Gouvernance et institutions traditionnelles dans les pêcheries de l'Ouest du Burkina Faso

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Cette étude révèle un dualisme entre gouvernance locale et institutions traditionnelles dans les pêcheries de l'Ouest du Burkina Faso, malgré l'apparition de nouveaux acteurs et l'instauration de nouvelles règles. Par ailleurs, l'appropriation des innovations en cours se fait dans une sorte de combinaison entre logiques traditionnelle et moderne; d'où une cohabitation difficile de légitimités, laissant de plus en plus entrevoir une "re-traditionnalisation" des institutions de pêche.
Publié le : vendredi 1 mai 2015
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EAN13 : 9782336380797
Nombre de pages : 146
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Etudes
Gouvernance et institutions africaines Série Anthropologie
traditionnelles dans les pêcheries
de l’Ouest du Burkina Faso
Patrice T et Vncent-Paul S
Nos sociétés traditionnelles ont toujours constitué une spécifi cité dans
leurs modes de vie (production et reproduction), qui recèlent des mesures
originales de protection de l’environnement. Mais, de nos jours, avec
la mise en commun des ressources en eau couplée à une politique de
décentralisation, apparaît une nouvelle logique politique et économique qui Gouvernance et institutions
a du mal à composer avec les pratiques traditionnelles.
La présente étude révèle un dualisme entre gouvernance locale et traditionnelles dans les pêcheries
institutions traditionnelles dans les pêcheries de l’Ouest du Burkina Faso,
malgré l’apparition de nouveaux acteurs et l’instauration de nouvelles de l’Ouest du Burkina Faso
règles. Par ailleurs, l’appropriation des innovations en cours se fait dans
une sorte de combinaison entre logiques traditionnelle et moderne ; d’où
une cohabitation diffi cile de légitimités, laissant de plus en plus entrevoir
une « re-traditionnalisation » des institutions de pêche.
Patrice TOE, Maître de Conférences en socio-anthropologie du
développement à l’Institut du développement rural (IDR)/Université
Polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB), est un spécialiste des questions
environnementales en relation avec le développement. Il est auteur de
deux ouvrages et de plusieurs articles scientifi ques.
Vincent-Paul SANON, titulaire d’un diplôme de master en sociologie du
développement social de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest/
Unité Universitaire à Bobo-Dioulasso (UCAO/UUB), a participé à plusieurs
études sur des questions de développement en relation avec la santé et la
gestion de l’environnement.
Photographie de couverture de Vincent-Paul Sanon : pêcheur, Moussodougou, 2012.
ISBN : 978-2-343-04967-0
14,50 €
Gouvernance et institutions traditionnelles dans les pêcheries de l’Ouest du Burkina Faso Patrice T et Vncent-Paul S






Gouvernance et institutions
traditionnelles dans les pêcheries
de l’Ouest du Burkina Faso

Collection Études africaines
dirigée par Denis Pryen et son équipe

Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection
« Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours
les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera
désormais également par séries thématiques : droit, économie,
politique, sociologie, etc.


Dernières parutions

OTITA LIKONGO (Marcel), Guerre et viol. Deux faces de fléaux
traumatiques en République Démocratique du Congo, 2015.
MAWANZI MANZENZA (Thomas), L’Université de Kinshasa en quête de
repères, 2015.
MOUCKAGA (Hugues), SCHOLASTIQUE (Dianzinga), OWAYE
(Jean-François), Quelle gouvernance pour l’Afrique noire ?, 2015.
SEMANA (Tharcisse), Aux origines de la morale rwandaise. Us et coutumes
: du legs aux funérailles, 2015.
BANGUI (Thierry), La mal gouvernance en Afrique centrale, 2015.
GOHY (Gilles Expédit), Éducation et gouvernance politiques au Bénin. Du
danxômè à l’ère démocratique, 2015.
BADO (Arsène Brice) (dir.), Dynamiques des guerres civiles en Afrique,
2015.
MOUANDJO B. LEWIS (Pierre), Le marketing de rue
en Afrique, 2015.
TCHUIKOUA (Louis Bernard), Gestion des déchets solides ménagers à
Douala. Acteurs, pratiques urbaines et risques environnemento-sanitaires, 2015.
MAÏKOUBOU (Dingamtoudji), Les Ngambayes. Une société de la Savane
arborée du Tchad, 2015.


