Guerre et viol

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Cet ouvrage présente le contexte de survenue du traumatisme psychique, le concept de stress post-traumatique, les développements psycho-traumatiques et leurs modalités expressives. Une série d'événements traumatiques, où la population victime est toujours abandonnée par manque des structures étatiques d'encadrement et non-reconnaissance du poste de psychologue en RDC, y sont répertoriés : guerres, violences sexuelles, accidents de circulation, crash d'avion, naufrage, etc.
Publié le : vendredi 1 mai 2015
Lecture(s) : 15
EAN13 : 9782336380988
Nombre de pages : 218
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EtudesGuerre et viol
africafricafricafricaiaiaiainesnesnesnesDeux faces de fl éaux traumatiques Série Psychologie
en République Démocratique du Congo
Le traumatisme psychique est l’apanage de la population congolaise
en République Démocratique du Congo (R.D.C.). Qu’il suffi se de
considérer depuis plusieurs décennies la survenue des événements
dramatiques pour comprendre les souffrances qu’endure cette
Marcel O Lpopulation.
Cet ouvrage présente le contexte de survenu du traumatisme
psychique, le concept de stress post-traumatique, les
développements psycho-traumatiques et leurs modalités
expressives. Il montre également la relation entre le traumatisme Guerre et violpsychique et la santé mentale dans une vision dynamique et
évolutive. Une série d’événements traumatiques ont été répertoriés
à partir de multiplicité de situations telles que les guerres, les
Deux faces de fl éaux traumatiques violences sexuelles, les accidents de circulation, le crash d’avion,
le naufrage, etc. où la population victime est toujours abandonnée en République Démocratique du Congo
par manque des structures étatiques d’encadrement et de
nonreconnaissance du poste de psychologue. Les techniques de
prise en charge psychologique les plus souvent utilisées par les
organisations internationales et les initiatives locales en R.D.C pour
aider les personnes qui, dans leur vulnérabilité, se retrouvent en
situation diffi cile qui compromettent leur développement intégral et
leur adaptation sociale sont présentées dans cet ouvrage.
Les enquêtes du terrain ont permis d’attester l’existence du
traumatisme psychique en référence aux critères diagnostiques
fournis par le DSM IV – TR. Le partage social des émotions, comme
moyen de récupération, convient pour les milieux congolais où il y a
la quasi-inexistence des structures de prise en charge psychologique.
Né en 1970 à Lokutu (République Démocratique
du Congo), Marcel OTITA LIKONGO est Docteur
en Psychologie. Il est actuellement Professeur
Associé à la Faculté de Psychologie et des
Sciences de l’Éducation à l’Université de Kisangani.
Illustration de couverture : J.J. Ngangweshe.
ISBN : 978-2-343-06270-9
21 €
Guerre et viol
Marcel O L
Deux faces de fl éaux traumatiques en République Démocratique du Congo

























GUERRE ET VIOL
Deux faces de fléaux traumatiques
en République Démocratique du Congo
Collection Études africaines
dirigée par Denis Pryen et son équipe

Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection
« Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera
toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se
déclinera désormais également par séries thématiques : droit,
économie, politique, sociologie, etc.

Dernières parutions
MAWANZI MANZENZA (Thomas), L’Université de Kinshasa en quête
de repères, 2015.
MOUCKAGA (Hugues), SCHOLASTIQUE (Dianzinga), OWAYE
(Jean-François), Quelle gouvernance pour l’Afrique noire ?, 2015.
SEMANA (Tharcisse), Aux origines de la morale rwandaise. Us et
coutumes : du legs aux funérailles, 2015.
BANGUI (Thierry), La mal gouvernance en Afrique centrale, 2015.
GOHY (Gilles Expédit), Éducation et gouvernance politiques au Bénin.
Du danxômè à l’ère démocratique, 2015.
BADO (Arsène Brice) (dir.), Dynamiques des guerres civiles en Afrique,
2015.
MOUANDJO B. LEWIS (Pierre), Le marketing de rue
en Afrique, 2015.
TCHUIKOUA (Louis Bernard), Gestion des déchets solides ménagers à
Douala. Acteurs, pratiques urbaines et risques environnemento-sanitaires,
2015.
MAÏKOUBOU (Dingamtoudji), Les Ngambayes. Une société de la
Savane arborée du Tchad, 2015.
TOLNO (Charles-Pascal), Transition militaire et élection présidentielle
2010 en Guinée, 2015.

