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Graphologie et test de Szondi

De
242 pages
Le dépouillement du test de Szondi permet d'étudier les pulsions d'un sujet dans leur dynamique interne et dans leurs relations réciproques au cours de la vie. La théorie szondienne combine des notions multiples de psychiatrie, de psychanalyse et de psychologie génétique. Les auteurs ont mis en rapport les résultats du test avec ceux de l'analyse de l'écriture par la méthode graphologique. Leur but est d'exposer cet ensemble de notions dans un langage accessible au lecteur non spécialiste.
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GRAPHOLOGIE ET TEST DE SZONDI 2
Dynamique des pulsions

«:i Masson, 2èmcédition, ] 990

«:i L'HARMATTAN,2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

htto://www.librairieharmattan.com diffusion. harmattan@wanadoo.fr harmattan I @,wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-02826-5 EAN : 9782296028265

GRAPHOLOGIE ET TEST DE SZONDI

Dynamique
Fanchette LEFEBURE
Ancienne attachée au Laboratoire de recherches d'Anthropobiométrie de la Salpêtriére

2 des pulsions
par
Dr Jean-Charles GILLE.MAISANI
Professeur à l'Université Laval Québec

L'HARMATTAN

DES MÊMES AUTEURS Introduction à la psychologie du Moi. Les seize profils du Moi de Szondi et leur expression dans l'écriture. Mont-Blanc, Genève, 1976, 158 p. Deuxième édition: Graphologie et test de Szondi. Tome I: le Moi. Masson, Paris, 1990, 184 p.

De Mme Fanchette LEFEBURE :
La Graphologie structurale et la Dynamique pulsionnel/e de Szondi en clinique psychiatrique. Clinique neurologique et psychiatrique de la Faculté de Médecine. Besançon, 1975, 120 p. En collaboration avec Claude J. BELIN. Observations graphologiques dans les troubles de l'humeur et la paranoïa. Corrélations dynamiques Szondi-écriture. Clinique neurologique et psychiatrique de la Faculté de Médecine, Besançon, 1979,65 p., en collaboration avec Claude J. BELIN. Le Trait en graphologie. indice constitutionnel. Masson, 1989, 2" édition, 248 p., en collaboration avec Claude VANDEN BROEKd'OBRENAN.

En collaboration avec les groupes du GERSAG (Groupe d'Études et de
Recherches Szondiennes pour l'Approfondissement de la Graphologie) : Actions et Réactions agressives dans une perspective szondienne. Groupement des Graphologues-Conseils de France (G.G.C.F.), 1981. 70 p. Le Moi qui décide et sa traduction dans lëcriture. G.G.C.F., 1982, 46 p. Les 2 tendances de la pulsion émotionnel/e et leur traduction dans Jëcriture.

G.G.C.F., 1983, 77p.
Le Vecteur sexuel de Szondi et sa traduction dans l'écriture. G.G.C.F.,

1985,

68 p.
Clivage des choix pulsionnels. Leur expression dans l'écriture. G.G.C.F., 1987,

1986,67 p.
Écriture. Test de Szondi. Quelques études comparatives. G.G.C.F.,

69 p.
Réussites professionnel/es selon Szondi. G.G.C.F., 1988, 65 p. Le Vecteur de contact de Szondi et sa traduction dans l'écriture, sous presse. Du Dr loCh. GILLE-MAISANI: Adam Mickiewicz, poète national de la Pologne. Étude psychanalytique et caractérologique. Bellarmin, Les Belles Lettres, Montréal, Paris, 1988, 878 p. (Existe en version polonaise: Panstwowy Instytut Widawniczy, Varsovie, 1987,458 p.).

VI

DES MÊMES

AUTEURS

Écritures de poètes de Byron à Baudelaire, Dervy-Livres. 1977. 202 p. Écritures de poètes, Graphologieet Poésie. Deuxième série: de Sully-Prudhomme à Valéry. Dervy-Livres. 1981, 267 p. Musique et Graphologie.Écritures de compositeurs de Beethoven à Debussy, Dervy-Livres, 1978.215 p. Poésie, musique et graphologie. Écritures de poètes et de compositeurs, Dervy-Livres, 1988. 233 p. Psychologie de l'écriture. Études de graphologie, Payot. 1969. 270 p. (épuisé). .
Psychologie de l'écriture. Suite à l'ABC de la graphologie (1978). 4" 00.. Payot. 1989,244 p. Traductions italienne (Liguori. Naples) et espagnole (Herder. Barcelone) sous presse. Tempérament psychobiologique et Groupe sanguin. Expression graphologique et artistique, Frison Roche. sous presse. Types de Jung et tempéraments psychobiologiques. Expression dans lëcriture. Corrélation avec le groupe sanguin. Utilisation en psychologie appliquée.

