Gestion intégrée de l'eau et Politiques de développement en Afrique de l'Ouest

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La vision africaine 2025 de l'eau fait de cette ressource naturelle un outil contribuant à la réduction de la pauvreté, au développement socioéconomique, à la coopération régionale et à l'environnement. La CEDEAO lui dédie une politique exclusive et lui accorde une place prépondérante dans sa politique agricole, lui consacre une plateforme de dialogue sur les grandes infrastructures hydrauliques. L'UMOA en fait le cheval de bataille de sa politique agricole, une orientation stratégique pour la gestion des eaux partagées, la gestion de la transhumance transfrontalière et la gestion des ressources halieutiques. Voici une contribution à la connaissance des politiques internationales pour l'eau.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140002489
Nombre de pages : 112
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Etudes
Gestion intégrée de l’eau et Politiques africafricafricafricaiaiaiainesnesnesnes
de développement en Afrique de l’Ouest
La vision africaine 2025 de l’eau fait de cette ressource naturelle un outil
multifonction contribuant à la réduction de la pauvreté, au développement
socioéconomique, à la coopération régionale et à l’environnement. La
gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) est impliquée dans
Moussa Bles politiques de développement ouest-africaines à toutes les échelles
institutionnelles.
L’ensemble régional intégré CEDEAO lui exprime son engagement à
travers une « Déclaration de Ouagadougou », lui dédie une politique Gestion intégrée de l’eau
exclusive qui a défi ni son plan d’action (PARGIRE-AO), lui accorde une
place prépondérante dans sa politique agricole (PAU) et lui consacre une et Politiques de développement
plateforme de dialogue sur les grandes infrastructures hydrauliques.
en Afrique de l’OuestLe sous-ensemble UEMOA regroupant les Etats francophones, fait
de la GIRE le cheval de bataille de sa politique agricole (PAU), une
orientation stratégique pour la gestion des eaux partagées, la gestion de
la transhumance transfrontalière et la gestion des ressources halieutiques.
Parallèlement à ces institutions d’intégration régionale, des organisations
spécialisées (ABN, CILSS, CBLT, ALG) font de la GIRE, l’objet de plusieurs
initiatives de développement sectoriel, de Programme d’action stratégique
et de stratégie de développement sous-régional.
Les institutions fi nancières de développement (BAD, BIDC, BOAD)
soutiennent remarquablement les investissements étatiques pour l’eau.
Cet ouvrage se veut une contribution à la connaissance des politiques
internationales pour l’eau.
Moussa BOUREIMA, MBA en Management des entreprises de
l’Institut Supérieur de Gestion d’Alger, est Chargé d’études et
de prospective en développement au Ministère nigérien de
l’Agriculture. Il a publié L’économie agricole au Niger chez
L’Harmattan, d’autres ouvrages professionnels aux Editions Universitaires
Européennes et un roman à la Société des écrivains.
Photo de couverture :Pixabay © PetrFromMoravia
ISBN : 978-2-343-07566-2
13 €
Gestion intégrée de l’eau et Politiques
Moussa B
de développement en Afrique de l’Ouest



