau La "laographie" grecque, ethnogéographie ou idéologie? Georges Prevelakis Le thème de la religion dans les études géographiques Paul Claval La riziculture javanaise des origines Olivier Sevin Mouvements d'éducation populaire et géographie (1920-1960) Jean-Pien-e Augustin Lectures
Images de la Rome d'antan et d'aujolUd'hui Géographie et ethnographie en Grèce ancienne UN! vision anglaise de la géographie viticole

142

Colloque

.

La géographie française à l'époque classique (1920-1960)

Géographie et cultures, N°2, 1992

La revue Géographie
Directeur: Paul Claval

et cultures

est publiée 4 fois par an par l'association
de l'ORSTOM.

GEOGRAPHIE ET CULTURESet les éditions L'HARMATTAN, avec le concours

Comité scientifique: Ann Buttimer (Dublin), Giacomo Corna-Pellegrini (Milan), Denis Cosgrove (Loughborough), Pierre Flatrès (Paris), Xavier de Planhol (Paris), Joe Powell (Melbourne), François Sigaut (Paris), Tauuchi Keiichi (Tokyo), Juan VilàValenti (Barcelone).
Correspondants: Marc Brosseau (Vancouver), Luis Casassas (Barcelone.), Ingo Eberle (Mayence), Josefina G6mez Mendoza (Madrid), Jean-Luc Piveteau (Fribourg), Ghilla Roditi (Milan), Flora Sheng-hua Cheng (Taipei), Anngret Simms (Dublin). Comité éditorial: Augustin Berque (EHESS), Joël Bonnemaison (ORSTOM), Paul Claval (Univ. Paris-W), Isabelle GéMau de Lamarlière (Institut Français d'Urbanisme), Cynlhia Ghorra-Gol?in (Espace et Culture), Christian Jacob (CNRS), Louis Marrou (Univ. Paris-W), Jérôme Monnet (Espace et Culture), Françoise Péron (Univ. Caen), Jean-Robert Pitte (Univ. P(JTis-W), Roland Pourtier (Univ. Paris-I), Georges Prévélakis (Univ. ParisW) Jean Rieucau (Univ. Montpellier), Olivier Sevin (Univ. Paris-W), Singaravelou (CNRS), Jean-François Staszak (Univ. Paris-W), Christian TaUlard (CNRS), Jean-René Trochet (Musée des Arts et Traditions Populaires). Rédaction: C. Fontanel, I. Géneau de Lamarlière, L. Marrow, O. Sevin, J.F. Staszak. Coordination: J.Monnet, Laboratoire Espace et Culture (CNRS/Université ParisW), Institut de Géographie, 191 rue Saint-Jacques, 75005 Paris, FRANCE. Tel. (1)-43-29-01-47 poste 46 Fax. (1)-40-46-25-88lAbo Espace et Culture Couverture: création Yves-Marie Péron Abonnements: Géographie et cultures, Éditions L'Harmattan, 5-7 rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris, FRANCE.Chèques à l'ordre de L'Harmattan. Abonnemenll992 Prix au.numéro

France Etranger 280 FF 300 FF 90 FF 100FF

Recommandations aux auteurs: Toutes les propositions d'articles portant sur les thèmes intéressant la revue seront examinées par le comité de rédaction. Géographie et Cultures publiera en français. Les articles doivent parvenir à la rédaction dactylographiés en double interligM et, dans la mesure du possible, sur disquette 3.5" (Macintosh ou MSDOS). Ils comprendront les références de l'auteur (nom, fonction, adresse) et des résumés en français et en anglais, éventuellement dans une troisième langue. Les illustrations (cartes, tableaux, photographies N &B) devront être fournies prêtes à clicher et M pas excéder 19 :x 12 cm, c ris les lé enfles et commentaires.