Ma/oine. Paris et Édisem. Québec. 1978. 196 p. (épuisé).

AVANT-PROPOS
Le dessein du présent travail est d'aider nos lecteurs à connaître, comprendre et utiliser dans toute sa richesse la psychologie de Szondi, exposée à ce jour dans des ouvrages à l'abord généralement ardu et dont seulement un petit nombre a été traduit. Nous nous sommes efforcés, en utilisant un vocabulaire simple et en multipliant les exemples, de rendre le « système" szondien accessible au lecteur cultivé non spécialiste, c'est-à-dire de lui apprendre à évaluer le potentiel pulsionnel d'un sujet et la manière dont celui-ci le dépense et l'emploie, à comprendre comment ce sujet construit son équilibre et à l'aider à trouver la meilleure façon de le rétablir si l'harmonie est menacée. D'autre part nous avons illustré ce livre par des écritures, à l'intention des graphol"gues, dont un grand nombre recourent aujourd'hui aux concepts szondiens pour éclairer la dynamique d'une personnalité. L'étude graphologique d'une écriture sous l'angle szondien est intéressante, que le scripteur ait été soumis ou non au test du Diagnostic expérimental des pulsions test de Szondi ,,). Les deux approches, graphologique et expérimentale, sont en effet complémentaires. Alors que le test fournit en quelque sorte une photographie instantanée des réactions du sujet dans ses conditions actuelles de vie, l'écriture révèle le résultat global des expériences vécues: vision moins subtile, mais plus permanente, parce qu'elle s'appuie sur des données constitutionnelles et sur les traces laissées par les joies et les peines de l'existence révolue, par la crainte ou l'espoir d'un avenir inconnu.
(<<

*
Ce nous est un bien agréable devoir d'exprimer aux personnes sans qui ce livre n'eût pas été. notre reconnaissance

VIII

AVANT-PROPOS

Le Docteur Léopold Szondi, dans la préface par laquelle il honora notre précédent livre, consacré au vecteur du Moi, émit le voeu qu'il fût complété par un travail analogue consacré aux autres pulsions. Parmi ses disciples, nous désirons remercier tout spécialement M. Claude Van Reeth, qui clarifia plusieurs points délicats dans son enseignement à l'Université de Paris VII, accepta de prendre connaissance de notre travail et nous aida directement en plusieurs endroits. Pour notre rédaction nous avons utilisé, outre les ouvrages de Szondi, l'excellent livre d'introduction de Mme Susan Deri ainsi que les intéressants commentaires de MM. Jean Melon, qui développa principalement l'aspect psychiatrique de l'oeuvre szondienne, et Jacques Schotte. C'est en travaillant plusieurs années sous la direction de M. Jean de Taille que l'un des auteurs acquit son expérience clinique du test de Szondi: elle ne saurait trop lui exprimer sa profonde reconnaissance. Du côté des graphologues, nous sommes redevables au regretté Roger Le Noble de l'idée de chercher dans l'écriture la dynamique des pulsions et remercions toutes les personnes qui nous ont encouragés à poursuivre et à publier nos travaux, particulièrement MM. Guy Delage et Augusto Vels. La préparation du livre fut facilitée par un généreux octroi du Conseil national des recherches du Canada et par les autorités de l'Université Laval, singulièrement le Dr Michel Lecours, directeur du Génie électrique; la composition fut effectuée avec compétence et soin par la Société Compélec. Enfin nous ne voulons pas oublier les trois cent soixante personnes qui, en passant dix fois le test de Szondi et nous communiquant un échantillon de leur écriture, ont fourni l'indispensable base de nos observations.

Nota bene. - Les légendes des figures indiquent le sexe (H ou F) et, quand il nous est connu, l'âge des auteurs des autographes reproduits. Les descriptions des écritures utilisent la terminologie de CrépieuxJamin, adoptée par tou~ les graphologues francophones; quand elles contiennent un terme non jaminien, nous en indiquons l'auteur et citons, dans la bibliographie placée à la fin du volume, des travaux (lorsque possible, en françai~) de cet auteur où ce terme est expliqué.

TABLE

DES MATIÈRES
VII

AVANT-PROPOS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Introduction.

.........................................