Ces dix derniers titres de la collection sont classés
par ordre chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.harmattan.fr
Marcel Otita Likongo








GUERRE ET VIOL
Deux faces de fléaux traumatiques
en République Démocratique du Congo
















L’Harmattan

































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06270-9
EAN : 9782343062709



DEDICACE





A notre défunte épouse Sakina BOTSHOKO et à nos
enfants pour tant d’affection témoignée envers nous.

























REMERCIEMENTS

Nous remercions le Professeur Jackson
BOSONKONDO pour avoir accepté de lire certains
chapitres de ce livre.
Nous exprimons notre reconnaissance à la Sœur Liliane
ATIMNEDI de la Congrégation des Sœurs Servantes de
Jésus qui a fait un travail de reconstitution de la
bibliographie de ce livre.
Nous disons merci aux chercheurs qui nous ont prêté leur
assistance dans les enquêtes sur terrain. Nous pensons
particulièrement à Timothée BYAMUNGU, Prions
NDAYAMBAJE, Franklin KALEMBO, Jimmy
MAPUNZO et Constantin LIBAMBI.
Notre reconnaissance s’adresse également à la grande
famille OTITA pour son encouragement et son soutien
moral lors de la rédaction de ce livre.










INTRODUCTION

Il existe plusieurs catégories des personnes en état de
fragilité qui ont besoin d’accompagnement pour trouver une
réponse appropriée à leurs droits et besoins, parce que par
elles – mêmes elles ont perdu leur résilience afin de faire face
(coping) aux nombreux défis existentiels.
Qu’il suffise de penser aux personnes infectées et
affectées par le VIH / Sida ; accablées par l’angoisse et la
détresse ou aux victimes de violences ou encore aux
personnes traumatisées, parce que victimes ou témoins des
événements traumatiques.
Nous visons ainsi à renforcer les capacités des
psychologues dans leur travail d’accompagnement
psychologique et de réinsertion communautaire de
nombreuses catégories de personnes qui, traumatisées,
désespérées et impuissantes devant l’adversité et les épreuves
douloureuses de la vie, se sentent vulnérables et menacées
dans leur bien-être biologique et psycho-social.
Il s’agit d’accroître par des échanges fructueux des
expériences de terrain, la connaissance des problèmes que
ces personnes vulnérables rencontrent dans leur vécu et de
présenter les techniques de diagnostic ainsi que les stratégies
de résolution des difficultés auxquelles elles sont
confrontées. Ces personnes sont de plus en plus nombreuses
dans un contexte de guerre et de situations de post conflit,
leur état est encore dû à la dégradation des conditions
sociales, à la perte des valeurs morales ainsi qu’à la
déstructuration de l’environnement familial et social, dans un
Etat qui essaie tant bien que mal de juguler une crise
multiforme et multisectorielle récurrente. Traumatisées et
souvent abandonnées à elles-mêmes, les victimes
connaissent de sérieuses difficultés d’adaptation qui
compromettent leur existence et posent à leur communauté
de nombreux problèmes d’adaptation.

11



PREMIER CHAPITRE
STRESS POST –TRAUMATIQUE : un concept à
préciser

Ce chapitre aborde les questions relatives au stress et au
traumatisme.

