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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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Gaston de Gérault de Langalerie

Guide pratique de l'enseignement topographique dans les corps de troupe

Au point de vue de la guerre

AVANT-PROPOS

*
**

Le but de l’instruction topographique dans les corps de troupe doit être de rendre tous les officiers et la plupart des sous-officiers des corps capables de faire un levé en campagne.

Or, en campagne, il ne faut pas compter sur les instruments, qui peuvent se briser ou se déranger.

Les officiers et les sous-officiers des corps de troupe devraient donc être formés à exécuter les levés par des moyens dont ils pussent toujours disposer.

Celte idée a été, dans la présente étude, comme le point de départ de l’auteur, qui s’est attaché à y condenser un cours élémentaire mais complet de topographie irrégulière, exposé de la façon la plus pratique possible et sans aucune démonstration scientifique.

Ce travail de vulgarisation se compose de trois conférences régimentaires faites au 34e d’infanterie, dès 1882, mais revues et améliorées.

On a cru devoir conserver à cette étude la forme et le ton habituels aux conférences et qui conviennent, au reste, à un guide pratique.

Les trois conférences forment les trois parties de ce petit ouvrage.

PREMIÈRE PARTIE

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

I. — DE LA TOPOGRAPHIE EN GÉNÉRAL

Objet de la présente étude. — Le présent livre n’a pas été écrit avec la prétention de faire un cours de topographie étendu. C’eût été trop long d’abord, et ensuite fort inutile pour la plupart de ceux auxquels ce travail est destiné. On a songé modestement à écrire une espèce de guide pratique d’enseignement pour faciliter la tâche des officiers à l’égard de leurs subordonnés.

L’unique pensée qui a donné lieu aux leçons sommaires qui vont suivre a été d’attirer l’attention sur les principes de l’art (c’est à dessein qu’on n’emploie pas ici le mot science) topographique, toujours pour les envisager à un point de vue pratique plutôt que scientifique, et aussi pour les traiter dans le but de leur vulgarisation auprès des esprits, parfois rebelles à la chose, des gradés inférieurs de l’armée.

On a souvent vu la topographie effrayer des militaires, et on a parfois constaté qu’elle n’était pas comprise par beaucoup d’entre eux. Et, pourtant, la topographie est bien la chose la plus simple du monde, une des plus faciles à exécuter, et une des plus attrayantes à pratiquer, surtout dans les limites où elle est demandée à l’officier de troupe, c’est-à-dire dans les limites de la topographie dite irrégulière.

Il n’y a effectivement qu’une seule espèce de topographie, c’est-à-dire que l’exécution des levés topographiques, quels qu’ils soient, repose sur des opérations mathématiques dont les principes sont toujours les mêmes ; mais, suivant que les instruments employés pour ces opérations sont plus ou moins exacts, sont exacts ou approximatifs, les levés sont dits de topographie régulière, ou de topographie irrégulière.

La topographie régulière s’appuie sur les sciences géométriques et trigonométriques, sans parler de la géodésie, et cela seul suffit auprès de quelques esprits pour en faire comme un épouvantail.

Cependant, il n’est pas douteux que la topographie irrégulière puisse être rendue intelligible sans un semblable appareil scientifique, dont on fait peut-être trop usage dans les cours habituels de topographie, même dans ceux que l’on expose aux sous-officiers des corps de troupe.

Ces cours sont la plupart du temps trop savants, et plus savants que pratiques.

Et il est permis d’affirmer que la topographie peut, dans ce qu’elle a d’essentiel, être enseignée surtout au moyen d’observations tirées de la vie usuelle, par conséquent être mise à la portée de tous les esprits tant soit peu cultivés. C’est ce que l’on se propose d’essayer de prouver dans les pages qui vont suivre.

Qu’entend-on par topographie ? — Et d’abord, il faut s’entendre sur la définition du mot topographie, qui est lui-même un mot bien savant.

Topographie veut dire littéralement description d’un lieu.

La topographie est donc l’étude en détail d’un lieu, c’est-à-dire d’un terrain de petite étendue. Par conséquent la topographie est le complément ou plutôt le détail de la géographie, qui est, elle, l’étude soit de l’univers, soit d’un grand pays.

Comme l’étude géographique, l’étude topographique doit évidemment comporter l’établissement d’une carte (itinéraire, plan, levé ou croquis), accompagnée d’un travail écrit complémentaire, appelé généralement mémoire descriptif.

Différence entre la topographie et la géographie. — On voit de suite que la géographie et les cartes géographiques qui embrassent l’étude d’un grand pays intéressent le militaire plutôt au point de vue de la stratégie, tandis que la topographie et les cartes topographiques, qui ne s’occupent que de terrains d’étendue restreinte, sont davantage des auxiliaires de la tactique.

Ce que sont les levés pour des officiers et des sous-officiers de troupe. — Dans un régiment, un officier ne peut avoir à étudier qu’une route ou une surface de terrain peu considérable, puisqu’il ne peut avoir à s’inquiéter que du rôle militaire d’une compagnie ou d’un bataillon, d’un régiment tout au plus, soit qu’il s’agisse d’une marche, d’un campement, d’un cantonnement ou d’une opération tactique quelconque.