Chapitre 1.- La pulsionde contact C I Généralités..................................
II Lefacteurm ................................. III Les quatre réactions du facteur m . . . . . . . . . . . . . . . . . IV Le facteur d . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . V Les quatre réactions du facteur d ................. VI Les seize profils de la pulsion de contact. . . . . . . . . . . Chapitre 2. - La pulsion sexuelle S I Généralités.................................. II Le facteur h . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . III Les quatre réactions du facteur h .................

5 II 13 21 25 33

IV Lefacteurs

V Les quatre réactions du facteur s . . . . . . . . . . . . . . . . . . VI Les seize profils de la pulsion sexuelle. . . . . . . . . . . . . Chapitre 3. - La pulsion paroxysmale P I Généralités..................................
II III IV V VI VII Nature des facteurs P .......................... Le facteur e; l'épileptoïde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les quatre réactions du facteur e. . . . . . . . . . . . . . . . . . Le facteur hy: l'hystéroïde ...................... Les quatre réactions du facteur hy. . . . . . . . . . . . . . . . . Les seize profils de la pulsion paroxysmale .........

..................................

73 78 80 86 88 98

137 139 144 148 155 158 166

x
Chapitre 4. - L'approche

TABLE

DES MATIÈRES

szondienne

de l'écriture

I II III IV V VI

La graphologie, complément au diagnostic des pulsions et à la thérapeutique. . . . . . . .. . . .. . .. . . . . . . . . . . . Représentation symbolique des quatre vecteurs. . . . . . . Hiérarchisation des tendances. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Étude de deux écritures. .. . . .. . . . . . . . . .. . . . . . . . . Articulation des tendances pulsionnelles. . . . . . . . . . . . Conclusion. Rapprochement du test et de l'écriture. . .

203 205 207 212 217 220
223

Bibliographie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

INTRODUCTION

Ce livre est l'indispensable complément de notre premier travail (Introduction à la psychologie du MOI) pour ceux qui s'intéressent à la psychologie de Szondi et à son application à l'écriture. Il n'en est pas la suite, puisque l'évolution du Moi constitue la dernière étape du développement de l'homme: la phase proprement humaine, où il trouve son identité. Supposant que le lecteur possède un minimum de connaissance de l'œuvre szondiennel, nous tenterons dans ces pages d'explorer les étapes précédentes, pour montrer le rôle qu'eUes jouent dans la détermination de chaque individualité et décrire leur interaction complexe dans ce travail de formation humaine. Nous les étudierons dans l'ordre où Szondi les utilise pour ses thérapies: a) d'abord apparaît la pulsion de contact C (facteurs anal d et oral m): rapport à l'image du corps et au premier Objet psychologique - correspondant à la sexualité prégénitale selon Freud; b) puis la pulsion sexuelle S [rapport à l'Autre: facteurs h (tendresse) et s(action)] joue un rôle particulièrement important lors des phases oedipienne, pubertaire et adolescente; c) en troisième lieu la pulsion paroxysmale P(facteurs éthique e et moral hy: rapports à ses propres affects, à la Loi et à la société), pulsion szondienne par excellence, confère aux émotions affectives
I

Cf. bibliographie à la fin du volume. ~ A.

2

INTRODUCTION

une signification décisive dans les motivations profondes par lesquelles l'homme se choisit un éclairage de vie; d) alorsle stade du verbe (p) et de la pensée (k) institue un Moi spécifiquement humain. Les chapitres qui suivent traitent donc des trois pulsions de contact, sexuelle et paroxysmale. De chacune rl'elles nous décrivons le développement génétique d'ensemble. Puis nous étudions les seize « profils» que forment en se combinant les réactions (+ - :t
ou 0) des deux facteurs qui la constituent; nous suivons l'ordre adopté par Szondi dans les dernières éditions de ses ouvrages: profils unitendanciels (où agit une seule des huit tendances possibles: +0, 0+, -0 et 0-), bitendanciels (où deux tendances sont présentes: ++, --, ::0, O:t, +-, et -+), tritendanciels (- -=, ::-, .. -=et :t+), quadritendanciel (où les quatre tendances agissent simultanément: :t:t) et enfin vide (le vecteur ne posant pas de problème et ne jouant aucun rôle constructif: 00). Pour chaque réaction de facteur' et pour chaque profil nous étudions d'abord la signification propre, puis nous signalons les corrélations significatives avec d'autres vecteurs (ceux-ci sont désignés par leurs initiales: Sch, p, Set C). Nous envisageons ainsi la psychologie spécifique au degré d'évolution générale; ensuite nous indiquons les formes pathologiques possibles. Enfin nous présentons quelques illustrations graphologiques typiques. Un dernier chapitre traite de l'approche szondienne des écritures, développée par l'un des auteurs à partir d'une idée initiale de R. Le Noble. II y est montré comment la dynamique des pulsions s'inscrit directement dans la dynamique scripturale et comment la graphologie constitue un utile complément au test du Diagnostic expérimental des pulsions.