Gestion intégrée de l’eau
et Politiques de développement
en Afrique de l’Ouest




















Collection « Études africaines »
dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection
« Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours
les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera
désormais également par séries thématiques : droit, économie,
politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
KWILU LANDUNDU (Hubert), Sociologie de la santé au
CongoKinshasa, 2016.
KAMTO (Maurice), DOUMBE-BILLE (Stéphane), METOU (Brusil
Mirand) (dir.), Regards sur le droit public en Afrique, 2016.
ROCHE (Christian), La casamance face à son destin, 2016.
IBIKOUNLÉ (Salami Yacoubou), Politiques d’éducation / formation et
coopération internationale décentralisée au Bénin, 2016.
BAUDAIS (Virginie), Les trajectoires de l’État au Mali, 2015
NDZANA BILOA (Alain Symphorien), La fiscalité, levier pour
l’émergence des pays africains de la zone franc. Le cas du Cameroun, 2015.
MAMA DEBOUROU (Djibril), La résistance des Baatombu face à la
pénétration française dans le Haut-Dahomey (1895-1915), Saka Yerima ou
l’injuste oubli, 2015.
EKANZA (Simon-Pierre), L’historien dans la cité, 2015.
GODEFROY (Christine), Éthique musulmane et développement. Territoire
et pouvoir religieux au Sénégal, 2015.
TAMBWA N. NKULU K., GHOANYS K.,
MWANACHILONGWE K., MPYANA K., BUKASA K., Le
développement du Katanga méridional, 2015.
FODOUOP (Kengne) (dir.), Le Cameroun. Jardin sacré de la
débrouillardise, 2015.
DJILA KOUAYI KEMAJOU (Rose), Le droit pénal des affaires au
Cameroun, 2015.
ATTISSO (Fulbert Sassou), Le mal togolais. Quelle solution ?, 2015.
PUEPI (Bernard), Les gouvernances foncières et leur impact sur le processus de
développement, 2015.
OLOMBI (Jean-Claude), Guerre et paix : leçons de l’intervention de l’ONU
en République Démocratique du Congo, 2015 Moussa BOUREIMA