Il suffit donc évidemment qu’un officier de troupe se rende parfaitement compte des principes de raisonnement et de pratique de la topographie, et qu’il connaisse les instruments les plus simples pouvant concourir à l’exécution des levés irréguliers.

Ce que doit être un cours de topographie dans un corps de troupe. — Aussi, un cours de topographie, à l’usage des officiers comme des sous-officiers de troupe, doit se borner à la démonstration la plus simple possible des principes des levés, suivie de leur exécution dans des exercices pour ainsi dire immédiats sur le terrain, et donnant lieu à l’établissement de cartes, itinéraires, plans, levés ou croquis topographiques, et de mémoires descriptifs complémentaires.

C’est ce que l’on a voulu réaliser dans la présente étude.

II. — NOTIONS USUELLES DE GÉOMÉTRIE

Avant d’aborder l’étude des levés topographiques eux-mêmes, il faut s’entendre au sujet de quelques idées et expressions, telles que angle, angle droit, angle aigu, angle obtus, verticale, horizontale, perpendiculaire, plans, projections, figures semblables.

Angles, verticale, horizontale, perpendiculaire (fig. 1). — Pourtant il semble inutile de s’arrêter à la définition d’expressions telles qu’angle, angle droit, angle aigu, angle obtus, verticale, horizontale et perpendiculaire, et il n’est pas d’officier qui ne soit en mesure de les faire comprendre à l’esprit le plus rebelle parmi ses gradés.

Plans. — Les élèves comprendront aussi facilement qu’un plan est une surface plate et plane dont aucune des parties n’est inclinée sur les autres. Tels sont le dessus d’une table, la surface d’un mur, la surface d’un tableau noir, la surface de l’eau contenue dans un réservoir quelconque.

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Fig. 1.

La surface d’un plan peut être diversement inclinée par rapport à la verticale, si facilement mise sous les yeux des esprits rebelles au moyen d’un fil à plomb (ficelle ayant un poids à une de ses extrémités).

Plan vertical, plan horizontal (fig. 2). — Le plan dont la surface se développe suivant cette verticale est dit plan vertical. Tels sont les murs d’une chambre.

Le plan dont la surface se développe perpendiculairement à la verticale est dit plan horizontal. Tels sont le plafond et le plancher d’une chambre, la surface d’une table, la surface d’une eau contenue dans un réservoir quelconque.

Le plan vertical est donc perpendiculaire au plan horizontal, et réciproquement. Quand ils se rencontrent ou se coupent, ces plans forment entre eux des angles droits.

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Fig. 2.

Plans parallèles (fig. 3). — Il est tout simple que tous les plans horizontaux, tels que le plafond et le plancher, soient parallèles entre eux, c’est-à-dire que, même indéfiniment prolongés, ils ne puissent jamais se rencontrer.

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Fig. 3.

Donc, rien de plus facile que la compréhension, d’après la nature elle-même, des plans soit verticaux, soit horizontaux, soit parallèles.

Il faut maintenant parler des projections.

Projections verticale et horizontale d’un point (fig. 4). — Si on considère un plan vertical PQ, tel qu’un mur dans une chambre, puis un plan horizontal MN, tel que le plancher d’une chambre ou la surface d’une table, et enfin un objet A, placé dans l’espace en face de ce mur et au-dessus du plancher ou de la table, telle qu’une bille tenue à la main, la projection verticale de celte bille serait sur le mur au point où arriverait une ligne horizontale Aa′, partant de la bille et allant rencontrer le mur perpendiculairement à sa surface, et la projection horizontale de cette même bille serait sur le plancher ou sur la table au point où la verticale Aa, donnée par un fil à plomb suspendu à cette bille, rencontrerait le plan du plancher ou de la table, ou bien encore le point où cette bille tomberait sur le plancher ou la table, si on l’abandonnait à son propre poids, c’est-à-dire à l’effet de la pesanteur que tout homme tant soit peu instruit connaît indubitablement.

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Fig. 4.

Cependant, il faut peut-être ici faire abstraction du mouvement de rotation de la terre, qui, dans la circonstance, est au reste parfaitement négligeable, en raison de l’infinie petitesse de la hauteur Aa, comparée à la distance du point A au centre de la terre (plus de 6,356, 080 mètres, longueur minimum du rayon terrestre à l’un des pôles).

En topographie on ne se sert que de la projection horizontale, il suffit donc de s’occuper de celle-ci.

Projection horizontale d’une ligne. — Si, au lieu de considérer un point comme une bille, on considère une ligne, par exemple une règle AB (fig. 5), tenue au-dessus d’un plan horizontal MN, tel qu’une table, il est évident que les projections A’ et B′ des extrémités de cette règle, jointes par une ligne droite, donnent la projection de la règle sur la table ; et on observe que, si la ligne ou la règle est tenue parallèlement à la surface de la table, elle se projette suivant une longueur égale à la longueur de la règle elle-même. On dit alors que la ligne se projette en vraie grandeur, car la règle abandonnée à son poids irait couvrir sa propre projection.

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Fig. 5.

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