* Comme nous l'avons dit au début, ce livre est complété par 1'« Introduction à la psychologie du Moi» J, qui termine l'évolution humaine en traitant du quatrième vecteur: celui qui constitue le Moi.
Les points d'exclamation accolés à un facteur correspondent à un nombre de choix supérieur à la norme, d'où incapacité de le libérer dans la vie courante: celte accumulation atteste toujours une difficulté plus ou moins sérieuse. J::ditions du Mont-Blanc, Genève. 1976.
)

,

INTRODUCTION

3

Ces deux volumes devraient permettre aux graphologues d'utiliser l'approche szondienne dans leurs travaux d'analyses. Il va sans dire que, pour eux tout comme les psychologu~s intéressés par cette vue nouvelle, il est indispensable de bien comprendre la pensée de Szondi et d'apprendre la passation et l'utilisation de son test. Deux livres sur ces sujets ont été traduits en français par Claude

Van Reeth 4, Ils sont à consulter, car ils donnent la base conceptuelle
de l'oeuvre et l'utilisation pratique de la thérapeutique employée par le Dr L. Szondi et par ses disciples.

Il y a quarante ans il avait écrit:

«

Le point de départ de nos

investigations est la supposition que la naissance, la vie et la mort de l'homme ne sont pas l'effet du hasard, [...] Tous ces événements se rattachent à un projet individuel, la vie de l'homme obéit à un projet

déterminé,' » Et encore: « Derrière nos choix instinctifs se cache la force de ces génies parentaux qui, eux, déterminent w,tre destin. » Aujourd'hui cette action des gènes ne fait scientifiquement plus aucun doute, et nombreux sont ceux qui cherchent dans ce domaine une forme de compréhension raisonnable de la destinée humaine 5,
*

À la fin de ce deuxième volume, ces notions seront résumées dans leur succession logique et leur expression fondamentale (cf. tableaux).

,

, Cf. bibliographie à la fin du volume. ~ A (AD et LCD).
Pour la licence de psychologie

une option Szondi a été créée en 1973 à

l'Université de Paris VII (Sciences humaines et cliniques).

Chapitre I

LA PULSION DE CONTACT C
I.
GÉNÉRALITÉS

Les vecteurs C (pulsion de contact) et S (pulsion sexuelle) constituent les vecteurs périphériques, par opposition aux vecteurs centraux P(paroxystique) et Sch (Moi). Szondi entend par là qu'aux premiers se rapportent les dangers pulsionnels liés aux relations interpersonnelles (contact social, sexualité), alors que les seconds concernent les défenses que la psyché élabore contre ces dangers. Il conseille d'examiner ensemble les quatre réactions des facteurs des pulsions Cet S pour se faire une idée des relations interpersonnelles du sujet, avant de passer à l'étude des pulsions centrales. La pulsion de contact C apparaît la première dans l'ordre du développement génétique: le nouveau-né cherche le sein maternel (d+) et s'y accroche (m+). Les tendances à s'accrocher ou se libérer, à aller chercherl existent déjà chez les primates. Elles rendent compte des premières relations objectales chez l'homme, liées à la mère, puis, transposées, de sa conduite envers 1'« objet», dont la mère restera le prototype originel.
I Szondi signale (ETD, p. 174-175) que c'est une étude d'Imre Hermann, datant de 1936, qui lui donna l'idée d'une pulsion de contact. (Nous y avons fait une brève allusion dans [PM, p. 126, rappelant que la phase du narcissisme primaire n'est pas uniquement « orale...)

6

PULSION DE CONTACT

Szondi les a groupées en une pulsion de contact, composée de quatre tendances: m..: s'accrocher, se sécuriser m-: se libérer d+ : aller à la recherche, changer d- : adhérer à l'ancien objet, persévérer. Les deux premières correspondent à l'oralité, les deux dernières à l'analité freudiennes. Toutefois, Szondi ne considère pas ces deux moments comme des étapes pré génitales de la sexualité; elles constituent pour lui une pulsion autonome, mettant en jeu des énergies différentes de la libido sexuelle: la pulsion de contact. Chez l'homme, la pulsion de contact règle le rythme et le mode des rapports à l'Objet psychologique. Cet objet psychologique représente tout ce qui peut devenir centre d'intérêt. Or, le sujet se rapporte au monde à partir d'un schéma instinctiva-affectif, vécu dans le rapport je-tu, qui a son origine dans la relation à la illèr~. Ce tu évoluera et changera au fur et à mesure des désirs du sujet. La pulsion de contact interviendra donc dans toute perception de l'espace, en particulier l'espace psychique et l'espace du moi. Elle sera la pulsion sociale par excellence: c'est elle qui fonde

les sociétés animales et humaines. Szondi nous dit:

«

Elle est la

puissance qui attache le semblable à son semblable. " ElIe relève de l' « être avec» (m+: être pris dedans =enf ant dans le giron maternel). Il ne s'agit pas encore d'un échange Sujet-Objetréel, mais plutôt d'une humeur, d'une émotion continuelle à être ensemble, d'un désir de se sentir « à l'unisson de » (en allemand Stimmung). En effet, ce premierobjet adualique « enfant-mère» réunis et confondus, qui devra subir la séparation (la perte de l'Objet-mère), seule possibilité pour l'enfant d'être « lui», avec son entité propre, déterminera son rapport à l'Objet extérieur (mère-monde), premier

lien relationnel affectif.

.

Nous sommes encore dans l'indifférencié: le sujet ne s'oppose pas à l'objet (m) dans le passage à ce « décroché», mais il a accès à
: C'est-à-dire: l'intérêt pour cet objet est vécu par toute la personnalité, qui l'englobe en quelque sorte en elle.

G!:NÉRALIT!:S

7

la reconnaissance de cet objet, autre que lui: à partir de cet instant il

pourra « vivre sa propre histoire».
Il lui restera un pur désir de l'Autre, qui suscitera sa première demande du« rester avec»: 1'« Autre» représente l'objet psychologique, et non l'autre anonyme et inconnu. Comment satisfaire cette demande vitale? Par la recherche d'un substitut à l'objet perdu (d-), substitut tangible, matériellement présent au toucher, au sentir, à l'ouïe, et investi2sentimentalement par l'enfant, qui y cherche sa sécurité menacée par la rupture initiale. Objet qui dévra le rassurer, le protéger et combler ce désir

frustré et persistant du

«

rester avec» qui hante l'enfant. Cette
«

restitution lui permettra de nier l'abandon. C'est ce que Claude Van Reeth appelle le « thème du perdu-retrouvé», de l' « ancien-

nouveau», où se jouera l'opposition du

passif -actif».

En effet, à ces deux formes d'accrochage oral (m... nécessité d'être accroché) et anal (d- substitution de l'objet sécurisant), qui sont des thèmes passifs où tous les efforts tendent au maintien de la sécurité première au prix d'une dépendance totale, vont s'opposer deux thèmes actifs: la tendance d+ (aller à le recherche d'objets nouveaux, d'intérêts d'ordres différents) et la tendance m- (possibilité d'être séparé). Les deux premières formes sont conditionnées par le principe de plaisir, les deux dernières par le principe de réalité. En résumé: m. le premier objet d'amour, l'ancien objet, d = l'objet substitut. Ce jeu des acceptations et des négations donne au vecteur Csa dimension humaine. Signalons que cette distinction szondienne des facteurs m et d recouvre très sensiblement la classique distinction de l'appètit concupiscibJe et de l'appétit irascible, base de la classification des passions humaines selon saint Thomas d'Aquin*. Relation avec l'humeur

Le désir fondamentalcontenudans cet « être en accord» joue
La Wc morale d'après S. Thomas d'Aquin. Les Passions Lethielleux, 1931, p. 92-117. Certains auteurs modernes par « affectif », irascibilis par « agressif ».

*

Voir par exemple le chapitre IV

(<<

Les diverses passions ») de H.-D. Noble,
dans la vie morale, 4' éd. traduisent concupiscibilis