1.1. Notion de stress

Le stress est l’apanage des sociétés modernes ; nul ne
peut y échapper. Ce terme recouvre aujourd’hui une gamme
diversifiée de formes et de significations : états internes,
contexte, conflits, surcharge émotionnelle, événements de
vie… Concept clé de ces 30 dernières années, le stress est
désormais d’usage selon des significations aussi différentes
qu’il y a des individus qui l’emploient.
Selon Crocq (2007, p.3), le stress est tout d’abord un
terme anglais emprunté au vocabulaire des métallurgistes, qui
désignaient ainsi le comportement d’un métal soumis à des
forces de pression, d’étirement ou de torsion. Il est ensuite
passé dans le vocabulaire de la physiologie et de la
psychologie pour désigner respectivement la régulation
hormonale des émotions, chez l’animal et l’état psychique
des personnes soumises aux émotions et développant en
conséquence des réactions ou des troubles mentaux aigus ou
chroniques.
Selye a adopté le terme stress pour désigner ce qu’il
appelait depuis 1936 le « Syndrome Général d’Adaptation »
ou réaction physiologique standard de l’organisme soumis à
une agression, quelle que soit la nature de cette agression.
Dans la conception de Selye, soutient Crocq (2007, p.4),
le stress est un phénomène essentiellement physiologique,
ou neurophysiologique réflexe, mettant immédiatement
13
l’organisme agressé en état d’alerte et de défense. Il s’agit
donc de toute demande ou sollicitation exercée sur cet
organisme.


1.1.1. Compréhension du concept de stress

Etant donné les altérations que le stress provoque chez
une personne, il est intéressant que nous précision ce terme.
Folkman, cité par Pépin (1991, p.2), considère le stress
comme expérience subjective de l’événement ou plus
précisément une relation particulière entre la personne et
l’environnement, une relation que la personne évalue comme
excédant ses ressources et menaçant son bien – être.
Selon Gerrig et Zimbardo (2008, p.340), le stress est un
ensemble de processus qu’un organisme met en action en
réponse à des événements susceptibles de perturber son
équilibre et qui mobilisent ses capacités à faire face.
Le stress peut être défini comme la réaction réflexe,
neurobiologique, physiologique et psychologique d’alarme,
de mobilisation et de défense, de l’individu à une agression,
une menace ou une situation inopinée, affirme Crocq (2007,
p. 6).
Nous considérons, le stress comme une tension physique
ou psychique provoquée par un facteur d’ordre
physiologique ou émotionnel quel qu’il soit sur l’organisme.

1.1.2. Nature du stress

On admet, de nos jours, dit Crocq (2007, p. 5), que le
stress a trois principaux effets psychologiques :
- il focalise l’attention sur la situation menaçante,
chassant provisoirement de la conscience les autres
préoccupations et pensées en cours ;
- il mobilise les capacités cognitives (attention,
mémorisation, évaluation, raisonnement) ;
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- et il incite à la prise de décision et à l’action.
En outre, le stress permettrait au sujet de contrôler
relativement son émotion. Le stress est une réaction utile,
adaptative. Grâce à son stress, le sujet échappe au danger ou
se trouve en mesure d’y faire face, ce qui correspond au mot
anglais coping. La réaction de stress s’achève alors, sur le plan
psychologique, par une sensation ambiguë d’épuisement
physique et psychique intriquée avec un vécu euphorique de
soulagement.
Au cours de l’évolution de sa pensée, Selye fut amené à
préciser que le mot « stress » désigne la réaction de
l’organisme, et non pas les agents extérieurs provoquant
cette réaction. Ainsi, le stress a désormais deux composantes
de base :
1. les facteurs stressants ou stresseurs, ce sont les
circonstances de l’environnement qui le provoquent.
2. les réactions au stress, qui sont les réactions de
l’individu face aux agents mentionnés.
Le stress est étendu aussi aux réactions de joie subite
éprouvées à l’annonce d’un événement heureux (mariage,
héritage, avancement dans la carrière,…), d’où le terme
d’eustress ou de bon stress. C’est lorsqu’une personne fait face au
stress et qu’elle a une réaction adéquate, harmonieuse,
adaptée, mesurée, proportionnellement à la situation. Cette
réaction est normalement exprimée, sans effort particulier
d’adaptation, sans violence, ni agressivité, ni inhibition.
Il y a également le terme distress désignant les réactions de
détresse à l’annonce d’un événement malheureux (échec
scolaire, perte des biens ou d’un être cher, …). Ici, la
personne n’est pas capable de répondre de façon adéquate
ou efficace aux exigences de son travail ou alors elle n’arrive
à le faire qu’au prix d’une atteinte à sa santé. Le stress négatif
établi clairement peut prendre plusieurs formes entre autres
aiguë et violente.
Selon Genon et al. (1997, p.10), la réponse de l’organisme
au stress peut se traduire :
15
- au plan physiologique par des réactions traduisant
l’action de l’axe hypothalamus-hypophyso-surrénalien
(sécrétion d’endorphine, d’hormone antidiurétique, de
cortisone). Il s’agit notamment de l’hypersécrétion
gastrique, de la sudation, de la tachycardie ;
- au plan psychologique, le stress engendre souvent des
sentiments de détresse et d’impuissance comme aussi
l’agressivité ainsi que diverses plaintes de nature
cognitive et émotionnelle.
Les réactions de stress peuvent être formalisées via des
troubles dans les sphères familiale, professionnelle ou
scolaire, sociale et, de là, agir en rétroaction sur le reste du
processus. C’est ainsi par exemple que la pauvreté, le
chômage, la guerre, la perte des biens, la catastrophe
naturelle s’avèrent des facteurs hautement stressants pour les
individus qui en sont victimes à cause de tensions et
frustrations qu’ils génèrent.
De surcroît, le stress dans sa nature peut être individuel
lorsqu’une seule personne subit la contrainte de l’événement
stressant tandis que le stress est collectif lorsqu’un groupe ou
toute une population est exposée à des catastrophes qui les
déstabilisent.