e L'Hannattan 1992 ISSN: 1165-0354 ISBN: 2-7384-1554-7

2

Géographie et cultures, N°2, 1992

L'ILE, ESPACE CULTUREL. Formes d'attache aux lieux en Bretagne Françoise PÉRON
Université de Caen

Jusque dans les années 1950, chaque petit territoire insulaire de Bretagne constituait le substrat de toute la vie sociale et culturelle de la communauté. la vie n'y avait de signification qu'à travers des lieux connus, travaillés, polis, façonnés et sanctifiés. Aujourd'hui, dans les Ties, les hommes se détachent des lieux, et nombre d'entre eux s'exilent définitivement. Dans ce contexte, quel sens les lieux ont-ils pour les adolescents qui y habitent? Quels rôles jouent les héritages et la culture insulaires dans la percepti()n.. de l'espace de l'ile et celle du monde continental, pour ces générations? Une enquête menée sur 6 Ties du Ponant durant l'année 1989 avec les adolescents qui y sont scolarisés, aboutit à la réalisation de cartes mentales et de questionnaires concernant leurs lieux préférés. l'effet de lieu se manifeste encore fortement, témoignant du rôle exercé par le filtre culturel local dans les relations que les groupes sociaux entretiennent avec leurs espaces de vie.
Mots clés: ile, jeunesse, carte mentale, territorialité, perception de l'espace

Résumé:

Abstract: The Island, cultural space. Until the 50s, each small island from West of France was the base of social and cultural life of the local community. Life only had a signification through welknown, worked, smoothed, shaped and sanctified sites. Today, in islands, humans break out the links that fixed them in secular settlements and most of them definitively go into exile. Given this context, what is the meaning of sites for adolescents who stilllive in them? What is, for this generation, the role of both insular culture and inheritages, in the manner they perceive the island space and the continental world? In 1989, a survey of teenagers having schooling on 6 islands from the Ponant leads to mental maps and questionnaires concerning their favourite sites. The effect of site is still very strong and shows the part played by a local culture screen in the relationship between social groups and

theirspaces of life.

.

Key words: island, young psople, mental map, territoriality, spatial perception

Au sein d'un monde qui change vite et dans lequel les hommes passent une part croissantede leur temps à se déplacer;au coeur d'une,société où la fixité fait figure de handicap, il devient urgent de s'interroger sérieusement et méthodiquement sur les rapports nouveaux que les groupes humains nouent avec les territoiresqu'ils fréquentent. Rap];X>rts nature et d'intensité variables selon les activités qu'ils de développent et selon l'environnementculturel dans lequel ils sont immergés. 3

Géographie et c,,},tlUes,N°2, 1992

Rapports qui déterminent pourtant, pour chaque groupe, un ensemble spatial cohérent dont il est important d'en mettre à jour la structure interne, la hiérarchie et la signification nouvelle des éléments qui le composent TIest également nécessaire d'en dégager la dynamique, c'est-à-dire la combinaison originale et toujours en évolution, constituée par le couple héritage-changement qui commande la perception des lieux et leur pratique; et en troisième lieu, si possible, d'expliciter les relations que les système sociospatiaux ainsi délimités entretient avec les autres espaces. Dans le cadre de cette problématique d'ensemble, il nous a semblé que les petites fies de l'Ouest français, pouvaient constituer un bon terrain de départ pour la mise au point d'une méthode permettant de conduire, à l'échelle du local, une réflexion spécifique, mais de portée plus générale, sur la nature des relations qu'en cette fin de XXème siècle, les sociétés occidentales tissent avec l'espace. En effet, la petite fIe, de par sa taille réduite, et ses limites bien précises constituées par la barrière marine qui la sépare du reste du monde, diminue le nombre de paramètres à prendre en compte, et marque nettement la frontière entre l'interne et l'externe. Parce qu'elle compose à elle seule ce que Jean Brunhes appelait "un petit tout d'humanité" (1), elle offre au chercheur un terrain presqu'idéal d'expérimentation méthodologique puisqu'elle simplifie et exagère tous les phènomènes qui s'y déroulent, y compris les faits sociaux et culturels. Enfm, par effet de loupe, la petite ne fournit un moyen de se rapprocher des hommes et donc de mieux saisir leurs relations concrètes à l'espace. Necessité d'une géographie de la perception au présent