8

PULSION DE CONTACT

comme un style, une atmosphère dans le déroulement de l'existence et influence grandement l'humeur. C'est le « Je .. qui parle avec son corps gai ou triste, heureux ou chagrin: m+accepté par... m- abandonné par... d- statu quo -prostré d+recherche incessante de l'objet perdu. Les deux facteurs de ce vecteur ne sont-ils pas les deux pôles de la psychose maniaco-dépressive, qui oscille sans rémission entre une phase d'excitation maniaque et un désintérêt total du monde? Le maniaco-dépre:;sif ne « tourne plus rond» dans l'harmonie naturelle de ce monde, il ne peut plus retrouver sa place dans les rythmes du temps et les espaces organisés. Déjà, le simple dépressif est.. déphasé», qui ressent sa fatigue quand le jour se lève, quand s'annonce sa journée vide de tout désir: pour lui, le rapport jour-nuit n'a plus de sens. Évolution des quatres tendances pulsionnielles (d'après J. Schotte) 1) m+. Notfs avons vu à l'oeuvre la réaction m+ chez le nouveau-né qui se trouve encore dans la période adualique(mère et enfant confondus) et qui prendra petit à petit conscience de son corps, de ses besoins organiques de nourriture, tant réelle qu'affective (nourrir le corps par le corps-à-corps et le coeur par le coeur-àcoeur), et de son image de valeur narcissique. 2) d-. La révélation de la rupture adualique le pousse à s'assurer, par le biais de la pensée magique, un contact sécurisant avec des objets substituts de son corps, les fèces, don qu'il offre à sa mère en échange de son approbation et de son affection qu'il veut garder en se soumettant (d-) aux exigences du dressage. C'est le moment où l'enfant n'affronte la nuit qu'avec un objet investi de Toute-Puissance, qui veille sur son sommeil (rites du soir, ours en peluche ou édredon, mouchoir, poupée, etc.). 3) dt. Mais J'ambivalence anale« soumission-domination » joue déjà et l'enfant doit compenser la première par un désir de puissance qui grandit avec lui. Désir de puissance sur les objets qu'il va chercher à acquérir pour les posséder (d+)et pour avoir sur

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10

PULSION DE CONTACT

eux droit de vie et de mort (jouets qu'il démonte, qu'il casse, poupée qu'il punit). Cette sensation de force lui permet d'affronter le principe de réalité et, du même coup, de s'adapter au milieu où il vit et aux règles que ce milieu impose. En quelque sorte, c'est accepter d'utiliser son analité pour la recherche des intérêts nouveaux qui s'offrent à lui: biens matériels, connaissances tant dans la vie humaine relationnelle que dans le domaine manuel, scolaire, scientifique ou intellectuel. 4) m-. Petit à petit s'instaurera tout au long de la vie la notion progressive du détachement (m-), si difficile à acquérir en tant qu'elle ne doit pas s'accompagner d'un sentiment d'exclusion, de rejet ou d'abandon, d'isolement forcé ou non, mais d'un sentiment d'acceptation et de paix. L'image du corps
La pulsion de contact étant, dans sa signification primitive, liée au corps, nous consacrerons, avant d'étudier une par une les réactions de cette pulsion, un paragraphe à l'image du corps. Qu'est-ce-que . l'image du corps"? Pour Françoise Dolto3: à la fois une

. image

de sécurité de base et une imege de fonctionnement

dynamique...

Pour

Claude Wiart4: «un fantasme qui structure chacun de nos individus et les . Tout est corps ", dira Felida: corps à corps (cela différencie l'un de l'autre. joue aussi dans l'ordre de la " voix), accord de soi et de l'autre, image à la fois subie et sentie, même au moment où l'activité pulsionnelle est encore chaotique'- image non au sens français de reflet (irréalité qui leurre), mais au sens allemand de Bi/d, qui implique une réalisation, une construction, une édification en fonction d'un modèle. En quelque sorte, c'est la sensation d'exister, d'être. allant-devenant queldans laquelle tout se forme, se déforme et se reforme indéfiniment, inlassablement selon la « loi du plaisir" qui articule la vie pulsionnelle. Cet auto-érotisme est structurant, dira encore Claude Wiart, parce qu'il règne sur ce qui est le plus profondément pulsionnel. C'est un univers clos dans lequel source et but se rejoignent. " La notion d'« image du corps" se laisse difficilement différencier de celle de narcissismes. Disons que dans cette imoge narcissique entre peut-être plus une donnée de « valeur": la sensation d'être reconnu par l'Autre (celle la mère -

que chose ", de ressentirson corps commeétant « soi ", chair vivanteet aimée,

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3 « Personnologie
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et image du corps ", La psychanalyse

6: 59-92, 1961.

Psychiatre et analyste ", conférence faite à l'hôpital Sainte-Anne le 15

janvier 1976. S Ce dernier concerne le facteur k, principe constitutif du Moi. Ici il ne s'agit pas encore d'identification. En effet l'identification ne peut se faire qu'après une sexi1alisation (vecteur 5), une référence à la Loi (vecteur P) et un travail constructif du moi (vecteur Sch); or ,le vecteur de contact szondien Cpréexiste à ces instances.