1.1.3. Types de stress

Louise (1998, p.7), à la suite de Selye, a distingué 3 types
de stress suivants :
1. le stress aigu qui résulte des pressions de la vie
quotidienne. Souvent, il s’agit de régler des problèmes
qui se présentent comme fortuits et temporaires, de
manière qu’on parvient à vaincre ce type de stress.
2. le stress chronique, lui, s’installe chez la personne. Il
résulte des problèmes familiaux et sociaux persistants
qui détruisent lentement la victime.
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3. le stress d’origine traumatique qui est la conséquence
d’un drame tel qu’un viol, un accident, une catastrophe
naturelle, une mort brutale d’un proche, etc.


1.1.4. Phases de stress

Selon Gerrig et Zimbardo (2008, p. 342), le stress est
composé de trois stades, à savoir :

a. Phase d’alarme
Cette phase correspond à une période brève durant
laquelle le corps s’active et se prépare pour une action
vigoureuse et soutenue. Les réactions de l’organisme
épinglées par ces auteurs, à ce stade, sont les suivantes :
• accroissement des glandes corticosurrénales ;
• accroissement du système lymphatique ;
• augmentation des sécrétions hormonales ;
• réponse spécifique au stresseur
• libération d’adrénaline associée à de hauts niveaux
d’éveil physiologique et d’affect négatif ;
• plus grande susceptibilité aux augmentations
d’intensité du stresseur.

b. Phase de résistance
Elle correspond à un état d’activation modérée. Au cours
de cette phase de résistance, l’organisme endure et résiste
aux effets délétères du stresseur qu’il compense.
Au niveau de l’organisme les effets suivants sont visibles :
• rétrécissement des glandes corticosurrénales ;
• retour des ganglions lymphatiques à leur taille
normale ;
• maintien des taux hormonaux ;
• activation physiologique élevée ;
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• persistance du stresseur ; résistance aux effets
délétères
• augmentation de la sensibilité au stress.

c. Phase d’épuisement
Lorsque l’action du stresseur est assez intense ou dure
suffisamment longtemps, les ressources de l’organisme
s’épuisent et ce dernier entre dans la phase d’épuisement.
Cette phase d’épuisement se caractérise par la fatigue,
l’anxiété et la dépression qui peuvent apparaître séparément
ou simultanément. La personne devient vulnérable à des
maladies majeures comme les ulcères et les crises cardiaques,
la névrose d’angoisse, les maladies psychosomatiques.