La perception de l'espace insulaire dans le cadre de sociétés de la tradition est désormais bien connu, grâce en particulier aux travaux menés sur 1'11ede Tanna et l'archipel mélanaisien par Joël Bonnemaison, qui s'est attaché à comprendre, de l'intérieur, la vision que les habitants avaient de leur territoire, et quel sens ils attribuaient aux lieux, mettant ainsi en évidence la richesse, la densité, la variété d'un espace insulaire totalement sacralisé, et duquel les "hommes-lieux" ainsi qu'ils se baptisent eux-mêmes, tirent leur identité (2). De notre CÔté,nous avons également mis en évidence une sémiologie de l'espace traditionnel, à partir de l'étude de la société ouessantine, organisée autour de la trilogie: l'fie et la terre, l'fie et la mer, l'fie et le ciel (3). Mais si l'fIe dans la tradition peut être considérée comme l'espace culturel par excellence, qu'en est-il aujourd'hui après les brutales mutations imposées de l'extérieur à ces sociétés? Nous savons bien peu de chose sur la façon dont les jeunes des fies "modernisées" considèrent leur territoire. Les fies du Ponant, tardivement bouleversées par la grande mutation dans les modes de vie et l'économie qui caractérise l'époque contemporaine, mais ayant depuis vingt ans largement rattrapé leur retard, fournissent l'occasion de s'interroger sur la signification actuelle de ces très anciens territoires d'appartenance qui constituent pour les nouvelles générations, à la

4

G~ographie et cultures, N°2, 1992

fois le berceau de l'enfance et le cadre de vie provisoire.Car pour la première fois, les jeunes insulaires ont clairement conscienceque leur classe d'âge est appelée à s'expatrier massivement pour résider ailleurs, au moins pendant la périodede la vie active. Ce faisceau de constatations nous a amené à sélectionner six fies bretonnes comme cadre d'expérimentationd'une méthode visant à analyser,à partir de l'établissement d'une sémiologie de l'espace au présent, comment dans le détail, le changement s'articule sur la tradition, par quel biais les micro-héritages culturels se transmettent, et plus généralement quelle est, aujourd'hui,la significationdu "local". _
L'espace est intéressant par ce qu'il produit, mais aussi et plus profondément par les regards qu'on lui porte, regards convergents sur les même lieux qui en définissent les usages et les "vocatio,ns", mais regards pas forcément semblables, et de loin s'en faut. En ce qui concerne les tIes du Ponant, l'imaginaire que les continentaux leur appliquent est relativement aisé à reconstituer en faisant appel aux multiples sources fournies par l'abondante littérature qui les a mis en scène depuis trois siècles; sans oublier, pour l'époque contemporaine, la pléthore iconographique qui les concerne: photographies, films, publicité... Paradoxalement, et malgré l'effacement actuel, l'imaginaire insulaire ancien, quasi codé et longuement construit en étroite symbiose entre des lieux en nombre limité et une société culturellement close et conservatrice, peut aussi être assez facilement restitué en scrutant les archives locales, et le cadastre, en se penchant sur la toponymie, les récits et les légendes qui y ont été recueillis jusqu'à ces dernières années. Cet espace ancien apparait entièrement utilisé, organisé, qualifié en foncnon d'une partition entre espaces privilégiés et espaces répulsifs, d'une définition très stricte de parcours réguliers qu'ils soient coutumiers, agricoles, religieux ou magiques, et du respect de points de repères symboliques et sacralisés, que ce soit un rocher, un monticule, une indentation de la CÔte,une empreinte dans une roche... Cet espace qui constitua le cadre subjectif de la vie des insulaires du Ponant jusque dans les années 1950 est encore, fie par fie, aisément cartographiable. Mais comment dresser les contours de l'imaginaire spatial des jeunes insulaires d'aujourd'hui? Ni code religieux contraignant, ni parcours rituels de processions, ni légendes fondatrices du paysage (les derniers vieux qui en connaissaient encore quelques bribes viennent de s'éteindre), pas ou peu de relations économiques précises et obligées à l'espace insulaire, qu'il soit terrestre ou maritime puisque, même dans les Des où des activités productives endogènes ont été maintenues (agriculture ou pêche comme à Batz ou à Houat). Les adolescents qui sont pourtant sur place jusqu'à l'âge de 16 ans, n'aident plus les adultes comme cela se faisait autrefois. Les relations utilitaires ont généralement fait place à de simples déplacements de circulation, sans relation apparente avec la surface traversée, et essentiellement un usage de loisir: se promener, se baigner, faire de la bicyclette ou de la moto. Est-ce à dire que l'espace a perdu toute signification? Sans aller jusqu'à