Ces dix derniers titres de la collection sont classés
par ordre chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr
Patrice TOE et Vincent-Paul SANON




Gouvernance et institutions
traditionnelles dans les pêcheries
de l’Ouest du Burkina Faso



























Ouvrages de Patrice Toe


avec Diè Martin SOW, L’Éveil des campagnes africaines : Sien, un
village à l’épreuve du développement, 2005
avec Dominique DULIEU, Ressources naturelles entre conservation et
développement : vers une activité agricole alternative dans la périphérie
du « Parc régional W » (Burkina Faso), 2007



















© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04967-0
EAN : 9782343049670
Ce travail s’inscrit dans l’axe de recherche « Pêche
et sociétés » ; activités de recherche conduites depuis 2012
dans le cadre du projet de recherche « Gestion durable des
ressources en eau et des pêcheries au Burkina Faso », en
abrégé SUSFISH (www.susfish.boku.ac.at). Ce projet est
supporté par le Programme de coopération autrichienne
pour l’enseignement supérieur et la recherche pour le
développement (APPEAR), financé par la Coopération
autrichienne pour le développement. Les institutions
suivantes ont pris part au projet :
- l’Institut du développement rural (IDR) de
l’Université polytechnique de Bobo-Dioulasso
(UPB), à travers le Département de sociologie
et économie rurales (DSER) ;
- l’Unité de formation et de recherche en
sciences de la vie et de la terre (UFR/SVT) de
l’Université de Ouagadougou (UO), à travers le
Laboratoire de biologie et l’écologie animale
(LBEA) ;
- l’Union internationale pour la conservation de
la nature (UICN), à travers son programme
pour le Burkina Faso ;
- la Direction générale des ressources
halieutiques du Ministère des ressources
animales et halieutiques ;
- l’Université des ressources naturelles et des
sciences de la vie appliquées (Vienne,
Autriche), à travers le Département de l’eau, de
l’atmosphère et de l’environnement (WAU) ;
- le Département des études africaines de
l’Université de Vienne, Autriche ;
- l’Institut international pour l’analyse appliquée
des systèmes, Laxenburg, Autriche
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Nous tenons à remercier très sincèrement la
Coopération autrichienne, pour avoir financé cette
recherche. Cependant, les propos tenus dans cet ouvrage
n’engagent aucunement ni la coopération autrichienne, ni
APPEAR.
Nous tenons à remercier également MM. Clément
KOAMA, Séraphin SAWADOGO et Mlle Evelyne
TARYAM dont la lecture et les suggestions nous ont aidé
à rendre plus lisible le texte. Qu’il nous soit permis de
louer ici la collaboration des étudiants qui ont participé
aux activités de cet axe de recherche et plus
particulièrement, Vincent-Paul SANON, Jamila Pamela
SANOU, Boubacar TRAORE, Jacqueline SOW, pour leur
aide précieuse.













Remerciements à :


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LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

CGP : Comité de gestion de la pêche
CMED : Commission mondiale pour
l’environnement et le développement
DAERH: Direction des aménagements et de
l'exploitation des ressources halieutiques
DGRH: Direction générale des ressources
halieutiques
DPFP: Direction de la promotion de la filière
pêche
FAO : Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture
GPSO : Gestion de la pêche dans le sud-ouest
MAHRH : Ministère de l’agriculture, de l’hydraulique
et des ressources halieutiques
MEDD : Ministère de l’environnement et du
développement durable
MRAH : Ministère des ressources animales et
halieutiques
OCDE : Organisation de coopération et de
développement économique
ONU : Organisation des Nations Unies
PAIE : Périmètre aquacole d’intérêt économique
PHIE : Périmètre halieutique d’intérêt économique
PIB : Produit intérieur brut
PNUE : Programme des Nations Unies pour
l’environnement
RAF : Réorganisation agraire et foncière
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RGPH : Recensement général de la population et de
l’habitat



