Gestion intégrée de l’eau
et Politiques de développement
en Afrique de l’Ouest


















































© L’HARMATTAN, 2016
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

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diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-07566-2
EAN : 9782343075662Dédié à la Fondation Bill & Melinda Gates
pour son soutien à la Facilité africaine de l’eau
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boureima-26-1-16.indd 6 26/01/2016 14:35:42Préambule
Les ressources en eau, en raison de leurs dimensions
sociales, économiques et environnementales, constituent le
substrat de la vie.
Au niveau mondial selon certaines analyses, en 2013, sur
7 milliards d’habitants 3,5 n’ont toujours pas d’eau courante
à domicile 900 millions n’ont pas accès à de l’eau salubre,
plus de 2 milliards n’ont pas d’accès à un service
d’assainissement minimal et 90 % de l’eau utilisée servent à nourrir
les populations.
Les défs mondiaux d’aujourd’hui et de demain enre -
gistrent aussi que, dans les 25 prochaines années, l’essor
démographique et la hausse des niveaux de vie que va
connaître notre planète s’accompagneront nécessairement
d’une explosion de l’utilisation de l’eau alors qu’il faudra
également préserver les milieux naturels.
C’est pourquoi, à toutes les échelles géographiques,
toutes les politiques de développement économique et social
accordent une place cardinale à la gestion intégrée des
ressources en eau.
Des organisations onusiennes ont entrepris la
réalisation d’une vision mondiale à long terme pour l’Eau, la
Vie et l’Environnement. Cette vision a entraîné la prise de
conscience de l’importance d’une gestion durable de l’eau
6 7
boureima-26-1-16.indd 7 26/01/2016 14:35:42parce qu’en 2025, 63 % de la population mondiale devraient
subir stress hydrique ou pénurie d’eau.
Dans le contexte actuel de planifcation et de mise en
œuvre du développement durable, les ressources en eau font
l’objet d’une attention particulière et pour cause, les eaux
douces risqueront de devenir le facteur limitant du
développement économique et social des prochaines décennies.
L’eau douce disponible (0, 26 % du globe), seule ressource
utilisable, est en quantité invariable alors que la population
ne cesse d’augmenter et que la demande en eau est en pleine
progression. L’eau est inégalement répartie et la
consommation varie selon les pays : 250 litres par jour et par
habitant en Amérique du Nord, 100 à 230 litres en Europe, 150
litres pour un Français et moins de 10 litres en Afrique
Subsaharienne.
eAu cours du 21 siècle, l’eau et les ressources en eau se
dégraderont. Il y aura de moins en moins d’eau utilisable
sans traitement par l’homme.
L’interdépendance hydrologique n’est pas une notion
abstraite : deux personnes sur cinq dans le monde vivent
dans des bassins hydrologiques internationaux partagés
par plusieurs pays. Ainsi pour 39 pays, au moins la moitié
des ressources en eau trouve son origine au-delà de leurs
frontières.
Avec l’augmentation des consommations et des
pollutions d’une part et la persistance des sécheresses d’autre
part, la préservation des ressources naturelles commande
de nouveaux modes de production et de consommation.
Cette nouvelle préoccupation a amené l’ONU à tenir, en
1992, une conférence sur l’environnement et le
développement à Rio de Janeiro au Brésil.
8 9
boureima-26-1-16.indd 8 26/01/2016 14:35:42Cette réunion mondiale dite « Sommet de la Terre » a
lancé un processus de réfexion et de prise de décisions dans
le cadre d’une nouvelle vision du développement. Dans cet
ordre de fait, les Nations Unies ont adopté des conventions
et des principes universels servant de cadres de référence et
de guide pour le développement durable. Ces conventions et
principes universels complétés par les objectifs du millénaire
pour le développement constituent les politiques
internationales impliquant la GIRE.
En Afrique, l’avènement du nouveau millénaire a inspiré
à l’Union Africaine un nouveau partenariat pour le
développement de l’Afrique (NEPAD) ; il s’agit d’une nouvelle
politique ayant pour ambition de combler le fossé qui sépare
le continent africain du monde développé. Le NEPAD a
fxé entre autres la gestion des ressources en eau comme
une priorité. Il existe depuis 2002 un Conseil des Ministres
Africains de l’eau prenant des initiatives spécifques pour
l’Union Africaine et un Mécanisme de mobilisation et
d’appui au fnancement du secteur de l’eau.
En Afrique de l’Ouest, la CEDEAO a élaboré
l’ECOWAP comme point nodal du NEPAD. L’ECOWAP
accorde aussi une priorité à la gestion des ressources en eau
pour atteindre ses objectifs de développement
communautaire. En collaboration avec les organisations
sous-régionales, la CEDEAO a adopté la Politique des ressources en
eau de l’Afrique de l’Ouest.
La sous-région ouest-africaine constituant l’UEMOA,
qui occupe une part importante de l’une des zones les plus
sèches du continent (le sahel), compte sur la maîtrise de
l’eau pour la survie de ses populations et son développement
économique et social.
Hormis ces organisations internationales, des
organisations régionales dédiées comme l’Autorité du Bassin du
8 9
boureima-26-1-16.indd 9 26/01/2016 14:35:42Niger (ABN), le Comité permanant Inter-États de lutte
contre la Sécheresse dans le Shel (CILSS), l’Autorité du
Liptako Gourma (ALG) ou encore la Commission du
Bassin du Lac Tchad (CBLT), déploient des stratégies et
des actions de gestion intégrée des ressources en eau.
La Gestion Intégrée des Ressources en Eau est un
processus favorisant le développement et la gestion
coordonnée des ressources en eau, du sol et des ressources
associées, permettant de maximiser les bénéfces économiques et
sociaux, de façon équitable sans compromettre la pérennité
des écosystèmes vitaux. La GIRE repose sur les principes
suivants :
• l’effcience économique de l’utilisation de l’eau compte
tenu de la rareté et du caractère épuisable de la
ressource
• l’équité pour la reconnaissance du droit fondamental
de chacun, à son bien-être
• la durabilité environnementale et écologique : les
utilisations actuelles des ressources en eau devraient
être gérées de façon à ne pas affaiblir les systèmes
vitaux et à ne pas mettre en danger l’utilisation de
cette ressource par les générations futures.
Cet opuscule se veut une contribution à la connaissance
des politiques et stratégies de développement économique
et social impliquant la gestion intégrée des ressources en
eau en Afrique de l’Ouest. Ce faisant, il rappelle d’abord le
contexte mondial avec les politiques onusiennes de
développement durable, présente ensuite les politiques économiques
de l’Union Africaine, puis élucide les politiques et
stratégies communautaires de développement mises en œuvre en
Afrique de l’Ouest.
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