5

Géographie et cultu.res, N~, 1992

envisager une réponse totalement négative, il est pennis de se demander jusqu'où "l'ébranlement des repères du mémerable"(4)a-t-il touché, et par quoi a été remplacéel'ancienneperceptiondes lieux ? L'approche de la "terra incognita" des jeunes insulaires d'aujourd'hui doit d'abord pennettre d'aborder la question fondamentale de la significationdes espaces et des lieux, dans un contexte culturel hétérogène mêlant les reliquats d'un héritage original et local, au triomphe apparent des apports de ce que les sociologues appellent la "culture englobante" qui se forge et se développe à une tout autre échelle que celle du local et qui correspond dans les nes, à la phase de mutations brutales de ces dernières années durant laquellele continent a imposé sur ces petits espaces ses critères économiques,ses nonnes techniqueset son mode de vie. Se pencher sur la terre inconnuedesjeunes insulairesprésente aussi,. à court tenne, un intérêt pratique. n a été démontré que les adolescents des années 90, majoritairement candidats à l'exil, partiront certes, mais pour se fixer surtoutdans l'immédiatezone d'accostagecontinentale. Plus proches de l'fie, plus mobiles et moins "empruntés" que ne l'ont été leurs prédécesseurs en diaspora, ils chercheront certainement, ainsi que cela commence à se pratiquer à Groix, Ouessant ou Molène, à intervenir activement dans les débats concernant ce qu'ils continueront à considérer comme "leur tIe"; et donc à peser dans les décisions relatives à son
aménagement (5).

Mise en oeuvre d'une géographie de la perception. C'est dans l'élan de cette problématique que nous avons recouru à une méthode d'approche de la perception des espaces que les Anglo-Saxons ont été les premiers à expérimenter il y a maintenant plus de trente ans, méthode qui a été depuis largement reprise par les géographes français, à savoircelle des cartesmentales associéesà un questiomaire. Cependant,nous avons plutÔtemprunté l'espritde la méthode que la stricte façon de la mettre en oeuvre. Il nous a semblé que l'on pouvait obtenir, de l'examen de cartes mentales rapidement exécutées et de questionnairescourts mais bien conçus, plus qu'une simple mise en évidence, somme toute assez neutre, d'axes, de réseaux ou de points forts, structurant un espace, pour un ensemble d'individus (6).En effet, ainsi que l'indiquait récemment A. Bailly (7),les cartes mentales révèlent surtout les références historiques inconscientesd'un groupe, et ses archétypes. On oublie aussi trop souvent que les cartes mentales "parlent" aussi par leur dessin. L'allure du trait, l'utilisation ou non de la couleur, l'importance graphique accordée aux divers éléments qui y sont notés..., autantd'indicesqui révèlentles mentalitéset la hiérarchiedes valeursde ceux qui les exécutent, mais à condition de savoir lire ces cartes dans leur allure globale, dans ce qui "saute aux yeux" lorsqu'on les regarde librement, avant de se perdre dans de méticuleux comptages, qui restent néanmoins indispensablesà effectuer,mais dans un deuxièmetemps.