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Introduction générale

Au Burkina Faso, le secteur rural occupe une place
prépondérante dans l’économie nationale en employant
86 % de la population totale. Environ 40 % du PIB
provient des activités agricoles : agriculture 25 %, élevage
12 %, foresterie et pêche 3 % (MAHRH, 2009).
Naturellement peu nanti en ressources en eau de surface,
le pays possède un réseau hydrographique constitué pour
l’essentiel de cours d’eau dont la plupart sont
intermittents. Face à l’acuité des problèmes d’eau,
notamment suite à la grande sécheresse des années 70, le
gouvernement a entrepris d’aménager de nombreuses
réserves d’eau à travers le pays en vue de promouvoir
l’agriculture, l’élevage et la pêche pour la relance de
l’autosuffisance alimentaire.
Les plans d’eau constituent désormais des points
d’attraction pour une diversité d’acteurs (assainisseurs,
agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, hydro-électriciens, etc.).
La pérennité des ressources en eau est donc très vite
menacée du fait de l’action anthropique. Pour ce qui
concerne le cas de la pêche, pendant longtemps restée liée
à une économie de subsistance, la surexploitation de la
ressource motivée par l’appât du gain est doublée d’une
inorganisation des acteurs qui gravitent autour des
pêcheries, engendrant au quotidien des conflits.
La nécessité de mettre en place une gestion de
l’eau intervient dans un contexte de mondialisation de
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l’objectif de préservation des ressources. Cependant, un
mode d’exploitation et de gestion durable et rationnelle
des pêcheries est indissociable de la problématique de la
responsabilisation et de la participation des acteurs. Qui
impliquer ? Comment éviter que certains groupes soient
lésés dans l’accès à la ressource ?
Il s’agit là d’une issue sur les concepts de
« participation » et de « mise en commun de la ressource »
que la théorie développementaliste met en exergue de nos
jours. Arriver, comme le suggère Magnini (2002), à
l’objectif d’une gestion de la ressource qui soit soutenue
par la population, suppose qu’un consensus local se
dégage sur le mode de gestion et d’exploitation de cette
ressource. Or, nonobstant les efforts et les discours sur la
décentralisation et la participation des populations, il
demeure une dualité entre modes traditionnel et moderne
de gestion. Gouvernants et « développeurs » se penchent
le plus souvent sur la mise en application des normes
modernes, avec en appui quelques moyens
sociotechniques. Certains mettent l’accent sur les règles
locales de gestion. D’autres, refusant de se confiner dans
une opposition entre les deux systèmes de gestion,
suggèrent une fusion des deux règles et appellent à la mise
en place de « chartes locales ». Toutefois, une telle
médiation locale ne serait-elle pas une règle de plus dans
la gestion de la pêche ? Autrement dit, si le mode de
gestion moderne des pêcheries traduit au niveau local une
sorte de légitimation des normes de gestion traditionnelle
de la ressource, cette formalisation de la légitimité devient
un obstacle qu’il faut éclairer. C’est à cet exercice que le
présent ouvrage s’adonne.
Une mobilisation interdisciplinaire nous a conduits
à rechercher la conviction théorique sur la question à la
double échelle de la société et de la ressource comme un
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bien commun, desquelles, comme l’ont montré Sébastien
et Brodhag (2004) pour ce qui est des rapports société et
territoire, une harmonie entre société et environnement est
prônée par un paradigme à deux dimensions. La première
dimension de ce paradigme est appréhendée par
l’approche de la théorie de la négociation qui s’intéresse
aux relations humaines et qui repose sur la résolution de
conflits entre acteurs autour d’une ressource commune.
Quelles seraient les conséquences d’une telle négociation
entre acteurs sur la gestion de la ressource halieutique
considérée ici désormais comme une ressource en
compétition et sur le milieu naturel? La seconde
dimension est observée au travers des confrontations des
politiques de conservation (républicaine et/ou
traditionnelle) qui touchent aux relations homme-nature.
Quelles seraient les conséquences de ces confrontations
sur l’organisation sociale des communautés de pêche ou
sur la ressource? Une troisième dimension intermédiaire
consisterait à considérer la théorie de la négociation et les
logiques de confrontation comme un domaine relevant du
droit ; celui qui définit son processus fondé sur un principe
de la légalité et de légitimité. S’attarder sur une telle
préoccupation positionne le concept de la gouvernance
comme un des fils conducteurs de notre réflexion. En
effet, la confrontation des logiques met à mal la nouvelle
forme de « société de contrat » par laquelle on pense
souvent que la légalité des textes suffirait à asseoir la
légitimité aux yeux des populations autochtones autrefois
propriétaires de la ressource en eau. En dépit du caractère
très polysémique du concept, pour répondre à un besoin
ressenti par la communauté, toute gouvernance, selon
Calame (2006), crée un équilibre entre la protection de
l’autonomie de chacun et les contraintes imposées au nom
du bien commun. Dès que les objectifs ne sont pas
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