FACfEUR

m

Il

ou celui qui vous renvoie votre image: thème du miroir) comme un objet digne d'amour et d'intèrêt, objet de soins et de tendresse, donc d'être sécurisé par le
monde ambiant qui accueillie, gratifie et donne le goût de la vie. Elle diffère en cela

de l'image du corps, qui est une sensation du « vécu -, mais n'exprime pas obligatoirement la sécurité et la gratification. L'image du corps existe toujours chez les enfants normaux, chez qui elle se forme avant trois ans, mais-elle peut correspondre à un mauvais investissement narcissique et à un sentiment de rejet ou d'exclusion de la part du monde environnant. Il n'empêche que c'est sur cette image du corps (existence) et sur cet investissement narcissique (imponance de se maintenir en vie) que s'aniculeront les appétits oraux et anals au niveau de la pulsion C.

II.

Le FACTEUR m (facteur féminin du vecteur C)

C'est cette première relation avec le monde des valeurs qui s'articule sur la« vie donnée». Elle concerne donc le premier objet et conditionne la sécurité affective trouvée dans le contact du monde. Quel est ce premier contact qui accroche ou renvoie vers un nouvel objet? La mère, bien sûr, de qui vient cette vie, et par extension tout ce qui la représente, tout ce que l'enfant aura pu introjecter (ressentir au-dedans de soi) comme étant un soutien (on y tient, parce qu'il tient et empêche de tomber), un appui, un refuge (lieu de paix qui garde hors du danger). Karl Abraham insiste6 sur la satisfaction et la frustration du petit oral. Il est certain que cette donnée influence très fortement le comportement adulte, et que le succès de cette première phase érotique orale est déterminant pour l'acquisition d'une attitude satisfaisante dans les rapports humains et d'un intérêt croissant pour l'environnement. Un plaisir non contrarié donne une vue optimiste de l' entourage, qui est perçu comme accueillant. L'enfant trop gâté n'admet ni ne connaît la frustration, c'est pourquoi la satisfaction ne lui donne plus le plaisir: tout est un dû et son avidité s'accroît, pour devenir une exigence perpétuelle et jamais assouvie. Car le plaisir n'existe que parce qu'il y a eu « désir» et « demande», il est la réponse à ce désir qui demande et
6 « Contribution de l'érotisme oral à la formation du caractère - (1925), Oeuvres complères, Bibliothèque scientifique Payot, tome II, p. 332-342, 1966.

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PULSION DE CONTACT

qui attend: c'est la condition essentielle de la satisfaction (joie et sécurité), pour l'enfant comme pour l'adulte. Si l'enfant ne peut ressentir cette satisfaction ou s'il.est vraiment frustré par une demande sans réponse, il ressent une insatisfaction profonde, une insécurité fondamentale dont il se défend par une agressivité sociale souvent violente, il cherche à détruire l'objet qui l'a trahi en lui refusant la gratification nécessaire. Il faut savoir que, pour l'oral, recevoir est la condition essentielle pour vivre; être privé de cette nourriture réelle et affective représente la mort(c'est cette terrible agressivité et ce regard portant la mort que nous retrouvons dans la psychose maniaque). Si l'Objet psychologique, qui est pour lui le monde, l'exclut et l'abandonne, il réagit par la colère ou bien, déçu, découragé,'il s'installe dans un désintérêt total de son environnement pour se protéger de la peur qu'il en a. Et c'est dans le monde autistique7 qu'il se retranche. Le facteur m, dont nous avons dit qu'il dérive de l'oralité freudienne, prend cependant chez Szondi une tonalité différente, qu'il est important de signaler (nous l'avons déjà mentionné à propos du narcissisme, au début de ce chapitre). Il contient en effet toutes les caractéristiques de l'oralité freudienne, mais à l'exception de la phase introjective narcissique (k+)qui est partie inhérente de la constitution du Moi (vecteur Sch). Comme tous les facteurs szondiens, le m peut être vécu à plusieurs niveaux différents: 1° Niveau animal: m+, s'accrocher à la mère ou à tout autre soutien sécurisant; m-, insécurité, abandon. 2° Niveau infantile: auto-érotisme, érotisme oral. 3° Niveau adulte: s'assurer les objets affectifs, les êtres, les symboles; m+, s'attacher à eux, être pris en charge par un groupe ou admis par lui; m-, se détacher, rompre le contact; exclusion, rejet du groupe, solitude ou isolement. 4° Socialisé: hôtelier, cuisinier, restaurateur, dégustateur de vin, garçon de café, etc.; avocat, linguiste, interprète, professeur de
7 L'autisme, dépendant du narcisisme secondaire k+, est la réaction du moi au monde hostile. C'est pourquoi l'étude de la pathologie de l'autisme ne figure pas dans J'étude du facteur m, Jaquelle cependant la facilite grandement.

