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Géographie historique du pays de Guérande du VIe au Xe siècle

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Les premières mentions de la ville de Guérande ne se rencontrent que dans des textes d’une époque relativement tardive. Il faut descendre, en effet, au milieu du IXe siècle, pour entendre citer cette ville, son église et quelques localités avoisinantes. Les chartes du Cartulaire de Redon qui ont conservé les premiers renseignements écrits sur Guérande, constituent le monument le plus précieux pour l’étude de la région guérandaise aux IXe et Xe siècles ; c’est elles qui serviront de base principale à la reconstitution des divisions territoriales de cette région antérieurement à l’an mille.

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Henri Quilgars

Géographie historique du pays de Guérande du VIe au Xe siècle

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE DU PAYS DE GUÉRANDE Du VIe au Xe Siècle

CHAPITRE I

Les origines de la ville. — La première église. — Le comte Waroc’h. — La seconde église. — Gislard. — Les invasions normandes. — Le siège de 9191

I. — LES PLUS ANCIENS MONUMENTS

Les premières mentions de la ville de Guérande ne se rencontrent que dans des textes d’une époque relativement tardive. Il faut descendre, en effet, au milieu du IXe siècle, pour entendre citer cette ville, son église et quelques localités avoisinantes. Les chartes du Cartulaire de Redon qui ont conservé les premiers renseignements écrits sur Guérande, constituent le monument le plus précieux pour l’étude de la région guérandaise aux IXe et Xe siècles ; c’est elles qui serviront de base principale à la reconstitution des divisions territoriales de cette région antérieurement à l’an mille.

Au IXe siècle, sous l’influence des idées religieuses qui prenaient à cette époque un développement considérable, grâce aussi aux libéralités des princes bretons et de tous ceux qui subissaient l’ascendant de ces idées, les églises et les abbayes s’enrichirent de donations importantes dont les titres, conservés de nos jours, attestent, par leurs détails, la situation matérielle et morale des villes et des campagnes. Guérande, et son église surtout, étaient incontestablement, au milieu du IXe siècle, un centre très important. Comme tous les lieux célèbres, la ville était le rendez-vous de tous. ceux qui voulaient conclure des contrats, arrêter des conventions, prendre des engagements matériels ou moraux. A la même époque la presqu’île de Batz était aussi en possession d’une église2.

L’importance qu’avait Guérande au IXe siècle, fit croire à M. de la Borderie que cette ville était « une fondation des Bretons qui, sous Nominoë, débordèrent au sud de la Vilaine et s’établirent dans l’espèce de péninsule comprise entre cette rivière, le bas cours de la Loire et la mer3 ». La science archéologique ne permet pas d’accepter une telle hypothèse : C’est que, des fouilles faites dans l’intérieur de la ville, il résulte que l’origine de Guérande doit être reculée de trois siècles environ. Les travaux de reconstruction de l’église Saint-Aubin, opérés il y a une trentaine d’années, et des fouilles faites en 1899, ont amené la découverte de monuments du plus haut interêt qui révèlent d’une façon indubitable l’existence de la ville à la fin du VIe siècle.

L’un de ces monuments est un sarcophage de granit, conservé aujourd’hui dans la crypte de l’église, composé d’une auge recouverte d’un couvert en batière décoré de croix pattées, de cercles et d’imbrications. Sa forme et son ornementation dénotent un monument de la fin du VIe siècle4. Ce sarcophage chrétien ne peut être celui d’un homme vulgaire, mais d’un personnage important, d’un chef militaire ou d’un évêque. De plus, sous l’espèce de déambulatoire qui termine le chœur de l’église Saint-Aubin, existent, sous le dallage, les substructions d’une construction se-mi-circulaire de 1m 95 de diamètre. Les murs épais de trente centimètres, sont faits de petits moellons assez régulièrement taillés en petit appareil, reliés par un mortier blanc composé de chaux, de sable et de coquilles d’huîtres. Dans cette construction singulière, M. Maître crut reconnaître « les restes d’une habitation civile qui fut utilisée pour l’érection du premier oratoire5 ». Pour accepter cette hypothèse, il faudrait supposer ou bien que l’établissement du premier temple fut bien postérieur à la fondation de la ville, ou bien que cette construction circulaire n’était que le reste d’une villa gallo-romaine. La première explication est en contradiction formelle avec les habitudes des chrétiens de cette époque. Lorsque ceux-ci s’établissaient dans une région, ils commençaient par construire un temple autour duquel ils érigeaient leurs demeures. Il n’est pas possible aussi de voir dans le monument circulaire, les restes d’une habitation gallo-romaine : il n’a aucun des caractères des constructions de cette époque.

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Sarcophage de l’église de Guérande.

Cette construction faisait plutôt partie d’un ensemble de monuments, ou même d’un monument unique, dont les substructions furent retrouvées en 1875 par M. Muterse qui a recueilli et conservé des briques et du mortier offrant la même composition que celui qui servit à la construction circulaire. La brique n’a nulle apparence des terres cuites romaines, mais ressemble singulièrement aux briques que l’on retrouve dans les ruines mérovingiennes ; il en est de même du mortier.

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Substructions de l’église de Guérande antérieures au Xe siècle.

On se trouve ici en présence des restes d’une église chrétienne, peut-être d’un baptistère destiné à l’immersion des catéchumènes ; et ceci est corroboré par l’existence d’une source à cet endroit. Comme tous les baptistères mérovingiens, celui de Guérande était édifié à proximité d’une nappe d’eau destinée à l’alimenter. Cependant, la disposition de l’ensemble des substructions peut laisser place à d’autres hypothèses.

On sait, en effet, que les baptistères primitifs étaient placés à l’ouest des églises : c’était une règle invariable. Or, d’après la disposition des ruines découvertes sous l’église de Guérande, le baptistère supposé se trouverait à l’Est. Mais d’autre part, l’exiguité de ce monument peut laisser croire à l’existence d’une absidiole d’un petit monument, trop peu considérable pour avoir servi d’église, mais répondant aux plans connus des premiers baptistères isolés Un baptistère seul aurait été édifié en premier lieu, en attendant la construction d’une église rendue bientôt nécessaire par l’accroissement de la population. De plus, on ignore — et des fouilles, impraticables, pourraient seules le démontrer — s’il n’existe pas, à l’est du monument circulaire, les substructions de nouvelles constructions. La question d’orientation, en supposant l’édification successive d’un baptistère et d’une église, put être, du reste, rendue inobservable par suite de constructions particulières qui forcèrent à déroger à la règle générale.

Les baptistères primitifs étaient de petites constructions généralement octogonales, dans lesquelles se trouvaient une piscine ou cuve destinée aux baptêmes, et un autel pour la célébration des offices religieux. Un ou plusieurs côtés de ces constructions se terminaient en cul-de-four. C’est bien la disposition des substructions de Saint-Aubin. Mais la présence de substructions différentes, sous la nef et le chœur, obligent à croire qu’il existait, à une même époque, deux monuments religieux, l’un, un baptistère édifié à l’origine, l’autre une église construite à l’ouest pour répondre aux nécessités du culte.