6

Géographie et cultures, N°2, 1992

Ainsi la large représentation des plages colorées de jaune d'or, par les adolescents de l'fie de Groix, traduit une société dans laquelle le rapport à la mère est chaud et chaleureux, donc des enfants qui se sentent bien en société. En revanche, l'exagération à Ouessant de la hauteur des phares et du clocher de l'église, toujours représentés en élévation, traduit certes la reconnaissance par les jeunes du rôle traditionnel de vigie joué par leur fie, mais aussi et surtout, l'existence de fortes contraintes à l'intérieur de la société orgueilleuse et fière dans laquelle baignent ces jeunes, et la puissance de l'autorité maternelle à laquelle ils sont soumis. De la même façon, la représentation de l'église n'est pas forcément un indicateur de pratiques religieuses. A Houat, par exemple" le recteur a été jusqu'à ces dernières années le véritable guide spirituel et économique de la communauté, or l'église n'est presque Jamais dessinée. fi importe donc d'être prudent dans les interprétations et surtout de s'appliquer à comprendre la signification globale et métaphorique du dessin. Un réseau de routes et de chemin inervant l'ensemble de la surface de l'fie de Groix, et partitionnant hannonieusement l'espace, alors qu'il est lacunaire et incomplet à Ouessant, n'apprend rien sur la densité des voies de circulation de l'une ou l'autre de ces îles (à Groix et à Ouessant, il est en fait assez comparable). Son examen est cependant de première importance car il révèle les rapports de l'individu à l'espace et aux autres. Dans le cas de Groix, il témoigne d'un espace bien dominé, alors qu'à Ouessant et encore plus à Molène où aucun chemin n'est indiqué, et où les quelques bâtiments qui y figurent sont isolés à la surface de l'île et délimités par un contour tiré à la règle, ce graphisme trahit des sociétés rigides dans lesquelles les individus sont isolés entre eux et mal à l'aise dans leur espace (fig. 1 et 2). C'est d'ailleurs une obseIVation synthétique du dessin qui a guidé l'établissement d'une typologie des cartes mentales insulaires distinguant "carte-cellule", "carte-monopoly" et "carte-réseau". Typologie qui n'est pas que fonnelle puisqu'elle correspond à trois modèles spécifiques de relation avec le milieu insulaire (fig. 3). Cette démarche de lecture des signes dessinés et du décryptage de leur valeur symbolique a été suggérée par celle des ethnopsychanalystes qui se situent dans la ligne de récole culturaliste américaine (8). Les exigences de la géographie.

Cependant, aprés avoir fait la synthèse de divers modes de lecture des cartes mentales, il nous restait encore à essayer de creuser plus loin l'expérience pour l'enrichir et lui donner un contenu modelé sur nos exigences de géographe. Ainsi, en posant des questions sur les lieux préférés dans l'ne et la mison principale du choix de chaque lieu, il a été possible aprés le travail de dépouillement de l'ensemble des données, de confronter deux types de cartes.

7

Géographie et cultures, N~

1992

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Fig.1

8

Géographie et cultures, N~, 1992

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Fig.2

9

Géographie et cultures, N°2, 1992

TROIS

TYPES

DE CARTES MEN1 ALES

115correspondent à trois modè1es spécifiques de relation avec le mjljeu insulaire
Fig.3

Carte-ce

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La carte

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notes.

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10

Géographie. et cultures, N°2, 1992

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11

Géographie et cultures, N°2, 1992

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12

Géographie et cultures, N°2. 1992

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Géographie et cultlU'es, N°2, 1992

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