FACTEUR

m

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langues, homme politique; représentant, camelot, présentateur, animateur, chanteur, cinéaste, scénariste (images); musicien (instrument à vent); si médecin, stomatologiste. 5° Sublimé: tous les arts: musique (école de musique), écrivain, peintre, etc. 6° Pathologie: délinquance, alcoolisme, toxicomanie; manie, hypomanie, nymphomanie; flibusterie, abus de confiance, bigamie. L'appétit pulsionnel dominant consiste à goûter les objets (l'enfant oral porte à sa bouche tout ce qu'il attrape ou ramasse; c'est sa seule vraie référence), à s'accrocher à eux, se les assurer ou les rejeter et les détruire. La perception sensorielle la plus fréquemment en jeu est le goût. Les moyens professionnels mis en oeuvre sont les organes du langage, de la voix et la capacité de travailler au sein d'équipes, de groupes, dans les lieux publics. C'est donc de la capacité de gratification de cet objet premier que grandira l'attachement affectif au groupe humain, le désir de sociabilité, de participation et de travail en commun. Il est évident que le facteur m n'est pas seul à décider du comportement social futur de l'individu, mais il entre pour une bonne part dans le désir d'être admis par les autres et de faire partie de leur communauté. Selon Jean Melon8, « l'objet m instaure un premier ordre primordial qui n'a rien à voir avec l'ordre établi du moi ou du monde, mais qui renvoie à la notion de base existentielle». Chaque enfant reçoit de sa mère sa« substance originelle» et de son père son « fondement », sa place dans la lignée humaine.

III.

Les QUATRE RÉACTIONS du FACTEUR m

1) Réaction m+ Il s'agit d'un caractère oral typique, dont la conduite est assez caractéristique. Ses motivations principales se fondent sur un désir de sécurité et une recherche de bien-être et d'agrément. Sa dynami8 TPS, p. 44.

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que est l'avidité

PULSION DE CONTACT

(<< se nourir de », pour vivre); au sens négatif, elle sera accrochage, accaparement, exigence, instabilité; au positif, sociabilité, plans, projets de travaux, recherche de nouveautés, d'entreprises, de conquêtes. Quand ce m+ se rencontre dans une personnalité peu mûre, il est un signe de dépendance: accrochage passifà l'objet psychologique indispensable pour ne pas risquer l'abandon. Ce manque d'autonomie pousse le sujet à assouvir ses appétits oraux sans en obtenir la contre-partie, toute la richesse que cette composante orale peut dispenser. Celle-ci est bien connue de tous. Par son humeuret son goût de la vie, le sujet, de constitution optimiste, gai, joyeux, insouciant, toujours à la recherche de plaisir, d'amusements, est facile à distraire; c'est un amateur de chansons, d'histoires, d'images. Inventif et peu soucieux d'exactitude, il aime à raconter, à imaginer, à créer des sensations fortes dans son auditoire. Il a un talent oratoire certain, le don de persuader, d'enjoliver. L'esprit prompt (grande primarité) lui permet des réparties faciles, souvent pleines d'humour, toujours pleines d'à-propos (<< vaut mieux e~ il rire qu'en pleurer» est sa devise). Cet à-propos est facilité par son goût de la discussion, sa perméabilité à l'ambiance et sa propension à se faire valoir, à acquérir une popularité, ce qui le grise et peut le pousser à exagérer ses propos et ses dons... et, comme il manque d'auto-critique, il peut devenir encombrant, manquer de frein et de tact. Cette outrance et sa nature démonstrative facilitent son abandon à tout ce qui lui plaît, à ses fantaisies et ses projets. Il a conservé quelque chose d'enfantin dans l'intensité et la multiplicité de ses désirs: il mange, il fume, il boit, il dort, il a besoin de confort, besoin aussi d'une vie toujours pleine d'événements et il s'en flatte volontiers. Égoïsme naïf, sans doute, mais difficulté certaine à se restreindre et à se limiter. Émotif, chaleureux, affectif, enthousiaste voire exalté, réagissant, il a de fortes colères qui ne durent pas (plutôt des « coups de gueule»): son humeur reprend vite une tonalité moins pénible, il se console le plus vite possible de ce qui le fait souffrir. C'est auprès des autres, au milieu d'eux qu'il cherche refuge et sécurité: il est extrêmement sociable, facile à approcher, fraternise facilement; il est accueillant, amical, mais versatile, porté aux