1.1.5. Evaluation et gestion de stress

Selon Bosonkondo (2011) lorsque l’on doit faire face à
une situation stressante, la première étape consiste à
déterminer en quoi cette situation est stressante. L’évaluation
cognitive joue un rôle primordial dans cette étape et permet de
définir la pression, l’ampleur de la menace et les ressources
disponibles pour y répondre. Beaucoup d’autres événements
peuvent être interprétés de façon très différentes en fonction
de l’histoire individuelle de chacun, les situations considérées
comme un stress aigu par certains peuvent paraître anodines
à d’autres.
L’existence étant nécessairement stressante et le stress
chronique pouvant fortement perturber la vie de chacun,
voire s’avérer létal, il est indispensable d’apprendre à gérer le
stress. Le coping se réfère aux processus de gestion des
pressions internes et externes perçues comme contraignantes
ou excédant les ressources d’un individu (Lazarus et
Folkman, cités par Bosonkondo, 2011). Le coping regroupe
aussi bien des pensées que des réponses comportementales,
18
émotionnelles ou motivationnelles. Les deux principaux
modes de coping sont le coping orienté vers la tâche (se
confronter directement au problème) et le coping orienté vers
l’émotion (diminuer l’inconfort associé au stress).

1.1.6. Stress et maladie

Les sources psychologiques du stress ne diminuent pas
seulement la capacité d’ajustement, mais peuvent aussi
affecter la santé. Le stress est en effet associé à une
augmentation du risque pour de nombreuses maladies
physiques ou psychosomatiques, depuis les troubles digestifs
jusqu’aux troubles cardiaques.
Hans Selye a identifié certains des dangers associés à la
phase d’épuisement. Ce qui permet à l’organisme de
s’adapter à un stress aigu et dégrade le fonctionnement de
l’organisme en situation de stress chronique.
Lorsque le stress est constant ou récurrent, le corps
pompe régulièrement des hormones de stress et mobilise
d’autres systèmes, qui sur la durée peuvent créer un déficit
en ressources corporelles et attenter à la santé (Gabb et al.,
2006 ; Kemeny, 2003). Le stress chronique ou répétitif peut
endommager de nombreux systèmes corporels, incluant le
système cardiovasculaire (cœur et artères) et le système
immunitaire.
Le modèle de syndrome général d’adaptation permet de
comprendre bon nombre de troubles psychosomatiques
(troubles qui ne peuvent pas être pleinement expliqués par
des causes physiques) qui ont longtemps mis les médecins en
échec, car ceux – ci n’avaient jamais jusque là envisagé le
stress comme une source possible de maladie. Les
recherches de Hans Seyle semblent faire de la maladie une
conséquence inévitable du stress.
Le champ de la psychoneuroendocrinologie étudie les
relations entre les facteurs psychologiques, plus
spécifiquement le stress, et les modes de fonctionnement du
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système endocrinien, du système immunitaire et du système
nerveux autonome.
En effet, les changements physiologiques causés par le
stress peuvent entraver le fonctionnement du système
immunitaire. S’il fonctionne normalement, le
immunitaire détecte les maladies et protège l’organisme
faible démontrant qu’un stress intense par exemple un deuil,
une privation de sommeil, divorce, licenciement,
changement de statut financier,… entraîne de
transformations dans le système immunitaire. Un lien est
établi entre ces transformations et le taux élevé d’hormones
liés au stress dans le sang tel que l’épinéphrine, la
norépinephrine et le cortisol.
Leur présence précède souvent l’affaiblissement du
système immunitaire. Un individu peut ainsi attraper un
rhume ou une grippe simplement parce qu’il a subi un stress
intense. Ce dernier peut préparer le terrain à l’évolution des
maladies graves comme le cancer ou les troubles cardio –
vasculaires.

1.2. Notion de traumatisme

Genon & al (1997, pp. 7-8) ont longtemps cru qu’après
avoir vécu un événement traumatique, les individus
récupéraient « spontanément » avec le décours du temps et
que l’oubli s’installait peu à peu. Néanmoins, il est frappant
de constater que certaines personnes évoquent de
l’événement qu’elles avaient vécu bien des années
auparavant, lors de consultations pour des angoisses parfois
paralysantes liées à certaines activités, pour des cauchemars
récurrents dont elles ne savaient pas se défaire. D’autres
personnes, sans atteinte physique, développent des
problèmes somatiques et/ou psychologiques. L’événement
vécu sous trauma rend parfois invalides les personnes sur le
plan social et professionnel..
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